L’« affaire Hulot »: l’invitée féministe Caroline de Haas fait bondir les auditeurs

Le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, le 17 janvier 2018 à Paris. (MAXPPP)

Le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, le 17 janvier 2018 à Paris. (MAXPPP)

Le 9 février 2018, le nouveau magazine « Ebdo » accusait Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique, de harcèlement, d’abus sexuels, voire plus. Une information relayée par tous les médias, même si l’enquête de notre confrère ne semble pas très étayée. D’où de multiples réactions d’auditeurs. Pour leur répondre, Vincent Giret, directeur de franceinfo.

 

Une invitée de 8h30 sur franceinfo a choqué un très grand nombre d’auditeurs ; c’est la féministe Caroline de Haas qui lance mardi matin ce type d’accusation grave à propos de Nicolas Hulot : « J’ai eu des amies qui m’ont dit qu’elles avaient entendu des victimes parler de faits de harcèlement. Au moins deux ou trois ». Comme l’écrit ironiquement Alain : « C’est sûr, on est en plein dans le factuel » ou Sébastien : « C’est la femme qui a vu la femme qui a vu le porc ». Comment peut-on profiter d’être en direct pour accuser publiquement une personne sans preuve et en s’appuyant sur des rumeurs ?

C’est évidemment problématique… Nos deux intervieweurs ont réagi en disant « c’est grave ce que vous affirmez ». Caroline de Haas a essayé de s’expliquer, mais le mal était fait. C’est évident que la phrase qu’elle a prononcé est loin de nos critères d’information vérifiée et certifiée.

Pour Aurélien : « Le service public serait-il devenu une tribune libre où on laisse quelqu’un faire des accusations en colportant des ragots de troisième main ? ».

Bien sûr que non. Ce sont les risques du direct.

D’autres auditeurs se sont étonnés que franceinfo ait fait disparaître le tweet reprenant les mots de Caroline de Haas…

Il y a des règles de droit sur la rediffusion. Et là – décision exceptionnelle pour nous -, nous avons retiré le tweet et le passage vidéo des accusations de Caroline de Haas. Nous ne pouvons en effet courir le risque juridique de complicité d’accusations diffamatoires. Ce n’est pas de la censure, mais des obligations de règles de droit.

Beaucoup d’auditeurs se disent surpris, comme Jean-Pierre, que vous ayez relayé les accusations du magazine « Ebdo » : « Vous jetez un homme à la vindicte publique, alors qu’il n’y a aucune preuve, que les plaintes sont tardives, que les victimes veulent rester anonymes. Pourquoi foncez-vous tous sur cette histoire, demande-t-il, alors qu’il s’agit peut-être d’une manipulation politique ? ».

En fait, c’est Nicolas Hulot qui a fait connaitre cette histoire la veille de la sortie de la publication en réagissant « préventivement ». Cela devenait une information que nous ne pouvions pas écarter. Quand l’article est paru, franceinfo a évidemment vérifié, notamment l’existence de la plainte déposée.