Airbnb, tutelles, rugby…les questions des auditeurs

Les commentaires des auditeurs sur les dernières enquêtes diffusées dans « Secrets d’info » La carte de crédit rechargeable offerte par Airbnb à ses loueurs qui permet d’échapper au fisc  Les loyers étaient versés via cette carte émise à Gibraltar. Tout bénéfice pour le particulier loueur, car le revenu de ses locations devenait invisible pour le fisc ! Sylvain Tronchet a… Lire la suite

Johnny, grandes ondes, temps de parole, csa, weinstein

Editions spéciales : trop de Johnny, trop de ministres ?

Trop de Johnny, trop de ministres, trop de pudeur à l’égard d’affaires internes, bon nombre de questions interpellent la rédaction. Nous évoquerons également la fin des Grandes Ondes ; c’était il y a un an. Et depuis, les services techniques de Radio France ont répondu à beaucoup d’entre vous. Jean-Marc Four est le directeur de la rédaction… Lire la suite

L’affaire des Paradise Papers et les réactions des auditeurs

PARADISE PAPERS

L’équipe de Secrets d’info répond aux questions des auditeurs.

 

L’affaire des Paradise Papers a valu au Médiateur un très grand nombre de réactions. Beaucoup d’auditeurs félicitent l’équipe de Secrets d’info pour ces révélations autour des paradis fiscaux et des méthodes – souvent légales – pour payer le moins d’impôts possibles. Pourtant, comme le dit Jeanne, « ces entreprises ou ces milliardaires peu citoyens sont heureux de bénéficier des routes, des hôpitaux, des chercheurs, des policiers et des pompiers ».

 » Bravo pour tout ce travail, mais qu’est-ce que cela va changer ? », c’est la question qui revient le plus souvent.

« Ces révélations ont déjà servi à quelque chose. Quelques exemples : une enquête du fisc lituanien, la justice indonésienne a elle aussi lancé une enquête sur les enfants de l’ancien dictateur Suharto, 4 personnes ont été incarcérées en Argentine, la Commission Européenne va lancer une enquête sur l’île de Man, les Pays Bas aussi… Le Parquet financier français a lancé une investigation qui a débouché sur 25 cibles et une personne a été jugée et condamnée…. Ce sont des petits pas, mais il y a des choses tangibles dans le monde qui se sont déjà passées ».

Pour Cédric, « tous les Présidents de la République ont annoncé la fin des paradis fiscaux. Or, ils existent toujours ».

 » Effectivement, mais on peut citer quelques avancées : l’Union Européenne va publier d’ici quelques jours, une liste noire, une nouvelle directive sur le contrôle des intermédiaires (notamment les cabinets d’avocats d’affaires qui seront obligés de déclarer les montages qu’ils proposent à leurs clients)… »

Beaucoup d’optimisations fiscales sont légales, bien qu’elles s’apparentent à de la dissimulation. « Savez-vous si les services fiscaux vont faire avancer les choses ? »

« Rien ne pourra changer si tout cela est légal. Il faut d’abord changer la loi… »

 

« Pourquoi n’avoir pas braqué les projecteurs sur ces cabinets d’avocats spécialisés qui vendent ce genre d’arrangements ?
Pensez-vous vraiment qu’un sportif comme Lewis Hamilton soit au courant de toutes les opérations qui touchent sa fortune ? ».

« Ces fuites sont parties d’un cabinet d’avocats Appleby. Les avocats d’Hamilton l’ont évidemment conseillé conseiller, mais c’est tout de même quelqu’un qui cherche à échapper à l’impôt. »

« Quel intérêt, demande Hélène, ont ces états « paradis fiscaux » ? Ils ne perçoivent pas d’impôts ni de TVA. Les sociétés qui s’y domicilient n’ont pas d’activités réelles. Donc n’offrent pas d’emplois aux habitants ».

« Lewis Hamilton,  par exemple, paie un cabinet d’avocats qui recrutent donc des gens… Il y a tout un business autour de ça et cela génère des revenus pour ces petits territoires. »

« Pourquoi a-t-il fallu une collaboration mondiale de médias et de journalistes pour sortir de telles révélations ? »

« Cette évasion fiscale se fait à l’échelle mondiale, donc nécessite une enquête mondiale. Le nombre de documents à étudier était considérable (13,5 millions de documents à traiter). Et puis, c’est aussi une forme de « protection »: les multinationales ont des moyens énormes. Par conséquent, il est plus difficile pour elles d’attaquer 96 médias qu’un seul. C’est ce qui fait la force de cette enquête. »

Les autres enquêtes du mois de novembre

Présidentielle 2007 : sur la piste de l’argent liquide © AFP / Matthieu Alexandre
Présidentielle 2007 : sur la piste de l’argent liquide © AFP / Matthieu Alexandre

l’affaire des cadres de l’UMP qui ont reçu en 2007 des primes versées en liquide à partir de soi-disant « dons anonymes ». Bertrand, par exemple, se demande « pourquoi les enquêteurs mettent-ils autant de temps à avancer ? Nous sommes 10 ans après les faits et les révélations arrivent au compte-goutte, grâce à la presse ». Et Sylvie ajoute : « Une affaire qui sera certainement enterrée ». Peut-on le craindre ? (réponse d’Elodie Gueguen)

« Il ne s’agit pas d’enquête de police classique. Le délit financier est dissimulé. L’enquête démarre souvent des années après les faits; elle commence par hasard après une perquisition d’entreprise par exemple. L’enquête qui concerne des cadres de l’UMP a commencé en 2012, entre les deux tours de la Présidentielle, après la publication d’une enquête de Médiapart … A ce stade de l’enquête, plusieurs personnes de l’entourage de Nicolas Sarkozy sont mises en examen, dont Claude Guéant, son plus proche collaborateur ».

 

Sait-on si oui ou non l’argent de Kadhafi a servi à financer la campagne présidentielle de 2007  (pour répondre Benoît Colombat)

« Évidemment, beaucoup d’auditeurs rapprochent ces « dons anonymes » à l’hypothèse souvent évoquée d’argent liquide libyen accordé par Kadhafi. Des témoignages de proches de Kadhafi vont dans ce sens. Il y a des documents écrits de Choukri Ghanem, ministre du pétrole libyen, qui consigne dans ses carnets ces versements… »

 

Interview exclusive  accordée Éliane Houlette, la procureure du Parquet national financier.
On reste dans les questions de dissimulation fiscale. Éliane Houlette a justifié sa décision d’infliger à une filiale de la banque HSBC une amende de 300 millions d’euros, et cela en échange d’une absence de procès pour « blanchiment de fraude fiscale ». Plusieurs auditeurs aimeraient savoir si, en définitive, « ce n’est pas une bonne affaire pour le fraudeur, en l’occurrence la banque, puisque l’amende est inférieure à la fraude ».

 

Une enquête a passionné les auditeurs, celle concernant le nombre incroyable de maladies qui touchent les riverains de la zone industrielle de Fos-sur-Mer.

Dans l'air de Fos-sur-Mer, on trouve des particules ultrafines © Maxppp / Florian Launette
Dans l’air de Fos-sur-Mer, on trouve des particules ultrafines © Maxppp / Florian Launette


Les riverains de ces usines hyper polluantes n’ont pas trop envie de dénoncer des industries qui fournissent de l’emploi. Mais Michelle demande « pourquoi des permis de construire sont finalement accordés à des logements dans une zone que l’on sait à risques pour la population ? »

« Aujourd’hui, aucune corrélation n’a été validée par les autorités entre un phénomène de pollution et  un phénomène d’explosion de maladies… Pour l’instant, seule une étude  publiée en début d’année par une association scientifique montre qu’il y a un taux de maladies graves bien supérieur à la moyenne… Mais les outils officiels n’existent pas … »

 

 

Nicolas Demorand s’explique sur l’interview controversée de Me Dupond-Moretti

Des centaines de messages d’auditeurs reçus à la suite d’un invité… Il faut dire que l’invité n’était pas n’importe qui: Me Dupond-Moretti, avocat d’Abdelkader Merah.

Nicolas Demorand avait obtenu qu’il vienne dans son 7-9 dès le lendemain du verdict prononcé par la Cour d’Assises spéciale.
La très grande majorité des auditeurs qui ont écrit au Médiateur, n’ont pas compris l’acharnement du journaliste, contre Me Dupond-Moretti. Marie, par exemple, vous interroge : « Pourquoi êtes-vous tombé à ce point du côté du populisme, du voyeurisme, du lynchage médiatique ? Pourquoi une telle interview à charge contre Me Dupond-Moretti ? ».

Nicolas Demorand conteste chacun des mots de l’auditrice. Il est là pour faire entendre les souffrances des familles des victimes. C’est le travail du journaliste. Il rappelle que l’émission s’est déroulée dans les conditions du direct.

Pour rappel, la réponse de la directrice de France Inter aux auditeurs >>> réponse de Laurence Bloch

Un manque de distance dans cette interview de la part de Nicolas Demorand ?
Beaucoup d’auditeurs citent cette phrase sur le bébé assassiné par Merah  : « Enfin, vous avez défendu le frère d’un criminel qui a assassiné un tout petit enfant qui avait une tétine dans sa bouche… dans sa bouche ». En insistant, les auditeurs estiment que Nicolas Demorand a joué sur l’émotion et le voyeurisme. Perrine, par exemple,  écrit : « Je partage probablement les mêmes émotions que M. Demorand. Mais son rôle à lui est d’aider les auditeurs à enrichir leur réflexion. Pas à porter un jugement moral dépourvu de distance… ».

Le journaliste récuse le terme de populisme. Il n’a apporté aucun jugement moral, mais l’émotion des familles des victimes.

 

Pourquoi s’opposer au fait qu’un terroriste puisse être défendu ?
« Le droit à la défense est la base même de la démocratie », écrit Joëlle. Et Christian ajoute : « M. Demorand est l’un des rares journalistes qui fasse son métier avec compétence et honnêteté intellectuelle. Mais là, non… Tout accusé, quel qu’il soit, mérite un avocat qui le défende. C’est aux journalistes de le rappeler inlassablement. Il en va de la justice, cette justice qui nous éloigne de la vengeance et de la barbarie ».

Il ne conteste pas ce principe puisqu’il a reçu l’avocat.

 

Les réactions suscitées par un autre invité de la matinale de France Inter, Patrick Buisson
Homme de droite, très à droite, ses réponses ont énervé, notamment lorsqu’il vous dit : « En matière de terrorisme d’État, la Terreur, c’est nous qui l’avons inventée ». Et la question qui suit immanquablement, c’est : « Pourquoi invitez-vous ce genre de personnage ? ».

Nicolas Demorand a commencé son interview en contestant cette lecture de l’histoire. Y-aurait-il une liste d’invités à ne pas recevoir?, demande-t-il.

 

A propos du billet de 7h43 consacré à « L’hallucinante soirée anti-vaccins » durant laquelle d’anciens prestigieux médecins ont quelque peu « déraillé » à propos de la vaccination. Des auditeurs ont réagi, mais c’est justement le rôle des journalistes de rectifier les contre-vérités et les fausses informations…

Le Médiateur : « À propos des anti-vaccins et des contre-vérités, je voudrais aussi répondre aux nombreux auditeurs qui m’ont interpellé après les déclarations de la comédienne Audrey Dana dans l’émission de Nagui. Sans aucun argument, elle a affirmé que les vaccins étaient dangereux. Sa parole, évidemment, est libre ; mais il aurait fallu en effet corriger ses propos. »

Le 7h43, est un billet subjectif. Pour Nicolas Demorand, se faire vacciner, c’est protéger son prochain.

 

Dominique Seux, éditorialiste économique du 7-9 est également au micro du Médiateur
De nombreuses réactions ont suivi son édito consacré à la formation à l’informatique en France. Il y faisait l’éloge de l’Ecole 42, créée par Xavier Niel, et s’en prenait aux lourdeurs du système éducatif public qui, « n’a pas eu l’idée de lancer des formations en développement informatique ».

 Dans la précipitation de la matinale, Dominique Seux reconnaît s’être mal exprimé. Evidemment, l’université forme aussi de jeunes informaticiens.

 

Me Dupond-Moretti sur France Inter : réponse de Laurence Bloch, sa directrice, aux auditeurs

L’interview de Me Dupond-Moretti par Nicolas Demorand a suscité de nombreuses réactions (plusieurs centaines reçues par le médiateur). L’avocat d’Abdelkader Merah était l’invité du 7-9 sur France Inter au lendemain du verdict du procès du frère du terroriste Mohammed Merah. Laurence Bloch, directrice de la chaine, a tenu à répondre à tous les auditeurs qui… Lire la suite

Elisa Budin/Radio France

Secrets d’info répond aux auditeurs : Lafarge, SNCF, batteries

Désormais, chaque dernier vendredi du mois, l’équipe de Secrets d’Info répond directement aux questions et remarques des auditeurs, envoyées au médiateur à propos des enquêtes diffusées dans le mois. En compagnie de Jacques Monin, Directeur des Enquêtes et de l’Investigations de Radio France, l’équipe pratique le droit de suite de ses reportages hebdomadaires.
Pour le mois d’octobre, les auditeurs ont réagi aux enquêtes suivantes :

 

 

 

Le 30 septembre diffusion de l’enquête sur Proximania, cette société spécialisée dans la téléphonie mobile qui a laissé sur le carreau près de 500 actionnaires…proxima-400x250_ktullu_-_benjamin_gabouryok4


Comme Xavier. Il nous l’a écrit : « J’ai moi-même été victime de cette arnaque pour un investissement de 20 000 € ». Il ajoute : « Notre association de défense des actionnaires a mis en cause, devant les tribunaux, l’expert-comptable et les commissaires chargés de valider les comptes de cette société, comme le prévoient les règles comptables. Or, le TGI et la cour d’appel de Paris ont jugé notre démarche irrecevable et nous ont condamnés à payer les frais de justice… Un comble que vous n’avez pas évoqué. Comme chaque membre de l’association, j’ai dû débourser 150€ à ce titre ». C’est vrai que cela semble bien injuste…

« C’était un des éléments de l’enquête, une enquête à tiroir, l’affaire dans l’affaire ; mais un élément important, car les actionnaires ont investi des dizaines de millions d’euros dans cette affaire ; les comptes auraient été falsifiés par les commissaires aux comptes, et pourtant certifiés. Les actionnaires ont voulu se retourner contre ces commissaires aux comptes. Mais ce recours a été jugé irrecevable. C’est hélas un point de droit, car ce n’est pas là-dessus qu’il fallait agir  Les investisseurs attendent un procès… »

 

 

L’enquête du 7 octobre sur les batteries et les voitures non polluantes batterie-electrique400x250_033_3159410
Cette enquête de Philippe Reltien a visiblement passionné les auditeurs. L’une des remarques qui revient le plus souvent concerne l’extraction du lithium et le recyclage de batteries très polluantes. Catherine, par exemple, vous pose deux questions : « Savez-vous si les réserves mondiales de lithium permettront de remplacer le parc mondial de véhicule thermique ? » et « D’où viendra l’électricité qui alimentera ces centaines de millions de véhicules électriques ? ».

Il s’agit d’une enquête de journalistes et non d’experts. Philippe Reltien a posé la question à un éminent spécialiste au Collège de France, Jean-Michel de Tarascon : Les reserves de lithium sont estimées entre 30 et 50 ans et il n’y aura en 2025 que moins de 10 % du parc mondial en voitures électriques ; il y aura donc assez de lithium pour tous. Autre précision : dans cette enquête, on entend Michel Armand, l’inventeur de la batterie au lithium métal polymère mais il faut rendre hommage aussi au franco-marocain Rachid Yazami auteur de la batterie lithium-ion

 

 

L’enquête du 14 octobre sur le cimentier français Lafarge a suscité énormément de réactions et de questions.
lafarge-400x250_034_3474205Dossier très documenté et aux nombreuses révélations d’Elodie Gueguen et de Benoit Collombat. Principales réactions : l’attitude de Lafarge qui a choqué nombre d’auditeurs. Pour Dominique : « Du pognon à tout prix, oui ! Y compris celui d’un minimum de moralité ». Et Dalila résume bien ce que ressentent beaucoup d’auditeurs : « Donc Lafarge est complice pour les attentats. Seront-ils jugés à la hauteur de leurs actes ? », mais elle reste dubitative : «  Encore une énième affaire qui va durer 20 ans et tous seront blanchis… ». Dalila a-t-elle raison ?

« On peut comprendre l’indignation des auditeurs, mais attention personne n’a été condamné dans cette affaire ; ce qui est reproché à Lafarge, c’est d’avoir financé des groupes armés parmi lesquels des membres de Daech ; mais pour être complice, il faut à la fois collaborer à la mise en place d’un acte et l’intention de s’y associer ; à ce stade personne ne peut affirmer que Lafarge avait l’intention d’aider Daech à commettre des attentats. »
Rappel : des magistrats enquêtent sur cette affaire depuis 4 mois ; 3 juges ont été saisis ; il y a plusieurs temps dans une enquête judiciaire : le temps des investigations (là où se situe le dossier de « Secrets d’info ») , établir les responsabilités des uns et des autres et éventuellement le temps du procès ; certaines affaires n’aboutissent jamais, mais contre-exemple avec l’affaire Cahuzac »

Des auditeurs, comme Elisabeth, demandent si on peut vraiment dire que Lafarge finançait Daech ou si, plutôt, la société était rackettée pour éviter que les employés locaux ne soient menacés…

« Lafarge a certes été rackettée, mais l’entreprise a accepté ce racket et est même restée en Syrie où elle a mandaté un intermédiaire pour négocier avec ces différents groupes ; Lafarge savait que l’argent allait « dans les poches » de certains groupes djihadistes. Reste à savoir pénalement,  s’il s’agit bien de financement du terrorisme … »

Certains auditeurs ne voient pas pourquoi accuser le Quai d’Orsay. Pour Martine, « quel intérêt pourrait avoir le Ministère des Affaires étrangères à maintenir une société privée dans une zone sous emprise terroriste ? Le seul à y gagner, c’est Lafarge ». Le Quai d’Orsay avait-il un intérêt à pousser Lafarge à rester ?

« Dans l’enquête de « Secret d’info », le Quai d’Orsay n’a pas été accusé ; les journalistes ont posé des questions. L’enquête a révélé que Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères de l’époque, pourrait être entendu par la justice. La question est posée dans l’enquête, sans réponse… Il y avait une enquête factuelle et une autre partie qui soulevait des  hypothèses ».

 

 

L’enquête du 21 octobre sur la SNCF
(Laetitia Cherel) suscite beaucoup de réactions, à commencer  par les clients excédés par « les trains très souvent en retard », « les incidents qui se multiplient sur les voies » (chutes de caténaires, pannes de trains, lignes vieillissantes) et « les tarifs qui ne cessent d’augmenter ». Est-ce que, comme le sous-entendent de nombreux auditeurs qui nous ont écrit, ces dépenses pharaoniques de la SNCF en communication et lobbying sont une des raisons des « tarifs de plus en plus élevés et des services de moins en moins bien rendus » ?sncf400x250_000_q4984

« On peut être tenté de le penser ; mais selon les spécialistes consultés, les dépenses de communication n’auraient pas d’effet sur le prix des billets. La location des voies, et l’amortissement des TGV par contre coûtent très cher et la productivité ne serait pas assez élevée. « 

Plusieurs auditeurs s’insurgent contre le président Guillaume Pépy qui refuse de répondre aux questions des journalistes, mais qui ne cesse de prôner la transparence.
Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées durant votre enquête ?

La principale difficulté est celle-ci : Malgré de multiples demandes d’interview, le président de la SNCF n’a pas répondu et si Laetitia Cherel est parvenue à suivre Guillaume Pépy lors d’un colloque, il a toutefois refusé de s’exprimer en renvoyant vers son service de communication.

 

 

diversité, exisme, machisme, rendez-vous du médiateur

Sexisme et machisme « ordinaires »

Sexisme, parité, misogynie, les auditeurs sont très vigilants à toutes ces questions. Encore plus depuis le début de l’affaire Weinstein, du nom de ce producteur d’Hollywood accusé par des actrices de harcèlements sexuels et de viols. Cette affaire a libéré la parole de nombreuses femmes victimes, elles aussi, de harcèlements et de sexisme. 

Bérénice Ravache, présidente du Comité Diversité et directrice de FIP,  est l’invitée du médiateur et répond aux remarques des auditeurs.

 

Un producteur de France Inter qui se réjouit de la rentrée, et dit « cela va permettre aux mamans d’écouter mon émission ». Réaction outrée d’une auditrice : « Evidemment, les mamans, après avoir déposé les enfants à l’école, n’ont rien d’autre à faire à part écouter la radio et faire un peu de ménage en attendant que leur mari rentre à la maison ».

« Cela montre bien qu’il reste beaucoup de travail à accomplir sur les stéréotypes et des préjugés ! », commente Bérénice Ravache.

Un autre producteur présente son invité – un acteur – en évoquant un membre féminin de son équipe, « Aujourd’hui, elle porte sa plus belle salopette. Elle transpire énormément ; la vitre du studio est couverte de buée ». Réaction d’une auditrice : « Je suis révoltée et humiliée. Je trouve dramatique qu’on en soit encore là en 2017 ! ».

« Je ne sais pas si on peut parler de machisme ou de sexisme dans ce cas particulier. Cette réflexion a pu mettre mal à l’aise la collaboratrice, donc c’est déplacé ! Cependant, il s’agissait, pour le producteur, surtout de faire un compliment à l’invité. Ce qu’il aurait aussi bien fait si les sexes avaient été inversés. Auquel cas, d’ailleurs, les auditeurs auraient probablement relevé le fait que le producteur fasse une appréciation sur le physique de l’invitée… »

Où se trouve la limite entre humour, second degré et sexisme ?

« La loi est très précise à ce sujet. Le code du travail définit l’agissement sexiste: « Tout agissement lié au sexe d’une personne ayant pour effet ou objet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile ou dégradant, humiliant ou offensant … ».

Dans l’émission de Nagui, la semaine dernière, Gérard Depardieu se vantait d’avoir présenté – comme il le dit – « des gamines à des soldats américains« . Nagui a réagi. Cependant, ces propos sont une bonne illustration du machisme et du sexisme ordinaires. On le retrouve également dans des formulations telles que  « L’actrice s’est fait violer ». Annie nous écrit : « Cette expression semble aussi banale que si vous disiez « Elle s’est fait coiffer », avec le fait d’induire une volonté. Non, on dit : « Cette actrice a été violée ». Y a-t-il des fondamentaux à revoir ?

« Oui, on est face à un problème que jusqu’ici on semblait ignorer et qui explose avec l’affaire Weinstein. Je pense néanmoins que le problème ne se situe pas là où le place l’auditrice. Il faut veiller aux bonnes formulations; mais, le problème est trop énorme pour s’attacher d’abord à des formulations. »

Deux autres points énervent un grand nombre d’auditeurs et d’auditrices. D’abord, les différences d’âges critiquées, par exemple dans le couple Macron, pourtant identique, mais inverse, au couple Trump dont on a peu parlé. Ensuite, il y a cette propension à nommer à l’antenne les femmes par leur prénom, alors que l’on cite le nom de famille des hommes.

« C’est extrêmement choquant et ça signifie énormément de choses. Concernant l’âge, ça révèle une image des femmes comme objet de consommation sexuelle. Concernant les prénoms, c’est une façon de diminuer la place des femmes. »

Que peut-on faire contre ce sexisme ou ce machisme au quotidien ?

« D’abord il faut encourager les hommes à voir le ridicule de vouloir montrer la légitimité de leur domination, ainsi que le fait qu’ils se dévalorisent par cette façon d’agir. L’affaire Weinstein permet de mettre cet effet en lumière et de montrer ce problème qui constitue le premier de tous les racismes, qui précède et fonde tous les autres, raison pour laquelle il est si invisible. A Radio France, qui a un devoir d’exemplarité, est mis en place une série d’actions de sensibilisation des salariés aux stéréotypes, afin de les réduire dans l’entreprise et d’éviter de les véhiculer à l’antenne ».

Il y a un reproche qui est fait régulièrement, c’est le manque de parité femmes/hommes parmi les invités politiques, les spécialistes et les experts.

« C’est un aspect mis en avant dans le rapport Grésy, sur lequel se sont fondé toutes les actions sur la place des femmes à l’antenne. C’est plus facile pour les producteurs d’inviter des personnes qu’ils connaissent, donc un peu toujours les mêmes, et ces « mêmes » sont des majoritairement des hommes. Par ailleurs, les femmes ont tendance à s’autocensurer. Le Comité diversité donne des outils pour y remédier. En partenariat avec le groupe Egaé, Radio France a développer le site Expertes qui recense les femmes expertes qui ont été coachées pour passer à l’antenne. Matthieu Gallet, PDG de Radio France, s’est engagé à augmenter chaque année de 5% le nombre de femmes sur les antennes. On voit des progrès, de 28% en 2015, on est passé à 33% en 2016.

Ça avance ! »

Elisa Budin/Radio France

Secrets d’info : les réactions des auditeurs

L’équipe du magazine de la cellule Investigation de Radio France viendra une fois par mois répondre aux questions des auditeurs suite aux enquêtes diffusées sur France Inter

Sur le mois de septembre les auditeurs ont pu réagir sur les enquêtes suivantes :

Le 2 septembre avec un sujet qui a fait réagir de nombreux auditeurs, Benoit Colombat a rouvert le dossier de Rifaat Al-Assad, le sulfureux oncle du président syrien, réfugié en France. La justice française enquête sur son patrimoine et ses origines, disons, pas très claires. Qu’en ont dit les auditeurs ?
Djamel, par exemple, nous a écrit : « Il y a de quoi rire. La France sait exactement qui possède quoi parmi ses « amis étrangers ». Les escrocs d’Algérie ont des hôtels particuliers, des appartements, au même titre que le roi du Maroc, les dignitaires d’Arabie Saoudite, etc. De l’argent volé aux peuples concernés. Et la France ferme les yeux ».

« Pourquoi la France a-t-elle pu cautionner un tel blanchiment d’argent ? »

Benoit Colombat leur répond : deux raisons principales : la raison d’Etat,  et des raisons diplomatiques et commerciales
Plusieurs auditeurs, avec un petit côté complotiste, s’interrogent, comme Kristina : « Pourquoi cette enquête maintenant ? ». Et Thierry d’ajouter « Vous êtes à la solde de l’Etat. Demandons-nous pourquoi cette info sort maintenant ? Sans doute des opérations militaires à venir seront justifiées par cette info ».

Les journalistes de l’équipe ne sont certainement pas à la solde de l’Etat : petit rappel de l’affaire des assistants de François Bayrou 
Toutes les enquêtes sont le résultat d’un mois de travail et d’investigation parfois plus. Certaines informations résonnent parfois avec l’actualité mais il est difficile de le prévoir. 

Le 9 septembre une enquête menée par Anne Brunel après la décision de Nicolas Hulot et du gouvernement de ne plus délivrer de permis de prospection.
Beaucoup de réactions d’auditeurs, la plupart estimant, comme Françoise que nous devrions revoir notre modèle énergétique ou comme Jules qu’il faudrait développer enfin – vous le disiez au terme de votre enquête – un véritable recyclage de tous nos déchets. D’autres auditeurs vous reprochent de vous être attaquée à des sociétés dont on a besoin. Pour Jean-Marc : « Arrêtez de toujours condamner les entreprises. Proposez donc de supprimer l’essence pour se déplacer ou le gaz pour se chauffer et vous déclencherez une révolution ».

« Il y a des sujets difficiles et clivants sur des choix de société ; l’idée était d’exposer des faits en sortant des débats idéologiques ; réfléchir à d’autre modèles, d’autres ressources énergétiques… » « souvent on ne retient que ce qui alimente un désagrément connu »

Le 16 septembre Sylvain Tronchet a enquêté sur les dérives du CESE En effet, il y a les auditeurs qui s’insurgent contre ces « pantouflards », comme Gilles appelle les membres de cette institution : « Je commence à saturer, ajoute-t-il, de ce genre de petits arrangements à tous les étages qui risquent bien un jour d’amener au pouvoir des illuminés qui surferont sur la vague des « tous pourris ». Et Etienne écrit : « Ce n’est pas le réformer qu’il faut, c’est le supprimer. Cela ferait économiser beaucoup d’argent et serait un avertissement pour les autres chambres : moins d’absentéisme, moins de triche, moins de salaires mirobolants ». Par ailleurs, d’autres auditeurs trouvent, que vous avez visé les syndicats. Vincent nous écrit : « Pourquoi cette info sort-elle maintenant et dans quel but ? Il y a longtemps que le système dure. Comme par hasard une manière de discréditer les syndicats et de leur faire perdre toute crédibilité »

« Qui sait comment fonctionne cette chambre qui doit être réformée par l’Etat ? personne ne le sait à part les intéressés, il était donc légitime d’enquêter … »  » on peut comprendre ces réactions et ces critiques à l’encontre des syndicats… cette influence des syndicats au sein du CESE et le cas Laurence Parisot a également été abordé  côté patronat… »

A noter la réaction d’un syndicaliste, membre du Conseil économique, social et environnemental, Gérard Aschiéri, représentant de la FSU. Il reconnait que « votre enquête contient des choses exactes et soulève de vrais sujets, comme l’absentéisme – encore qu’il y ait matière à discussions -, nous écrit-il et il ajoute : « Pourquoi ne pas avoir parlé de l’avis du Conseil sur les travailleurs détachés qui inspire largement Emmanuel Macron ? Ou celui sur le climat, le numérique, etc ? ».

« La plupart des rapports produits par le CESE restent lettre morte… » exemple le rapport sur les travailleurs détachés qui est d’ailleurs évoqué dans l’enquête… »

 

Isabelle Adjani : vaccination et contre-vérités

S’il est bien un sujet, qui, depuis la rentrée, suscite une quantité impressionnante de réactions, c’est le domaine de la santé. Et, notamment, les vaccinations. Le médiateur a reçu un très grand nombre de messages après la première du Grand Atelier de Vincent Josse qui recevait Isabelle Adjani. Vincent Josse et Danielle Messager, chef du service Santé-Sciences-Environnement de France Inter, sont au micro du médiateur.

 

 

Isabelle Adjani a proféré de belles contre-vérités qui ont choqué un grand nombre d’auditeurs, comme Pascale : « Une femme connue ne peut servir d’alibi à la propagation de fausses nouvelles qui met la population en danger ».
Pourquoi cette actrice connue et reconnue a-t-elle voulu aborder un tel sujet ?

« Elle pouvait s’exprimer sur tous les sujets, c’est le principe de cette nouvelle émission ».

 

D’autres auditeurs s’étonnent qu’aucune contradiction n’ait été apportée à ses propos. Pour Daniel : « Isabelle Adjani a pu développer un long plaidoyer anti-vaccin. L’opinion d’une actrice ne mérite pas de peser autant sur un tel sujet. Son prestige peut influencer fortement des auditeurs mal renseignés ».
Comment avez-vous imaginé parler de ce sujet des vaccinations ?

« Isabelle Adjani a pu inviter qui elle voulait ; elle a donc choisi le docteur Gherardi qu’a rencontré l’un des reporteurs de l’équipe du « Grand Atelier ». Mais je ne connaissais pas à l’avance les propos de la comédienne », explique Vincent Josse.

 

Comment peut-on parler de crime contre l’humanité à propos des vaccins comme l’a fait Isabelle Adjani ?

Danielle Messager :  » Malgré tout le respect que je porte à Isabelle Adjani en tant qu’actrice, elle a proféré des contres-vérités, car les vaccins ont sauvé des millions de vies. Concernant par exemple la polio, l’OMS pensait l’avoir éradiquée en 2000, 2005, mais le Nigéria a refusé la politique de vaccination obligatoire (pour des raisons religieuses) et on a pu constater le retour et la propagation de cette maladie,  non seulement au Nigéria, mais ailleurs en Afrique ».

 

L’aveu d’Isabelle Adjani à propos des faux certificats de vaccination de ses enfants a également choqué un grand nombre d’auditeurs. Quel en est l’impact ?

« Il y a effectivement des personnes qui ont recours à ce système, mais ils sont une minorité.
La vaccination est une idée humaine magnifique : la protection de l’humanité.
Exemple : le vaccin contre la grippe a une vertu collective, il stoppe le virus pour les personnes les plus vulnérables ».

 

Prochain Rendez-vous du médiateur sur France Inter le 27 octobre.

Les nouveautés de la rentrée

Beaucoup d’auditeurs ont écrit pour en savoir plus sur ce qui va changer à la rentrée sur France Inter. Laurence Bloch, la directrice, est au micro du médiateur pour expliquer tout cela.

Humour noir et bandérilles

D’abord, une chanson qui a enflammé les réseaux sociaux et provoqué des centaines de réactions auprès du médiateur de Radio France.

Chanson de Frédéric Fromet diffusée vendredi 23 juin dans l’émission « Si tu écoutes, j’annule tout », chanson consacrée à la mort du toréro Fandino. Il faut le reconnaître, certaines paroles de cette chanson parodique sont très crues. Ce qui a le plus choqué les auditeurs qui ont écrit, c’est « se réjouir de la mort d’un homme » « ne pas aimer la corrida est un droit. Se réjouir de la mort d’un toréro dans l’arène est une forme de terrorisme intellectuel ». Comprenez-vous cette indignation ?

« Je comprends complètement l’émotion et l’indignation qu’a pu susciter cette chanson. La mort d’un homme est un drame et une tragédie. Il faut rappeler que Frédéric Fromet intervient dans une émission parodique. Il ne s’agit pas ici de se réjouir de la mort d’un homme mais le chanteur s’indigne ici de la corrida dans un certain registre. 

C’est du second degré, il faut prendre de la distance. La règle, c’est la loi et la jurisprudence. Ce qui est en deçà de la loi, on peut ne pas aimer mais pour autant il n’y a pas de raison que ça n’existe pas. C’est du registre de la caricature et de l’outrance. »

Il faut savoir que, pour le médiateur, la corrida, à l’image du conflit israélo-palestinien, du Front National, de la France Insoumise, fait partie des sujets les plus clivants. D’ailleurs face à cette polémique, des milliers de messages se répandent depuis plusieurs jours sur le net et les réseaux sociaux. Pour Arlette : « Le taureau n’a pas le choix. Le toréro si ». Pour Patricia : « La liberté d’expression n’a pas de prix et doit être défendue ». Pour Mathias, « c’est salutaire de rire en toute liberté ».

 

La rentrée à France Inter

À la rentrée prochaine, puisque certains s’en inquiètent, France Inter sera-t-elle toujours un lieu d’expression particulièrement libre ? Et la plupart des auditeurs pensent évidemment à l’émission « Si tu écoutes, j’annule tout »…

« France Inter va rester ce qu’a été France Inter depuis toujours : lieu de liberté, de culture, de confrontations, d’information, une grande chaîne populaire avec sa liberté d’expression et d’information. 

La grande nouvelle, c’est le grand retour de Nicolas Demorand à la matinale… »

Beaucoup d’auditeurs se réjouissent de retrouver Nicolas Demorand aux manettes du 7-9. Des auditeurs se sont étonnés que ce ne soit pas une femme…

« C’est un couple avec Léa Salamé. Tous ceux qui font la force de cette matinale, ce sont aussi tous les chroniqueurs et les journaux d’informations. « 

Nicolas Demorand, lui, sera remplacé par une femme que vous êtes allée chercher sur la radio voisine…

« C’est Fabienne Sintès. C’est son goût du terrain et du réel qu’il faut dans le 18-20. Il faut qu’il y ait des lieux de débats, qu’on puisse débattre en profondeur. Il faut restituer la parole aux auditeurs. Nous allons faire en sorte qu’il y ait plus de lieux d’expression et de débats. « 

Quelles seront les autres nouveautés de la rentrée, après cette année très politique ?

« Il y a eu un réel intérêt pour la politique. Aujourd’hui, avec les nouveaux hommes politiques, il faut repenser la manière de voir la politique pour les journalistes. « 

Retrouvez la grille d’été de France Inter dès samedi !