©Etienne Monin/Radio France

Raqqa : comment raconter la guerre ?

Dimanche dernier, les reporteurs de guerre étaient à l’honneur lors de la remise des prestigieux Prix Bayeux qui récompensent les meilleurs reportages en zone de conflit. Des reportages aux risques souvent élevés, mais qui permettent de raconter et d’expliquer les tragédies de la planète. Beaucoup d’auditeurs s’interrogent sur le travail des reporteurs de guerre. Franck Mathevon, chef-adjoint du service Monde de franceinfo, de retour de Raqqa, en Syrie, leur explique au micro du médiateur.


Franck Mathevon a passé une quinzaine de jours en Syrie et en Irak, dont plusieurs sur le front de Raqqa, grande ville martyre que Daesh est en train de perdre.
Comment peut-on effectuer ces reportages ? Comment entre-t-on en contact avec les combattants ?

Il y a un circuit « officiel » au Nord-est de la Syrie contrôlé par les Kurdes (par les FDS : les Forces démocratiques syriennes) qui valident les demandes des médias et les aident sur les zones de combats.

Le rôle indispensable des « fixeurs »

Il s’agit de la personne qui va guider les journalistes jusqu’au front. Elle est également interprète, traducteur. Elle apporte une aide précieuse pour comprendre la situation sur le terrain et trouve les autorisations d’accès à certaines zones. Le fixeur est également un gage de sécurité, du fait qu’il connait les risques et les dangers du secteur.

Comment se déplace-t-on au milieu des ruines d’une ville parsemée de pièges ?

Dans les zones de guerre, la prudence est de mise ; les mines et les snippers sont les principaux obstacles, il ne faut donc pas prendre de risques inutiles.

Franck Mathevon était accompagné d’un technicien de reportage aguerri, Gilles Gallinaro. Un travail d’équipe ?

Un vrai plaisir de travailler ensemble. Gilles Gallinaro est précieux : il fait de la vidéo, il s’occupe des liaisons satellites et a une âme de « journaliste ».

Quelles ont été les plus grandes difficultés à Raqqa ?

Les difficultés sont notamment d’ordre logistique. Les déplacements sont très compliqués ; chaque jour, nous faisions une dizaine d’heures de voiture pour aller sur le front et en revenir.

Dans quel « état » rentre-t-on de ce reportage ?

L’image la plus marquante : une ville détruite, dévastée, une ville fantôme vidée de ses habitants, une population martyre…

 

Gilles Gallinaro et Franck Mathevon suivent les forces démocratiques syriennes dans Raqqa. 

 

Pour en savoir plus sur les reporteurs de guerre, des journalistes racontent les reportages qui les ont marqués dans cet ouvrage : « qu’auriez-vous fait à ma place ? » à retrouver dans la bibliothèque du Médiateur

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FRANCEINFO/ JOSE JORDAN / AFP

Passions autour du référendum catalan

Le référendum de dimanche 1er octobre sur l’indépendance de la Catalogne a suscité de très nombreuses réactions d’auditeurs. Mais des réactions très opposées. Isabelle Labeyrie, cheffe du service Monde de franceinfo, de retour de Barcelone, est au micro du Médiateur.   Le travail des journalistes sur place et la difficulté d’entendre les anti-indépendantistes A en… Lire la suite

(VOISIN / PHANIE)

Vaccins : les lobbys et les peurs

Depuis la rentrée, un des sujets sur lesquels le médiateur est beaucoup interpellé concerne le domaine médical et, notamment, les vaccinations. Pour répondre aux auditeurs, Bruno Rougier, journaliste et spécialiste Santé-Sciences de franceinfo.

 

 

C’est incroyable comme ce sujet des vaccins peut susciter des réactions passionnées, souvent chargées de contrevérités et de peurs irrationnelles. Cela rappelle un peu – dans un autre domaine – l’épisode, l’année dernière, des compteurs Linky et le déferlement de peurs liées à de fausses informations propagées sur les réseaux sociaux.

« Les grands médias, dont franceinfo, soutiennent la politique vaccinale du gouvernement et appuient le lobby des grands groupes pharmaceutiques qui veulent simplement grossir leurs bénéfices ». selon cet auditeur, Vincent.  Que peut-on répondre à de telles critiques ?

« D’abord, je l’avoue simplement : je soutiens la politique vaccinale du gouvernement car les vaccins sauvent des vies. Si l’on regarde ce qui se passe en France : avant l’obligation vaccinale, la diphtérie tuait chaque année  3 000 personnes, la polio 200… La situation a totalement changé : on ne déplore aucun décès de la diphtérie dans notre pays depuis 1982, et pour la polio, le dernier décès qui remonte à 1995 était un cas importé de l’étranger… Alors oui, la vaccination sauve des vies. Il est anormal que l’on meurt encore de la  rougeole, et pourtant une jeune fille de 16 ans est décédée de cette maladie l’été dernier à Marseille, elle n’était pas vaccinée….
En revanche, je réfute totalement la seconde affirmation de Vincent selon laquelle France Info appuie le lobby des grands groupes pharmaceutiques. Je fais mon travail en conscience et les dossiers de presse des laboratoires, aussi beaux et illustrés soient-ils me laissent de marbre « 

Revient très souvent dans les messages cette incarnation du monstre moderne que sont, pour beaucoup d’auditeurs, les laboratoires pharmaceutiques. Avec cette question quelque peu provocante d’Odile : « Seriez-vous sponsorisés par les lobbies pharmaceutiques ? »

« La réponse est non : je ne suis pas invité par les laboratoires dans des iles paradisiaques, pas invité non plus dans des restaurants étoilés. Je reçois, comme tous mes confrères spécialistes santé des invitations à des conférences de presse. Et je décide en mon âme et conscience de m’y rendre ou non. Il m’arrive même d’assister à des conférences de presse et de décider ça ne mérite pas un sujet à l’antenne. Je suis donc totalement libre… »

Comment travaille un journaliste spécialiste médical ? A-t-il des rapports privilégiés avec les labos pharmaceutiques ?

« Non, quelques contacts épisodiques lors d’un rendez-vous presse. En cas de crise, c’est vrai que les laboratoires s’adressent à des agences de communication qui nous proposent des argumentaire… A nous d’être suffisamment malins pour trier… C’est d’ailleurs notre travail… En cas de doute, je m’adresse à des spécialistes travaillant dans les hôpitaux ou dans des organismes de recherche publics. Et si je flaire un possible conflit d’intérêt, je regarde dans la base de données publique « transparence santé » dans laquelle tout professionnel de santé est obligé de déclarer les relations qu’il a avec un industriel et les rémunérations qu’il touche d’un laboratoire »

Les récents scandales médicaux ont évidemment renforcé les peurs

« La peur ne date pas d’hier mais c’est vrai que la multiplication des scandales sanitaires n’est pas en faveur d’une confiance aveugle du public envers les industriels »

Comme tous médicaments, les vaccins peuvent présenter des dangers dans certains cas précis et rares

« C’est tout à fait exact, le nier serait stupide… Certaines personnes présentent de véritables contre-indications, d’où l’importance d’avoir une discussion avec un médecin avant toute vaccination. Et puis c’est vrai que peuvent apparaitre des troubles importants… des réactions allergiques graves, un syndrome de Guillain-Barré ou une sclérose en plaques… Des cas très rares mais qui existent. »

Et cette crainte de l’aluminium contenu dans les vaccins ?

« D’abord une précision : cet aluminium est mis dans les vaccins pour augmenter la réponse immunitaire. En clair les vaccins seraient moins efficaces sans adjuvant. L’aluminium est utilisé dans les vaccins depuis presque un siècle, des centaines de millions de doses ont été injectées sans révéler de problèmes majeurs. Mais c’est vrai que cette présence d’aluminium peut avoir des effets chez certaines personnes qui sont génétiquement prédisposées : de la fatigue, des douleurs, des troubles cognitifs. Des études sur des souris montrent des effets neurologiques, il faut donc poursuivre ces travaux…Et mener aussi des recherches pour trouver de nouveaux adjuvants…

La vaccination des bébés

« Je rassure Jérôme, on ne va pas vacciner les bébés d’un coup avec les onze vaccins. Ces 11 vaccins représentent 10 injections qui seront étalées sur 2 ans…
Alors, bien sûr on peut ne pas faire vacciner son enfant amis je rappellerai juste qu’aujourd’hui pour bloquer une maladie infectieuse, il faut une couverture vaccinale de 90 à 95 % de la population…. Si on est au-dessous, les épidémies continuent à circuler et à tuer…. Alors bien sur on peut compter sur les autres mais c’est prendre le risque de voir ressurgir certaines maladies comme c’est le cas en ce moment avec le retour de la rougeole faute d’une vaccination suffisante »

 

 

 

@Matthieu Mondoloni/Franceinfo

Coulisses des ouragans et polémique autour de la photo de Matthieu Mondoloni

Matthieu Mondoloni, reporteur à la rédaction de franceinfo, a passé plus de deux semaines au milieu des sinistrés des Antilles françaises. De retour à Paris, il répond aux questions des auditeurs.


Avec bienveillance et curiosité, beaucoup d’auditeurs se demandent quelles sont les conditions de travail des reporteurs au milieu d’un tel désastre. Comment ont-il pu se rendre sur les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy ?
« Deux jours après le passage d’Irma, les journalistes ont pu prendre un avion affrété pour les équipes de secouristes »

Comment recueillir des témoignages d’une population en plein traumatisme ?
Quelques auditeurs, peu nombreux, comme Adélaïde, se sont dit « étonnée et choquée de n’entendre quasiment que des interviews de compatriotes blancs. Toutes les paroles et les témoignages se valent », ajoute-t-elle.
« La parole a été donnée à toutes les catégories de la population, blancs comme noirs, métis ou asiatiques, aucune différence n’a été faite ; les reportages ont cependant montré la différence dans les conditions de vie entre classes moyennes et classes aisées. »
« Après les ravages du cyclone, les gens avaient besoin de parler et ont témoigné spontanément ; ce fut comme une sorte de thérapie pour les sinistrés ».

Comment se déplacer et aussi communiquer avec franceinfo ?
« Dans un premier temps, nous nous sommes déplacés en stop; la solidarité était vraiment présente. Pour communiquer, c’était difficile avec les liaisons téléphoniques, internet, mais nous disposions d’une liaison satellite. » 

Comment trouver de la nourriture et un hébergement ?
« Les autorités avaient prévenu que les journalistes sur place devaient fonctionner de manière « autonome »  : nous sommes donc partis avec des boites de conserve et des packs d’eau. »
« On dormait sur le sol », « Un seul petit repas par jour », « On partageait la même situation que les habitants ».

Les réseaux sociaux ont déclenché une polémique sur une photo que Matthieu Mondoloni a publiée sur Twitter et Facebook
Elle montre un moment émouvant de sérénité et de solidarité : un jeune soldat tient dans ses bras une petite fille épuisée avant d’être évacuée en avion avec ses parents. « Photo colonialiste », « Photo de com gouvernementale »… Ces commentaires, stupides, ont  affecté le journaliste… « Il ne s’agissait que d’un joli instant de vie, sans plus« .
Rappelons que les réseaux sociaux génèrent beaucoup d’adeptes de l’insulte, du complotisme et de la polémique maladive.

 

 

 

franceinfo

Le cyclone Irma n’a-t-il touché que Saint-Martin ?

Depuis plus d’une dizaine de jours, le cyclone Irma est à la une de l’actualité. Sur son passage, il a laissé des paysages de désolation et des victimes. Les auditeurs ont été nombreux à réagir ou à poser des questions. Erik Kervellec, directeur de la rédaction de franceinfo, répond au micro du médiateur des antennes.

 

Une actualité lourde impose des choix
Beaucoup d’auditeurs ont apprécié les informations, les reportages, les invités racontant ou expliquant cette terrible catastrophe météorologique. Mais certains estiment que la rédaction de franceinfo s’est trop concentrée sur les îles françaises, en oubliant que d’autres îles avaient également été lourdement touchées. Jean nous écrit : « L’île de Cuba est frappée de plein fouet. A peine une allusion et même pas de reportage. Faudrait-il la mort d’un touriste français pour qu’on s’émeuve un peu ? ».

« Nous avons en effet parlé de Cuba uniquement de Paris, car nous n’avons pas de journaliste résident sur place. Et envoyer des reporteurs est très compliqué du fait du régime politique; notamment, le délai d’obtention d’un visa est très long et difficile ».

« Mais, pourquoi, en revanche, en avez-vous fait autant sur la situation en Floride ? »
…demande Dominique. Certains – quelque peu complotistes – y voient d’ailleurs des raisons politiques : « Les habitants de Floride ont évidemment l’avantage de faire partie d’un grand pays impérialiste » … Des raisons logistiques… Et peut-être aussi politiques, mais liées aux postures de Donald Trump ?

 » C’est en effet l’un des hommes les plus puissants et les plus « climato-sceptiques » : il y a une histoire à raconter de ce côté là… Par ailleurs,  on attendait « l’apocalypse », et effectivement 6 millions de personnes ont été évacuées… »

Les coulisses des conditions de vie et de travail des reporteurs et des techniciens sur place
« Alors que plus rien ne semble fonctionner, comment les reporteurs vivent-ils à Saint-Martin et Saint-Barth ? », s’interroge Elodie.

« Les journalistes en reportage sur place vivent dans les mêmes conditions que les habitants. Certains dorment sur la moquette de l’aéroport et trouver de la nourriture n’est pas toujours facile. C’est une situation de catastrophe; ils sont autonomes et  doivent se débrouiller… « 

La radio d’urgence à Saint-Martin et Saint-Barth pour venir en aide aux sinistrés
Une initiative qui a épaté de nombreux auditeurs, notamment la rapidité avec laquelle franceinfo a monté cette radio.

« Il s’agit d’une mission de service public, de proximité. Tout cela n’a été possible que sur la base du volontariat et grâce à TDF qui a remis en service rapidement des émetteurs ».

A lire: « Urgence Info, les bonnes ondes de Radio France » (Libération).

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François Hollande interviewé par Yaël Goosz / Arthur Gerbault/Radio France

La politique a changé, et les journalistes ?

Avec l’élection d’Emmanuel Macron, la chute des partis traditionnels, la fin de la classique dichotomie gauche-droite, les auditeurs sont nombreux à réagir ; Yaël Goosz, chef du service politique de franceinfo, leur répond au micro du médiateur.

 

 

Les journalistes politiques préféreraient-ils toujours la polémique, les petites phrases plutôt que le concret l’explicatif, le constructif réclamés de plus en plus, par les auditeurs ?
Depuis le changement du paysage politique français, le médiateur reçoit de nombreux messages qui s’étonnent que les journalistes, eux, n’aient pas « changé de logiciel », dixit Jérôme. Pour Jean-Marc, « il semble que les journalistes ne soient plus capables de faire du journalisme que par opposition et mise en conflit ». Et Amélie ajoute : « Je suis stupéfaite que ce qui intéresse les journalistes politiques soient de savoir si le Premier ministre est fidèle à son ancien parti, s’il combat la gauche, bref tout ce discours politicien obsolète sur les querelles partisanes qui nous plombent depuis 35 ans »

« Il s’agit de proposer une couverture de la matière politique aux auditeurs, puis de donner du sens , expliquer toujours et encore, car l’échiquier politique ne s’arrête jamais ; il faut décrypter ces problématiques : idées, stratégie, nouveau monde, ancien monde… »

 

Pourquoi avoir lancé l’interview J-1 tous les soirs à 19h10 ? J-1, donc la veille d’une actualité…

« L’objectif est d’anticiper ce qui fera sens demain, afin de donner des clefs de compréhension à l’auditeur. Ce nouveau rendez-vous offre une exhaustivité des points de vue ».

 

Pourquoi continuer à inviter tous les « vieux » politiques ?
Les invités de Yaël Goosz ont été, entre autres, François Hollande, Nicolas Dupont-Aignan… Une question qui revient souvent dans les messages que nous recevons, comme celui de Julien : « Pourquoi continuez-vous à inviter tous les « vieux » politiques que les électeurs ont rejetés ? On a fait tout ce qu’on a pu pour se débarrasser de ces vieux ringards. Raté ! On les met à la porte ; ils reviennent par la fenêtre ». Sans vouloir plagier l’Internationale, ne peut-on pas du passé faire table rase ?

« Il faut avoir une vue d’ensemble sur tous les rendez-vous politiques de franceinfo ; l’objectif est de trouver un équilibre ; on veille à la diversité, la mixité homme/femme, société civile/politique, anciens/nouveaux. En invitant F. Hollande, je voulais donner du sens sur le quinquennat nouveau » … »C’est un équilibre à trouver et faire table rase du passé, cela mène à l’amnésie et c’est dangereux ».

 

Les journalistes et le consensus ?
Les auditeurs, parmi les plus jeunes, comme Julie, disent : « Je comprends pourquoi Emmanuel Macron est réticent à s’adresser aux journalistes, quand on constate que les questions sont toujours polémiques, agressives et ne nous concernent pas ».

« Les journalistes posent des questions à un instant T, en fonction de l’actualité…. »

 

Des politiques préfèrent la communication à l’information :
on peut dire tout ce qu’on veut, plus ou moins vrai, sans questions embarrassantes. Jean-Luc Mélenchon le fait par exemple avec sa chaine YouTube… Plus besoin de journalistes gênants ?

« Un présupposé pour certains : les médias sont aux ordres… Quand une question gêne, c’est qu’elle serait orientée politiquement. Or, il ne faut pas confondre éditorialistes et journalistes politiques ; les politiques jouent là-dessus… Les journalistes questionnent sur l’actualité, enquêtent, expliquent; les éditorialistes commentent ».

 

Vincent Giret © Radio France / Christophe Abramowitz

La rentrée : matinale et politique

Un nouveau directeur pour franceinfo, Vincent Giret, et des nouveautés à l’antenne en cette rentrée radiophonique. Les auditeurs ont pu les découvrir dès lundi dernier. Et ils ont déjà des questions… Pour y répondre Vincent Giret…

 

Une question qui revient souvent, c’est le remplacement de Fabienne Sintès (dans le 7-9) par Bruce Toussaint.
Pour Christine « franceinfo avait innové avec une femme à la tête d’une matinale et voilà que vous y remettez un homme à une heure de grande écoute ». Et Jean-Pierre est plus virulent : « Pourquoi ce recyclage régulier à la radio des présentateurs vedettes de la télé ? Franceinfo manquerait-elle à ce point de talents ? ».

« On peut retrouver Fabienne Sintès sur France Inter. Il faut lui rendre hommage, car elle a contribué au succès de franceinfo »…  » Dans la rédaction, il y a beaucoup de voix féminine ; la parité est presque atteinte ». Quant à l’arrivée de Bruce Toussaint, « c’est le professionnel de l’info continue, de la télévision et du media global que nous recherchions. »

 

© Radio France / Christophe Abramowitz
© Radio France / Christophe Abramowitz


Toujours les mauvaises nouvelles …
La saison dernière, beaucoup d’auditeurs avaient écrit au Médiateur pour regretter que sur franceinfo, comme sur la plupart des médias, on n’évoque que « ce qui ne va pas », « les conflits permanents », « les polémiques sans intérêts »… Bref, comme le disait Michèle, « vous ne vous intéressez qu’au négatif, jamais aux actions positives, aux initiatives constructives, aux solidarités, etc »

« En effet, l’information ne doit pas être que négative; sur franceinfo par exemple, on valorise les initiatives grâce à la nouvelle chronique d’Olivier de Lagarde, « Un monde d’action » ou encore grâce à Philippe Duport et sa chronique « c’est mon boulot » qui donne des idées, des pistes, des solutions à propos du monde du travail ». 

 

Encore et toujours de la politique à l’antenne
Il y a un an, débutait une année très politique qui a dopé les audiences de franceinfo. Pour cette année qui commence, de nouveaux rendez-vous politiques sont proposés : à 19h10 et de 21h à 22h.
Les auditeurs ne sont-ils pas  saturés par la politique ?

« Les Français sont un peuple politique qui discute beaucoup de politique. Et il est important de continuer à chroniquer les suites de l’élection présidentielle »

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Bilan d’une année : qu’a fait le médiateur ?

2016-2017 : une année riche à l’écoute des auditeurs   Depuis la rentrée de septembre 2016, c’est évidemment la politique qui a dominé le gros de l’actualité. D’abord, la politique internationale avec l’élection de Donald Trump. Un certain nombre d’auditeurs ont reproché tout au long de l’année aux rédactions de critiquer en permanence le nouveau président américain ;… Lire la suite

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Les coulisses du Tour de France

Le traditionnel grand spectacle de l’été a débuté ce 1er juillet ; pendant trois semaines, il sillonne les routes de France, après un départ d’Allemagne, il est passé par la Belgique et le Luxembourg. Le Tour de France attire toujours autant les foules et les auditeurs de franceinfo. Des auditeurs qui aimeraient visiter les coulisses de ce grand cirque. Sur la route du Tour, Benoit Gégout, le chargé de production de l’événement est au micro du Médiateur.

 

Sur le Tour de France, les auditeurs connaissent les journalistes, les motards, les techniciens, mais pas le chargé de production de Radio France. Il est pourtant le grand ordonnateur de ces trois semaines folles d’émissions en direct.
Comment se prépare le Tour de France pour toutes les radios de Radio France ? Rappelons que depuis 4 ans, franceinfo et France Bleu sont les radios officielles du Tour.

Fanny Lechevestrier et Marcos Darras / © Alain Faucher
Fanny Lechevestrier et Marcos Darras / © Alain Faucher

Combien de temps de préparation ?
La préparation et les repérages se font plusieurs mois à l’avance, dès le mois d’octobre, au moment où le parcours est rendu officiel.

Combien de personnes sur place ? Combien de véhicules ?
25 personnes sur place, 2 régies techniques, 2 motos, 1 voiture de maintenance et 7 véhicules qui transportent les personnes d’étape en étape.

Comment se passe la journée de l’équipe Radio France ?
Les journées sur le Tour sont très longues de 8h à 21h environ.
A chaque étape, un studio est installé pour les directs et les interviews des coureurs.

Au cœur du peloton
Comment cela fonctionne-t-il pour les motos et les voitures des journalistes ?
Les techniciens/motards reçoivent une formation spécifique de la gendarmerie puisque les conditions de circulation sont très réglementées et dangereuses.

Quelles sont les plus grandes difficultés lors d’un Tour de France ?
Le côté itinérant peut représenter une contrainte au niveau technique, notamment pour les liaisons radio. Et il faut tous les jours démonter et remonter.

Stéphane Giuranna, l'avocat de Marcel Jacob, au palais de justice de Dijon (Côte-d'Or), le 16 juin 2017. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Faut-il reparler de l’affaire Grégory ?

Fallait-il ressortir l’affaire Grégory ? Comment travaille-t-on sur l’actualité de ce petit garçon assassiné il y a près de 33 ans ? Les auditeurs sont nombreux à poser ces questions au médiateur. Pour y répondre, Grégoire Lecalot, grand reporteur au service Reportages de franceinfo.

 

Pourquoi revient-on aujourd’hui sur cette très vieille affaire non élucidée ?

« Tout simplement parce qu’il y a du nouveau, et que c’est notre rôle d’informer. Notamment, il y a des actes d’enquête très forts. Il est donc normal de parler des derniers événements : des interpellations, mises en examen… Ce sont des faits très graves ; les enquêteurs le disent, ces personnes auraient participé à la mort de Grégory »

En termes d’actualité, en quoi cette affaire est-elle intéressante ?
Pour plusieurs auditeurs, comme Brigitte – qui le dit dans un langage très direct -, « cette affaire excite les journalistes, mais, nous, on s’en fout ». Ou Patrice : « En ressortant cette affaire, vous ne cherchez qu’à faire de l’audience ».

« On ne peut pas dire « on s’en fout »; il en serait de même alors pour toute l’actualité, entre ceux qui n’aiment pas la politique, le foot, etc. On est au-delà d’un fait divers « classique »… « un déroulement des faits hors normes, des erreurs judiciaires devenues des cas d’école »


C’est un assassinat avec dérives judiciaires, policières, journalistiques…

Le ressenti sur place
Cette affaire « plombe » depuis 33 ans la vie et les relations entre les habitants dans cette vallée des Vosges où l’assassinat a été commis.

« Il y a une véritable lassitude des habitants de ce petit village de la « Vologne » qui ne compte que 450 habitants. Toutefois, ils ont envie de savoir pour en finir avec cette affaire. Il y règne actuellement une ambiance de tension à cause de la présence de tous ces reporteurs, de toutes ces caméras… »

Les coulisses du reportage

« Dans une telle ambiance, il est difficile d’obtenir des témoignages. Pour faire leur métier, les journalistes sur place ont besoin de parler aux habitants du village, mais il faut le faire avec tact. Et il faut saluer leur patience »