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France Culture lance sa première fiction en podcast natif

Au moment où France Culture atteint un niveau historique en termes d’audience, la chaîne continue d’innover avec le prochain lancement d’une fiction, uniquement en podcast.  Explications avec Sandrine Treiner, directrice de France Culture.

 


France Culture lance son premier podcast natif de fiction. De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’une nouvelle distribution du son proposée grâce aux podcasts sous des écritures tout à fait différentes pour des auditeurs qui n’écoutent plus la radio de manière linéaire ; en accord avec la SACD (société des auteurs et compositeurs dramatiques) la chaîne va proposer en podcast, des fictions radiophoniques.
L’histoire de ce podcast natif de fiction : il s’agit de « pastafarisme » inventé en 2005 aux Etats Unis(la divinité est un monstre en spaghetti volant), c’est un polar loufoque qui se passe dans le milieu du pastafarisme.

Le 13 février France Culture va proposer 10 fois 12 minutes en une seule fois aux internautes.

Des auditeurs s’étonnent que vous lanciez de nouveaux produits qui semblent « alléchants », comme nous le dit Elise, mais « hors antenne ». « Pourtant, ajoute-t-elle, vous êtes une radio ? ». Quel est l’intérêt ?

Le podcast répond à un usage antenne numérique.

Autre innovation : un son particulièrement soigné pour cette fiction, puisqu’il sera binaural, ce qu’on nomme aussi « son 3D ». Mais cela suppose un équipement spécial ?

Il suffit d’avoir un casque.

En septembre, France Culture a déjà lancé un premier podcast natif d’information, « Superfail ».
Guillaume Erner avait été invité au micro du médiateur à cette occasion.

Proposé uniquement en podcast : pourquoi superfail ? c’est une réflexion menée aux Etats Unis sur la nécessité d’essayer des choses et ne pas avoir peur de les rater ; la culture de l’innovation permet de prendre des risques. Guillaume Erner analyse des échecs (exemple le vélib).

Les derniers chiffres Médiamétrie des audiences radio montrent que France Culture a atteint un record historique : 1.340.000 auditeurs chaque jour, 1000.000 de plus en un an. Beaucoup d’auditeurs écrivent pour dire qu’ils ont découvert une radio « éclectique », « qui apprend beaucoup sur le monde, tout en étant abordable », « qui laisse le temps à ses invités de s’exprimer », « qui s’intéresse autant à la philosophie qu’à l’économie », etc. C’est la recette du succès ?

C’est une radio qui approfondit toujours les sujets qu’elle traite ; l’exigence est la clef du succès.

205.000 auditeurs quotidiens de moins de 35 ans ; la hausse de l’audience se fait auprès des 13-24 ans, sur un public étudiant. Savoir renouveler ses publics, c’est aussi une mission de service public.

 

 

Rendez-vous le 13 février pour découvrir Hasta Dente !, le premier podcast natif de fiction.sans-titre-1

Temps de parole politique et parti pris à l’antenne

Les temps de parole politique : décryptage avec Frédéric Barreyre, directeur de la rédaction

Sur France Culture, la parole du gouvernement serait-elle trop présente ou, à l’inverse, celle de la France Insoumise ? Dans les deux cas – bien opposés -, des auditeurs le pensent et nous l’écrivent. Un éternel sujet de mécontentement avec les militants de tout bord, souvent intolérants lorsqu’il s’agit d’écouter un avis différent du leur. Alors, entend-on trop les ministres et les élus de « la République en marche » ? En démocratie, il est normal que la majorité dispose d’un temps supérieur.

On aurait dû même les entendre plus, selon les nouvelles règles en vigueur dictées par le  CSA.
Exemple, avec l’abandon du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, on a beaucoup entendu le premier ministre et c’est normal, puisque c’est lui qui a fait l’annonce. C’est souvent la majorité qui donne le « la » de l’actualité.

Avec l’élection d’Emmanuel Macron, les codes gauche-droite ont été cassés. Sans compter que, dans certains partis dits d’opposition, existaient des soutiens au gouvernement.
Comment s’y retrouver pour les équilibres sur l’antenne ?

Effectivement les partis classiques ont éclaté avec des courants, de nouvelles formations sont apparues au PS, chez les Républicains, au Front National. L’ancien monde du temps de parole politique a volé en éclat.

Depuis le 1er janvier, le CSA impose un nouveau système de comptabilité des temps de parole. Quels sont les changements ?

Il n’y a plus de majorité ni d’opposition. Il y a aujourd’hui l’exécutif et les partis. L’exécutif bénéficie d’1/3 du temps de parole et toutes les formations politiques (donc l’opposition) bénéficie des 2/3 : sur 1 heure de temps de parole politique, l’exécutif bénéficie de 20 mn et les partis de 40 mn
Il faut tenir compte de plusieurs facteurs pour cette comptabilité : les résultats des dernières élections, le nombre d’élus, l’importance des groupes parlementaires, les sondages. C’est le principe de l’équité. Tous les partis politiques doivent bénéficier d’un temps de parole, car c’est la démocratie.
Tous les trois mois, chaque rédaction doit effectuer un bilan à remettre au CSA (les temps de parole sont notés à la seconde près).

 

Les Matins de France Culture consacrés au dossier de Notre-Dame des Landes.

Réactions d’auditeurs à l’émission de Guillaume Erner « Un parti pris délibéré en faveur des opposants à l’aéroport »,  dit Philippe. Marie ajoute : « Beaucoup de complaisance à l’égard des Zadistes et de leur occupation ». Et Eric résume le sentiment partagé : « Pas d’équilibre de l’information. Seuls les opposants à l’aéroport ont pu s’exprimer ».

Qu’en est-il des partisans de la construction du nouvel aéroport ?

C’est un parti pris d’avoir donné la parole aux zadistes, répond Guillaume Erner. J’ai repris dans ma voix la totalité des arguments en faveur de l’aéroport, en pensant qu’ensuite, chacun se ferait son opinion. Sur France Culture, la Matinale n’est pas un lieu de polémique.

Finkielkraut, Ruffin, France Culture

Retour sur les propos d’Alain Finkielkraut

Dernier rendez-vous du médiateur de l’année avec la directrice de l’antenne, Sandrine Treiner. Pour l’occasion, elle répond aux réactions des auditeurs suite aux propos d’Alain Finkielkraut … Et annonce le nouveau projet culturel de la chaîne.

Alain Finkielkraut : doit-on avoir des producteurs de tous bords ?

Un producteur très décrié par message et sur twitter, Alain Finkielkraut, notamment suite à son commentaire sur l’hommage à Johnny Halliday : « Le petit peuple blanc est descendu dans la rue, les non-souchiens brillaient par leur absence ». Ces propos ont été tenus sur RCJ mais le philosophe est aussi producteur de Répliques sur France Culture. Ces propos sont considérés racistes par de nombreux auditeurs.

Que répondre à tous ces auditeurs choqués ?

Je sais qu’il y a beaucoup d’émotions tant du fait qu’il soit à l’antenne que de la peur qu’il en soit écarté. Exclure quelqu’un est une décision très grave et donc tout à fait exceptionnelle. Elle devrait être parfaitement argumentée.
Les réseaux sociaux ne seraient être les arbitres des bonnes mœurs ni des bonnes pensées.
En l’occurrence après cette émission, j’ai vu Alain Finkielkraut. Il m’a convaincu qu’il ne s’agissait pas d’une forme de racisme mais que l’expression était utilisée par lui au second degré. Il s’est expliqué durant 30 minutes la semaine suivante, dimanche 17 janvier, sur RCJ.
Le pluralisme c’est également faire entendre des avis contraires. Je fais confiance à la capacité des auditeurs pour juger de cela.

Alain Finkielkraut est régulièrement au centre de polémiques, notamment autour de l’immigration et de la religion musulmane… Mais pour cette autre auditrice, Géraldine : « Alain Finkielkraut a le mérite de lancer des débats. Tout doit pouvoir se discuter et ouvrir la contradiction ».

Doit-on laisser la parole à des producteurs de tous bords ?

Oui, mais je reviendrais sur ce « tout ». Il y a deux conditions : le respect de la loi sur la liberté d’expressions et du respect des valeurs du service public.

Un projet culturel entre France Télévisions et France Culture ?

Dans un autre domaine, plusieurs auditeurs, comme Cédric, voudraient en savoir plus sur des projets annoncés pour France Culture : « On entend parler d’un projet culturel entre France Télévisions et France Culture. De quoi s’agit-il exactement ? », demande-t-il.

Il s’agit plus généralement de l’ensemble des partenaires de l’audiovisuel public (également France Média Monde et l’INA).
Nous préparons un label culturel commun surtout sur les réseaux sociaux. Il s’agit de valoriser nos contenus et nos antennes dont France Culture. Ce seront des contenus 100% vidéo. L’objectif est de s’ouvrir à de nouveaux publics.

Pourquoi cette diversité ?

Une étude vient de tomber : l’audience de France Culture c’est 19% d’écoute via les supports numériques. Nous ne touchons pas encore assez ceux que nous voudrions toucher. Plus jeunes et plus diversifiés.

France Culture devient un véritable média global, avec un succès croissant.

Ecoutez Sandrine Treiner en parler plus longuement ce 7 décembre dans les Matins explicitant le média global à l’occasion de la sortie du nouveau numéro de Papiers>>>

 

 

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Soft Power : peut-on parler de culture pour le numérique ?

Parler des tendances, de l’évolution du monde et de la société, du numérique, c’est ce que propose tous les dimanches l’émission Soft Power. Mais est-ce de la culture ? N’est-ce pas parfois trop spécialisé ? Son producteur, Frédéric Martel, répond aux remarques des auditeurs.

 

 Soft Power a-t-il sa place sur France Culture ?

« France Culture, c’est la radio de toutes les cultures. Le concept de culture d’une part et marché (économique) de l’autre ne fonctionne plus aujourd’hui. Qu’est-ce qui est culture ou non ? C’est un peu un faux débat. Ce qui est important, c’est de défendre des points de vue et d’écouter toutes les formes de culture. »

Le 26 novembre, Frédéric Martel parle du Black Friday, trop commercial et sans recul ?

« Ce n’est pas exact puisque nous n’y avons consacré que l’ouverture de l’émission. Le Black Friday a un lien avec le numérique puisque c’est Amazon qui l’a implanté en France. L’émission était composée de quatre chroniqueurs et invités, dont trois ont été critique envers cet événement. Ils ont dénoncé des promotions abusives et des abus de position dominante, ce n’était donc pas sans recul. Maintenant, je rejoins l’auditrice, il faut être attentif aux consommateurs et à leurs droits. C’est une émission qui dénonce régulièrement les arnaques faites aux consommateurs, notamment concernant la téléphonie mobile. »

Ebdo, Le Média, AOC, Monkey : où vont tous ces nouveaux médias ?

Une culture d’élite ?

« Oui et non. Le numérique, c’est à la fois la culture des élites et en même temps, la culture grand public est également présente. Je ne défends pas le mélange des genres, mais je défends l’idée qu’il faut traiter sérieusement les cultures populaires. C’est l’axe principal de Soft Power. »

Anglicismes, expressions techniques …

« L’enjeu de ce type d’émission, c’est d’expliquer et de traduire les mots anglais des chroniqueurs ou invités comme « storytelling » ou « branding ». En même temps, je ne suis pas non plus pour que tous les mots soient francisés quand l’équivalent n’existe pas précisément. Par exemple, la plupart des gens ne comprendraient pas que l’on dise « ordiphone » au lieu de « smartphone ».  Alain Rey, le patron des dictionnaires Robert, dit qu’il faut s’adapter à l’usage. C’est l’usage qui prime. La langue française est une langue qui accueille les langues étrangères. Donc traduisons, expliquons constamment les mots que nous employons.

Ce n’est pas tout France Culture, mais simplement 1h30 par semaine qui s’intéresse à ces cultures là. »

Soft Power, tous les dimanches à 19h sur France Culture

« Spéciale Chicago ». Pourquoi se rendre sur place ?

Pourquoi l’équipe de France Culture s’est-elle rendue à Chicago le 6 novembre dernier ? La Grande table y était, de même que d’autres émissions. Un certain nombre d’auditeurs semblent s’en étonner. Vincent Lemerre, le directeur des programmes, leur répond.

 

 

France Culture à Chicago pour le premier anniversaire de l’élection de Donald Trump.

Pour plusieurs auditeurs, comme Gérard, « faut-il, pour traiter l’actualité, emmener plusieurs équipes à Chicago, alors que cela pourrait se faire de Paris en appelant simplement au téléphone vos invités ? ». Et Cécile, une auditrice, ajoute : « J’aimerais qu’on me démontre que les émissions sont plus intéressantes et plus riches à l’étranger qu’à Paris ».

« Dans les faits, ces déplacements sont exceptionnels. Ils s’inscrivent dans l’ADN de la chaîne : comprendre le monde contemporain. Aller à Tunis pour faire entendre les premiers « Printemps arabes », aller à Moscou, l’an dernier à propos du retour de la Russie sur la scène internationale, entendre les experts sur la vision du monde de Vladimir Poutine, c’est plus qu’intéressant. Et en l’occurrence, un an après l’élection de Trump, se déplacer aux Etats-Unis, cela s’inscrit dans la mission de France Culture. »

Certains auditeurs, comme François, pense que « tout cela coûte cher en déplacement au moment où chacun doit faire des économies ». Comment gérez-vous ce genre de dépenses ?

« Il n’est pas possible de faire ce type de programme par téléphone : les entretiens faits à Chicago ont été réalisés en condition de reportage (à la rencontre des invités…). L’interview repose sur l’interaction entre des personnes physiques réunies dans un studio. La direction de France Culture est très soucieuse des deniers publics , comme tous contribuables. Ces missions à l’étranger sont prévues au plus juste… »

 

La Grande Table /France Culture en direct de Chicago
La Grande Table /France Culture en direct de Chicago

Les Matins de France Culture
Spéciale en direct de Chicago : L’Amérique de Trump, un an après

La Grande Table depuis Chicago
Chicago, les arts dans la ville
Donald Trump, quelle riposte intellectuelle ?

Du Grain à Moudre à Chicago
Chicago l’Amérique à pile ou face ?

La grève qui frappe l’antenne de France Culture

De nombreux auditeurs s’étonnent des conséquences d’un mouvement sur l’antenne de France Culture et de l’absence d’un service minimum. Or, il faut rappeler que le service minimum n’existe plus depuis longtemps et qu’un seul gréviste peut bloquer la diffusion de toute une émission…

« La préparation d’une émission est un travail d’équipe : un petit nombre de grévistes peut avoir un impact à l’antenne. C’est également dur pour les équipes qui ont tout préparé et doivent tout annuler au dernier moment. Les modalités de grève se discutent entre les organisations syndicales et la direction générale de Radio France. »

 Les audiences radio de la rentrée

Elles ont été annoncées ce matin et les auditeurs de France Culture ont de quoi se réjouir : leur radio préférée continue de progresser.

Les auditeurs sont au rendez-vous de la nouvelle grille des programmes : 71 000 nouveaux auditeurs ont rejoint la chaîne. L’audience numérique atteint un niveau historique : près de 20 millions de podcasts et 7,4 millions de visites tous supports confondus. Résultats Médiamétrie septembre-octobre 2017

 

 

 

 

 

 

Les choix du Billet politique

Signer chaque jour un billet politique, c’est un plaisir et une liberté journalistique enviée. Mais il faut aussi savoir recevoir des critiques, car rien n’est plus clivant que la politique. Et l’intolérance n’est souvent pas très loin.

Frédéric Says qui propose chaque matin son Billet politique sur France Culture est au micro du médiateur.

 

 

Ses éditoriaux quotidiens suscitent de nombreuses réactions, notamment sur les réseaux sociaux.  Selon le thème qu’il développe, l’éditorialiste est qualifié de anti-Macron, de pro-Mélenchon, puis de pro-gouvernemental, anti-LR, anti-France insoumise, mais aussi gauchiste, etc, etc.
Que répondre à ces auditeurs qui veulent absolument le « cataloguer » ?

« Si les reproches concernent toutes les tendances, c’est que je ne suis pas si loin du point médian. Evidemment, pour certains auditeurs, quand cela concerne « leur » parti, ils ont l’épiderme un peu plus sensible… Toutes les forces politiques ne sont pas au pouvoir et quand on est journaliste, on a tendance à questionner d’avantage le pouvoir : on s’intéresse plus à l’exécutif et en l’occurrence à Emmanuel Macron »

Pour Agnès, « Vous êtes toujours dans la critique. Vous ne relevez que ce qui ne va pas, au risque de développer le « tous pourris » ou le « tous menteurs ». Et pour Frances, « Vous jouez les chiens de garde en lynchant les élus ».
N’y a-t-il pas du vrai dans ces remarques ?

« L’expression « chiens de garde » est souvent utilisée à l’inverse pour dire « chiens de garde du système ». Je prépare mon billet la veille, notamment en repérant différentes informations, mais il faut panacher et resituer le contexte d’où vient un billet politique ; il permet de faire un pas de côté, de saisir des signaux plus faibles, de les rassembler et d’en tirer un raisonnement, quelque chose qui parle de l’époque ».

 

Il est vrai que les hommes politiques sont très doués pour susciter les critiques. Vendredi 27 octobre, le « petit précis de tartufferie » de Frédéric Says était un modèle du genre et a d’ailleurs suscité beaucoup de réactions.  Frédéric Says y relevait entre autres l’excuse surréaliste de la mélenchoniste Danielle Simonnet qui, malgré ses revenus confortables, refuse de quitter son HLM au prétexte qu’elle ne veut pas « enrichir un propriétaire privé ». Ou Laurent Wauquiez qui s’en prend à « l’élite parisienne déconnectée », alors que tout son CV correspond à cette élite.
Les contradictions, les principes à géométrie variable, les revirements de nos politiques sont source d’inspiration  ?

« Cela fait partie effectivement de sources d’inspiration dans un contexte où l’actualité va très vite ; les politiques se contredisent souvent d’une semaine sur l’autre et c’est bien de le relever. « 

Comment choisit-il les thèmes de ses éditoriaux ?

« La veille, l’après-midi, je fais une revue de presse classique et des réseaux sociaux ; je choisis un thème qui ne sera pas forcément traité dans l’actualité en longueur, et qui permet de faire un pas de côté… J’utilise aussi les interactions des auditeurs qui me suggèrent certaines idées de sujet : il s’agit d’une vigie collective… C’est le bon côté des réseaux sociaux ».

 

 

 

 

LSD parle des menstruations…et alors ?

Peut-on parler des règles ? Des règles féminines ? C’est la question que s’est posée LSD, la Série documentaire de France Culture. Pour en parler, Perrine Kervran, la productrice de LSD est au micro du Médiateur

 

Il fallait oser traiter un tel sujet. LSD l’a fait et la majorité des auditeurs qui ont écrit trouvent cela formidable. « Hyper intéressant », dit Laura. Mounia, elle, « rêvait d’une telle série» Vous l’avez fait. Génial ! ». « Merci de contribuer à briser ce tabou », écrit Chloé.
D’où est venue cette idée de traiter d’un sujet dont on ne parle jamais ?
A partir du livre d’Elise Thiébaut « Ceci est mon sang » a germé l’idée du sujet autour des règles et suite aux discussions au sein de l’équipe de LSD notamment avec Juliette Boutillier et Nathalie Battus  ; c’est un sujet qui concerne la moitié de la population mondiale

Finalement, comme disent certaines auditrices dans leur message, on en parle plus à travers la pub pour les serviettes, les tampons et les déodorants. Si bien, d’ailleurs, qu’il semblerait, selon certaines, que de jeunes garçons pensent que le liquide menstruel est bleu… Comme dans les pubs.
Il y a beaucoup d’ignorance  sur ce sujet ; c’est un vécu intime qu’on partage peu et chacune a un avis bien arrêté sur la question ; il y a mille façons d’avoir ses règles

Il y a quand même quelques réactions comme celles d’Antony : « Sujet crade », ou Lucie : « Non, le sujet n’est pas tabou, mais on s’en fout », ou Jean-François et Paolo : « Sujet invraisemblable sur France Culture… Rien de social. Aucun intérêt ». Pourtant, une des invitées, la sociologue Aurélia Mardon, indique que la façon de parler des règles montre comment « le social construit le féminin et hiérarchise les hommes et les femmes dans notre société ».

Une forme de sexisme ?
Il y a beaucoup de sexisme autour de cette question à l’image de la société (exemple, le débat autour du harcèlement en ce moment …)
Une question très « sociale » : la composition des tampons et les conséquences sur la santé.

Un sujet facile à construire ? La productrice a-t-elle rencontré des blocages ? Des Tabous ? Des refus ? Il est difficile d’invoquer l’intime
Pas de difficulté particulière sauf avec les écrivaines qui ont refusé de témoigner de peur d’être cataloguées ; on aurait pu donner aussi la parole aux hommes. On glisse rapidement sur les questions féministes (la liberté de vivre les choses comme on veut)

D’une manière générale, des auditeurs se demandent comment se construisent les séries de LSD.
Une équipe de documentaristes proposent des sujets et il y a ensuite des débats au sein de l’équipe de production ; place ensuite au bureau de lecture des projets ; une fois le projet accepté, il est retravaillé, découpé, c’est une aventure intime qui se met en place, entre un producteur et une réalisatrice qui vont travailler ensemble durant 3 mois. (3 semaines d’enregistrement de recueil des témoignages et 3 mois de montage)

 

Papiers #22. Automne 2017

Créée en 2012, la revue trimestrielle de France Culture a fait peau neuve le 22 juin dernier dans vos kiosques et vos librairies. Papiers inaugure un nouveau titre pour une nouvelle proposition éditoriale : un grand dossier central et trois thématiques (Idées, Savoirs et Créations), composés des émissions de France Culture mais aussi de points de vue et d’articles issus de la presse internationale…. Lire la suite

Vaccins : pourquoi tant de méfiance ?

Depuis la rentrée, Le médiateur est assailli de messages à propos de deux sujets scientifiques : les vaccinations et les pseudo-sciences. Deux sujets abordés par Nicolas Martin dans son émission « La Méthode Scientifique »

 

 

Vaccins : pourquoi sont-ils si méfiants ?
L’émission de Nicolas Martin posait cette question dans son émission du 18 septembre dernier. En effet, ces deux sujets provoquent des quantités de réactions parfois liées à des peurs irrationnelles. Une émission qualifiée par des auditeurs, comme Jérôme, de « propagande ouverte aux pro-vaccins » et il ajoute : « On informe et on éclaire, ou on joue les porte-parole de la ministre de la Santé ? ».
« Lors de cette émission les deux journalistes invitées ont examiné les doutes et les remises en question de la politique vaccinale et les raisons pour lesquelles en France  plus qu’ailleurs on doute… Combien de vaccins obligatoires, la politique du gouvernement à ce sujet… »

Il y a aussi Vincent, par exemple, qui nous écrit : « Les grands médias, dont France Culture, soutiennent la politique vaccinale du gouvernement et appuient le lobby des grands groupes pharmaceutiques qui veulent simplement grossir leurs bénéfices ». Que peut-on répondre à de telles critiques ?
« France Culture n’est le porte-parole de personne…
Les vaccins ne sont pas ce qui permet de dégager le plus de bénéfices pour les laboratoires. Combien de vaccins obligatoires ou recommandés ? 3 ou 11 ; la plupart des vaccins sont déjà prescrits aux enfants« .

Pas de débat autour de la vaccination sur France Culture ? Pas d’opposants parmi les invités ?
Mais également des réactions inverses, comme celle assez forte de Sami : « J’ai peur de voir fleurir des émissions entre pro et anti-vaccins. Ce concept est pour moi aussi grave que d’opposer à égalité historiens et révisionnistes ».
« Il y a tout de même une forme d’opinion majoritaire qui ne remet pas en cause la vaccination. Les vaccins ont sauvé des millions de vies (notamment la disparition de pathologie grave comme la polio…)« .

Et cette crainte de l’aluminium contenu dans les vaccins ?
les vaccins seraient moins efficaces sans adjuvant. L’aluminium est utilisé dans les vaccins depuis presque un siècle… Il faut mener aussi des recherches pour trouver de nouveaux adjuvants

 

Les podcasts natifs : la nouveauté de France Culture

France Culture, déjà championne des podcasts, vient de lancer les podcasts « natifs ». Plusieurs auditeurs s’interrogent sur cette nouveauté et son intérêt. Pour répondre, Florent Latrive, directeur du Numérique à France Culture, est dans le rendez-vous du médiateur.

Un podcast natif, c’est quoi ?

France Culture, c’est 1 200 000 auditeurs par jour. Mais 14 fois plus de podcasts téléchargés : 17 millions de téléchargements en août. S’y ajoutent maintenant des podcasts « natifs ». En deux mots, c’est quoi ?

« Un podcast natif, c’est un podcast qui naît directement en numérique, sans passer par l’antenne. « 

Julien se questionne : « Quel est l’intérêt de ces podcasts ? Un podcast, c’est normalement un moyen d’écouter ou de réécouter une émission de radio diffusée auparavant ». Pourquoi créer des émissions qui ne sont pas diffusées sur les ondes ?

« Ça nous permet d’adapter le format de l’émission aux endroits où on les diffuse : différents modes d’écoute, d’écriture et aucune contrainte de durée. On essaie de s’adresser à des publics différents. On peut expérimenter des choses très ambitieuses comme le projet de séries de fiction en podcast natif. « 

 Le premier podcast natif : « Superfail »

Le premier podcast « natif » est  une série réalisée par Guillaume Erner, téléchargeable tous les vendredis et intitulée « Superfail ». Pourquoi ce test avec Guillaume Erner, qui n’est pas un débutant ?

« Le numérique n’est pas réservé qu’aux débutants. Guillaume Erner est très intéressé par le numérique et a envie de s’approprier ces nouveaux formats. Il a fallu trouver une écriture spécifique à « Superfail » consacré à l’échec. « 

Le titre de ce podcast natif, « Superfail », a suscité des protestations d’auditeurs, dont, d’ailleurs, plusieurs qui écoutent au Québec. « Pourquoi ne respectez-vous pas votre langue, notre langue, avec ce titre en anglais ? » écrit Édouard. Le mot français existe ?

« Fail » est une expression qui dépasse le mot « échec » lui-même, c’est un concept : ça vient des États-Unis où il y a toute une culture de l’échec comme moyen de rebondir. « 

Le succès des podcasts

Revenons aux podcasts et à leur impressionnant succès : 17 millions de téléchargements par mois. Qu’est-ce qui marche le mieux ? Et pour quels auditeurs ?

« Dans le top, il y a beaucoup d’émissions de savoir : »Les chemins de la philosophie », « la Fabrique de l’Histoire ». Ces formats ont notamment très bien fonctionné cet été. « 

Signalons d’ailleurs que cet été, France Culture – sur les ondes – a battu un nouveau record historique d’audience à 2,4%.

Trop de fautes sur les sites ?

Une remarque qui est adressée très régulièrement : pourquoi trouve-t-on souvent des fautes d’orthographe ou d’accord sur le site de France Culture ? « Tout de même, c’est France Culture ! », s’indigne par exemple Mireille.

« Certes, il y a des fautes. La radio a plus une culture de l’oral que la presse écrite.  On essaie de s’adapter, on met en place chaque mois des retours sur les fautes fréquemment commises et des processus de relecture. C’est intéressant que les internautes nous fassent remarquer les fautes quand il en reste ! «