François Bayrou au téléphone le 14 mai 2017 à Paris.  (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Les journalistes face aux pressions politiques

Un sujet agite beaucoup les rédactions et les auditeurs depuis quelques semaines : ce sont les pressions que le nouveau gouvernement semble vouloir effectuer sur les journalistes. Il y a d’abord eu le choix par l’Elysée des reporteurs habilités à suivre Emmanuel Macron au Mali, la plainte à la suite d’informations publiées par Libération et, enfin, le coup de fil de François Bayrou au directeur des Enquêtes et de l’Investigation de Radio France. Pour en parler, Patrick Eveno, président de l’Observatoire de Déontologie de l’Information et historien des médias, est au micro du médiateur.

 

Le coup de fil

Comment interpréter ce coup de fil du Garde des Sceaux à un journaliste, Jacques Monin, chef du service des enquêtes de Radio France ?

Ce sont des pratiques d’un autre âge. François Bayrou a véritablement exercé une pression sur le service d’enquête avec des menaces de poursuite. 

N’est-il pas risqué pour un homme politique de tenter de faire pression sur un journaliste ?

C’est très risqué puisque ça se sait tout de suite, ça ternit l’image de l’homme politique, de son parti et de son action. Il y aura toujours des gens qui essaieront d’influer dans un sens ou un autre. Le principal est que la rédaction n’y réponde pas et qu’elle fasse savoir quand il y a une menace. 

Retour dans les années 60-70

À cette époque, il est sûr que le directeur des Enquêtes et de l’Investigation aurait été « viré » immédiatement.

Il n’y aurait même pas eu d’enquête. À l’époque, la télévision et la radio étaient nationalisées et appartenaient à l’État. Le ministre de l’information écoutait les journaux, le téléphone à la main, et ordonnait la démission du journaliste. Il s’invitait même à la radio après chaque conseil des ministres pour faire le compte-rendu. 

Les enquêtes : une preuve d’indépendance des médias ?

Des auditeurs ont reproché les enquêtes sur François Fillon, les révélations sur Richard Ferrand, les mises en cause du MODEM ou du Front National; mais tout cela ne devrait-il pas plutôt rassurer les auditeurs ?

C’est l’éternel problème. Tout le monde est pour la transparence, mais moins quand cela touche le candidat qu’on soutient… 

 

 

Le logo Sanofi sur la façade d'un immeuble du groupe, à Paris, en 2014. (IMAGE POINT FR / BSIP / AFP)

Sanofi : Les coulisses d’une enquête complexe

Samedi 9 juin, franceinfo a diffusé une grande enquête d’investigations sur les pratiques sociales du puissant laboratoire pharmaceutique SANOFI. Cette enquête a provoqué de nombreuses réactions. Laetitia Saavedra journaliste enquêtrice à la direction des Enquêtes et de l’Investigation de Radio France et auteure de cette enquête, répond aux auditeurs.

De quoi s’agit-il ?

« Nous avons découvert après plusieurs mois de travail, qu’il existerait chez Sanofi un système de notation dévoyé. De nombreux managers ont affirmé avoir reçu des consignes de leur hiérarchie pour sous-noter des quotas de « mauvais salariés », en 2015 et en 2016.

Résultat : les managers ont dû parfois déclasser des bons éléments pour atteindre ces quotas. L’objectif serait de mieux les licencier. De faire un plan social qui ne dit pas son nom… »

Comment être sûr de ces informations ?

« Parmi les nombreux cadres supérieurs de Sanofi que j’ai interviewé, pas un, pas deux, ni trois, mais je dis bien de nombreux, parmi ces cadres, aucun n’est syndiqué. Ce sont des personnes qui ne s’expriment jamais sur leur entreprise, parce qu’elles y sont très attachées. Si elles ont accepté de témoigner, c’est parce qu’elles vivent très mal ce qu’on leur demande de faire. »

Comment cette enquête a-t-elle été menée ?

« La difficulté dans ce genre d’affaire, c’est de prouver, non pas que le classement des salariés dans des catégories de bons et de moins bons existe, parce que ça c’est légal… mais de prouver qu’il y a des quotas de « mauvais éléments » à respecter, parce ça c’est illicite depuis un arrêt de la cour de cassation en 2013.

Nous avons donc tenu à nous procurer deux types de preuves : d’abord, des témoignages de cadres supérieurs qui disent avoir sous-noté des salariés. Et puis 2ème type de preuves : des traces écrites. Elles sont rares car le plus souvent, les consignes sont données oralement ou alors par écrit mais à une liste très restreinte de la hiérarchie. »

Cette enquête a délié les langues à propos de cette pratique illégale ?

« Nous avons reçu énormément de tweets et de mails de salariés, de managers. Ils disent que ça ne se passe pas que chez SANOFI.
Et puis aussi beaucoup de mails de salariés de Sanofi comme par exemple  ce cadre qui nous écrit :

« Je suis salarié chez Sanofi et c’est exactement ce que vous décrivez. J’ai des collègues qui font partie des 10 à 15% de mauvais éléments demandés alors que ce sont d’excellents collaborateurs. »

Un autre manager, travaillant avec des agents de maîtrise, confirme qu’un système de sous-notation existerait bien chez Sanofi

« Je travaille depuis 33 ans chez sanofi et je peux vous assurer que tout ce que vous dîtes est vrai, y compris pour les agents de maîtrise. Le manager d’une équipe de 10 personnes n’a d’autre choix que d’en placer 2 voir plus en « en dessous du niveaux d’exigence attendu » et ce, quelque soit le niveau des collaborateurs. C’est un stress inadmissible qui conduit de nombreux salariés au « burn out »

Enfin, une cadre affirme que des collègues seraient victimes de la sous-notation forcée

« Merci pour votre émission ,je suis salariée chez Sanofi et j’ai des collègues qui ont été mal notés et c’est exactement ce que vous décrivez. Ils font partie des 10 à 15% demandés alors que ce sont d’excellents collaborateurs. Le DRH ment ».

 

Des officiers de police et des secouristes près du London Bridge après l'attaque, le 3 juin 2017, à Londres (Royaume-Uni). (DANIEL SORABJI / AFP)

La couverture des attentats

Attentat à Londres, à Manchester, à Kaboul, en Egypte… Ces derniers jours, plusieurs attentats islamistes ont frappé différents pays. Une actualité dramatique qui suscite systématiquement un grand nombre de réactions et de questions. Pour y répondre, Grégory Philipps, directeur-adjoint de la rédaction de franceinfo, au micro du médiateur des antennes

 


Ces attentats ont forcément ému les auditeurs qui apprécient la couverture de ces événements par franceinfo.
Mais pourquoi avoir donné plus d’importance aux attentats de Manchester et Londres, plutôt qu’à celui de Kaboul qui a fait 150 morts la semaine dernière : « Les morts d’où qu’ils soient n’ont-ils pas la même valeur ? » comme le remarque Christian.

Tous les attentats ont été couverts par la rédaction, mais effectivement, il y a eu une plus grande couverture pour ceux de Londres et de Manchester, car de nombreux Français vivent en Grande Bretagne; il existe un sentiment fort de proximité. Mais il faut préciser également que Kaboul est une ville dangereuse pour la sécurité des journalistes et qu’il est plus facile d’envoyer beaucoup de reporteurs à Londres.

Les coulisses d’une rédaction
Que se passe-t-il quand les journalistes apprennent qu’un attentat s’est produit ? « Nous sommes samedi dernier. Comment êtes-vous alertés ?  »

La première alerte est donnée par les réseaux sociaux ; on vérifie ces informations grâce au correspondant sur place avant de les donner à l’antenne. Ensuite, on enclenche le processus d’envoi des équipes  et de lancement des éditions spéciales.

Quels moyens techniques ?

La rédaction envoie plusieurs équipes composées d’un journaliste et d’un ou deux techniciens. Ils utilisent les liaisons satellite et 4G.

Les informations proviennent forcément de plusieurs sources.
Comment harmonisez-vous tout cela ?

L’agence interne de franceinfo joue un rôle essentiel : elle est composée de 15 personnes qui passent leur temps à vérifier les informations ; une fois validées, elles sont transmises à tous les présentateurs de la chaîne.

Enfin, une question revient systématiquement une fois les terroristes identifiés : « Pourquoi mettez-vous leur photo sur votre site ? Ce sont des terroristes qui n’ont pas à être glorifiés », écrit Alain. Il faut expliquer que les rédactions de Radio France, comme la plupart des médias français, ont adopté une position précise à propos du nom et des photos de terroriste…

Pas d’anonymisation pour éviter de tomber dans le piège de la théorie du complot… Les terroristes ont un nom; il faut le donner. Pour les illustrations, on utilise de simples photos d’identité et non des images de propagande.

 

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30 ans d’information continue

Jeudi 1er juin, franceinfo a soufflé ses 30 bougies,  30 ans d’information continue… Mais est-elle encore une « simple » radio ? Pour y répondre, et répondre aux auditeurs, Laurent Guimier ; il vient de quitter la direction de franceinfo pour prendre la tête de l’ensemble des antennes et des contenus de Radio France.


Franceinfo « média global », une réponse aux nouveaux besoins d’informations ?

Les auditeurs sont très vigilants et nombreux à faire part de leurs remarques au médiateur. Mais parmi toutes les remarques reçues, très peu sur le nouveau format de franceinfo, devenu « média global » en septembre dernier.

Le média global doit apporter le service là où le public se trouve : pour franceinfo, il s’agit donc de la télévision, la radio et internet. Les avis transmis par les auditeurs et les résultats d’audiences sont positifs. Les publics consomment de plus en plus d’information sur différents supports? mais les attentes restent les mêmes.


Quel succès pour franceinfo télé ? 

En revanche, soyons honnêtes, franceinfo télé, ça ne marche pas vraiment bien. Peu de présence sur le terrain, peu de reportages… Et une réactivité plus faible que la radio…

Le format choisi pour la chaîne du canal 27 est différent de celui de BFM, par exemple, qui est plus concentré sur les « breaking news ». La radio est plus réactive en cas d’édition spéciale, le but n’était pas de refaire la même rédaction à la télé mais d’avoir la possibilité de faire passer la radio à la télévision quand c’est nécessaire.


Les débuts d’une radio d’information continue

Petit retour il y a 30 ans. A l’époque, peu de monde, même au sein de Radio France, croyait à la réussite d’une radio d’information continue. Elle a pourtant rejoint le peloton de tête des radios nationales.

Rien n’a changé. La radio a toujours le même format : des journaux d’environ 7 mn et les différents rappels de titres qui permettent à l’auditeur de connaître l’actualité à n’importe quel moment.


Radio France : toutes les chaînes vers des médias globaux ?

Désormais à la tête de toutes les antennes de Radio France, vous souhaitez que toutes les chaines deviennent des médias globaux. Ce sera sur le même principe que franceinfo ?

Toutes les chaînes de Radio France sont différentes, elles n’ont pas le même public. Le principe d’un média global est d’aller trouver le public là où il se trouve, nous allons donc réfléchir à d’autres supports qui correspondent à chaque chaîne.

 

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Franceinfo a 30 ans !

Le 1er juin 1987, la radio franceinfo inventait le premier media tout-info d’Europe et s’inscrivait dès sa création comme la référence de l’information en France. En 2017, franceinfo s’écoute à la radio, se lit sur les écrans numériques et se regarde à la télévision, toujours concentrée sur un objectif : une information fiable produite 24h/24… Lire la suite

Jean-Christophe Bourdillat/Radio France

L’équité, et non l’égalité, des temps de parole pour les législatives

Tous les candidats aux élections législatives sont désormais connus. Une nouvelle campagne s’est ouverte ce 22 mai avec, à nouveau, des règles très strictes pour la radio et la télévision. Des règles fondées sur la loi et précisées par le CSA, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel. Des auditeurs s’interrogent sur la gestion des temps de parole…. Lire la suite

@franceinfo

Pourquoi ne pas laisser parler les invités politiques ?

Avec cette campagne électorale atypique – les partis politiques malmenés, des candidats pas vraiment attendus et des programmes différents -, on a senti un véritable intérêt des auditeurs pour les invités politiques.  Sur franceinfo, le grand rendez-vous est le « 8h30 Aphatie », dirigé par Jean-Michel Aphatie. Un rendez-vous très suivi, mais qui suscite un grand nombre de réactions d’auditeurs. Pour leur répondre, Jean-Michel Apathie au micro du Médiateur des antennes, Bruno Denaes.

 

 

Le Médiateur a reçu des milliers de messages à propos de la campagne électorale. La grande attente des auditeurs était d’en savoir plus sur les projets, les propositions, les combats, les certitudes ou les incertitudes des candidats.  A l’image de Jérôme, qui écrit : « Pouvez-vous arrêter de chercher à tout prix le « buzz » et la petite phrase en demandant systématiquement à vos invités de commenter le commentaire répondant lui-même à un autre commentaire ? On n’en finit pas et on n’apprend strictement rien »

Ce qui fonde les questions, c’est le débat politique; l’intervieweur cherche à comprendre et à faire progresser le débat et non à faire le « buzz ». Il s’agit de renseigner et d’informer l’auditeur, non de chercher à obtenir à tout prix la reprise d’une petite phrase par une dépêche AFP, explique Jean-Michel Aphatie.

Globalement, et on le voit avec les résultats électoraux, les auditeurs sont très en attente de concret et beaucoup moins de politique politicienne. «  A 8h30, vos journalistes ne s’intéressent qu’à des querelles, des débats sans intérêt, nous écrit Andréa. C’est vrai qu’il est plus facile de faire réagir un invité à une déclaration plutôt que d’approfondir une question économique ou une proposition fiscale ou sociale ».

De nombreux sujets ont été abordés, dont la Syrie, les fonctionnaires, le déficit budgétaire… Une question en apparence plus politicienne peut faire « disparaître » les autres questions dans l’esprit d’un auditeur qui n’apprécie pas ce type de sujet. 

Pourquoi ne pas laisser l’invité s’exprimer complètement ?
Une des plus nombreuses remarques reçues concerne les réponses. Selon Pierre : « Les intervieweurs semblent attacher plus d’importance à leurs questions qu’aux réponses. Systématiquement, les réponses sont coupées, avant que l’invité n’ait pu développer ses arguments. C’est insupportable et frustrant ».

L’interruption est certes inconfortable ; mais dans le cas d’une interview, le temps est compté, et lorsqu’un invité se lance dans une réponse qui ne va pas tout de suite au sujet ou qu’il tente d’éluder la question, il est normal que nous essayons de « recadrer » pour obtenir une réponse informative. Le but n’est pas d’interrompre l’invité…

Les auditeurs ont souvent une impression de « cacophonie ».
« Deux ou trois des quatre intervieweurs interviennent en même temps, alors que l’invité est en train de répondre. On n’y comprend plus rien », écrit Catherine.

« C’est vrai que nous devrions faire un effort pour éviter parfois de tous parler en même temps. »

 

Les rumeurs de la campagne présidentielle (Captures d'écran)

La vérification des faits dans la campagne électorale

Une nouvelle campagne électorale a débuté, celle des législatives. Nous allons certainement repartir dans les déclarations tonitruantes, les promesses irréalistes, les  approximations, voire les mensonges, comme lors de la campagne présidentielle. Pour en parler au micro du Médiateur des antennes,  Antoine Krempf ; il  livre tous les jours une vérification des faits dans le Vrai du Faux sur franceinfo


Lors de cette campagne, Antoine Krempf n’a pas manqué d’activités pour rétablir la vérité des faits et des chiffres, parfois bien malmenés par les candidats. Or, des auditeurs ont estimé que son travail était une forme de parti pris contre LEUR candidat

« C’est une critique récurrente »… Mais tous les jours Antoine Krempf réécoute  les débats, les meetings, les déclarations des politiques ; ce qui lui semble « bizarre », il en recherche la source »

Une pratique journalistique de vérification des faits trop récente pour réussir à s’imposer ?
On l’avait déjà vu lors de l’élection de Donald Trump et lors du Brexit ; beaucoup de militants n’acceptent pas que les journalistes signalent et rectifient les erreurs ou les mensonges des hommes politiques…

« Cette pratique journalistique existe depuis dix ans en France… Un exemple : lorsque Marine Le Pen affirme que les logements sociaux sont tous occupés par les immigrés : c’est Faux ; mais les militants ne veulent pas l’admettre »

Bilan de la campagne présidentielle.
Les « fake news », ou, en bon français, les fausses informations, ont-elles été nombreuses ? Et qui en détient la palme ?

« De nombreuses rumeurs ont été partagées sur les réseaux sociaux, notamment à l’encontre d’Emmanuel Macron et toutes se sont révélées fausses »

Retour sur le « Macron Leaks »
A quelques heures de la fin de la campagne, le Front National, assisté de sites russes, a tenté de déstabiliser Emmanuel Macron avec la divulgation de mails d’En Marche, piratés et modifiés.. Plusieurs auditeurs ont reproché de ne pas évoquer dans le détail cette affaire. Or, tout cela était de la manipulation…

« Les rédactions soumis au droit de réserve n’ont pas pu en parler et de toutes façons cela aurait eu peu d’impact sur le résultat des élections »

Les électeurs acceptent-ils plus les mensonges que la vérité rétablie par les journalistes ?
Un économiste, Emeric Henry, a mené une étude sur le « Fact Checking ». Sa conclusion est alarmante : la vérification des faits n’a aucun impact sur les intentions de vote.
Certains se demandent si la vérification des faits ne devrait pas aller plus loin et ne pas se contenter de simplement rectifier un chiffre ou un mensonge…

« La mission de l’émission « le vrai du faux » est justement de rétablir la vérité, les faits » ; Antoine Krempf s’adresse surtout aux indécis (la majorité silencieuse) ; le fact-checking peut les éclairer dans leur choix. Mais c’est un problème général qui concerne la défiance envers les journalistes »

 

Un plateau à La Plaine-Saint-Denis avant un débat présidentiel, le 4 avril 2017 ( POOL/AFP / Lionel BONAVENTURE )

Une campagne très surveillée par les auditeurs

Dimanche 7 mai au soir, nous connaîtrons le nom du nouveau locataire de l’Elysée. L’épilogue d’une longue campagne électorale, loin d’être « un long fleuve tranquille », comme Bruno Denaes, le médiateur des antennes, a pu le constater au travers des milliers de messages qu’il a reçus… Il répond à Olivia Ferrandi.     Cette campagne a vraiment été… Lire la suite

Jean-Mathieu Pernin/franceinfo

Les informés sont-ils bien informés ?

La politique traitée de manière un peu plus décontractée, c’est tous les soirs de la semaine de 20h à 21h avec Jean-Mathieu Pernin et ses « Informés de franceinfo ». Evidemment, en cette période électorale, les auditeurs réagissent à ce qu’ils entendent ou n’entendent pas dans cette émission de débats. Jean-Mathieu Pernin est au micro du Médiateur des antennes

 

De nombreux auditeurs comme Carole sont « fans » de l’émission : « J’apprécie énormément. Quelle réussite, en particulier la version télé ! Sincèrement, c’est excellent ». Mais il y a aussi celles et ceux qui estiment que l’équilibre politique n’est pas respecté. « La sélection des participants est difficile à comprendre, nous écrit Jean. Vous n’avez pas arrêté de taper sur Fillon et jamais nous n’entendons de pro-Le Pen ».

« C’est une émission d’actualité et les sujets collent toujours au sujets du moment ; à partir du 26 janvier, les affaires tournaient autour de Fillon tout en essayant de se maintenir sur les équilibres des temps de paroles »

Comment se fait le choix des invités ? et la préparation de l’émission ?

« Il y a toujours deux partenaires presse et des invités en fonction de l’actualité de la journée par exemple »

Quel est le principe d’une émission de débat ?
Elydia ne comprend pas que « les invités des Informés fassent ouvertement campagne pour ou contre certains candidats, avec des jugements de valeur idéologiquement et politiquement très marqués ».

« la confrontation est le principe du débat d’idées »

Le fact-checking, le contrôle de la vérité, est difficile en direct ?
Patrice nous dit « beaucoup apprécier les Informés », mais ajoute-t-il, « quand vous parlez d’économie, que de contre-vérités et de mensonges énoncés par vos invités, sans qu’ils ne soient repris. Il s’en suit une forme de désinformation »

« Il est très difficile pour Jean-Mathieu Pernin de contrôler les propos des invités  ; ce n’est pas un débat d’experts sauf si le sujet est complexe »

Un des intervenants réguliers, François d’Orcival, de Valeurs Actuelles, fait réagir certains.Notamment, quand il avait affirmé que « tout le monde a un million d’euros au bout de 10 ou 20 ans ». Marc, par exemple, nous avait écrit : « Pourquoi Jean-Mathieu Pernin n’a-t-il pas réagi ? Même en 40 ans, je serai loin d’avoir gagné une telle somme. Cet individu n’a pas sa place dans cette excellente émission ».

« concernant Valeurs Actuelles : ils sont clivants donc cela donne des débats intéressants. Mais l’émission est également associée à Libération et au Nouvel Observateur »