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Secrets d’info : l’affaire Sarkozy et l’affaire « Pôle Emploi »

Le Médiateur de Radio France reçoit les remarques des auditeurs de « Secrets d’Info »: une fois par mois, les journalistes de la cellule Investigations de Radio France répondent aux interrogations et aux critiques.

Affaire libyenne : coup de tonnerre sur la sarkozie

► par Élodie Guéguen et Benoît Collombat

Retour sur toute l’affaire libyenne et la mise en examen de Nicolas Sarkozy qui a suscité un grand nombre de réactions et de commentaires. Beaucoup d’auditeurs, comme François, ont été satisfaits que vous fassiez un point complet sur une affaire qu’il qualifie d’embrouillée. Il ajoute : « Nous avons entendu une remarquable synthèse où les points de vue de toutes les parties ont été objectivement présentées ».

D’autres auditeurs estiment que cette affaire manque de preuves. Pour Jean-Luc, « comment faire confiance à la parole de trafiquants et d’anciens proches de Kadhafi ? ».

Ce sont des témoignages qui sont évidemment à prendre avec précaution … On peut se dire que ces anciens proches de Kadhafi ont des comptes à régler avec le président qui a décidé de leur mener la guerre en 2011. Mais ce qui est notable, c’est l’accumulation des témoignages qui vont dans le même sens… qui racontent la même chose … le fait que Kadhafi ait donné son accord pour payer la campagne électorale de Nicolas Sarkozy …  Certains anciens dignitaires libyens l’ont raconté devant la Cour pénale internationale. D’autres ont témoigné sous X devant les juges français. Et puis il y a aussi un témoignage écrit et posthume du ministre du pétrole de Kadhafi… dont on a retrouvé des notes datées de 2007.  Ça, c’est un élément matériel qui embarrasse la défense de Nicolas Sarkozy …

Claude, un autre auditeur, ne comprend pas que l’on mêle ce qu’il appelle « les turpitudes de Claude Guéant » avec le financement de la campagne présidentielle : « Que signifie l’amalgame entre le financement de l’appartement de Guéant, écrit-il, et le financement de la campagne de Sarkozy ? ».

Il faut rentrer dans le détail de cette affaire… A première vu effectivement on peut se demander quel est le lien entre l’achat de l’appartement de Claude Guéant et cette affaire libyenne… Les enquêteurs ont remonté le fil de l’argent qui a permis à Claude Guéant, de s’acheter un appartement, en payant comptant, dans les beaux quartiers de Paris, début 2008 alors qu’il était depuis quelques mois le secrétaire général de l’Elysée … Claude Guéant avait reçu un virement de Malaisie, virement de 500 000 euros … et en bout de chaîne, derrière cet argent, les enquêteurs ont identifié un banquier installé à Genève qui gérait aussi le principal fonds d’investissement libyen … En clair, des milliards de pétrodollars du régime de Kadhafi… Est-ce une coïncidence ? Les juges en tout cas ont décidé de mettre Claude Guéant en examen dans le cadre de cette affaire franco-libyenne ….

Une question sur vos méthodes de travail. Marie s’étonne « d’entendre la retranscription de contenus d’écoutes téléphoniques. Comment pouvez-vous vous les procurer ?, demande-t-elle. S’agit-il de fuites et est-ce légal ? ».

D’abord le principe de base quand on est journaliste, c’est d’avoir des sources… C’est ensuite évidemment de recouper ses informations…L’autre grand principe : c’est le secret des sources, donc évidemment on ne va pas rentrer dans tous les détails. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que dans une procédure judiciaire, il y a de multiples intervenants… Certains sont tenus au secret de l’instruction… d’autres non… Mais les journalistes, eux, ne sont pas soumis à ce secret de l’instruction… Et s’ils n’ont pas le droit de détenir des pièces d’un dossier,  ils peuvent tout à fait en prendre connaissance. Et donc ensuite les rendre public.

 

Ce milliard d’euros que Pôle emploi réclame aux chômeurs

 Une enquête de Cécile Hautefeuille

Une enquête sur le quasi milliard d’euros versés à tort par Pôle emploi à des chômeurs. 

Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas que l’on puisse réclamer de fortes sommes à des personnes à faibles revenus, alors que les erreurs viennent de Pôle emploi. D’autres se demandent pourquoi les demandeurs d’emploi qui perçoivent par erreur une somme plus importante que d’habitude ne réagissent pas et attendent qu’on leur réclame un remboursement. « C’est tout de même troublant ».

Deux réponses :
D’abord, il faut bien comprendre que les sommes trop versées ne sont pas forcément colossales… ce qui n’attire pas forcément l’attention… ça peut être 40 euros… ces sommes s’accumulent pendant des mois… et ce n’est que quand la demande de remboursement du cumul de ces sommes trop versées tombe que la plupart des gens réalisent qu’il y a un problème…
L’autre point, c’est ce que Cécile Hautefeuille explique très bien dans son enquête : la plupart des « bugs » concernent les demandeurs d’emplois qui cumulent des allocations avec des petits revenus… La grande majorité d’entre eux ignorent comment est calculé leur complément de salaire. Et parfois, ils ne connaissent même pas l’existence de ce dispositif.
Alors, comment pourrait-il vérifier ce que personne ne leur a jamais expliqué ?
La plupart disent « faire confiance » à Pôle emploi et ne vérifient pas forcément si les montants versés sont corrects. Même si bien sûr, clairement, il est conseillé de le faire. Encore faut-il avoir les moyens de le faire…

Fabrice, un salarié de Pôle emploi, vous reproche de « n’avoir qu’effleuré le sujet », nous écrit-il : « 80% des trop-perçus ont pour cause l’absence de déclaration de reprise d’emploi des chômeurs. Et vous, vous faites 30 minutes sur 1% des cas ».

Encore une fois, la journaliste qui a fait l’enquête travaille depuis des années sur le sujet… Elle a même écrit un livre sur Pôle emploi… En revanche, le chiffre cité par Fabrice n’est confirmé par aucune de nos sources… Ce que dit l’Unédic, qui est donc le gestionnaire de l’assurance chômage, c’est que dans 80% des cas, ces trop perçus interviennent dans une situation de cumul allocation chômage / salaire… on le disait tout à l’heure… Ce n’est donc absolument pas 80 % de trop perçus pour cause d’absence de déclaration de reprise d’emploi. Nous n’avons pas fait 30 minutes sur un 1% des cas : on s’est au contraire concentré sur les dysfonctionnements les plus importants… notamment ceux qui concernent les assistantes maternelles… la profession la plus touchée par les trop perçus.

Enfin, une auditrice, Myriam, pose une question de vocabulaire pas idiote du tout : « Pourquoi parlez-vous toujours et encore de « trop perçu » ? Or, il s’agit de « trop versé ». « Trop perçu » stigmatise les demandeurs d’emploi, alors qu’ils ne sont pour rien dans les erreurs de Pôle emploi ». Ce n’est pas faux…

C’est vrai que les mots sont importants…
Dans notre enquête, je pense qu’on a vraiment eu le souci d’être au plus près des faits… en expliquant qu’il s’agissait de sommes versées… à tort aux demandeurs d’emploi, qui finalement sont les premières victimes de ces dysfonctionnements. Donc il n’y a aucune volonté de stigmatiser qui que ce soit… L’autre élément de réponse, c’est que si nous avons utilisé ce terme de « trop perçu », c’est qu’en fait, la grande majorité de nos interlocuteurs utilisent ce terme dans les interviews que nous avons menées.

attentat, Trèves, anonymisation, homéopathie

L’attentat de Trèbes et l’homéopathie : les auditeurs réagissent

L’attentat de Trèbes, mais aussi l’homéopathie, deux sujets totalement différents, mais qui ont suscité une avalanche de réactions, de questions… Pour en parler au micro du médiateur, Jean-Philippe Deniau, chef du service Police-Justice de France Inter, et Jean-Claude Ameisen, producteur de l’émission « Sur les épaules de Darwin ».

 

 

 

 

Anonymisation 

Les auditeurs ont beaucoup commenté et réagi à l’attentat commis il y a une semaine. Ce qui revient le plus souvent – comme à chaque attentat – est la question du nom du terroriste. Il y a ceux qui voudraient l’anonymisation complète et ceux, plus nombreux, comme Isabelle, qui nous disent : « Je comprends très bien votre traitement de l’attaque terroriste. En revanche, je n’admets pas que le nom du terroriste soit prononcé en permanence, et même parfois plusieurs fois dans une même phrase ». Et Hubert ajoute : « Lors de l’hommage national, le Chef de l’État demande que le nom du terroriste soit ignoré, et juste après, le présentateur du journal ne cesse de le prononcer ».
C’est utile, cette répétition du nom ?

La vraie question est : faut-il ignorer le nom de l’auteur d’un attentat ? Cela ne fait pas l’unanimité au sein de l’exécutif, car si les journalistes ont connu le nom du terroriste de Carcassonne dès vendredi après-midi,  c’est grâce à Gérard Colomb, le ministre de l’Intérieur, le premier à l’avoir révélé.

Après l’attentat de Nice et les centaines de messages reçus par le médiateur, les rédactions des différentes chaines de Radio France avaient adopté une charte, refusant, entre autres, l’anonymisation des terroristes.

La rédaction s’est beaucoup questionnée à l’époque, car révéler le nom d’un terroriste, c’est lui donner une gloire posthume. Mais la question essentielle est: pourquoi ne pas donner une information que l’on détient ? Cela peut-il  changer la perception que le grand public peut avoir de l’horreur des faits qui ont été commis ? Comment rendre compte du procès sans prononcer le nom de Mohamed Merah? A partir de là, ne faudrait-il pas, dans ce cas, anonymiser tous les auteurs de crimes ?
La position à Radio France, c’est de ne pas renoncer à publier le nom des terroristes, l’inverse serait une censure, dont on ne mesurerait pas les conséquences… Notamment, avec le risque de développement du complotisme…

Un autre point a choqué un certain nombre d’auditeurs : «Vous ayez fourni, disent-ils, des informations utiles pour les prochains terroristes ». Mathilde, par exemple, dit : « Je suis effarée de l’inconscience quasi criminelle des journalistes. Ils expliquent que le malheureux gendarme avait laissé son portable allumé pour guider ses collègues ». Précisons que France Inter n’est pas le seul média à avoir donné cette information. Mais peut-on se dire que, désormais, les terroristes savent qu’il faut détruire tous les téléphones portables d’otages?

C’est encore grâce au ministre de l’Intérieur Gérard Colomb que cette information a été donnée.

Les informations proviennent de nombreuses sources qui vont du témoin à l’enquêteur. Mais on retient une information tant qu’elle n’est pas vérifiée.

L’homéopathie: les pour et les contre ?

L’éditorial de Mathieu Vidard, puis le Téléphone sonne consacrés à l’homéopathie ont déclenché une vague considérable de réactions. Tout cela après la tribune publiée dans le Figaro par 124 professionnels de santé demandant l’exclusion des médecines alternatives du champ médical.

Peut-on encore parler de tels sujets sereinement et scientifiquement ? Pour y répondre, Jean-Claude Ameisen producteur de l’émission « Sur les épaules de Darwin » et médecin, chercheur et président d’honneur du Comité consultatif national d’éthique.

Mathieu Vidard a estimé dans son « Edito au carré » du 20 mars dernier, que l’homéopathie pouvait quand même apporter des bienfaits, tout en précisant qu’aucune étude scientifique n’a prouvé une quelconque efficacité.

Une analyse objective ?

Il faut parler de tels sujets sereinement et scientifiquement et humainement. Aucune étude scientifique n’a prouvé l’efficacité des produits homéopathiques en tant que tel, elles ont montré l’efficacité de l’effet placebo. Car lorsque le médecin a confiance, le corps trouve le moyen de soulager sans les effets secondaires des médicaments. (des études américaines l’ont prouvé). Cela aide le corps et la personne à se sentir mieux. Il est évident que cela marche pour des troubles psychosomatiques, des troubles fonctionnels, pour certaines douleurs, mais pas pour des maladies graves.  Il ne faut pas se soigner tout seul !

Il ne faut pas non plus parler de médecine douce alternative, mais de médecine complémentaire. C’est un soin qui est donné à la place de ou en plus…
La médecine ne consiste pas seulement à prescrire. Cela nous dit quelque chose de ce manque dans la médecine classique.
Le Comité Consultatif National d’éthique a travaillé sur le déficit d’accès aux soins palliatifs, la prise en compte de la personne.

 

 

 

De nombreux auditeurs et patients croient plus ce qu’ils ont lu sur des sites peu sérieux et sur les réseaux sociaux que ce que leur disent les professionnels de santé ou les journalistes spécialisés…C’est le cas pour les « anti-vaccins ». Leur principal reproche : « Vous soutenez les lobbys pharmaceutiques ». Il est vrai que des laboratoires pharmaceutiques sont à l’origine de scandales et ont entamé une forme de confiance.

C’est pourtant une question de santé publique. Apprendre au corps à lutter lui-même contre les microbes, c’est de la prévention. Dans notre pays, 95 % du budget de la santé publique est consacré à la réparation et 5 % à la prévention des maladies. On n’a pas de culture de prévention. On sait que les vaccins sont efficaces (exemples de la mortalité infantile dans les pays pauvres). Un vaccin protège différemment. Un vaccin antitétanique protège la personne et pas les autres, contrairement au vaccin contre la rougeole qui protège également les autres. En matière de vaccin, on est resté dans une médecine du 19ème siècle et non dans une médecine du dialogue et d’information.

 

Elisa Budin/Radio France

Secrets d’info : les comptes de campagne de Mélenchon, Macron et les chasseurs

Le Médiateur de Radio France reçoit les remarques des auditeurs de « Secrets d’Info »: une fois par mois, les journalistes de la cellule Investigations de Radio France répondent aux interrogations et aux critiques.

Les étranges factures de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, alors candidat du parti d’extrême gauche " La France insoumise " pour les élections présidentielles 2017, tient un meeting à Périgueux, le 26 janvier 2017. (MAXPPP)
Jean-Luc Mélenchon, alors candidat du parti d’extrême gauche  » La France insoumise  » pour les élections présidentielles 2017, tient un meeting à Périgueux, le 26 janvier 2017. (MAXPPP)

Enquête de Sylvain Tronchet et d’Elodie Guéguen
Albert qui semble proche de Jean-Luc Mélenchon s’étonne que « vos « informations » mettant en cause la France Insoumise soient données le jour où on apprend par le magazine Marianne que certains versements excessifs sur le compte de campagne de Macron ont été signalés à la justice ». Alors, auriez-vous des choix orientés, comme voudrait le penser cet auditeur ?

L’équipe d’investigation n’avait pas cette information. En revanche, si le soupçon, c’est de dire « vous enquêtez sur Mélenchon pour protéger Macron », les faits parlent d’eux-mêmes. L’équipe a déjà enquêté sur Emmanuel Macron (à l’occasion des « macronleaks »). Il ne faut pas nous demander de raisonner en « politique », nous ne sommes pas des militants politiques qui enquêtons sur un camp et pas sur l’autre. On enquête sur tous les sujets, tous les domaines et tous les camps dans lesquels on estime qu’il y a des questions qui se posent et des possibles mauvaises utilisation de l’argent public, ce qui  est aussi le cas des comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon.

L’équipe travaille sans distinction. Et pourtant, dans son blog, Jean-Luc Mélenchon affirme que cette enquête est une commande de la hiérarchie. Il ajoute : «  Les agents traitants du service vivent une certaine ambiance qui leur interdit de dire non ». Sous-entendu : on vous aurait demandé d’enquêter sur Mélenchon et vous n’auriez pas pu refuser…

Jacques Monin : Je ne suis pas un homme politique, mais je peux lui répondre en tant que journaliste : ma hiérarchie a été informée trois jours avant la diffusion des informations. Cela ne répond donc pas à une commande.

Sylvain Tronchet : la Présidence de Radio France n’a évidemment pas commandé cette enquête. Mais cette enquête sur Jean-Luc Mélenchon n’arrive pas là par hasard, elle est dans la continuité du travail de la cellule Investigations. Depuis deux ans, avec Elodie Guéguen, nous travaillons sur la problématique du financement politique. Des enquêtes menées sur François Bayrou, Nicolas Sarkozy, etc.

Enfin, une autre accusation qui, là aussi, étonne quand on connait le sérieux de vos enquêtes et le temps que vous y passez… C’est Jean-Marc qui nous écrit : « Pourquoi reprendre les mêmes insinuations que le journal Le Monde ? ». Vous auriez donc pompé les informations d’autres journalistes. Et André, lui, ajoute : « Vous n’avez qu’une seule source à charge : celle d’un ancien directeur de cabinet d’un ministre socialiste qui veut régler des comptes ».

Faux, puisqu’on a entendu également François Logerot, le président de la Commission de contrôle des comptes de campagne… Mais des sources, il y en a bien d’autres. Contrairement à ce qu’affirme Jean Luc Mélenchon, on travaille, et depuis longtemps, sur le sujet. C’est le prolongement, notamment, de l’enquête d’Elodie Guéguen sur les ministres du gouvernement Macron et sur l’affaire des assistants parlementaires du Modem.
Précisons que nous avons posé des questions à Mélenchon et à son équipe, et personne n’a répondu.

 

 

Pourquoi Emmanuel Macron courtise-t-il les chasseurs ?

Une enquête d’Anne Brunel

Emmanuel Macron part à la conquête des chasseurs © AFP / GUILLAUME SOUVANT / Etienne LAURENT POOL
Emmanuel Macron part à la conquête des chasseurs © AFP / GUILLAUME SOUVANT / Etienne LAURENT POOL

La chasse est un sujet très clivant. Il y a d’un côté les auditeurs qui ont eu l’impression que vous défendiez la chasse et les « tueurs d’animaux ». Et de l’autre, ceux qui vous reprochent de ne pas avoir compris l’intérêt de la chasse et de la régulation des espèces.

Il se trouve que la chasse n’était pas l’objet de cette enquête. Ce n’était pas un débat autour de la chasse. Cette enquête avait pour objet de décortiquer une stratégie politique, celle d’Emmanuel Macron pour mieux asseoir la pénétration de son parti dans les zones rurales et pour tenter de retourner le vote eurosceptique fort dans les campagnes. L’objectif est donc de séduire les chasseurs sur des thèmes européens en leur obtenant des mesures dérogatoires, afin d’utiliser leurs réseaux et leur force d’entrainement électoral. Nous avons exposé des faits, sans prendre parti.

 

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Hulot, Darmanin, Maëlys, Lourdes ; les réponses à vos nombreuses remarques

Nicolas Hulot, Gérald Darmanin, la petite Maëlys, mais aussi, dans un autre registre, les miracles de Lourdes, autant d’informations ou de sujets qui ont suscité des questions, des réactions, voire de sérieuses protestations. Catherine Nayl, directrice de l’information de France Inter, et l’humoriste Daniel Morin y répondent.   En ce mois de février, deux noms de… Lire la suite

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Secrets d’info : charges sociales PME, guerre économique, le fiasco du logiciel Louvois

Le Médiateur de Radio France reçoit les remarques des auditeurs de « Secrets d’Info »: une fois par mois, les journalistes de l’émission d’investigations répondent  aux interrogations et aux critiques.

Charges sociales : quand les petits patrons filent à l’anglaise

 L’enquête de Sylvain Tronchet a suscité des réactions étonnantes. Lorsqu’une enquête porte sur les pratiques douteuses ou illégales d’une grosse société, la majorité des messages reçus montrent une indignation, voire une colère. Là, il s’agissait de pratiques pour le moins illégales de PME, souvent des artisans domicilient leur entreprise en Angleterre pour ne pas payer les cotisations sociales.
Et là, surprise, les fraudeurs suscitent une certaine sympathie. Caroline est très vindicative : « Et si vous parliez des gros poissons ! Foutez la paix aux artisans ! ». Et pour Nicky : « Il n’y a pas de raison que les grands groupes le fassent et pas les petites entreprises ! ». C’est évidemment un drôle de raisonnement, que Roland explique d’une certaine façon : « Vous parlez d’un scoop ! Ce cabinet breton qui offre ce genre de pratique est connu des entreprises et des autorités depuis 20 ans ».

On peut toujours avoir un débat sur le niveau des cotisations sociales qu’on peut trouver trop élevées ou pas chez les artisans, mais on ne peut pas s’exonérer du respect de la loi, parce qu’on la trouve trop compliquée pour la respecter. Ces méthodes restent hautement douteuses au regard de la loi. Ce genre de montage existe aussi en Espagne par exemple.

 

Financement des partis, conflits d’intérêts : les dérives de la formation des élus

L’enquête d’Elodie Gueguen sur le financement de partis politiques par de l’argent issu de la formation des élus.

Les réactions sont en demi-teinte. Certains auditeurs ne s’attaquent pas aux pratiques douteuses des partis et des élus, mais à celui ou celle qui les révèle, en l’occurrence un ou une journaliste. Pour Marc, « arrêtez avec ce raisonnement « les élus tous pourris ». Il y a des milliers d’élus dans les villages, comme moi, qui donnent énormément de leur temps et qui ne se remplissent pas les poches. Nous avons aussi besoin de formations ».

On n’a pas dit le contraire : la formation est indispensable. Les crédits alloués aux élus municipaux sont insuffisants. Mais par ailleurs, et c’était l’objet de l’enquête, certains crédits sont dévoyés par certains partis ou par des instituts de formations… Regarder les abus qui existent ou qui ont existé, c’est aussi une manière d’être plus vigilants à l’heure où les partis parlent de renouvellements des pratiques.

 

Guerre économique : comment les Etats-Unis font la loi?

L’enquête menée par Benoit Collombat à propos de la guerre économique souterraine que livrent les Etats-Unis aux entreprises françaises et européennes a suscité également beaucoup de réactions d’auditeurs. La plus fréquente, c’est celle-ci : « Pourquoi la France se laisse-t-elle piétiner ? Faisons pareil ! ». Mais est-ce possible face au géant américain ?

Un des responsables juridiques de l’OCDE, l’Organisation de coopération et de développement économiques, dont le siège est à Paris, nous a écrit. Il regrette que l’on n’ait pas indiqué que « la France a souscrit des obligations internationales au niveau de l’OCDE et de l’ONU concernant la corruption internationale. Or, à ce jour, nous dit-il, aucune entreprise française n’a été condamnée par la justice française pour ce qu’elle qualifie pourtant de crime ».

Il ne s’agit pas de blanchir les pratiques des entreprises françaises. Si elles sont ciblées par la justice américaine, c’est qu’elles offrent un boulevard en matière de pots-de-vin. Les Américains aussi utilisent l’arme de la corruption dans les marchés internationaux, mais en imposant leurs normes et par leurs lois extra-territoriales, ils se donnent le bon rôle. Les Etats-Unis détiennent le « soft power » grâce auquel leurs mauvaises pratiques se voient moins.

 

 

 

Louvois, le logiciel qui a mis l’armée à terre

Les révélations de Philippe Reltien ont choqué un grand nombre d’auditeurs ; ils trouvent inadmissibles, comme Christian, que « ceux qui risquent leur vie pour nous soient traités de cette façon ». Beaucoup de témoignages, également, de proches de militaires, comme Christine, mère d’un jeune officier qui raconte « la précarité subie par son fils face au retard de versement de sa solde » et l’aide financière qu’elle doit lui apporter. D’autres s’inquiètent de ces militaires écœurés, dépressifs, qui quittent nombreux l’armée, alors que, comme le dit Anne, « on a besoin d’eux en ce moment ». « Des responsables incompétents, un logiciel fou et des militaires devenus surendettés, alors qu’on devrait les aider, nous écrit Mathieu qui pose cette question : Pourquoi l’État n’a-t-il aucune bienveillance à leur égard ? ».

Tout commerce qui laisserait partir  545 millions d’euros dans la nature se verrait condamné à la faillite. L’armée est condamnée à retrouver cet argent car elle utilise les fonds du contribuable. La machine à recouvrer les créances fonctionne avec le fisc. A peine 3000 soldats sur plus de 70 000 contestent devant les tribunaux administratifs, les sommes qu’on leur réclame. De ce fait, il y a des familles en détresse grave. L’armée prétend qu’elle le sait, et qu’elle les aide parfois au point d’abandonner ses créances. 83 millions d’euros ne seront jamais récupérés.

France Inter

Fausses infos, éducation aux médias et « Affaires sensibles »

Les fausses informations, la crédibilité des journalistes, l’éducation aux médias…

Beaucoup de questions que les auditeurs posent au Médiateur. Pour y répondre Emmanuelle Daviet,  déléguée de France Inter à l’éducation aux médias, à l’égalité des chances et à la diversité.
A écoutez tous les dimanches matin à 6h23 dans la chronique Interclass’

Les questions des auditeurs concernant les fausses informations

Emmanuel Macron y tient beaucoup : il veut une loi contre les fameux « fake news ». Des auditeurs, plutôt « militants », s’en réjouissent, mais à contre-sens, argumentant justement sur de fausses informations. Pour Germain, « au moins, vous serez obligés d’arrêter tous vos mensonges sur Trump ». Ou Adeline, « enfin, vous ne pourrez plus mentir sur les bienfaits des vaccins ». En fait, tout cela ne concerne pas les journalistes professionnels… Un journaliste digne de ce nom ne publie ou ne diffuse aucune information qui ne soit pas vérifiée ; donc, une information juste. Une erreur peut évidemment se produire, mais elle est rapidement corrigée.

Un renforcement de l’éducation aux médias

Comment arrivez-vous à montrer, par exemple, que les journalistes, eux, sont exigeants avec l’information ?  À l’inverse, les réseaux sociaux ou internet diffusent des informations souvent attirantes, mais très souvent fausses, non vérifiées, voire malveillantes et qui ont une influence néfaste sur de nombreux collégiens ou lycéens ?

Cette influence néfaste est surtout constatée par les enseignants et sociologues qui ont tiré la sonnette d’alarme pendant 15 ans, sans être entendus. Il a fallu l’Hyper cacher et Charlie Hebdo… pour se rendre compte que des jeunes remettaient en cause des faits et relataient une toute autre lecture du monde grâce aux thèses conspirationnistes. Cette génération construit son rapport au monde sur des bases fondées sur la manipulation. La principale source d’informations, ce sont les réseaux sociaux, car ces jeunes n’ont pas souvent les clefs pour décrypter une information.

Ce qui plaide pour un renforcement de l’éducation aux médias, comme le souhaitent 7 Français sur 10, selon l’enquête de La CroixC’est d’ailleurs ce qu’Emmanuelle Daviet a lancé il y a trois ans avec l’opération Interclass’. De quoi s’agit-il ?

Opération lancée après les attentats de janvier 2015 par la volonté de la directrice de France Inter, Laurence Bloch, pour une action citoyenne en créant des classes médias. Ce dispositif engage une partie des journalistes et producteurs de France Inter, en suivant pendant une année une classe. 800 personnes ont déjà participé depuis le début à Interclass.
« Bien informés, les hommes deviennent des citoyens,  mal informés, ils deviennent des sujets », disait Alfred Sauvy.
Grâce à Interclass, on apprend aux jeunes à développer leur esprit critique. On leur fait faire du reportage, on les confronte au terrain.
Pour les enseignants qui souhaitent développer ces classes médias, il faut se rapprocher du CLEMI.

 

Fabrice Drouelle. produit chaque jour à 15h « Affaires sensibles », l’émission qui revient sur de grands événements des 50 dernières années

Les auditeurs en redemandent, à tel point que certains, comme Joris, s’étonnent des rediffusions : « Pourquoi rediffusez-vous des émissions anciennes ? Cela n’apporte rien ».
Autre remarque d’auditeurs, comme Bénédicte : « Vos sujets soulèvent souvent des questions, des polémiques ; or, vous ne recevez qu’un seul invité. Donc une seule opinion… Pourquoi ne pas organiser de débats ? ».

La règle : une rediffusion par semaine pour apporter un nouveau regard sur une affaire déjà traitée. L’idée est de générer du débat et non de la cacophonie.

Le choix des sujets :  qu’est-ce qui fait une bonne émission ?

Une bonne « histoire » qui a des résonances sur l’actualité. Exemple : le Larzac a des résonances avec Notre Dame des Landes.

cellule-investigation

Airbnb, tutelles, rugby…les questions des auditeurs

Les commentaires des auditeurs sur les dernières enquêtes diffusées dans « Secrets d’info » La carte de crédit rechargeable offerte par Airbnb à ses loueurs qui permet d’échapper au fisc  Les loyers étaient versés via cette carte émise à Gibraltar. Tout bénéfice pour le particulier loueur, car le revenu de ses locations devenait invisible pour le fisc ! Sylvain Tronchet a… Lire la suite

Johnny, grandes ondes, temps de parole, csa, weinstein

Editions spéciales : trop de Johnny, trop de ministres ?

Trop de Johnny, trop de ministres, trop de pudeur à l’égard d’affaires internes, bon nombre de questions interpellent la rédaction. Nous évoquerons également la fin des Grandes Ondes ; c’était il y a un an. Et depuis, les services techniques de Radio France ont répondu à beaucoup d’entre vous. Jean-Marc Four est le directeur de la rédaction… Lire la suite

Paradise Papers/ ICIJ

L’affaire des Paradise Papers et les réactions des auditeurs

PARADISE PAPERS

L’équipe de Secrets d’info répond aux questions des auditeurs.

 

L’affaire des Paradise Papers a valu au Médiateur un très grand nombre de réactions. Beaucoup d’auditeurs félicitent l’équipe de Secrets d’info pour ces révélations autour des paradis fiscaux et des méthodes – souvent légales – pour payer le moins d’impôts possibles. Pourtant, comme le dit Jeanne, « ces entreprises ou ces milliardaires peu citoyens sont heureux de bénéficier des routes, des hôpitaux, des chercheurs, des policiers et des pompiers ».

 » Bravo pour tout ce travail, mais qu’est-ce que cela va changer ? », c’est la question qui revient le plus souvent.

« Ces révélations ont déjà servi à quelque chose. Quelques exemples : une enquête du fisc lituanien, la justice indonésienne a elle aussi lancé une enquête sur les enfants de l’ancien dictateur Suharto, 4 personnes ont été incarcérées en Argentine, la Commission Européenne va lancer une enquête sur l’île de Man, les Pays Bas aussi… Le Parquet financier français a lancé une investigation qui a débouché sur 25 cibles et une personne a été jugée et condamnée…. Ce sont des petits pas, mais il y a des choses tangibles dans le monde qui se sont déjà passées ».

Pour Cédric, « tous les Présidents de la République ont annoncé la fin des paradis fiscaux. Or, ils existent toujours ».

 » Effectivement, mais on peut citer quelques avancées : l’Union Européenne va publier d’ici quelques jours, une liste noire, une nouvelle directive sur le contrôle des intermédiaires (notamment les cabinets d’avocats d’affaires qui seront obligés de déclarer les montages qu’ils proposent à leurs clients)… »

Beaucoup d’optimisations fiscales sont légales, bien qu’elles s’apparentent à de la dissimulation. « Savez-vous si les services fiscaux vont faire avancer les choses ? »

« Rien ne pourra changer si tout cela est légal. Il faut d’abord changer la loi… »

 

« Pourquoi n’avoir pas braqué les projecteurs sur ces cabinets d’avocats spécialisés qui vendent ce genre d’arrangements ?
Pensez-vous vraiment qu’un sportif comme Lewis Hamilton soit au courant de toutes les opérations qui touchent sa fortune ? ».

« Ces fuites sont parties d’un cabinet d’avocats Appleby. Les avocats d’Hamilton l’ont évidemment conseillé conseiller, mais c’est tout de même quelqu’un qui cherche à échapper à l’impôt. »

« Quel intérêt, demande Hélène, ont ces états « paradis fiscaux » ? Ils ne perçoivent pas d’impôts ni de TVA. Les sociétés qui s’y domicilient n’ont pas d’activités réelles. Donc n’offrent pas d’emplois aux habitants ».

« Lewis Hamilton,  par exemple, paie un cabinet d’avocats qui recrutent donc des gens… Il y a tout un business autour de ça et cela génère des revenus pour ces petits territoires. »

« Pourquoi a-t-il fallu une collaboration mondiale de médias et de journalistes pour sortir de telles révélations ? »

« Cette évasion fiscale se fait à l’échelle mondiale, donc nécessite une enquête mondiale. Le nombre de documents à étudier était considérable (13,5 millions de documents à traiter). Et puis, c’est aussi une forme de « protection »: les multinationales ont des moyens énormes. Par conséquent, il est plus difficile pour elles d’attaquer 96 médias qu’un seul. C’est ce qui fait la force de cette enquête. »

Les autres enquêtes du mois de novembre

Présidentielle 2007 : sur la piste de l’argent liquide © AFP / Matthieu Alexandre
Présidentielle 2007 : sur la piste de l’argent liquide © AFP / Matthieu Alexandre

l’affaire des cadres de l’UMP qui ont reçu en 2007 des primes versées en liquide à partir de soi-disant « dons anonymes ». Bertrand, par exemple, se demande « pourquoi les enquêteurs mettent-ils autant de temps à avancer ? Nous sommes 10 ans après les faits et les révélations arrivent au compte-goutte, grâce à la presse ». Et Sylvie ajoute : « Une affaire qui sera certainement enterrée ». Peut-on le craindre ? (réponse d’Elodie Gueguen)

« Il ne s’agit pas d’enquête de police classique. Le délit financier est dissimulé. L’enquête démarre souvent des années après les faits; elle commence par hasard après une perquisition d’entreprise par exemple. L’enquête qui concerne des cadres de l’UMP a commencé en 2012, entre les deux tours de la Présidentielle, après la publication d’une enquête de Médiapart … A ce stade de l’enquête, plusieurs personnes de l’entourage de Nicolas Sarkozy sont mises en examen, dont Claude Guéant, son plus proche collaborateur ».

 

Sait-on si oui ou non l’argent de Kadhafi a servi à financer la campagne présidentielle de 2007  (pour répondre Benoît Colombat)

« Évidemment, beaucoup d’auditeurs rapprochent ces « dons anonymes » à l’hypothèse souvent évoquée d’argent liquide libyen accordé par Kadhafi. Des témoignages de proches de Kadhafi vont dans ce sens. Il y a des documents écrits de Choukri Ghanem, ministre du pétrole libyen, qui consigne dans ses carnets ces versements… »

 

Interview exclusive  accordée Éliane Houlette, la procureure du Parquet national financier.
On reste dans les questions de dissimulation fiscale. Éliane Houlette a justifié sa décision d’infliger à une filiale de la banque HSBC une amende de 300 millions d’euros, et cela en échange d’une absence de procès pour « blanchiment de fraude fiscale ». Plusieurs auditeurs aimeraient savoir si, en définitive, « ce n’est pas une bonne affaire pour le fraudeur, en l’occurrence la banque, puisque l’amende est inférieure à la fraude ».

 

Une enquête a passionné les auditeurs, celle concernant le nombre incroyable de maladies qui touchent les riverains de la zone industrielle de Fos-sur-Mer.

Dans l'air de Fos-sur-Mer, on trouve des particules ultrafines © Maxppp / Florian Launette
Dans l’air de Fos-sur-Mer, on trouve des particules ultrafines © Maxppp / Florian Launette


Les riverains de ces usines hyper polluantes n’ont pas trop envie de dénoncer des industries qui fournissent de l’emploi. Mais Michelle demande « pourquoi des permis de construire sont finalement accordés à des logements dans une zone que l’on sait à risques pour la population ? »

« Aujourd’hui, aucune corrélation n’a été validée par les autorités entre un phénomène de pollution et  un phénomène d’explosion de maladies… Pour l’instant, seule une étude  publiée en début d’année par une association scientifique montre qu’il y a un taux de maladies graves bien supérieur à la moyenne… Mais les outils officiels n’existent pas … »

 

 

ERIC DUPONT MORETTI /FRANCE INTER

Nicolas Demorand s’explique sur l’interview controversée de Me Dupond-Moretti

Des centaines de messages d’auditeurs reçus à la suite d’un invité… Il faut dire que l’invité n’était pas n’importe qui: Me Dupond-Moretti, avocat d’Abdelkader Merah.

Nicolas Demorand avait obtenu qu’il vienne dans son 7-9 dès le lendemain du verdict prononcé par la Cour d’Assises spéciale.
La très grande majorité des auditeurs qui ont écrit au Médiateur, n’ont pas compris l’acharnement du journaliste, contre Me Dupond-Moretti. Marie, par exemple, vous interroge : « Pourquoi êtes-vous tombé à ce point du côté du populisme, du voyeurisme, du lynchage médiatique ? Pourquoi une telle interview à charge contre Me Dupond-Moretti ? ».

Nicolas Demorand conteste chacun des mots de l’auditrice. Il est là pour faire entendre les souffrances des familles des victimes. C’est le travail du journaliste. Il rappelle que l’émission s’est déroulée dans les conditions du direct.

Pour rappel, la réponse de la directrice de France Inter aux auditeurs >>> réponse de Laurence Bloch

Un manque de distance dans cette interview de la part de Nicolas Demorand ?
Beaucoup d’auditeurs citent cette phrase sur le bébé assassiné par Merah  : « Enfin, vous avez défendu le frère d’un criminel qui a assassiné un tout petit enfant qui avait une tétine dans sa bouche… dans sa bouche ». En insistant, les auditeurs estiment que Nicolas Demorand a joué sur l’émotion et le voyeurisme. Perrine, par exemple,  écrit : « Je partage probablement les mêmes émotions que M. Demorand. Mais son rôle à lui est d’aider les auditeurs à enrichir leur réflexion. Pas à porter un jugement moral dépourvu de distance… ».

Le journaliste récuse le terme de populisme. Il n’a apporté aucun jugement moral, mais l’émotion des familles des victimes.

 

Pourquoi s’opposer au fait qu’un terroriste puisse être défendu ?
« Le droit à la défense est la base même de la démocratie », écrit Joëlle. Et Christian ajoute : « M. Demorand est l’un des rares journalistes qui fasse son métier avec compétence et honnêteté intellectuelle. Mais là, non… Tout accusé, quel qu’il soit, mérite un avocat qui le défende. C’est aux journalistes de le rappeler inlassablement. Il en va de la justice, cette justice qui nous éloigne de la vengeance et de la barbarie ».

Il ne conteste pas ce principe puisqu’il a reçu l’avocat.

 

Les réactions suscitées par un autre invité de la matinale de France Inter, Patrick Buisson
Homme de droite, très à droite, ses réponses ont énervé, notamment lorsqu’il vous dit : « En matière de terrorisme d’État, la Terreur, c’est nous qui l’avons inventée ». Et la question qui suit immanquablement, c’est : « Pourquoi invitez-vous ce genre de personnage ? ».

Nicolas Demorand a commencé son interview en contestant cette lecture de l’histoire. Y-aurait-il une liste d’invités à ne pas recevoir?, demande-t-il.

 

A propos du billet de 7h43 consacré à « L’hallucinante soirée anti-vaccins » durant laquelle d’anciens prestigieux médecins ont quelque peu « déraillé » à propos de la vaccination. Des auditeurs ont réagi, mais c’est justement le rôle des journalistes de rectifier les contre-vérités et les fausses informations…

Le Médiateur : « À propos des anti-vaccins et des contre-vérités, je voudrais aussi répondre aux nombreux auditeurs qui m’ont interpellé après les déclarations de la comédienne Audrey Dana dans l’émission de Nagui. Sans aucun argument, elle a affirmé que les vaccins étaient dangereux. Sa parole, évidemment, est libre ; mais il aurait fallu en effet corriger ses propos. »

Le 7h43, est un billet subjectif. Pour Nicolas Demorand, se faire vacciner, c’est protéger son prochain.

 

Dominique Seux, éditorialiste économique du 7-9 est également au micro du Médiateur
De nombreuses réactions ont suivi son édito consacré à la formation à l’informatique en France. Il y faisait l’éloge de l’Ecole 42, créée par Xavier Niel, et s’en prenait aux lourdeurs du système éducatif public qui, « n’a pas eu l’idée de lancer des formations en développement informatique ».

 Dans la précipitation de la matinale, Dominique Seux reconnaît s’être mal exprimé. Evidemment, l’université forme aussi de jeunes informaticiens.