L’économie est-elle Culture ?

Quel rapport entre l’économie et la culture ? Pour certains auditeurs, l’économie n’aurait pas sa place sur une chaîne culturelle. D’autres, en revanche, plébiscitent l’émission lancée en septembre dernier sur France Culture « Entendez-vous l’éco ? » par Maylis Besserie.

Pourquoi l’économie n’aurait-elle pas sa place sur France Culture ?

Pour certains auditeurs, l’économie serait presque un gros mot qui n’aurait pas sa place dans un contexte culturel. Pour Paul, par exemple, « nous ne venons pas pour entendre parler de fric, de crise, de sujets sociétaux ; nous venons entendre de la poésie, de la littérature inconnue, de la philo, de l’Histoire ». Pourquoi l’économie n’aurait-elle pas sa place sur France Culture …

L’économie est aussi une science sociale. En tant que science du savoir elle a sa place sur France Culture. Elle permet aussi de donner des clés pour comprendre l’actualité et le monde : tout dépend de la manière dont on le fait. La particularité d’une émission d’économie sur France Culture, c’est de croiser cette science avec d’autres supports : l’Histoire, la philosophie. C’est regarder l’économie du cinéma, de la littérature : c’est la particularité de la chaîne.

L’économie est-elle culturelle ?

L’économie entre dans une culture générale. C’est aussi se cultiver et en apprendre plus sur le monde.

Cette émission propose une approche pédagogique, explicative pour toucher le plus grand nombre. Comment faites-vous pour rendre des sujets, parfois complexes, abordables par tous ?

Le langage de la science économique est complexe. Il y a donc un travail de décryptage, c’est la mission du service public de rendre accessible la compréhension. Ça n’empêche pas un certain niveau d’exigence. Les invités sont des universitaires, des pointures dans leurs domaines.

Des auditeurs l’ont bien compris, comme Mireille « Merci, écrit-elle, pour cette excellente émission sur l’économie qui invite des spécialistes de niveau universitaire et qui sait établir des liens avec la philosophie, l’Histoire, etc. Je recommande votre émission à mes étudiants». Que pouvez-vous leur apporter ?

Les théories économiques sont des manières de voir le système économique en le reliant à tout. C’est un système global qui permet de convoquer toutes les autres disciplines de la pensée.

Retrouvez Maylis Besserie du lundi au jeudi de 14h à 15h.

Pourquoi tant d’invités pro macron sur France Culture ?

Trop d’invités pro Macron, mais aussi trop de partis pris en faveur des grévistes…
Les auditeurs réagissent beaucoup au traitement de l’information politique et sociale, riche en cette période. Pour les éclairer, Frédéric Barreyre, directeur de la Rédaction de France Culture, est au micro du médiateur.

Rappel des règles du CSA

Il y a évidemment les militants qui voudraient n’entendre que ceux qui pensent comme eux. Mais il y a aussi tous ces auditeurs, attentifs, qui constatent que sur les antennes, les pro Macron s’expriment beaucoup. Martine, par exemple,  écrit cette semaine: « Arrêtez le défilé des invités pro Macron ! ». Ou Jean-Paul : « C’est l’Élysée qui vous impose tous ces macronistes ? »

C’est la loi et en l’occurrence le CSA qui impose l’accès des partis politiques aux médias. Depuis le 1er janvier 2018, nous sommes en période de « pluralisme ». Il n’y a pas d’égalité du temps de parole comme c’est le cas durant une campagne électorale (le temps de parole est comptée à la seconde prêt). Le pluralisme signifie que sur 1 heure de temps de parole accordée aux partis politiques, 1 tiers de ce temps donc 20 mn est donné à l’Exécutif , les 2 tiers restant soient 40 mn sont donnés à l’ensemble des autres formations politiques.
Ce qui peut donner l’impression qu’il y a trop de « pro-macron » mais ce n’est pas le cas, les députés de la République en Marche sont inclus dans le temps de parole réservé aux formations politiques. Cela vient en plus du temps de parole accordé à l’Exécutif.

 

Pour le tiers du temps de parole attribué au gouvernement, les interlocuteurs possibles sont peu nombreux ? 

Cela représente 33 personnes : 31 ministres et secrétaires d’Etat plus le Premier Ministre, plus le Président de la République. Et en face des milliers de personnes susceptibles d’intervenir.

 

Trop de ministres à la radio, conséquence des nouvelles règles imposées par le CSA

Le pluralisme s’applique hors période électorale

scemas-temps-de-parole-4

 

Pourquoi les règles du temps de parole imposées par le CSA aux médias audiovisuels publics, comme privés, ont-elles changé en janvier ?

L’ancien monde du temps de parole politique a volé en éclat en janvier. Abordé à ce même micro et à réécouter >>>Les temps de parole politique : décryptage avec Frédéric Barreyre, directeur de la rédaction
Les partis politiques se sont scindés avec des courants internes et de nouvelles formations sont apparues au PS, au Front National, chez les Républicains…
L’exposition sur les antennes tient compte de plusieurs facteurs : les résultats des dernières élections, le nombre d’élus, l’importance des groupes parlementaires et des sondages.

 

Le parti pris de France Culture ?

Concernant la grève à la SNCF
À côté de ces contraintes auxquelles toutes les radios et toutes les télévisions sont confrontées, il y a aussi ce reproche de parti pris que vous font des auditeurs. Pour Germain, « on a l’impression que vous soutenez les cheminots grévistes. On les entend à longueur de journaux, alors que la majorité des Français sont en faveur de la réforme de la SNCF ». Et Jeanne ajoute : « On entend très peu d’explications sur les avantages de la réforme ».

Les journalistes font très attention à présenter cette réforme de la SNCF. Nous sommes là pour informer en donnant la parole à tout le monde mais pas forcément en même temps. Il faut écouter tous les jours…

D’autres auditeurs, comme Théophile, s’étonnent : « Les syndicalistes répètent sur vos ondes que la réforme va entrainer la fermeture des petites lignes. Or, c’est faux. Pourquoi laissez-vous dire de fausses informations ? ».

On fait part d’une crainte autour de la fermeture de ces petites lignes ferroviaires. Sans doute que les déclarations du Premier Ministre ne sont pas assez claires sur ce point précis.

 

 

 

 

France Culture, média global

France Culture, ce n’est pas que de la radio « linéaire », c’est aussi 23 millions de podcasts téléchargés en mars. France Culture est vraiment entrée dans l’ère du média global. Une notion pas toujours comprise par les auditeurs… Profitons de cette période riche en nouvelles expériences pour vous fournir des explications avec Sandrine Treiner, la directrice de France Culture.

 

Des auditeurs comme Anne écrivent : « On entend de plus en plus parler de média global, mais c’est quoi et qu’est-ce que cela change pour nous auditeurs ? ».
Cette semaine, diffusion d’un podcast original de France Culture : L’incroyable expédition de Corentin Tréguier au Congo

D’une certaine façon, personne ne devrait entendre parler de « média global », l’auditeur qui continuera à écouter la radio, ne sera pas concerné. Nous sommes dans une période de mutation, qui n’implique pas la disparition de la radio, mais au contraire son élargissement. Le numérique permet aux programmes de circuler, de voyager autrement vers les auditeurs ou vers les internautes. Les nouvelles générations ont des manières différentes d’accéder aux contenus, aux programmes (smartphones, ordinateurs, tablettes). Ils se promènent sur les réseaux sociaux. France Culture est en train de diversifier son offre de programmes de sorte d’aller vers tous les citoyens. C’est une mission de service public.

De nombreux auditeurs ont pris l’habitude du podcast. Une autre manière d’avoir accès à la radio.
L’incroyable expédition de Corentin Tréguier au Congo
 fonctionne de la même manière qu’une série, c’est addictif. Une expérience extrêmement créative de raconter des histoires par le biais du son. On innove, on crée grâce à des auteurs et des réalisateurs qui se sont emparés des nouvelles manières de diffuser des programmes. C’est comme ça que nous irons vers de nouvelles générations d’auditeurs de France Culture.

À Radio France, on se complète et, à partir de lundi 30 avril, France Culture s’associe à franceinfo pour coproduire un programme audio et vidéo hebdomadaire qui sera vraiment très informatif et très pédagogique : « Les idées claires ». Quel est le sens de cette démarche ?
France Culture et franceinfo se sont associées pour lancer un programme de certification des savoirs et des connaissances. Nicolas Martin, le producteur de « La méthode scientifique », en est le maître d’œuvre. Il a expliqué ce nouveau concept au micro du Médiateur ce 29 mars dernier

 

En raison de la désinformation et des fausses informations qui circulent notamment sur les réseaux sociaux, France Culture produit beaucoup d’informations sur les savoirs scientifiques, historiques … Avec le directeur de Franceinfo, il a été décidé d’unir nos forces pour produire chaque semaine un podcast et  un module vidéo de 3, 4 minutes porté par Nicolas Martin (un des thèmes sera la théorie créationniste).

Autre exemple de média global, l’impressionnant week-end du 28-29 avril au Centre Pompidou.
Des débats, des interviews, des ateliers, des concerts sur le thème « Imagine 1968-2018 : l’esprit de mai ». C’est aussi l’esprit France Culture et son expertise pour un événement qui ne sera pas uniquement à la radio ?

imagine-738_newsletter_1920x10801

C’est la troisième année de partenariat entre France Culture et le centre Pompidou autour de ce festival. Master Class, rencontres, débats…

 

Enfin, une forme de média global innovante et originale : France Culture va proposer un documentaire géolocalisé à travers le Quartier latin de mai 68. De quoi s’agit-il ?

plan-imagine-france-culture

Documentaire produit par l’équipe de la Fabrique de l’histoire d’Emmanuel Laurentin qui propose un documentaire-promenade dans tout le  quartier latin,  composé d’archives, d’entretiens, d’ambiances… Il suffira de télécharger l’application « izitravel » sur son smartphone.

 

philosophie, les chemins, adele van reeth, france culture

Le succès de la philosophie sur les ondes de France Culture

La philosophie, ce n’est pas forcément le thème le plus excitant, le plus glamour, ni le plus populaire. Mais à France Culture, Adèle Van Reeth et ses Chemins de la philosophie, chaque jour à 10h, recueillent tous les suffrages. Ses podcasts battent tous les records. Le médiateur reçoit majoritairement des messages positifs et cela fait plaisir. Comment… Lire la suite

science, fake news, france culture, franceinfo

La certification des savoirs et des connaissances

Quand on évoque les théories du complot, les fausses informations, on pense immédiatement à la politique. Or, la politique n’est pas le seul domaine d’information à être gangrené par ces fameuses « fake news » : la science également. France Culture et franceinfo se sont associées pour lancer un programme de certification des savoirs et des connaissances. Nicolas Martin, le producteur de « La méthode scientifique », en est le maître d’œuvre.

Nombre d’auditeurs, après diffusion d’un sujet scientifique, écrivent pour contester ce qui a été dit en s’appuyant sur des arguments puisés sur internet ou les réseaux sociaux…

 

Comment allez-vous vous y prendre pour certifier les informations ?

Sur la forme : grâce à différents formats de diffusion, radiophoniques (10 minutes environ), « podcastables », diffusés ensuite sur la grille d’été de France Culture et sur la grille de franceinfo et via les réseaux sociaux. C’est sur ces réseaux sociaux que circulent le plus les fausses informations. (+ 70% de diffusion des fausses informations sur ces canaux). Une vidéo de 3 ou 4 mn sera diffusée via ces réseaux.

Sur le fond : la question de la vérité en sciences est une vaste question. « La vérité est une erreur rectifiée », disait Bachelard. Il n’y a pas une vérité scientifique. La science permet d’attester un certain nombre de questions. Il faut distinguer les « fake news » des idées reçues, des théories du complot.

NOUVEAUTE ! « Les idées claires » : une démarche engagée

Des exemples …

Le créationnisme, c’est dire qu’il n’y a pas eu de préhistoire, de théorie de l’évolution… Pourquoi parle-t-on de « théorie de l’évolution », car c’est ainsi que Darwin l’a formulée?  En fait, c’est une des théories les plus sûres que la science ait pu produire.

Comment trancher à propos des neurosciences ?

Ce 26 mars, dans la Grande Table, à propos des neurosciences, un psychologue, a été très agacé qu’elles soient « présentées, écrit-il, uniquement comme le fruit d’une idéologie capitaliste, alors qu’il s’agit d’une science poppérienne ». La vision poppérienne préconise le doute scientifique et la recherche des erreurs (la science est réfutable).

La science est vraie jusqu’à la preuve du contraire. On distingue la science de la méthaphysique qui est, elle, indiscutable.
On va se demander par exemple : quel est le consensus scientifique autour des pseudosciences ? Que dit la science à propos des méthodes d’apprentissage ?

 

Sur les sujets clivants, comment certifier les connaissances ?

Quand on voit la virulence des messages reçus d’auditeurs anti-vaccins, persuadés des dangers de la vaccination parce qu’ils ont lu de fausses informations sur internet, il semble difficile de leur conseiller de plutôt lire des informations validées et vérifiées.

La plupart du temps, les producteurs ou journalistes vont donner la parole à des chercheurs qui n’ont pas de conflits d’intérêt avec le privé. Il n’y a pas une vérité, mais des vérités. Il y a toujours un panel de réponses qu’apporte la science pour expliquer le réel.

publicité, france culture, podcast

La publicité envahit-elle France Culture ?

Un certain nombre d’auditeurs estiment que la publicité a envahi France Culture. Et comble du comble, France Culture ferait de la pub pour Amazon… Qu’en est-il exactement ? Pour répondre : Serge Schick, directeur du marketing stratégique et du développement de Radio France.   Plusieurs auditeurs, comme Mathieu, interpellent le médiateur : « J’ai été désagréablement surpris ce matin… Lire la suite

France Culture : qu’en est-il de la parité femme-homme et du sexisme ?

Jeudi  8 mars, ce sera la Journée internationale des droits des femmes.
Les auditeurs sont nombreux à être très vigilants sur la place des femmes sur nos antennes.

C’est donc l’occasion de faire le point avec Bérénice Ravache, directrice de la radio FIP, mais surtout en ce qui nous concerne aujourd’hui, présidente du Comité diversité de Radio France.


La parité dans les émissions politiques

« Sans même parler de parité, serait-il possible d’être juste un peu attentif aux invités ? J’écoute en ce moment France Culture, une émission politique : trois hommes invités, pas une seule femme. Peut-on imaginer l’inverse : trois femmes, pas d’homme ? Non. Mais pourquoi ? », demande Corinne.

Radio France est très attentive à la question de la parité des invités. L’objectif est d’être à l’image de la société : 50% de femmes et 50% d’hommes

Les experts/expertes à l’antenne

Jacqueline, fait ce constat : « Pourquoi entendons-nous si peu de femmes ? Ce sont souvent des experts (hommes), et d’ailleurs, souvent les mêmes. N’y a-t-il point de femmes chercheuses pouvant intervenir sur vos sujets ? ». Difficile d’inviter des femmes ?

Il y a deux phénomènes : Il y a tout simplement un réflexe qui consiste à inviter des personnalités connues qui sont principalement des hommes. Signalons que Radio France a contribué à la naissance d’un site spécialisé destiné à faire connaitre aux médias des femmes spécialistes dans de multiples domaines (3000 femmes expertes dans le monde) : expertes.fr
Le second phénomène est l’auto-censure des femmes elles-mêmes. Il faut lutter contre ce phénomène dès le plus jeune âge. Radio France a noué un partenariat avec l’association « Capital Filles ».

A Radio France de gros progrès ont été accomplis  en 2017 : la place des femmes a progressé de 20,9 %. Sur France Culture, la présence les femmes (journalistes, invitées… ) a progressé de 43 %.

 

Le sexisme ordinaire 

Les auditeurs sont également très vigilants à ce sujet. Quelques exemples… Paul nous rappelle cette présentation de Jean d’Ormesson : « Il aimait les cravates et les femmes ». Et Paul ajoute : « J’en ai conclu que les femmes étaient également des objets ». Caroline demande aussi d’oser parler de « féminicide » et non de « drame familial » ou de « crime passionnel », « les meurtres et les violences faites aux femmes, précise-t-elle, n’ont rien de romantique ». Il y a aussi Patrick : « Vous parlez de « Brigitte », de « Ségolène », alors que jamais vous ne dites Emmanuel, François ou Donald en oubliant leur nom ». Les remarques des auditeurs aident-elles dans l’action du comité diversité  ?

Le retour des auditeurs est précieux. C’est pour cela que le comité diversité a souhaité la présence de Bruno Denaes à ses côtés. C’est efficace pour faire évoluer les mentalités.

 

capture-jpg-diversite

Le comité diversité a d’ailleurs fait réaliser une étude sur la perception de la diversité  sur nos antennes. Comment se positionne France Culture ?

France Culture est très valorisée sur le pluralisme des opinions exprimées. La représentation des réalités diverses de la société est très forte sur cette antenne. La parité bien respectée à 71 %.

 

Egalité femmes – hommes : sommes-nous entrés dans une nouvelle ère ?
Journée internationale des droits des femmes : le jeudi 08 mars 2018 dès 7h sur France Culture
Dans un contexte de libération de la parole des femmes partout dans le monde, de la revendication de l’égalité femmes-hommes… les droits des femmes sont aujourd’hui d’une actualité brûlante. France Culture célèbre la journée internationale des droits des femmes le jeudi 8 mars aux micros de Guillaume Erner, Olivia Gesbert, Hervé Gardette, Emmanuel Laurentin et Marie Richeux.

 

hulot, ebdo, france culture

« Affaire Hulot » : information ou rumeur ?

S’agit-il d’une information, d’une rumeur, d’une affaire ? Les accusations du nouveau magazine « Ebdo » contre Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, font beaucoup réagir les auditeurs. Frédéric Barreyre, directeur de la rédaction de France Culture, leur répond. Le traitement de cette actualité provoque critiques ou questions. « Pourquoi, nous écrit Jeanne, vous êtes-vous tous – même… Lire la suite

fiction, hasta dente, podcast natif, mediametrie, france culture

France Culture lance sa première fiction en podcast natif

Au moment où France Culture atteint un niveau historique en termes d’audience, la chaîne continue d’innover avec le prochain lancement d’une fiction, uniquement en podcast.  Explications avec Sandrine Treiner, directrice de France Culture.

 


France Culture lance son premier podcast natif de fiction. De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’une nouvelle distribution du son proposée grâce aux podcasts sous des écritures tout à fait différentes pour des auditeurs qui n’écoutent plus la radio de manière linéaire ; en accord avec la SACD (société des auteurs et compositeurs dramatiques) la chaîne va proposer en podcast, des fictions radiophoniques.
L’histoire de ce podcast natif de fiction : il s’agit de « pastafarisme » inventé en 2005 aux Etats Unis(la divinité est un monstre en spaghetti volant), c’est un polar loufoque qui se passe dans le milieu du pastafarisme.

Le 13 février France Culture va proposer 10 fois 12 minutes en une seule fois aux internautes.

Des auditeurs s’étonnent que vous lanciez de nouveaux produits qui semblent « alléchants », comme nous le dit Elise, mais « hors antenne ». « Pourtant, ajoute-t-elle, vous êtes une radio ? ». Quel est l’intérêt ?

Le podcast répond à un usage antenne numérique.

Autre innovation : un son particulièrement soigné pour cette fiction, puisqu’il sera binaural, ce qu’on nomme aussi « son 3D ». Mais cela suppose un équipement spécial ?

Il suffit d’avoir un casque.

En septembre, France Culture a déjà lancé un premier podcast natif d’information, « Superfail ».
Guillaume Erner avait été invité au micro du médiateur à cette occasion.

Proposé uniquement en podcast : pourquoi superfail ? c’est une réflexion menée aux Etats Unis sur la nécessité d’essayer des choses et ne pas avoir peur de les rater ; la culture de l’innovation permet de prendre des risques. Guillaume Erner analyse des échecs (exemple le vélib).

Les derniers chiffres Médiamétrie des audiences radio montrent que France Culture a atteint un record historique : 1.340.000 auditeurs chaque jour, 1000.000 de plus en un an. Beaucoup d’auditeurs écrivent pour dire qu’ils ont découvert une radio « éclectique », « qui apprend beaucoup sur le monde, tout en étant abordable », « qui laisse le temps à ses invités de s’exprimer », « qui s’intéresse autant à la philosophie qu’à l’économie », etc. C’est la recette du succès ?

C’est une radio qui approfondit toujours les sujets qu’elle traite ; l’exigence est la clef du succès.

205.000 auditeurs quotidiens de moins de 35 ans ; la hausse de l’audience se fait auprès des 13-24 ans, sur un public étudiant. Savoir renouveler ses publics, c’est aussi une mission de service public.

 

 

Rendez-vous le 13 février pour découvrir Hasta Dente !, le premier podcast natif de fiction.sans-titre-1

Temps de parole politique et parti pris à l’antenne

Les temps de parole politique : décryptage avec Frédéric Barreyre, directeur de la rédaction

Sur France Culture, la parole du gouvernement serait-elle trop présente ou, à l’inverse, celle de la France Insoumise ? Dans les deux cas – bien opposés -, des auditeurs le pensent et nous l’écrivent. Un éternel sujet de mécontentement avec les militants de tout bord, souvent intolérants lorsqu’il s’agit d’écouter un avis différent du leur. Alors, entend-on trop les ministres et les élus de « la République en marche » ? En démocratie, il est normal que la majorité dispose d’un temps supérieur.

On aurait dû même les entendre plus, selon les nouvelles règles en vigueur dictées par le  CSA.
Exemple, avec l’abandon du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, on a beaucoup entendu le premier ministre et c’est normal, puisque c’est lui qui a fait l’annonce. C’est souvent la majorité qui donne le « la » de l’actualité.

Avec l’élection d’Emmanuel Macron, les codes gauche-droite ont été cassés. Sans compter que, dans certains partis dits d’opposition, existaient des soutiens au gouvernement.
Comment s’y retrouver pour les équilibres sur l’antenne ?

Effectivement les partis classiques ont éclaté avec des courants, de nouvelles formations sont apparues au PS, chez les Républicains, au Front National. L’ancien monde du temps de parole politique a volé en éclat.

Depuis le 1er janvier, le CSA impose un nouveau système de comptabilité des temps de parole. Quels sont les changements ?

Il n’y a plus de majorité ni d’opposition. Il y a aujourd’hui l’exécutif et les partis. L’exécutif bénéficie d’1/3 du temps de parole et toutes les formations politiques (donc l’opposition) bénéficie des 2/3 : sur 1 heure de temps de parole politique, l’exécutif bénéficie de 20 mn et les partis de 40 mn
Il faut tenir compte de plusieurs facteurs pour cette comptabilité : les résultats des dernières élections, le nombre d’élus, l’importance des groupes parlementaires, les sondages. C’est le principe de l’équité. Tous les partis politiques doivent bénéficier d’un temps de parole, car c’est la démocratie.
Tous les trois mois, chaque rédaction doit effectuer un bilan à remettre au CSA (les temps de parole sont notés à la seconde près).

 

Les Matins de France Culture consacrés au dossier de Notre-Dame des Landes.

Réactions d’auditeurs à l’émission de Guillaume Erner « Un parti pris délibéré en faveur des opposants à l’aéroport »,  dit Philippe. Marie ajoute : « Beaucoup de complaisance à l’égard des Zadistes et de leur occupation ». Et Eric résume le sentiment partagé : « Pas d’équilibre de l’information. Seuls les opposants à l’aéroport ont pu s’exprimer ».

Qu’en est-il des partisans de la construction du nouvel aéroport ?

C’est un parti pris d’avoir donné la parole aux zadistes, répond Guillaume Erner. J’ai repris dans ma voix la totalité des arguments en faveur de l’aéroport, en pensant qu’ensuite, chacun se ferait son opinion. Sur France Culture, la Matinale n’est pas un lieu de polémique.