Et le sport féminin ?

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Le traitement du sport est-il machiste et sexiste ? De nombreux auditeurs le pensent et l’écrivent. Jacques Vendroux, directeur des Sports du Groupe Radio France, est au micro du médiateur.

 

Après la victoire de l’équipe de France féminine de rugby le 11 février dernier, les auditeurs se sont exprimés : « L’équipe de France féminine de rugby a battu celle d’Ecosse et vous n’y consacrez même pas une brève, alors qu’elle aurait dû occuper la une avec 9 essais marqués. En revanche, l’équipe masculine avec son score étriqué fait la une de franceinfo. C’est du machisme ! »

Selon Jacques Vendroux, l’équipe de France féminine de rugby est suivie depuis des années. Ces sports constituent un partie très positive à la direction des sports de Radio France et cette victoire a été traitée longuement dans le Clasico et le journal des sports… 

« Vous ne semblez connaitre la parité dans le sport qu’une fois par an, lors de la journée du sport féminin »  Le 24 janvier, c’était en effet la Journée internationale du sport féminin et les 6 et 7 février derniers, les « 4 saisons du sport féminin », tout cela sous l’égide – certains diront la pression – du Conseil supérieur de l’audiovisuel. Faut-il des contraintes pour parler du sport féminin ?

Il n’y aucune pression du CSA, ni d’ordre, juste un souhait. Et nous n’avons pas besoin du CSA pour parler du sport féminin. Tous les grands événements du sport féminin ont été suivis. Il y a une différence: ils ont moins d’impact, ils ont moins d’importance, mais nous les traitons quasiment de la même manière. 

Quelques formulations peuvent – à juste titre – donner une réelle impression de machisme… Le tennis : le samedi, on parle de la finale féminine, mais le dimanche, on parle de la finale tout court, sans préciser masculine, comme si cela allait de soi. Ou encore, on explique que la Fed Cup est l’équivalent féminin de la Coupe Davis ; pas le contraire… Muriel écrit à propos de la victoire de la skieuse Tessa Worley : « J’apprends qu’on la surnomme « la Puce » ; pourquoi pas ? Par contre, je me serais parfaitement passée du commentaire : « et en plus, elle est jolie ».

Peut-être que cela a été dit une fois, maladroitement, mais ce n’est pas du tout dans notre culture. À Radio France, nous faisons très attention à la parité, conclut le directeur des Sports de Radio France.