La rédaction de franceinfo : traitement de l’information partiale ?

Emmanuelle Daviet reçoit Lucas Menget, directeur adjoint de la rédaction de franceinfo.   A propos des rencontres entre Emmanuel macron et les maires et la critique virulente d’un auditeur « Je suis scandalisé par le traitement de l’information -à l’évidence très partial- des journalistes de FranceInfo. On évoque le « face à face » , sous-entendant une confrontation… Lire la suite

Inviter un auteur maison sur franceinfo, Vincent Giret

Quelle ligne éditoriale est adaptée par chaque chaîne du groupe Radio France concernant la promotion d’ »auteurs maison » sur les antennes ? Si un journaliste ou un producteur de Franceinfo publie un livre : o peut-il en parler sur Franceinfo ? o Peut-il aller en parler sur les autres antennes du groupe ? Si un journaliste… Lire la suite

Gilets jaunes : les débordements et les violences

Cette semaine, les auditeurs ont été encore très nombreux à nous écrire à propos du mouvement des Gilets jaunes. Pour leur répondre, Emmanuelle Daviet reçoit Éric Valmir, Secrétaire Général de l’information, et Lucas Menget, directeur adjoint de la rédaction de franceinfo.

Les conditions de travail des journalistes qui couvrent les manifestations

Des journalistes sont victimes de violence lors de rassemblements en lien avec le mouvement de Gilets jaunes. Des auditeurs souhaitent savoir dans quelles conditions les journalistes de franceinfo et plus généralement de Radio France travaillent sur le terrain.

Éric Valmir : Ils travaillent comme ils peuvent. Il y a une situation inédite à Radio France : nous avons fait appel à une protection rapprochée ces dernières semaines parce qu’il y avait eu de nombreux incidents auparavant. Nous étions contre puisque les journalistes préfèrent avoir une certaine latitude et marge de manœuvre pour travailler. Ce sont des journalistes aguerris qui ont travaillé en zone de guerre. On aurait pu penser que pour une manifestation en France, ils n’auraient pas eu besoin de cette protection. Mais des incidents à répétition, surtout en régions auprès de nos journalistes de France Bleu, nous ont incité à mettre un protection rapprochée : un ancien militaire, ancien RG, des gens spécialisés qui vont être au plus près pour protéger et éviter les débordements et agressions.

Nous déplorons cette situation mais nos jeunes journalistes se sont fait interpellés, agressés verbalement voire physiquement, poussés, menacés… Il n’y avait pas d’autres solutions pour sécuriser les directs et rassurer ces journalistes qui évoluaient sur le terrain.

On est habitué à penser contre nous-mêmes : on accepte le débat, les critiques du traitement de l’info mais les violences ne sont pas acceptables.

Quelles sont les mesures pour samedi 19 janvier ?

Éric Valmir : Il y aura des protections de certaines locales de France Bleu puisqu’il y a eu des menaces que nous prenons au sérieux.

Pourquoi continuer à les envoyer ?

Certains auditeurs nous demandent pourquoi vous continuez à envoyer des journalistes sur le terrain pour couvrir les manifestations de Gilets jaunes alors qu’ils sont obligés d’exercer leur mission dans les conditions que l’on vient de décrire ? Un auditeur pose la question: Franceinfo ne devrait-elle pas cesser toutes ces émissions spéciales pour couvrir des événements rassemblant finalement assez peu de manifestants ?

Lucas Menget : Parce que c’est de l’information. On couvre toute l’information. Il se passe quelque chose en France qui est important. Les manifestations en sont un des aspects, on les couvre comme on couvre les autres aspects de cette crise des Gilets jaunes. Ce n’est pas parce que c’est dangereux que la rédaction de franceinfo ou de Radio France va s’arrêter. Franceinfo couvre des événements à l’étranger, en zones de guerre, c’est dangereux mais on continue à les couvrir.

La violence est inacceptable mais elle fait partie d’un certain nombre de conditions du métier de journaliste. On était plus habitué à cette violence dans des zones dangereuses loin de chez nous.

Le nombre de manifestants ne fait pas partie du choix éditorial, sinon il y a beaucoup de choses que l’on ne couvrirait pas, qui concernant peu de gens mais qui ont des conséquences politiques nationales importantes.

L’affaire Benalla : un « non-événement » ?

« Premier titre du journal de franceinfo ce 16 Janvier : l’utilisation abusive par M. Benalla d’un type de passeport dont l’usage est normalement restreint. Je suis surpris de constater qu’aux yeux de la rédaction en chef cette information semble plus importante que celle du Brexit ou que la progression du grand débat dans le contexte national que nous connaissons. »

Alors ce message n’est pas isolé, pour des auditeurs cette affaire relève du sensationnel, certains la qualifie même de « non-évènement ».

Lucas Menget : Ce n’est pas un « non-événement », c’est un événement important dans la vie politique de notre pays et qui peut avoir des conséquences. Sur la hiérarchie de l’information, cet auditeur a peut-être écouter qu’un journal. Sur franceinfo il y a des journaux et des titres toute la journée, l’affaire Benalla n’a pas fait l’ouverture de tous les journaux. La journée était riche en informations, et l’avantage d’une chaîne comme franceinfo c’est la hiérarchie et la variété de l’information.

Reportage dans une école de Joigny

« J’ai été choquée, qu’à l’occasion d’un reportage dans une école de Joigny, on puisse entendre des élèves de primaire crier « Macron démission ». Où va-t-on si des adultes responsables/ professeurs /journalistes/ laissent faire sans aucun commentaires ? Je suis atterrée  par un tel laisser aller. »

Une auditrice ajoute : « Comment peut-on ensuite demander aux enfants de respecter les adultes, les enseignants ? »

Lucas Menget :  Ce reportage de Benjamin Illy est absolument passionnant parce que justement on y voit ces enfants qui interviennent en criant « Macron démission ». Un reportage, c’est des faits et un contexte. Benjamin Illy est à ce moment en train d’interroger un retraité de l’éducation nationale qui lui aussi est un peu éberlué par cette scène, il lui demande ce qu’il en pense et il dit que ça le choque, que si on en est arrivé là, c’est qu’il y a eu des cassures. Ils se demandent alors pourquoi ils ont dit ça ? En voyant le reporteur de franceinfo par provocation ou amusement, il faut toujours remettre les choses dans leur contexte, or cet homme montre bien à quel point c’est une situation nouvelle. Est-ce qu’ils entendent ça à la maison ou dans des débats ? Il faut toujours aller jusqu’au bout du reportage, au bout des récits.

Est-ce que cela ne soulève pas un autre problématique, qui est que la population n’a pas forcément envie de voir la réalité des faits ?

Le rôle des journalistes n’est pas de cacher des choses. Le reporteur aurait pu se dire qu’il n’allait pas mettre cette scène qui pourrait choquer. Mais le but ce n’est pas de cacher, c’est de le montrer et de l’expliquer. L’éthique du journaliste c’est de montrer ce qu’il voit autour de lui.

Gilets jaunes : fracture historique en matière d’information.

Comme vous le savez le service de la médiation reçoit beaucoup de messages d’auditeurs , en moyenne 1000 mails par jour. Bien sûr depuis la mi novembre il y a une dominante dans tout ce courrier : c’est le traitement médiatique du mouvement des Gilets jaunes. Pour en parler au micro d’Emmanuelle Daviet, Vincent Giret directeur de… Lire la suite

franceinfo « porte-parole » des Gilets jaunes ?

Les messages au sujet des gilets jaunes sont toujours aussi nombreux. Cette semaine, les questions et remarques des auditeurs ont un point commun : « de l’huile sur le feu »… Pour leur répondre, Emmanuelle Daviet, médiatrice, reçoit Erik Kervellec, directeur de la rédaction de franceinfo.

Franceinfo, relais d’opinion

Florence, une auditrice qui estime que Franceinfo, en tant que média très écouté, a un rôle fondamental à jouer pour véhiculer des messages favorables à la tempérance et au rejet de la violence. « J’ai malheureusement l’impression que vous mettez de l’huile sur le feu, à critiquer l’action du gouvernement, à mettre en avant des sondages qui donnent la majorité des Français favorables au mouvement des gilets jaunes. »
Le marqueur de franceinfo a été pendant très longtemps d’être une radio factuelle et le reproche adressé ici c’est que l’antenne serait devenue un relais d’opinion, une radio d’information orientée qui attiserait le désordre.

Franceinfo a toujours été un thermomètre de la société : il indique qu’il y a une surchauffe dans la société aujourd’hui. Notre vocation est de donner une photo d’un fait d’actualité majeur sans le déformer.

Trop de micros-trottoirs

Dans le contexte du mouvement des Gilets jaunes, nous entendons beaucoup d’avis, de points de vue sur l’antenne. Marc, un auditeur déplore les micros-trottoirs. Il écrit : « vos journalistes interrogent sur les ronds-points n’importe quelle personne et donc mettent de l’huile sur le brasier ce qui n’est pas déontologiquement le rôle du journalisme. Arrêtons sur les chaînes publiques de brosser la colère ou l’hystérie dans le sens du poil ! Arrêtons de tendre le micro à n’importe qui. »

J’indique à cet auditeur que le micro-trottoir, est un mode de consommation médiatique et une pratique journalistique qui, au sein même des rédactions, a ses partisans et ses détracteurs.

Quel est l’intérêt journalistique du micro-trottoir ?

C’est un enchaînement d’avis très courts sur une question, il est sensé représenter l’opinion. Souvent ça ne marche pas, c’est une construction intellectuelle du journaliste qui jette sa propre vision des choses. C’est pour cela qu’à franceinfo on ne fait pas de micros-trottoirs. En revanche, on donne à entendre l’expression de certains avis de gens qui sont représentatifs d’une colère et d’un état d’esprit.

Est-ce que toutes les paroles se valent ? Olivier écrit « Comment peut-on passer sur une radio publique une interview d’un gilet jaune qui veut faire connaitre à Monsieur Macron le même sort que Louis XVI…. Il serait de bon ton en ces temps difficiles que Franceinfo prenne du recul et ne cherche pas elle aussi le scoop de caniveau. »

Erik Kervellec, comment une antenne d’information continue donne-t-elle la parole sans trahir son éthique et la déontologie propre à un média de service public ?

Dans ce conflit, on se retrouve dans une situation inédite : il n’y a pas de porte-parole. Pour autant, est-ce qu’on ne devrait pas donner la parole aux gens ? Non, on doit donner l’expression de cette colère qui existe et occupe l’actualité. Sur cette question là en particulier, si c’était à refaire nous ne le referions pas, ce sont des propos outranciers.

Gilets Jaunes : « une couverture médiatique d’une ampleur extravagante » ?

Beaucoup de mails cette semaine, au sujet des gilets jaunes. Principal reproche : une couverture médiatique d’une ampleur extravagante. Pour en parler, la médiatrice reçoit Erik Kervellec, directeur de la rédaction. Les gilets jaunes : les médias cherchent à faire le buzz ? Un auditeur Guy écrit : « Ne pensez-vous pas que les médias et… Lire la suite

franceinfo, agence, fake news

La hiérarchie de l’information sur franceinfo

« Pourquoi ne pas avoir parlé de ce sujet en premier ? », « Vous en faites trop sur cette information alors qu’il se passe d’autres choses dans le monde ! », « Mais pourquoi vous n’avez pas parlé de ça dans votre journal ce matin ? »… La médiatrice reçoit très fréquemment ce genre de messages. Pour comprendre comment l’information… Lire la suite

Matinale de franceinfo, traitement de l’itinérance de Macron et populisme

Le choix des informations traitées, la place accordée au déplacement d’Emmanuel Macron et le choix des invités de la matinale de franceinfo : tels sont les sujets sur lesquels la médiatrice a été interpellée cette semaine.  Pour répondre aux auditeurs, Erik Kervellec, directeur de la rédaction est au micro d’Emmanuelle Daviet. Michel Édouard Leclerc, invité… Lire la suite

L’appli franceinfo junior, un outil pédagogique

Depuis plus de dix ans, franceinfo fait de l’éducation aux médias avec les plus jeunes. Il y a les ateliers franceinfo, également une émission quotidienne, et aujourd’hui l’application franceinfo junior. Pour mieux la connaître, Emmanuelle Daviet reçoit Julien Moch, rédacteur en chef à franceinfo, un des concepteurs. Pourquoi avoir conçu cette application ?  On a engagé… Lire la suite

franceinfo et les comptes de campagne de Mélenchon

Retour sur l’enquête menée par la Cellule Investigation de Radio France sur les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Enquête qui a suscité la colère du dirigeant de la France insoumise, et de très nombreuses réactions des auditeurs. Pour leur répondre, Emmanuelle Daviet, la Médiatrice, reçoit le directeur adjoint de la rédaction de franceinfo Richard Place,… Lire la suite