Retour sur la rencontre avec les auditeurs à Strasbourg

Au micro de la médiatrice Sandrine Treiner, directrice de France Culture et Frédéric Barreyre, directeur de la rédaction de France Culture Un mot pour commencer sur la vaste consultation lancée par RF et FT en octobre dernier. Via une plateforme web Chaque citoyen  a pu exprimer sa vision, ses attentes et ses idées pour les médias radios… Lire la suite

Gilets jaunes, Benalla… le traitement de l’actualité sur France Culture

Le traitement de l’actualité sur France Culture pour y répondre Sandrine Treiner la directrice de la chaîne est au micro de la médiatrice, Emmanuelle Daviet Les Gilets jaunes Claude : « Concernant les Gilets Jaunes ne pourriez-vous pas de temps à autre solliciter des invités moins prestigieux que les auteurs de livres ou les personnalités médiatiques auxquels… Lire la suite

Inviter un auteur maison sur France Culture, Sandrine Treiner

Quelle ligne éditoriale est adaptée par chaque chaîne du groupe Radio France concernant la promotion d’ « auteurs maison » sur les antennes ? Si un journaliste ou un producteur de France Culture publie un livre : o peut-il en parler sur France Culture ? o Peut-il aller en parler sur les autres antennes du groupe ?… Lire la suite

France Culture chaîne de la culture ?

France Culture n’a-t-elle vocation qu’à diffuser de la culture comme le souligne cette auditrice ? « J’écoute régulièrement votre chaîne, et je suis surprise de l’absence totale de diversité. Tout le monde pense la même chose, à gauche ; tout le monde plaint les femmes, les pauvres victimes ; et les problèmes d’identité sexuelle et de genre prennent une… Lire la suite

Gilets jaunes : ligne éditoriale de France Culture

Retour sur le traitement médiatique du mouvement des Gilets jaunes sur France Culture. Les questions et réactions sont nombreuses. Pour répondre aux auditeurs, Emmanuelle Daviet reçoit Sandrine Treiner, directrice de France Culture.

Quelle ligne éditoriale a choisi France Culture pour traiter du mouvement des gilets jaunes ?

Vincent : « Toute perception est subjective mais il me semble que vous avez fait part jusqu’à ce jour d’une immense bienveillance pour nos chers (oui définitivement très chers) gilets jaunes… On est là, face à un mouvement effrayant, apolitique car tellement individualiste qu’il réfute la simple notion de représentation mais brassant joyeusement les thèses les plus extrémistes de droites et gauches. » Marie Odile une auditrice rejoint son point de vue : « Je suis très déçue de la façon dont France culture traite de l’actualité. Cette radio donne un avis favorable aux Gilets Jaunes de façon très nette. Dès le samedi 17 novembre, dans le choix du vocabulaire, et le choix des infos. Aucune proposition de donner la parole à ceux qui prônaient la taxe carbone: les écologistes. Aujourd’hui, un mois après , c’est encore le cas. Pourquoi ne pas au moins proposer un peu d’analyse sur ces nouveaux types de manifestations, qui montrent des passages à l’acte violent, avec des prises en otages de la population ? C’est un fait de société grave, et on dirait que les journalistes du matin cautionnent et adhèrent. je trouve cela écœurant qu’une radio comme la vôtre prenne si peu de recul intellectuel et clairement favorise le mouvement populiste. »

Nous avons fait ce que fait France Culture. Dès le début du mouvement, nous avons décidé de laisser l’essentiel des émissions telles qu’elles avaient prévu leur programmation. En revanche, nous avons décidé de consacrer les Matins, la deuxième partie de la Grande Table et du Grain à Moudre aux grands sujets qui étaient amenés par ce mouvement. Nous avons regardé quels fils nous semblaient intéressant de tirer et nous avons invité des historiens, chercheurs, géographes, philosophes ou spécialistes des réseaux sociaux pour analyser la situation.

Nous avons travaillé sur du temps long, avec du recul. Nous avons analysé la situation. J’espère que parmi les auditeurs qui écoutaient les analyses de nos chercheurs ou philosophes, il y avait des gens qui participaient au mouvement.

 

Le micro-trottoir… cette pratique journalistique a-t-elle sa place sur France Culture ?

Un auditeur écrit : « France Culture imite les média privés dans la dramatisation d’un malaise social réel en distinguant les « gentils » gilets des « méchants » du gouvernement. Le micro-trottoir permet de signaler les leaders auto-proclamés qui appellent à la révolte tandis que des journalistes de terrain multiplient les annonces de mobilisation de groupuscules aux revendications disparates.  Avez-vous eu l’impression de dramatiser la crise sociale traversée par notre pays ?

Le matin de la manifestation du 8 décembre, Caroline Broué recevait Cyril Dion pour parler de l’écologie et de la marche pour le climat. Il a fait le pont entre la question de l’environnement et la question sociale telle qu’elle se manifestait dans le mouvement. Les journalistes font du reportage, il faut entendre les différentes tendances.

N’y a-t-il pas le risque d’un glissement métonymique de la figure du djihadiste à celle du gilet jaune ?

Pierre : Je m’inquiète d’entendre  l’expression  » gilets jaunes radicalisés »  utilisée sans les guillemets de mise en distance  par des journalistes de France Culture. Le dictionnaire autorise l’emploi de cet adjectif, mais on ne peut ignorer  les implications politiques de la sémantique quand on produit le discours médiatique . Depuis l’émergence du terrorisme islamique ces dernières années, l’adjectif  » radicalisé » évoque automatiquement la figure du terroriste djihadiste. Je suggère d’utiliser la richesse de la langue française pour qualifier l’évolution des mouvements de masse  d’une manière moins connotée et moins stigmatisante.

Il faut utiliser la richesse de la langue française : le mot « radicalisé » ne veut pas dire « djihadiste ». On pourrait utiliser ce terme dans différentes circonstances.

 

Jean Pruvost, lexicologue et professeur d’université, explique le sens du mot « Radicalisé »

Le choix de l’info sur France Culture

France Culture « Radio Pro-Macron » ?

pour y répondre Frédéric Barreyre, directeur de la rédaction au micro de la médiatrice des antennes

 

Sophie, une auditrice de Marseille. « Depuis un an mes oreilles sont trop régulièrement irritées par un certain son lorsque j’écoute quotidiennement vos journaux : 8 heures, 12h30,et  18h. Ce son qui irrite mes oreilles , à la longue, est le nom de l’actuel président de la république. Il ne se passe pas une journée et sans doute une édition parmi les journaux sans que le nom d’Emmanuel macron soit prononcé, ses paroles, ses prises de position sur tel ou tel sujet.

J’ai commencé à écouter France Culture sous le mandat de Nicolas Sarkozy puis sous celui de François Hollande. Je n’ai jamais autant entendu de relais des actions et paroles présidentielles sur vos antennes pour l’un comme pour l’autre. Il m’est alors très difficile de croire que votre maison ne subisse aucune pression de l’Elysées en ce sens. On connait le gout de l’actuel président pour le contrôle de la communication »

Je peux vous assurer que nous ne subissons, à la rédaction de France Culture, aucune pression de l’Elysée ou de quiconque.
Il y a une loi sur les temps de parole politique, le CSA s’attache à vérifier que nous respectons bien ces règles : Emmanuel Macron et ses 35 ministres et secrétaires d’Etat doivent bénéficier  d’1/3 du temps de parole politique sur les antennes. C’est à dire que sur 1 heure de parole politique sur France Culture comme sur toutes les antennes de l’Audiovisuel, 20 minutes sont consacrées au Gouvernement, 40 minutes pour tous les autres partis politiques. (66 % du temps de parole, 33 % pour l’Exécutif). Cette règle garantit le pluralisme politique qui est une des bases de notre Démocratie.

 

Le pluralisme sur France Culture

Jean-Louis : Sur l’Europe et les prochaines élections vous donnez la parole à LREM et au Rassemblement National (RN) comme s’il n’y avait aucune alternative autre que celles représentées par ces deux clans, toutes les deux mortifères pour les peuples européens. Je n’imagine pas que vous soyez aussi simpliste, je pense que vous êtes en service commandé pour une fois de plus installer en face du pouvoir en place l’extrême droite en espérant sauver le soldat Macron. Vous ne faites  pas votre travail d’information, en installant le RN comme seule alternative.

Nous ne sommes pas en « service commandé » mais en revanche, chaque vendredi dans le journal de 12h30, nous avons installé une case « Europe » avec un invité européen. Nous avons effectivement invité Nicolas Bay. Sur dix rendez-vous depuis la rentrée de la grille en août dernier, c’est le seul membre du RN que nous avons reçu. Je suis très inquiet de tous ces reproches, de cette violence contre les journalistes. Jean-Luc Mélenchon, notamment a appelé à « pourrir » les journalistes, et c’est un coup de couteau très sévère porté à la liberté de la presse. Ce n’est pas normal que des reporteurs se fassent agresser. C’est très grave, c’est insupportable que mon collègue de BFM TV se fasse lyncher par des Gilets Jaunes. Nous sommes là pour informer. Un journaliste digne de ce nom n’est ami avec personne, on ne milite pour personne. On informe, nous sommes libres….

 

 

Quelle est la ligne éditoriale de l’information sur France Culture ?

Message d’un autre auditeur : 100% d’internationale aujourd’hui au journal de midi. Vous avez des consignes de Jupiter »

Donc nous avons vérifié il s’agit du journal du 25 novembre, lendemain de la journée d’actions des gilets jaunes avec notamment les scènes de violence sur les Champs-Elysées et vérification faite, en effet des informations exclusivement internationale dans cette édition… Comment expliquez-vous ce choix ?

Je le répète nous n’avons de consigne de personne. On peut faire des erreurs d’appréciation. Ce 25 novembre est le jour où la crise commence entre la Russie et l’Ukraine. Quant aux Gilets Jaunes, un reporteur était sur place, en donnant la parole à tout le monde.

 

 

 

Eric Zemmour dans Répliques d’Alain Finkielkraut : le choix des invités sur France Culture

Les auditeurs souhaitent comprendre ce choix éditorial, pour leur répondre, Vincent Lemerre est au micro de la médiatrice des antennes, Emmanuelle Daviet.


Les auditeurs ont été nombreux à réagir à l’émission de Alain Finkielkraut avec Eric Zemmour du 17 novembre dernier

De Gaulle, Pétain, la France : La mémoire fait-elle bon ménage avec l’histoire ? Le Gaullisme et le pétainisme sont-ils pour le salut même de la nation, définitivement irréconciliables ?

Pourquoi avoir invité Eric Zemmour ?

Benoit écrit : « Ce dernier développe des avis approximatifs et dénonciateurs sur un sujet hautement sensible ciblant des auteurs en particulier, toutes ses déductions sont à la limite de l’abjection » complète Nadine
« Quel effroi d’approximations et de bêtises sur la base de comparassions historiques plus que douteuse » constate Gérard
« J’ai vu qu’Éric Zemmour avait été invité dans l’émission « Répliques » et je lis à présent cet article que vous publiez vous-même pour corriger les énormités qu’il profère ».

Article sur le site intitulé : « Trois contre-vérités d’Éric Zemmour sur Pétain et Vichy, la réplique des historiens »
Jacques s’interroge :  « Mais pourquoi l’avoir invité alors ? »

Certaines émissions sont proposées par des personnalités qu’on peut qualifier « d’intellectuelles » : Alain Finkielkraut, Jean-Noël Jeanneney, ou encore Patrick Boucheron. Ces personnalités ont leur univers, leurs obsessions c’est pour cela qu’elles sont sur l’antenne et jouissent d’une grande liberté éditoriale.
Alain Finkielkraut aime s’emparer de sujets « urticants » et c’est lui qui a fait le choix de son invité en informant la direction de la chaîne. Cela a fait débat. On ne peut pas nous accuser d’avoir voulu faire le « buzz ». Eric Zemmour n’est pas un habitué de nos studios.
Pourquoi l’avoir invité alors ? Son livre paru en septembre est une relecture personnelle de l’Histoire de France, par quelqu’un qui ne prétend pas être historien. C’est une vision politique qui s’inspire de l’Histoire. L’un des chapitres les plus problématiques de cet essai concerne le Régime de Vichy et la personnalité de Pétain. … Et la direction a considéré qu’il y avait un sujet : faut-il rouvrir le dossier Pétain. L’émission « Répliques » pouvait s’emparer du sujet et Eric Zemmour est la personnalité qui, dans le débat public français, milite pour cela.
Le débat a été équilibré avec face à Eric Zemmour, Paul Thibaud. De plus l’émission a été réalisée en direct…

 

…Pour ensuite lui apporter un contradicteur

Au delà de cet article publié sur votre site et très largement relayé sur les réseaux sociaux, vous avez fait le choix d’inviter dans votre matinale mardi l’historien Laurent Joly et cela fait réagir Christophe

« Quelle surprise quand j’ai appris que France Culture modifiait ses programmes afin de donner la parole à un historien afin de critiquer, en son absence, Eric Zemmour et les thèses qu’il défend. Il me semble que c’était une première, et elle est fort regrettable. Qu’est-ce qui justifiait une telle décision ? La peur ? Les propos de M. Zemmour  ?
Je trouve très dommage et particulièrement inquiétant qu’une radio telle que France culture se croit obligé de « corriger » les propos d’un invité. Les radios libres en France, et particulièrement une radio dite culturelle, ne devrait pas tomber dans ce piège, car s’en est un. »

Nous n’avons pas modifié nos programmes. Des historiens ce sont en effet manifestés sur les réseaux sociaux pour pointer les erreurs historiques d’Eric Zemmour. Il nous a semblé tout à fait légitime de donner la parole à un historien dont les travaux sur la période de Vichy sont reconnus, afin de corriger les erreurs de Zemmour du point de vue de l’historien.

 

 

 

Disparition de Michel Onfray sur l’antenne de France Culture

Pourquoi avoir supprimé la diffusion des cours de l’université populaire de Michel Onfray sur l’antenne de France Culture ?

France Culture n’a pas été sollicitée par Michel Onfray sur de nouveaux projets en cours.
Pourquoi continuer à transmettre ses cours ? Chaque été l’équipe propose une grille pluraliste, variée. Pendant 15 ans, Michel Onfray a mené un grand projet sur l’antenne de France Culture, « La Contre Histoire de la philosophie ». Depuis deux ans, ce que propose Michel Onfray, ne correspond plus à la grille de la chaîne.

 

Sandrine Treiner a adressé, il y a quelques semaines, une réponse aux auditeurs en leur expliquant que « les cours et les questions du public retransmis depuis deux ans sur l’antenne de France Culture ne correspondent plus à ce que nous voulons proposer à nos auditeurs ».

Béatrice, une auditrice, se dit « très choquée » par cette réponse et se demande si vous êtes à ce point indifférente à leur demande et s’interroge en écrivant : « mais si justement ces cours correspondent toujours aux souhaits et aux besoins des auditeurs ??? »  Que répondez-vous à Béatrice rejointe dans cette interrogation par un ensemble d’auditeurs ?

Depuis des années, la direction a reçu beaucoup plus de messages opposés à cette diffusion que l’inverse concernant la diffusion des cours de Michel Onfray. Tant que le projet était original et valide nous l’avons soutenu.

France Culture a-t-elle subi des pressions ?

Franck écrit : « Cet événement semble être l’aboutissement de la réorientation générale de votre antenne depuis de nombreux mois marquant la sévère reprise en main politique de votre rédaction. »
Une analyse partagée par de nombreux auditeurs comme Cyril par exemple qui indique : « Nous sommes très nombreux à évaluer l’hypothèse que vous n’ayez pas pu prendre cette décision sans avoir subi une pression, qu’elle soit idéologique, professionnelle ou politique ».

Aucune pression politique. La direction de France Culture assume totalement cette décision. Je comprends le désarroi des auditeurs.

Des auditeurs s’inquiètent de ne plus pouvoir écouter, ni télécharger les émissions de l’Université Populaire et souhaitent savoir si cette décision « émane du philosophe responsable de l’Université » ou de vous-même, « Sandrine Treiner ou des deux parties » et demande si ces podcasts seront de nouveau disponibles ?

Les cours de Michel Onfray était le seul programme qui n’était pas diffusé en podcast pour des raisons économiques qui n’appartiennent pas à la chaîne mais à son auteur. Nous n’avions et n’avons toujours pas la main sur ses podcasts ; leur diffusion est autorisée durant 15 jours.

 

À la suite de la question des auditeurs sur l’indisponibilité des podcasts de Michel Onfray sur franceculture.fr, podcasts sur lesquels la chaîne n’a pas les droits de diffusion, nous publions un complément d’information de la part de Patrick Frémeaux, éditeur sonore de Michel Onfray :

– La Contre-Histoire de la Philosophie n’a jamais été une émission enregistrée dans les studios de France Culture mais une retransmission par la radio de cours-conférences du philosophe captés depuis l’Université Populaire de Caen en public.

– La Contre-Histoire représente 13 années d’émissions et l’édition de 26 coffrets de 12 à 13 CD disponibles chez Frémeaux & Associés.

Les dessous de l’enquête sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon

Beaucoup de réactions d’auditeurs à la suite de la diffusion de l’enquête de la cellule investigation de Radio France, sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Pour en parler, Sylvain Tronchet qui a mené cette enquête


Ils  s’interrogent tout d’abord sur le calendrier
 :
perquisition au siège de la France Insoumise et publication de l’enquête la même semaine

On travaille depuis longtemps sur ce dossier. On avait déjà sorti une première enquête en février alors qu’il n’y avait pas de procédure judiciaire à l’époque.
Nos enquêtes sont prévues plusieurs semaines à l’avance, et elles sortent toujours un vendredi. Les auditeurs de France Culture le savent puisqu’on intervient tous les vendredis dans le journal de 18h00.
Le magazine Telerama annonçait l’émission de France Inter Secrets d’info consacrée à Sophia Chikirou la semaine dernière. Or Télérama est bouclé une semaine à l’avance, et j’avais été interviewé par leur journaliste plus de 10 jours avant les perquisitions. Je ne peux pas dire mieux que ça.

Radio France Radio d’Etat
La Radio Publique serait au service du  gouvernement en place. Vous seriez aux ordres et cette enquête serait en quelque sorte une commande.

Rappel d’une chose, qui est facilement vérifiable : quand nous avons sorti avec Elodie Gueguen l’affaire des assistants parlementaires du Modem en juin 2017. Une affaire qui est à l’origine du départ de trois ministres du gouvernement d’Edouard Philippe. A l’époque nous avions reçu un coup de fil de François Bayrou, Garde des Sceaux, qui ressemblait à une tentative de pression. Nous avions quand même sorti cette enquête. C’était il y a un an. A l’époque ceux qui nous accusaient notamment de harcèlement n’étaient pas dans le même camp que ceux qui nous accusent de harcèlement aujourd’hui.
En matière politique, nous travaillons sur tout le monde. Le pouvoir, comme l’opposition qui a vocation à gouverner. Et le financement politique est un de nos sujets. Parce que c’est un domaine où la France est loin d’être exemplaire.

 Des auditeurs s’étonnent que les journalistes n’effectuent aucun travail d’enquête sur la campagne d’Emmanuel Macron. 
« Avez-vous investigué avec autant de sérieux les comptes de campagne de Macron ? » ou encore « Où est la cellule d’enquête sur la Macronie ? »

Alors là aussi, il faut être factuel. On a enquêté sur la campagne d’Emmanuel Macron. J’ai notamment beaucoup entendu dire, où est votre enquête sur les ristournes dont a bénéficié Emmanuel Macron pendant sa campagne ? Je rappelle quand même que si on peut parler de ces ristournes, c’est grâce au travail de trois médias / Mediapart, Le Monde et nous. Nous avons sorti avec Elodie Gueguen une grande enquête sur les comptes d’Emmanuel Macron en juin. Où nous révélions l’existence de ristournes potentiellement illégales. Mais aussi les défaillances dans le contrôle exercé par la commission des comptes de campagne.
Il y a un mois, j’ai réalisé une enquête sur un autre aspect de la campagne d’Emmanuel Macron. Sur la façon dont son cabinet a piloté à distance un mouvement qui se disait spontané qui s’appelle les Jeunes Avec Macron, et qui en fait n’était pas très spontané. Et pas aussi massif et jeune qu’il voulait bien le dire.
On a fait ces derniers mois des enquêtes sur le pouvoir des lobbys vis à vis du gouvernement actuel, une enquête sur Macron et les chasseurs, Macron et les catholiques. Et dans le même temps on a fait deux enquêtes sur Jean Luc Mélenchon et son entourage. Tout ce que je dis, on peut le retrouver sur le site de France Culture.

Dans votre enquête Sylvain Tronchet  nous n’entendons pas Sophia Chikirou s’exprimer. Pour quelles raisons ?

Parce qu’elle a refusé toutes nos demandes d’interview. Et il y en a eu plusieurs. Comme en février. Nous lui avons pourtant envoyé une très longue liste de questions, précises, chiffrées. Pourquoi on fait ça ? C’est pour qu’elle sache exactement sur quoi va porter notre enquête. Qu’elle puisse répondre par la voie de son choix. Qu’on puisse éventuellement lui renvoyer des demandes de précisions. ça doit se faire sereinement, sur la base d’éléments factuels, argumentés… Je tiens à préciser qu’on le fait pour des raisons déontologiques, mais aussi légales… Parce que la loi nous impose de laisser la place au contradictoire.

Les chiffres des services facturés par la société Médiascop. 
« Votre propos aurait gagné en qualité si vous aviez donné  des chiffres comparatifs , pourquoi ne pas l’avoir fait ? La démonstration n’en aurait été que plus pertinente. »

La campagne de Jean-Luc Mélenchon n’est comparable à aucune autre. Car il fait employer une bonne partie de son staff par des structures extérieures dirigées par des proches. On ne le retrouve nulle part ailleurs. L’association de campagne de Marine Le Pen par exemple. Elle a payé 2 millions 400 mille euros de salaires sur la campagne. Emmanuel Macron 550 000. Pendant ce temps là, l’association de campagne de Jean-Luc Mélenchon elle a payé 7000 euros de salaires pour toute la campagne… Alors vous vous dîtes Jean-Luc Mélenchon a été très économe. Pas forcément parce que dans le même temps il payait une partie de son staff en honoraires d’auto entrepreneurs, et ça c’est noyé ailleurs dans les comptes et surtout, il faisait employer une autre partie de son équipe par des structures extérieures, dont la société Mediascop… Qui refacturait, avec une marge les salaires en question.

 

Facture Mediascop campagne …

Ma Radio Demain : La consultation citoyenne de la radio

Emmanuelle Daviet reçoit Emmanuelle HENRY , Directrice des Etudes et de la Prospective, pour présenter la grande consultation lancée auprès de vous, auditeurs, « maradiodemain »

Cette  consultation citoyenne qui permet pour les acteurs de l’audiovisuel public d’engager  une conversation avec les Français sur leurs attentes , leur vision du média radio mais avant j’ai une question Emmanuelle Henry :

Pensez-vous que Sandrine Treiner la directrice de France culture s’enthousiasmerait de la perspective d’un trajet en train avec des auditeurs de sa station ?
Le questionnaire commence ainsi pour  cette antenne :
« Lors d’un trajet en train, vous êtes assis) à côté de la directrice de France Culture. Vous avez du temps pour lui dire en toute franchise ce qu’elle devrait mettre en place pour que vous écoutiez davantage ses programmes : quels nouveaux thèmes, nouvelles émissions, nouvelles manières d’écouter la radio…  »

Quel est l’objectif de cette consultation ?
Pourquoi avez-vous jugez nécessaire d’interroger les Français ?

Tous les médias se doivent d’être à l’écoute de leur public. Radio France le fait aussi, depuis des années, à travers des études, mais aussi par l’intermédiaire de la médiatrice.
Ce que nous avons voulu faire, c’est de donner la parole à tous ceux qui souhaitent se prononcer, pour recueillir les avis du plus grand nombre.

Comment doivent procéder les personnes qui souhaitent y participer ?

Il suffit de se connecter sur « maradiodemain.fr » et de se laisser guider… Concrètement après quelques questions générales rapides, on peut choisir de s’exprimer sur la radio ou sur la télé (on peut faire les deux !). Dans la partie sur la radio, plusieurs petits questionnaires sont proposés, et chaque internaute choisit celui auxquels ils souhaite répondre, c’est un parcours à la carte. Chaque petit questionnaire est composé d’une question dite ouverte, libre, et de questions type QCM. Il faut compter 2-3 minutes par questionnaire. On peut arrêter quand on veut et revenir plus tard pour finir.

Il est important de préciser que le projet est centré sur les attentes et idées du public, et non sur la perception de l’existant.

Oui, l’objectif n’est pas ici de donner un avis sur les programmes actuels, mais de faire des propositions pour l’avenir, aussi bien au niveau des thèmes que des formats, des offres numériques.

Différentes thématiques sont abordées, vous pouvez nous en citer quelques-unes ?

Il y a des questionnaires par station, déjà (France Culture bien sûr, mais aussi France Inter, France Info, France Bleu, France Musique, Fip et Mouv).
Et nous avons choisi également une dizaine de thèmes : la culture, l’information, les offres pour les jeunes, les contenus éducatifs pour les enfants, les nouvelles façons d’écouter la radio, la musique, ou encore la proximité (la place de radio France partout en France, géographiquement proche de ses auditeurs)

Des auditeurs de radio France ont commencé à répondre à ces questionnaires : Combien ?

Ces chiffres évoluent en temps réel : plusieurs milliers d’auditeurs répondent chaque jour !

Ce chiffre témoigne d’un réel intérêt pour cette démarche. d’autres auditeurs en revanche s’y opposent et nous écrivent au sujet de cette consultation .
«  Radio France doit rester une radio de l’offre, n’en faites pas une radio de la demande ! C’est l’offre des programmes disponibles qui me permet d’apprendre et de nourrir ma curiosité : j’écoute des contenus a propos de sujets qu’il ne me serait pas venus à l’idée d’aborder. ».
Que leur répondez-vous ?

Je comprends leur crainte ! la force des antennes de Radio France est qu’elles proposent des programmes que l’on ne trouve pas ailleurs. L’idée n’est absolument pas de changer ça. Mais d’écouter nos auditeurs, de comprendre ce qu’ils aimeraient que nous fassions. On ne peut pas être déconnecté du public. On ne lui demande pas pour autant de fabriquer les grilles de programmes, mais de nous faire part de leurs envies. Ces enseignements nourriront la réflexion des différentes stations et permettront d’être encore plus créatif, de proposer des contenus encore plus de qualité, et répondant encore mieux à ce que les auditeurs rêveraient de trouver sur ces radios.

Une fois que toutes les données seront traitées, analysées, comment allez-vous vous les approprier ?

C’est un travail qui sera réalisé avec l’Institut Ipsos. Nous avons besoin de quelques semaines pour tout analyser.  Nous allons notamment regarder les idées qui reviennent souvent, celles qui sont plus originales, celles qui viennent d’auditeurs assidus ou occasionnels… Il y a beaucoup de facteurs à « croiser ».
Les enseignements seront ensuite partagés avec les équipes des antennes, qui se les approprieront, chacun suivant leur ligne éditoriale.

Y aura -t-il des concrétisations réelles des souhaits des auditeurs sur les antennes ?

Il y aura des impacts sur les antennes, parce que cette consultation donnera des idées aux équipes.

Cela peut être sous différentes formes : des émissions créées complètement suivant des idées issues de la plateforme, une mise en avant plus importante de certains types de sujets de nouveaux formats de nouveaux services… Après traitement et analyse, des échanges seront organisés avec les différentes équipes concernées, chez France Télévisions et chez Radio France, afin qu’elles s’en approprient les enseignements.