éducation aux médias, fausses informations

Education aux médias et fausses informations

Combien d’informations vérifiées, sérieuses, données par franceinfo sont mises en doute par certains auditeurs ? Comment expliquer cela ? Pour y répondre, Virginie Sassoon, docteur en sciences de l’information et spécialiste de l’éducation aux médias, est au micro du Médiateur.

 

Comment expliquer cette défiance à l’égard d’informations vérifiées et cette attirance de certains pour les informations fausses ou manipulées ?

« Le registre émotionnel a pris le pas aujourd’hui sur les informations vérifiées, amplifié par la circulation d’informations sur les réseaux sociaux; il s’agit de l’ère de la post-vérité. Depuis son élection, Donald Trump a largement contribué à cette situation qui remet en cause les informations vérifiées et diffusées par les médias.

Exemple autour de la défiance vis à vis des vaccins, défiance qui a toujours existé  (à laquelle a été confronté le Médiateur). En réalité en France, il n’y a que 5 % de la population opposée à la vaccination, mais les  « anti » ont une survisibilité sur internet . Les informations qui remontent dans les moteurs de recherches ne sont pas forcément les informations les plus fiables; c’est pour cela qu’il faut une réelle éducation aux algorithmes, à leur complexité et à leurs résultats ».

 

Le démenti moins percutant que la calomnie
Des spécialistes disent que les émissions qui démontent les fausses informations avec des preuves irréfutables – comme le Vrai du Fake sur franceinfo – ne parviennent pas vraiment à convaincre. Ceux qui, par exemple, ont vu sur Twitter qu’Anne Hidalgo avait été arrêtée à 120 km/h sur le périphérique parisien resteront persuadés qu’on leur cache la vérité, même quand on leur dit que c’était un poisson d’avril  du journal Le Parisien il y a deux ans.

« La déconstruction du mensonge prend plus de temps que la propagation de la rumeur. Il faut éduquer aux médias: vérifier la source, former les citoyens à la crédibilité d’une information, créer du lien entre les médias et l’école.  La Semaine de la presse et des médias dans l’école en est un bon exemple ».

 

L’attirance pour les fausses informations

« Selon le sociologue, Gérald Bronner, « le biais de confirmation », on a une tendance naturelle à vouloir confirmer les idées dans lesquelles on croit, on va chercher une information qui confirme nos convictions. Les réseaux sociaux ont tendance à nous enfermer dans une bulle de confort intellectuel où, dans notre flux d’actualité, les informations confirment nos idées. Les médias traditionnels vont au contraire donner une information, large, plurielle, vérifiée ».

 

 

 

 

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Météo : le temps est-il si « beau » ?

La météo devient un sujet très sensible
« Demain, il fera encore très beau, avec des températures bien au-dessus des normales de saison ». Ce genre d’annonce sur un ton enjoué provoque de plus en plus de réactions d’auditeurs.  Sophie Bria, présentatrice météo, et Elodie Callac, ingénieur à Météo France et prévisionniste sur franceinfo, répondent aux auditeurs.


Les auditeurs supportent de moins en moins le « beau temps » ou, plus exactement, la façon de l’annoncer
.
Comme Philippe : « Le temps magnifique annoncé sur vos antennes parisiennes est une catastrophe pour de nombreuses régions confrontées à la sécheresse ». Et Ghislaine ajoute : « Comment pouvez-vous annoncer avec bonne humeur « un beau soleil dans le sud », quand arbres et arbustes sèchent à une vitesse incroyable ? Pas de vraies pluies depuis 5 mois ». C’est vrai qu’il est plus agréable d’annoncer du soleil, mais ce soleil peut finir par devenir catastrophique…

« On manque d’eau effectivement, mais il faut rester positif dans l’utilisation des mots en météo, sans exagérer.  Le soleil, la lumière, amènent au sourire, au bien-être. Lorsque les conditions météos sont sources de grandes difficultés, elles sont traitées dans le sujet d’actualité (exemples récents: la sécheresse dans le sud, les ouragans aux Antilles en septembre)

Comment expliquer cette douceur automnale et cette pénurie de pluie ?

« Les anticyclones nous ont souvent protégé des perturbations atlantiques en les rejetant vers le Nord de l’Europe et ils ont favorisé des remontées d’air chaud en provenance d’Afrique, donc des températures élevées pour la saison ».

Plusieurs auditeurs, comme Mélanie, vous reprochent de « ne pas dire clairement qu’il s’agit des conséquences du dérèglement climatique »

« Le climat se réchauffe depuis des décennies. Il est difficile de relier directement un événement isolé au réchauffement climatique. Mais il est vrai que les cyclones ne seront pas plus nombreux mais plus intenses ».

Sur quoi se fondent ces « normales saisonnières » ?
D’autres auditeurs, comme Jean-Louis, estiment qu’à propos des températures, on ne devrait pas parler de « normales saisonnières », mais plutôt de « moyennes », car des automnes peuvent être très frais, et d’autres plus doux.

« Normales » est un abus de langage, il faut plutôt parler en effet de « moyennes ».

Comment construit-on un bulletin météo ?

« Il faut tenir compte des contraintes de temps d’antenne imparti à la météo : parfois parler de l’hexagone en quelques secondes ! Il faut alors choisir les priorités ».

La Bretagne et la pluie
Enfin, des auditeurs – un peu chauvins, dirons-nous – reprochent d’annoncer l’arrivée des perturbations par la Bretagne. Or, personne n’y peut rien ; c’est une réalité météorologique.

« Il s’agit de la région la plus à l’Ouest, mais c’est par là également que reviennent les éclaircies ».

 

 

sexisme, Weinstein, rendez-vous du médiateur,

Sexisme sur les antennes

Les médias français sont-ils sexistes ? Quelle est la place des femmes sur les écrans et bien sûr à la radio  ?  Questions posées par les auditeurs de franceinfo après l’onde de choc de l’affaire Weinstein…
L’Affaire Weinstein du nom de ce producteur d’Hollywood accusé par des actrices de harcèlements sexuels et de viols, a libéré la parole de nombreuses femmes victimes, elles aussi, de harcèlements et de sexisme. Pour en parler Bérénice Ravache, présidente du Comité diversité de Radio France et directrice de FIP.

 

 

En quantifiant les messages envoyés par les auditeurs dans le domaine que l’on peut qualifier de « diversité », on releve que quatre messages sur 10 concernent le sexisme et la parité femmes/hommes. On atteint même les 6 sur 10, si on inclut les messages concernant le sport et la faible place laissée aux sports féminins.

Les auditrices, mais aussi des auditeurs, nous font régulièrement des remarques, comme celle de Régine. « En pleine affaire Weinstein, nous écrit-elle, comment votre animateur peut-il s’autoriser à faire un commentaire déplacé sur une présentatrice de TF1, suggérant qu’il voulait la rencontrer pour son physique plus que pour ses qualités professionnelles ? ». Peut-on parler de sexisme ou de machisme ?

 L’affaire Weinstein a permis d’évoquer un problème énorme et qui concerne la moité de l’humanité : les femmes se sentent mal à l’aise face à l’autre moitié de l’humanité, les hommes ; cette violence constitue un angle mort de notre civilisation. Nos antennes aussi véhiculent les stéréotypes qui sont le langage de cette violence 

Quand on dénonce ce genre de remarques en interne, il y a toujours quelqu’un pour rétorquer : « Alors on ne peut plus dire qu’une femme est jolie ! ». Où se situe la limite ? 

La loi est très précise à ce sujet : le code du travail définit l’agissement sexiste « tout agissement lié au sexe d’une personne ayant pour effet ou objet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile ou dégradant, humiliant ou offensant … » Il est évident que dans certaines circonstances un homme peut dire à une femme qu’elle est jolie, tout comme une femme peut dire à un homme qu’il est joli, mais c’est le contexte qui compte

Il y a aussi ce chroniqueur qui reçoit une designer célèbre et très occupée ; elle raconte que son mari fait les courses et la cuisine. Il lui demande alors : « Mais il fait tout à la maison ? ». Message d’Aurélie : « Jamais, je n’ai entendu poser ce genre de questions sur le partage des tâches à un invité masculin ». il y a encore du travail à faire ?

Il faut se souvenir qu’il y a 50 ans, quand un homme se vantait d’avoir une femme qui faisait parfaitement le ménage et la cuisine, c’était normal ; aujourd’hui « c’est ringard ». Beaucoup de choses ont évolué : depuis que les femmes maîtrisent leur fécondité, elles sont des adultes devant la loi

Comment  sensibiliser les équipes au sein de Radio France ?

En se saisissant de la réalité grâce à des chiffres, des témoignages, des études, en mettant des actions en place ; une politique volontariste est menée

Un autre point souvent relevé par les auditeurs, c’est le manque de parité pour les invités. « Dans votre émission de débats, nous écrit Sandrine, trois hommes, une seule femme. Peut-on imaginer l’inverse ? ». Et elle ajoute un brin sarcastique : « Ah oui, évidemment s’il s’agit d’un débat sur la petite enfance… ». Y a-t-il des moyens de faire évoluer les choses ?

Objectifs chiffrés pour améliorer la présence des femmes sur les antennes du groupe ; les résultats sont là : en 2012 seules 22 % des invitées étaient des femmes, pour passer à 32 % aujourd’hui ; objectif fixé par Mathieu Gallet : 5 % d’augmentation par an 
Mise en place également du site les expertes à disposition des journalistes et producteurs

Il reste un gros chantier qui concerne tous les médias: la place du sport féminin. La réaction d’un professeur d’éducation physique qui regrettait l’absence d’informations sur une rencontre féminine importante m’a beaucoup marqué. Il concluait son message ainsi : « Pas étonnant que des élèves de 6ème, dans le cadre d’une séance sur l’égalité filles-garçons, me disent : « Le sport, c’est pour les garçons ! ». Entendre ça au XXIème siècle ! Si les médias pouvaient faire évoluer les mentalités… ». 

Le rôle important que doit jouer Radio France en tant que média de service public qui doit être le miroir le plus sincère possible d’une société qui comprend autant de femmes que d’hommes ; les actions menées ne sont pas contre les hommes mais contre des comportements d’hommes ; les hommes ont tout à gagner à vivre dans un monde intelligent

En savoir plus sur le Comité diversité

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©Etienne Monin/Radio France

Raqqa : comment raconter la guerre ?

Dimanche dernier, les reporteurs de guerre étaient à l’honneur lors de la remise des prestigieux Prix Bayeux qui récompensent les meilleurs reportages en zone de conflit. Des reportages aux risques souvent élevés, mais qui permettent de raconter et d’expliquer les tragédies de la planète. Beaucoup d’auditeurs s’interrogent sur le travail des reporteurs de guerre. Franck Mathevon, chef-adjoint du service Monde de franceinfo, de retour de Raqqa, en Syrie, leur explique au micro du médiateur.


Franck Mathevon a passé une quinzaine de jours en Syrie et en Irak, dont plusieurs sur le front de Raqqa, grande ville martyre que Daesh est en train de perdre.
Comment peut-on effectuer ces reportages ? Comment entre-t-on en contact avec les combattants ?

Il y a un circuit « officiel » au Nord-est de la Syrie contrôlé par les Kurdes (par les FDS : les Forces démocratiques syriennes) qui valident les demandes des médias et les aident sur les zones de combats.

Le rôle indispensable des « fixeurs »

Il s’agit de la personne qui va guider les journalistes jusqu’au front. Elle est également interprète, traducteur. Elle apporte une aide précieuse pour comprendre la situation sur le terrain et trouve les autorisations d’accès à certaines zones. Le fixeur est également un gage de sécurité, du fait qu’il connait les risques et les dangers du secteur.

Comment se déplace-t-on au milieu des ruines d’une ville parsemée de pièges ?

Dans les zones de guerre, la prudence est de mise ; les mines et les snippers sont les principaux obstacles, il ne faut donc pas prendre de risques inutiles.

Franck Mathevon était accompagné d’un technicien de reportage aguerri, Gilles Gallinaro. Un travail d’équipe ?

Un vrai plaisir de travailler ensemble. Gilles Gallinaro est précieux : il fait de la vidéo, il s’occupe des liaisons satellites et a une âme de « journaliste ».

Quelles ont été les plus grandes difficultés à Raqqa ?

Les difficultés sont notamment d’ordre logistique. Les déplacements sont très compliqués ; chaque jour, nous faisions une dizaine d’heures de voiture pour aller sur le front et en revenir.

Dans quel « état » rentre-t-on de ce reportage ?

L’image la plus marquante : une ville détruite, dévastée, une ville fantôme vidée de ses habitants, une population martyre…

 

Gilles Gallinaro et Franck Mathevon suivent les forces démocratiques syriennes dans Raqqa. 

 

Pour en savoir plus sur les reporteurs de guerre, des journalistes racontent les reportages qui les ont marqués dans cet ouvrage : « qu’auriez-vous fait à ma place ? » à retrouver dans la bibliothèque du Médiateur

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FRANCEINFO/ JOSE JORDAN / AFP

Passions autour du référendum catalan

Le référendum de dimanche 1er octobre sur l’indépendance de la Catalogne a suscité de très nombreuses réactions d’auditeurs. Mais des réactions très opposées. Isabelle Labeyrie, cheffe du service Monde de franceinfo, de retour de Barcelone, est au micro du Médiateur.   Le travail des journalistes sur place et la difficulté d’entendre les anti-indépendantistes A en… Lire la suite

(VOISIN / PHANIE)

Vaccins : les lobbys et les peurs

Depuis la rentrée, un des sujets sur lesquels le médiateur est beaucoup interpellé concerne le domaine médical et, notamment, les vaccinations. Pour répondre aux auditeurs, Bruno Rougier, journaliste et spécialiste Santé-Sciences de franceinfo.

 

 

C’est incroyable comme ce sujet des vaccins peut susciter des réactions passionnées, souvent chargées de contrevérités et de peurs irrationnelles. Cela rappelle un peu – dans un autre domaine – l’épisode, l’année dernière, des compteurs Linky et le déferlement de peurs liées à de fausses informations propagées sur les réseaux sociaux.

« Les grands médias, dont franceinfo, soutiennent la politique vaccinale du gouvernement et appuient le lobby des grands groupes pharmaceutiques qui veulent simplement grossir leurs bénéfices ». selon cet auditeur, Vincent.  Que peut-on répondre à de telles critiques ?

« D’abord, je l’avoue simplement : je soutiens la politique vaccinale du gouvernement car les vaccins sauvent des vies. Si l’on regarde ce qui se passe en France : avant l’obligation vaccinale, la diphtérie tuait chaque année  3 000 personnes, la polio 200… La situation a totalement changé : on ne déplore aucun décès de la diphtérie dans notre pays depuis 1982, et pour la polio, le dernier décès qui remonte à 1995 était un cas importé de l’étranger… Alors oui, la vaccination sauve des vies. Il est anormal que l’on meurt encore de la  rougeole, et pourtant une jeune fille de 16 ans est décédée de cette maladie l’été dernier à Marseille, elle n’était pas vaccinée….
En revanche, je réfute totalement la seconde affirmation de Vincent selon laquelle France Info appuie le lobby des grands groupes pharmaceutiques. Je fais mon travail en conscience et les dossiers de presse des laboratoires, aussi beaux et illustrés soient-ils me laissent de marbre « 

Revient très souvent dans les messages cette incarnation du monstre moderne que sont, pour beaucoup d’auditeurs, les laboratoires pharmaceutiques. Avec cette question quelque peu provocante d’Odile : « Seriez-vous sponsorisés par les lobbies pharmaceutiques ? »

« La réponse est non : je ne suis pas invité par les laboratoires dans des iles paradisiaques, pas invité non plus dans des restaurants étoilés. Je reçois, comme tous mes confrères spécialistes santé des invitations à des conférences de presse. Et je décide en mon âme et conscience de m’y rendre ou non. Il m’arrive même d’assister à des conférences de presse et de décider ça ne mérite pas un sujet à l’antenne. Je suis donc totalement libre… »

Comment travaille un journaliste spécialiste médical ? A-t-il des rapports privilégiés avec les labos pharmaceutiques ?

« Non, quelques contacts épisodiques lors d’un rendez-vous presse. En cas de crise, c’est vrai que les laboratoires s’adressent à des agences de communication qui nous proposent des argumentaire… A nous d’être suffisamment malins pour trier… C’est d’ailleurs notre travail… En cas de doute, je m’adresse à des spécialistes travaillant dans les hôpitaux ou dans des organismes de recherche publics. Et si je flaire un possible conflit d’intérêt, je regarde dans la base de données publique « transparence santé » dans laquelle tout professionnel de santé est obligé de déclarer les relations qu’il a avec un industriel et les rémunérations qu’il touche d’un laboratoire »

Les récents scandales médicaux ont évidemment renforcé les peurs

« La peur ne date pas d’hier mais c’est vrai que la multiplication des scandales sanitaires n’est pas en faveur d’une confiance aveugle du public envers les industriels »

Comme tous médicaments, les vaccins peuvent présenter des dangers dans certains cas précis et rares

« C’est tout à fait exact, le nier serait stupide… Certaines personnes présentent de véritables contre-indications, d’où l’importance d’avoir une discussion avec un médecin avant toute vaccination. Et puis c’est vrai que peuvent apparaitre des troubles importants… des réactions allergiques graves, un syndrome de Guillain-Barré ou une sclérose en plaques… Des cas très rares mais qui existent. »

Et cette crainte de l’aluminium contenu dans les vaccins ?

« D’abord une précision : cet aluminium est mis dans les vaccins pour augmenter la réponse immunitaire. En clair les vaccins seraient moins efficaces sans adjuvant. L’aluminium est utilisé dans les vaccins depuis presque un siècle, des centaines de millions de doses ont été injectées sans révéler de problèmes majeurs. Mais c’est vrai que cette présence d’aluminium peut avoir des effets chez certaines personnes qui sont génétiquement prédisposées : de la fatigue, des douleurs, des troubles cognitifs. Des études sur des souris montrent des effets neurologiques, il faut donc poursuivre ces travaux…Et mener aussi des recherches pour trouver de nouveaux adjuvants…

La vaccination des bébés

« Je rassure Jérôme, on ne va pas vacciner les bébés d’un coup avec les onze vaccins. Ces 11 vaccins représentent 10 injections qui seront étalées sur 2 ans…
Alors, bien sûr on peut ne pas faire vacciner son enfant amis je rappellerai juste qu’aujourd’hui pour bloquer une maladie infectieuse, il faut une couverture vaccinale de 90 à 95 % de la population…. Si on est au-dessous, les épidémies continuent à circuler et à tuer…. Alors bien sur on peut compter sur les autres mais c’est prendre le risque de voir ressurgir certaines maladies comme c’est le cas en ce moment avec le retour de la rougeole faute d’une vaccination suffisante »

 

 

 

@Matthieu Mondoloni/Franceinfo

Coulisses des ouragans et polémique autour de la photo de Matthieu Mondoloni

Matthieu Mondoloni, reporteur à la rédaction de franceinfo, a passé plus de deux semaines au milieu des sinistrés des Antilles françaises. De retour à Paris, il répond aux questions des auditeurs.


Avec bienveillance et curiosité, beaucoup d’auditeurs se demandent quelles sont les conditions de travail des reporteurs au milieu d’un tel désastre. Comment ont-il pu se rendre sur les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy ?
« Deux jours après le passage d’Irma, les journalistes ont pu prendre un avion affrété pour les équipes de secouristes »

Comment recueillir des témoignages d’une population en plein traumatisme ?
Quelques auditeurs, peu nombreux, comme Adélaïde, se sont dit « étonnée et choquée de n’entendre quasiment que des interviews de compatriotes blancs. Toutes les paroles et les témoignages se valent », ajoute-t-elle.
« La parole a été donnée à toutes les catégories de la population, blancs comme noirs, métis ou asiatiques, aucune différence n’a été faite ; les reportages ont cependant montré la différence dans les conditions de vie entre classes moyennes et classes aisées. »
« Après les ravages du cyclone, les gens avaient besoin de parler et ont témoigné spontanément ; ce fut comme une sorte de thérapie pour les sinistrés ».

Comment se déplacer et aussi communiquer avec franceinfo ?
« Dans un premier temps, nous nous sommes déplacés en stop; la solidarité était vraiment présente. Pour communiquer, c’était difficile avec les liaisons téléphoniques, internet, mais nous disposions d’une liaison satellite. » 

Comment trouver de la nourriture et un hébergement ?
« Les autorités avaient prévenu que les journalistes sur place devaient fonctionner de manière « autonome »  : nous sommes donc partis avec des boites de conserve et des packs d’eau. »
« On dormait sur le sol », « Un seul petit repas par jour », « On partageait la même situation que les habitants ».

Les réseaux sociaux ont déclenché une polémique sur une photo que Matthieu Mondoloni a publiée sur Twitter et Facebook
Elle montre un moment émouvant de sérénité et de solidarité : un jeune soldat tient dans ses bras une petite fille épuisée avant d’être évacuée en avion avec ses parents. « Photo colonialiste », « Photo de com gouvernementale »… Ces commentaires, stupides, ont  affecté le journaliste… « Il ne s’agissait que d’un joli instant de vie, sans plus« .
Rappelons que les réseaux sociaux génèrent beaucoup d’adeptes de l’insulte, du complotisme et de la polémique maladive.

 

 

 

franceinfo

Le cyclone Irma n’a-t-il touché que Saint-Martin ?

Depuis plus d’une dizaine de jours, le cyclone Irma est à la une de l’actualité. Sur son passage, il a laissé des paysages de désolation et des victimes. Les auditeurs ont été nombreux à réagir ou à poser des questions. Erik Kervellec, directeur de la rédaction de franceinfo, répond au micro du médiateur des antennes.

 

Une actualité lourde impose des choix
Beaucoup d’auditeurs ont apprécié les informations, les reportages, les invités racontant ou expliquant cette terrible catastrophe météorologique. Mais certains estiment que la rédaction de franceinfo s’est trop concentrée sur les îles françaises, en oubliant que d’autres îles avaient également été lourdement touchées. Jean nous écrit : « L’île de Cuba est frappée de plein fouet. A peine une allusion et même pas de reportage. Faudrait-il la mort d’un touriste français pour qu’on s’émeuve un peu ? ».

« Nous avons en effet parlé de Cuba uniquement de Paris, car nous n’avons pas de journaliste résident sur place. Et envoyer des reporteurs est très compliqué du fait du régime politique; notamment, le délai d’obtention d’un visa est très long et difficile ».

« Mais, pourquoi, en revanche, en avez-vous fait autant sur la situation en Floride ? »
…demande Dominique. Certains – quelque peu complotistes – y voient d’ailleurs des raisons politiques : « Les habitants de Floride ont évidemment l’avantage de faire partie d’un grand pays impérialiste » … Des raisons logistiques… Et peut-être aussi politiques, mais liées aux postures de Donald Trump ?

 » C’est en effet l’un des hommes les plus puissants et les plus « climato-sceptiques » : il y a une histoire à raconter de ce côté là… Par ailleurs,  on attendait « l’apocalypse », et effectivement 6 millions de personnes ont été évacuées… »

Les coulisses des conditions de vie et de travail des reporteurs et des techniciens sur place
« Alors que plus rien ne semble fonctionner, comment les reporteurs vivent-ils à Saint-Martin et Saint-Barth ? », s’interroge Elodie.

« Les journalistes en reportage sur place vivent dans les mêmes conditions que les habitants. Certains dorment sur la moquette de l’aéroport et trouver de la nourriture n’est pas toujours facile. C’est une situation de catastrophe; ils sont autonomes et  doivent se débrouiller… « 

La radio d’urgence à Saint-Martin et Saint-Barth pour venir en aide aux sinistrés
Une initiative qui a épaté de nombreux auditeurs, notamment la rapidité avec laquelle franceinfo a monté cette radio.

« Il s’agit d’une mission de service public, de proximité. Tout cela n’a été possible que sur la base du volontariat et grâce à TDF qui a remis en service rapidement des émetteurs ».

A lire: « Urgence Info, les bonnes ondes de Radio France » (Libération).

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François Hollande interviewé par Yaël Goosz / Arthur Gerbault/Radio France

La politique a changé, et les journalistes ?

Avec l’élection d’Emmanuel Macron, la chute des partis traditionnels, la fin de la classique dichotomie gauche-droite, les auditeurs sont nombreux à réagir ; Yaël Goosz, chef du service politique de franceinfo, leur répond au micro du médiateur.

 

 

Les journalistes politiques préféreraient-ils toujours la polémique, les petites phrases plutôt que le concret l’explicatif, le constructif réclamés de plus en plus, par les auditeurs ?
Depuis le changement du paysage politique français, le médiateur reçoit de nombreux messages qui s’étonnent que les journalistes, eux, n’aient pas « changé de logiciel », dixit Jérôme. Pour Jean-Marc, « il semble que les journalistes ne soient plus capables de faire du journalisme que par opposition et mise en conflit ». Et Amélie ajoute : « Je suis stupéfaite que ce qui intéresse les journalistes politiques soient de savoir si le Premier ministre est fidèle à son ancien parti, s’il combat la gauche, bref tout ce discours politicien obsolète sur les querelles partisanes qui nous plombent depuis 35 ans »

« Il s’agit de proposer une couverture de la matière politique aux auditeurs, puis de donner du sens , expliquer toujours et encore, car l’échiquier politique ne s’arrête jamais ; il faut décrypter ces problématiques : idées, stratégie, nouveau monde, ancien monde… »

 

Pourquoi avoir lancé l’interview J-1 tous les soirs à 19h10 ? J-1, donc la veille d’une actualité…

« L’objectif est d’anticiper ce qui fera sens demain, afin de donner des clefs de compréhension à l’auditeur. Ce nouveau rendez-vous offre une exhaustivité des points de vue ».

 

Pourquoi continuer à inviter tous les « vieux » politiques ?
Les invités de Yaël Goosz ont été, entre autres, François Hollande, Nicolas Dupont-Aignan… Une question qui revient souvent dans les messages que nous recevons, comme celui de Julien : « Pourquoi continuez-vous à inviter tous les « vieux » politiques que les électeurs ont rejetés ? On a fait tout ce qu’on a pu pour se débarrasser de ces vieux ringards. Raté ! On les met à la porte ; ils reviennent par la fenêtre ». Sans vouloir plagier l’Internationale, ne peut-on pas du passé faire table rase ?

« Il faut avoir une vue d’ensemble sur tous les rendez-vous politiques de franceinfo ; l’objectif est de trouver un équilibre ; on veille à la diversité, la mixité homme/femme, société civile/politique, anciens/nouveaux. En invitant F. Hollande, je voulais donner du sens sur le quinquennat nouveau » … »C’est un équilibre à trouver et faire table rase du passé, cela mène à l’amnésie et c’est dangereux ».

 

Les journalistes et le consensus ?
Les auditeurs, parmi les plus jeunes, comme Julie, disent : « Je comprends pourquoi Emmanuel Macron est réticent à s’adresser aux journalistes, quand on constate que les questions sont toujours polémiques, agressives et ne nous concernent pas ».

« Les journalistes posent des questions à un instant T, en fonction de l’actualité…. »

 

Des politiques préfèrent la communication à l’information :
on peut dire tout ce qu’on veut, plus ou moins vrai, sans questions embarrassantes. Jean-Luc Mélenchon le fait par exemple avec sa chaine YouTube… Plus besoin de journalistes gênants ?

« Un présupposé pour certains : les médias sont aux ordres… Quand une question gêne, c’est qu’elle serait orientée politiquement. Or, il ne faut pas confondre éditorialistes et journalistes politiques ; les politiques jouent là-dessus… Les journalistes questionnent sur l’actualité, enquêtent, expliquent; les éditorialistes commentent ».

 

Vincent Giret © Radio France / Christophe Abramowitz

La rentrée : matinale et politique

Un nouveau directeur pour franceinfo, Vincent Giret, et des nouveautés à l’antenne en cette rentrée radiophonique. Les auditeurs ont pu les découvrir dès lundi dernier. Et ils ont déjà des questions… Pour y répondre Vincent Giret…

 

Une question qui revient souvent, c’est le remplacement de Fabienne Sintès (dans le 7-9) par Bruce Toussaint.
Pour Christine « franceinfo avait innové avec une femme à la tête d’une matinale et voilà que vous y remettez un homme à une heure de grande écoute ». Et Jean-Pierre est plus virulent : « Pourquoi ce recyclage régulier à la radio des présentateurs vedettes de la télé ? Franceinfo manquerait-elle à ce point de talents ? ».

« On peut retrouver Fabienne Sintès sur France Inter. Il faut lui rendre hommage, car elle a contribué au succès de franceinfo »…  » Dans la rédaction, il y a beaucoup de voix féminine ; la parité est presque atteinte ». Quant à l’arrivée de Bruce Toussaint, « c’est le professionnel de l’info continue, de la télévision et du media global que nous recherchions. »

 

© Radio France / Christophe Abramowitz
© Radio France / Christophe Abramowitz


Toujours les mauvaises nouvelles …
La saison dernière, beaucoup d’auditeurs avaient écrit au Médiateur pour regretter que sur franceinfo, comme sur la plupart des médias, on n’évoque que « ce qui ne va pas », « les conflits permanents », « les polémiques sans intérêts »… Bref, comme le disait Michèle, « vous ne vous intéressez qu’au négatif, jamais aux actions positives, aux initiatives constructives, aux solidarités, etc »

« En effet, l’information ne doit pas être que négative; sur franceinfo par exemple, on valorise les initiatives grâce à la nouvelle chronique d’Olivier de Lagarde, « Un monde d’action » ou encore grâce à Philippe Duport et sa chronique « c’est mon boulot » qui donne des idées, des pistes, des solutions à propos du monde du travail ». 

 

Encore et toujours de la politique à l’antenne
Il y a un an, débutait une année très politique qui a dopé les audiences de franceinfo. Pour cette année qui commence, de nouveaux rendez-vous politiques sont proposés : à 19h10 et de 21h à 22h.
Les auditeurs ne sont-ils pas  saturés par la politique ?

« Les Français sont un peuple politique qui discute beaucoup de politique. Et il est important de continuer à chroniquer les suites de l’élection présidentielle »

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