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Soft Power : peut-on parler de culture pour le numérique ?

Parler des tendances, de l’évolution du monde et de la société, du numérique, c’est ce que propose tous les dimanches l’émission Soft Power. Mais est-ce de la culture ? N’est-ce pas parfois trop spécialisé ? Son producteur, Frédéric Martel, répond aux remarques des auditeurs.

 

 Soft Power a-t-il sa place sur France Culture ?

« France Culture, c’est la radio de toutes les cultures. Le concept de culture d’une part et marché (économique) de l’autre ne fonctionne plus aujourd’hui. Qu’est-ce qui est culture ou non ? C’est un peu un faux débat. Ce qui est important, c’est de défendre des points de vue et d’écouter toutes les formes de culture. »

Le 26 novembre, Frédéric Martel parle du Black Friday, trop commercial et sans recul ?

« Ce n’est pas exact puisque nous n’y avons consacré que l’ouverture de l’émission. Le Black Friday a un lien avec le numérique puisque c’est Amazon qui l’a implanté en France. L’émission était composée de quatre chroniqueurs et invités, dont trois ont été critique envers cet événement. Ils ont dénoncé des promotions abusives et des abus de position dominante, ce n’était donc pas sans recul. Maintenant, je rejoins l’auditrice, il faut être attentif aux consommateurs et à leurs droits. C’est une émission qui dénonce régulièrement les arnaques faites aux consommateurs, notamment concernant la téléphonie mobile. »

Ebdo, Le Média, AOC, Monkey : où vont tous ces nouveaux médias ?

Une culture d’élite ?

« Oui et non. Le numérique, c’est à la fois la culture des élites et en même temps, la culture grand public est également présente. Je ne défends pas le mélange des genres, mais je défends l’idée qu’il faut traiter sérieusement les cultures populaires. C’est l’axe principal de Soft Power. »

Anglicismes, expressions techniques …

« L’enjeu de ce type d’émission, c’est d’expliquer et de traduire les mots anglais des chroniqueurs ou invités comme « storytelling » ou « branding ». En même temps, je ne suis pas non plus pour que tous les mots soient francisés quand l’équivalent n’existe pas précisément. Par exemple, la plupart des gens ne comprendraient pas que l’on dise « ordiphone » au lieu de « smartphone ».  Alain Rey, le patron des dictionnaires Robert, dit qu’il faut s’adapter à l’usage. C’est l’usage qui prime. La langue française est une langue qui accueille les langues étrangères. Donc traduisons, expliquons constamment les mots que nous employons.

Ce n’est pas tout France Culture, mais simplement 1h30 par semaine qui s’intéresse à ces cultures là. »

Soft Power, tous les dimanches à 19h sur France Culture

Les Matins en direct de Chicago• Crédits : Roman Bornstein

« Spéciale Chicago ». Pourquoi se rendre sur place ?

Pourquoi l’équipe de France Culture s’est-elle rendue à Chicago le 6 novembre dernier ? La Grande table y était, de même que d’autres émissions. Un certain nombre d’auditeurs semblent s’en étonner. Vincent Lemerre, le directeur des programmes, leur répond.

 

 

France Culture à Chicago pour le premier anniversaire de l’élection de Donald Trump.

Pour plusieurs auditeurs, comme Gérard, « faut-il, pour traiter l’actualité, emmener plusieurs équipes à Chicago, alors que cela pourrait se faire de Paris en appelant simplement au téléphone vos invités ? ». Et Cécile, une auditrice, ajoute : « J’aimerais qu’on me démontre que les émissions sont plus intéressantes et plus riches à l’étranger qu’à Paris ».

« Dans les faits, ces déplacements sont exceptionnels. Ils s’inscrivent dans l’ADN de la chaîne : comprendre le monde contemporain. Aller à Tunis pour faire entendre les premiers « Printemps arabes », aller à Moscou, l’an dernier à propos du retour de la Russie sur la scène internationale, entendre les experts sur la vision du monde de Vladimir Poutine, c’est plus qu’intéressant. Et en l’occurrence, un an après l’élection de Trump, se déplacer aux Etats-Unis, cela s’inscrit dans la mission de France Culture. »

Certains auditeurs, comme François, pense que « tout cela coûte cher en déplacement au moment où chacun doit faire des économies ». Comment gérez-vous ce genre de dépenses ?

« Il n’est pas possible de faire ce type de programme par téléphone : les entretiens faits à Chicago ont été réalisés en condition de reportage (à la rencontre des invités…). L’interview repose sur l’interaction entre des personnes physiques réunies dans un studio. La direction de France Culture est très soucieuse des deniers publics , comme tous contribuables. Ces missions à l’étranger sont prévues au plus juste… »

 

La Grande Table /France Culture en direct de Chicago
La Grande Table /France Culture en direct de Chicago

Les Matins de France Culture
Spéciale en direct de Chicago : L’Amérique de Trump, un an après

La Grande Table depuis Chicago
Chicago, les arts dans la ville
Donald Trump, quelle riposte intellectuelle ?

Du Grain à Moudre à Chicago
Chicago l’Amérique à pile ou face ?

La grève qui frappe l’antenne de France Culture

De nombreux auditeurs s’étonnent des conséquences d’un mouvement sur l’antenne de France Culture et de l’absence d’un service minimum. Or, il faut rappeler que le service minimum n’existe plus depuis longtemps et qu’un seul gréviste peut bloquer la diffusion de toute une émission…

« La préparation d’une émission est un travail d’équipe : un petit nombre de grévistes peut avoir un impact à l’antenne. C’est également dur pour les équipes qui ont tout préparé et doivent tout annuler au dernier moment. Les modalités de grève se discutent entre les organisations syndicales et la direction générale de Radio France. »

 Les audiences radio de la rentrée

Elles ont été annoncées ce matin et les auditeurs de France Culture ont de quoi se réjouir : leur radio préférée continue de progresser.

Les auditeurs sont au rendez-vous de la nouvelle grille des programmes : 71 000 nouveaux auditeurs ont rejoint la chaîne. L’audience numérique atteint un niveau historique : près de 20 millions de podcasts et 7,4 millions de visites tous supports confondus. Résultats Médiamétrie septembre-octobre 2017

 

 

 

 

 

 

Le palais Bourbon• Crédits : Sophie Delpont - Radio France

Les choix du Billet politique

Signer chaque jour un billet politique, c’est un plaisir et une liberté journalistique enviée. Mais il faut aussi savoir recevoir des critiques, car rien n’est plus clivant que la politique. Et l’intolérance n’est souvent pas très loin.

Frédéric Says qui propose chaque matin son Billet politique sur France Culture est au micro du médiateur.

 

 

Ses éditoriaux quotidiens suscitent de nombreuses réactions, notamment sur les réseaux sociaux.  Selon le thème qu’il développe, l’éditorialiste est qualifié de anti-Macron, de pro-Mélenchon, puis de pro-gouvernemental, anti-LR, anti-France insoumise, mais aussi gauchiste, etc, etc.
Que répondre à ces auditeurs qui veulent absolument le « cataloguer » ?

« Si les reproches concernent toutes les tendances, c’est que je ne suis pas si loin du point médian. Evidemment, pour certains auditeurs, quand cela concerne « leur » parti, ils ont l’épiderme un peu plus sensible… Toutes les forces politiques ne sont pas au pouvoir et quand on est journaliste, on a tendance à questionner d’avantage le pouvoir : on s’intéresse plus à l’exécutif et en l’occurrence à Emmanuel Macron »

Pour Agnès, « Vous êtes toujours dans la critique. Vous ne relevez que ce qui ne va pas, au risque de développer le « tous pourris » ou le « tous menteurs ». Et pour Frances, « Vous jouez les chiens de garde en lynchant les élus ».
N’y a-t-il pas du vrai dans ces remarques ?

« L’expression « chiens de garde » est souvent utilisée à l’inverse pour dire « chiens de garde du système ». Je prépare mon billet la veille, notamment en repérant différentes informations, mais il faut panacher et resituer le contexte d’où vient un billet politique ; il permet de faire un pas de côté, de saisir des signaux plus faibles, de les rassembler et d’en tirer un raisonnement, quelque chose qui parle de l’époque ».

 

Il est vrai que les hommes politiques sont très doués pour susciter les critiques. Vendredi 27 octobre, le « petit précis de tartufferie » de Frédéric Says était un modèle du genre et a d’ailleurs suscité beaucoup de réactions.  Frédéric Says y relevait entre autres l’excuse surréaliste de la mélenchoniste Danielle Simonnet qui, malgré ses revenus confortables, refuse de quitter son HLM au prétexte qu’elle ne veut pas « enrichir un propriétaire privé ». Ou Laurent Wauquiez qui s’en prend à « l’élite parisienne déconnectée », alors que tout son CV correspond à cette élite.
Les contradictions, les principes à géométrie variable, les revirements de nos politiques sont source d’inspiration  ?

« Cela fait partie effectivement de sources d’inspiration dans un contexte où l’actualité va très vite ; les politiques se contredisent souvent d’une semaine sur l’autre et c’est bien de le relever. « 

Comment choisit-il les thèmes de ses éditoriaux ?

« La veille, l’après-midi, je fais une revue de presse classique et des réseaux sociaux ; je choisis un thème qui ne sera pas forcément traité dans l’actualité en longueur, et qui permet de faire un pas de côté… J’utilise aussi les interactions des auditeurs qui me suggèrent certaines idées de sujet : il s’agit d’une vigie collective… C’est le bon côté des réseaux sociaux ».

 

 

 

 

Crédits : Ashley Armitage / Refinery29 - Getty

LSD parle des menstruations…et alors ?

Peut-on parler des règles ? Des règles féminines ? C’est la question que s’est posée LSD, la Série documentaire de France Culture. Pour en parler, Perrine Kervran, la productrice de LSD est au micro du Médiateur

 

Il fallait oser traiter un tel sujet. LSD l’a fait et la majorité des auditeurs qui ont écrit trouvent cela formidable. « Hyper intéressant », dit Laura. Mounia, elle, « rêvait d’une telle série» Vous l’avez fait. Génial ! ». « Merci de contribuer à briser ce tabou », écrit Chloé.
D’où est venue cette idée de traiter d’un sujet dont on ne parle jamais ?
A partir du livre d’Elise Thiébaut « Ceci est mon sang » a germé l’idée du sujet autour des règles et suite aux discussions au sein de l’équipe de LSD notamment avec Juliette Boutillier et Nathalie Battus  ; c’est un sujet qui concerne la moitié de la population mondiale

Finalement, comme disent certaines auditrices dans leur message, on en parle plus à travers la pub pour les serviettes, les tampons et les déodorants. Si bien, d’ailleurs, qu’il semblerait, selon certaines, que de jeunes garçons pensent que le liquide menstruel est bleu… Comme dans les pubs.
Il y a beaucoup d’ignorance  sur ce sujet ; c’est un vécu intime qu’on partage peu et chacune a un avis bien arrêté sur la question ; il y a mille façons d’avoir ses règles

Il y a quand même quelques réactions comme celles d’Antony : « Sujet crade », ou Lucie : « Non, le sujet n’est pas tabou, mais on s’en fout », ou Jean-François et Paolo : « Sujet invraisemblable sur France Culture… Rien de social. Aucun intérêt ». Pourtant, une des invitées, la sociologue Aurélia Mardon, indique que la façon de parler des règles montre comment « le social construit le féminin et hiérarchise les hommes et les femmes dans notre société ».

Une forme de sexisme ?
Il y a beaucoup de sexisme autour de cette question à l’image de la société (exemple, le débat autour du harcèlement en ce moment …)
Une question très « sociale » : la composition des tampons et les conséquences sur la santé.

Un sujet facile à construire ? La productrice a-t-elle rencontré des blocages ? Des Tabous ? Des refus ? Il est difficile d’invoquer l’intime
Pas de difficulté particulière sauf avec les écrivaines qui ont refusé de témoigner de peur d’être cataloguées ; on aurait pu donner aussi la parole aux hommes. On glisse rapidement sur les questions féministes (la liberté de vivre les choses comme on veut)

D’une manière générale, des auditeurs se demandent comment se construisent les séries de LSD.
Une équipe de documentaristes proposent des sujets et il y a ensuite des débats au sein de l’équipe de production ; place ensuite au bureau de lecture des projets ; une fois le projet accepté, il est retravaillé, découpé, c’est une aventure intime qui se met en place, entre un producteur et une réalisatrice qui vont travailler ensemble durant 3 mois. (3 semaines d’enregistrement de recueil des témoignages et 3 mois de montage)

 

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Papiers #22. Automne 2017

Créée en 2012, la revue trimestrielle de France Culture a fait peau neuve le 22 juin dernier dans vos kiosques et vos librairies. Papiers inaugure un nouveau titre pour une nouvelle proposition éditoriale : un grand dossier central et trois thématiques (Idées, Savoirs et Créations), composés des émissions de France Culture mais aussi de points de vue et d’articles issus de la presse internationale…. Lire la suite

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Vaccins : pourquoi tant de méfiance ?

Depuis la rentrée, Le médiateur est assailli de messages à propos de deux sujets scientifiques : les vaccinations et les pseudo-sciences. Deux sujets abordés par Nicolas Martin dans son émission « La Méthode Scientifique »

 

 

Vaccins : pourquoi sont-ils si méfiants ?
L’émission de Nicolas Martin posait cette question dans son émission du 18 septembre dernier. En effet, ces deux sujets provoquent des quantités de réactions parfois liées à des peurs irrationnelles. Une émission qualifiée par des auditeurs, comme Jérôme, de « propagande ouverte aux pro-vaccins » et il ajoute : « On informe et on éclaire, ou on joue les porte-parole de la ministre de la Santé ? ».
« Lors de cette émission les deux journalistes invitées ont examiné les doutes et les remises en question de la politique vaccinale et les raisons pour lesquelles en France  plus qu’ailleurs on doute… Combien de vaccins obligatoires, la politique du gouvernement à ce sujet… »

Il y a aussi Vincent, par exemple, qui nous écrit : « Les grands médias, dont France Culture, soutiennent la politique vaccinale du gouvernement et appuient le lobby des grands groupes pharmaceutiques qui veulent simplement grossir leurs bénéfices ». Que peut-on répondre à de telles critiques ?
« France Culture n’est le porte-parole de personne…
Les vaccins ne sont pas ce qui permet de dégager le plus de bénéfices pour les laboratoires. Combien de vaccins obligatoires ou recommandés ? 3 ou 11 ; la plupart des vaccins sont déjà prescrits aux enfants« .

Pas de débat autour de la vaccination sur France Culture ? Pas d’opposants parmi les invités ?
Mais également des réactions inverses, comme celle assez forte de Sami : « J’ai peur de voir fleurir des émissions entre pro et anti-vaccins. Ce concept est pour moi aussi grave que d’opposer à égalité historiens et révisionnistes ».
« Il y a tout de même une forme d’opinion majoritaire qui ne remet pas en cause la vaccination. Les vaccins ont sauvé des millions de vies (notamment la disparition de pathologie grave comme la polio…)« .

Et cette crainte de l’aluminium contenu dans les vaccins ?
les vaccins seraient moins efficaces sans adjuvant. L’aluminium est utilisé dans les vaccins depuis presque un siècle… Il faut mener aussi des recherches pour trouver de nouveaux adjuvants

 

Capture d'écran: Youtube/France Culture

Les podcasts natifs : la nouveauté de France Culture

France Culture, déjà championne des podcasts, vient de lancer les podcasts « natifs ». Plusieurs auditeurs s’interrogent sur cette nouveauté et son intérêt. Pour répondre, Florent Latrive, directeur du Numérique à France Culture, est dans le rendez-vous du médiateur.

Un podcast natif, c’est quoi ?

France Culture, c’est 1 200 000 auditeurs par jour. Mais 14 fois plus de podcasts téléchargés : 17 millions de téléchargements en août. S’y ajoutent maintenant des podcasts « natifs ». En deux mots, c’est quoi ?

« Un podcast natif, c’est un podcast qui naît directement en numérique, sans passer par l’antenne. « 

Julien se questionne : « Quel est l’intérêt de ces podcasts ? Un podcast, c’est normalement un moyen d’écouter ou de réécouter une émission de radio diffusée auparavant ». Pourquoi créer des émissions qui ne sont pas diffusées sur les ondes ?

« Ça nous permet d’adapter le format de l’émission aux endroits où on les diffuse : différents modes d’écoute, d’écriture et aucune contrainte de durée. On essaie de s’adresser à des publics différents. On peut expérimenter des choses très ambitieuses comme le projet de séries de fiction en podcast natif. « 

 Le premier podcast natif : « Superfail »

Le premier podcast « natif » est  une série réalisée par Guillaume Erner, téléchargeable tous les vendredis et intitulée « Superfail ». Pourquoi ce test avec Guillaume Erner, qui n’est pas un débutant ?

« Le numérique n’est pas réservé qu’aux débutants. Guillaume Erner est très intéressé par le numérique et a envie de s’approprier ces nouveaux formats. Il a fallu trouver une écriture spécifique à « Superfail » consacré à l’échec. « 

Le titre de ce podcast natif, « Superfail », a suscité des protestations d’auditeurs, dont, d’ailleurs, plusieurs qui écoutent au Québec. « Pourquoi ne respectez-vous pas votre langue, notre langue, avec ce titre en anglais ? » écrit Édouard. Le mot français existe ?

« Fail » est une expression qui dépasse le mot « échec » lui-même, c’est un concept : ça vient des États-Unis où il y a toute une culture de l’échec comme moyen de rebondir. « 

Le succès des podcasts

Revenons aux podcasts et à leur impressionnant succès : 17 millions de téléchargements par mois. Qu’est-ce qui marche le mieux ? Et pour quels auditeurs ?

« Dans le top, il y a beaucoup d’émissions de savoir : »Les chemins de la philosophie », « la Fabrique de l’Histoire ». Ces formats ont notamment très bien fonctionné cet été. « 

Signalons d’ailleurs que cet été, France Culture – sur les ondes – a battu un nouveau record historique d’audience à 2,4%.

Trop de fautes sur les sites ?

Une remarque qui est adressée très régulièrement : pourquoi trouve-t-on souvent des fautes d’orthographe ou d’accord sur le site de France Culture ? « Tout de même, c’est France Culture ! », s’indigne par exemple Mireille.

« Certes, il y a des fautes. La radio a plus une culture de l’oral que la presse écrite.  On essaie de s’adapter, on met en place chaque mois des retours sur les fautes fréquemment commises et des processus de relecture. C’est intéressant que les internautes nous fassent remarquer les fautes quand il en reste ! « 

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France Culture : une rentrée avec des auditeurs toujours plus nombreux

Une nouvelle saison a débuté sur France Culture, avec quelques changements, quelques ajustements  ;  sa directrice Sandrine Treiner répond au médiateur des antennes.

 

 

L’Esprit Public…
Beaucoup d’auditeurs attendaient avec impatience la nouvelle version d’Esprit public, dimanche 3 septembre à 11h, animée par Emilie Aubry. Et grosse déception, pas d’Esprit public, mais une émission religieuse. Que s’est-il passé ? Comme chaque premier dimanche de septembre (c’est inscrit dans le cahier des charges du service public), France Culture diffuse « l’Assemblée du désert », office protestant, après la messe catholique de 10h. Le premier nouveau Esprit public est donc programmé dimanche prochain.
Comment relancer cette émission déjà « ancienne » ? Une nouvelle formule a été pensée avec Emilie Aubry et des nouveaux intervenants ; ce rendez-vous fait partie des rites d’écoute des auditeurs de la chaîne.

Les Papous dans la tête…
Diffusé désormais le samedi. Plusieurs auditeurs ou auditrices, comme Geneviève, disent regretter de « ne plus déjeuner le dimanche avec les Papous » et Jean-Jacques ajoute : « Malgré toute l’estime pour Jean-Christophe Rufin, son émission (qui remplace donc les fameux Papous) est un entretien de plus, avec un Borloo sur la table dominicale : sinistre ! ». Beaucoup d’auditeurs étaient attachés à ces « Papous dans la tête », « drôles, joueurs », écrit Jules.
La grande émission de « divertissement » de la chaîne garde son identité et permettra une soirée du samedi détendue.

Economie et politique…
Des auditeurs trouvent que France Culture fait de plus en plus de place à la politique et à l’économie :
« Entendez-vous l’éco ? » (tous les jours à 14h du lundi au jeudi)  : une émission de savoir et de connaissance autour des sciences économiques avec de grands penseurs.
« Politique ! » (le samedi à midi). Camille nous écrit : « On est envahi d’économie et de politique, sans aucune vision critique, intellectuelle et culturelle. Revenez à vos valeurs « .

Mais pour Mireille: « Merci pour cette excellente émission sur l’économie « Entendez-vous l’éco » qui invite des économistes de niveau universitaire et qui sait , selon le thème, établir des liens avec la philosophie, l’histoire, etc. Je m’étais adressée à vous il y a plus d’un an à cause du passage d’une émission sur l’économie le week-end qui avait été amputée de 30 minutes. Je tiens à vous faire connaître ma satisfaction. L’économie est nouveau bien traitée sur notre cher France Culture ! Je recommanderai à mes élèves et étudiants l’écoute de cette émission en leur fournissant les liens nécessaires« .

Par ailleurs,…
De nombreux messages de félicitations reçus à propos des programmes de cet été, notamment « Les Grandes Traversées » avec Bruce Springsteen, littéralement plébiscité, ou encore « Perdus sur Tromelin ».
Le médiateur a reçu des messages « personnels » d’auditeurs pour souhaiter une excellente rentrée et adresser des félicitations à Sonia Kronlund, Philippe Garbit, Perrine Kervran, Hervé Gardette, Emmanuel Laurentin, Olivia Gesbert, Marie Richeux, et « j’en oublie beaucoup », précise par exemple Julien, qui conclut : « Avant tout, merci à France Culture d’exister ».

 

Découvrez toute la grille des programmes de France Culture 

france-culture-semaine

 

france-culture-week-end

 

 

 

 

Voici une partie de la gamme actuelle du groupe• Crédits : Eric Piermont - AFP

Les difficultés de l’investigation

Vendredi 9 juin, France Culture a diffusé une grande enquête d’investigations sur les pratiques sociales du puissant laboratoire pharmaceutique SANOFI. Une enquête qui a provoqué de nombreuses réactions. Pour y répondre, Jacques Monin, directeur des Enquêtes et de l’Investigation de Radio France, au micro du médiateur des antennes. Les enseignements de cette enquête difficile menée par… Lire la suite

Alain Finkielkraut ©Christophe Abramowitz

Renaud Camus : invité sulfureux

 

 

Samedi 24 juin, dans son émission « Répliques », Alain Finkielkraut avait invité l’écrivain et militant d’extrême-droite, Renaud Camus. Autant dire que ce sont par centaines que les messages de protestation sont parvenus au médiateur. Pour y répondre, Alain Finkielkraut, au micro de Bruno Denaes.


« Ne tournons pas autour du pot. Certains auditeurs doivent être choqués, voire stupéfaits et même indignés, que, pour parler de la question migratoire, j’invite Renaud Camus ». C’est par ces mots que le producteur a introduit son émission. Il était évident qu’il allait provoquer un tonnerre de protestations en offrant une tribune à un personnage sulfureux, « condamné pour des propos racistes », comme le souligne Fabienne, une auditrice, et « adepte d’une France blanche, chrétienne et refermée sur elle-même », comme le rappelle Germain.

Pourquoi une telle  « provocation » ?

« Ce n’est pas pour choquer. C’était pour mettre fin à une anomalie. Renaud Camus qu’on ne voit nulle part a fondé une expression qu’on entend partout : « le grand remplacement ». Il s’agissait de le mettre face à un contradicteur. »

Beaucoup d’auditeurs reprochent à Alain Finkielkraut de faire le lit du racisme et de l’islamophobie.
Pour Thomas : « Alain Finkielkraut est devenu le porte-parole de la folie paranoïaque islamophobe ». Et pour Marvin : « En 1930, les Juifs étaient tristement pointés du doigt ; en 2017, sous couvert de la liberté d’expression, vous pointez du doigt les Musulmans ».

« C’est une analogie fantaisiste qui fait l’impasse …sur le nouvel antisémitisme »

En fait, nombre d’auditeurs disent avoir ressenti une véritable connivence entre Renaud Camus et le producteur.
Ils estiment que vous avez soutenu les positions d’un invité, plutôt que de lui demander des arguments crédibles, vérifiables, de chercher des contradictions, comme avec l’autre invité, le démographe Hervé le Bras ? »

« Je n’ai fait aucune concession à Renaud Camus ; je ne suis coupable d’aucune connivence… Réécoutez; j’ai plusieurs émis des remarques sur ses propos. »

« Ce qui a beaucoup choqué, c’est que vous n’avez pas réagi à un Renaud Camus qui conteste les Sciences, la rigueur des études scientifiques, démographiques, alors qu’il ne fait part, lui, que de ressentis, comme le fait qu’il n’y a pas de blancs, affirme-t-il, dans le métro Châtelet à 18h à Paris »

« C’était l’objet des interventions d’Hervé le Bras pour défendre la science et les chiffres ; un certain scientisme peut être « problématisé » parce qu’il peut conduire à répudier l’expérience et à la remplacer par l’expertise ; ce remplacement est dangereux »


Pourquoi n’avoir pas censuré cette émission ?

La réponse du Médiateur :
« Réclamer la censure m’étonne toujours dans une démocratie. D’accord ou pas d’accord avec certaines opinions, toutes doivent pouvoir s’exprimer dès l’instant qu’elles ne contreviennent pas à la loi et à la dignité humaine. Il faut d’ailleurs les connaitre si on veut les combattre. »

La liberté d’expression reste certainement la plus belle des libertés sur France Culture.