Pourquoi les médias parlent-ils plus d’un attentat à New York qu’en Egypte ?

Des ambulances après l'attaque contre la mosquée dans le nord Sinaï egyptien, le 24 novembre 2017. (- / AFP)

Des ambulances après l'attaque contre la mosquée dans le nord Sinaï egyptien, le 24 novembre 2017. (- / AFP)

Pourquoi les attentats sont-ils traités de manières différentes ? Plusieurs auditeurs s’interrogent après l’attentat du 24 novembre dernier en Égypte qui a fait plus de 300 morts. Réponse avec Isabelle Labeyrie, chef du service Monde de franceinfo.

 


Y aurait-il donc deux traitements différents ?

Des auditeurs ont eu l’impression qu’entre des attentats ou des tueries aux États-Unis, en Allemagne ou en Grande-Bretagne, ET, d’un autre côté, en Égypte ou au Pakistan, le traitement de l’information est différent. Pour Bertrand, par exemple, « je trouve cela terriblement choquant. Il y a un mois, 8 personnes étaient fauchées à New-York par une voiture-bélier ; tout le monde passe en Spéciale et, pendant une semaine, on est alimenté en informations. Pour l’Égypte, pas de Spéciale et la priorité reste la Coupe Davis ».

 » En fait, New-York est dans une démocratie. Tout le monde quasiment dispose d’un smartphone. Tous les médias, dont Radio France, ont des journalistes sur place. Il est donc facile d’intervenir rapidement et librement. Dans le Sinaï, c’est bien différent. Nous sommes là dans une zone qu’on peut appeler de non-droit, avec des barrages militaires et, surtout, la présence permanente de terroristes. Une zone interdite aux journalistes par les autorités« .

Coulisses de la rédaction de franceinfo
Ce vendredi 24 novembre, la rédaction apprend l’attentat dans le Sinaï. Que se passe-t-il ?

 » Très rapidement, de quelques blessés annoncés vers 12h30, on constate que le bilan s’aggrave avec des dizaines de morts. Nous étudions toutes les possibilités pour nous rendre sur place, notamment en envoyant nos correspondants du Caire, de Jérusalem ou de Beyrouth. Mais nous nous rendons compte que, sans visa et sans autorisation du gouvernement égyptien, c’est mission impossible voire dangereuse. A regret, nous suivrons donc à distance l’événement grâce, notamment, à nos correspondants qui s’appuieront sur les informations locales et sur les interventions de spécialistes ».

 

Par ailleurs, quelques auditeurs reprochent aux journalistes de passer sous silence la guerre au Yémen. Pour François, « 10 millions de Yéménites, selon l’ONU, nécessitent une aide humanitaire d’urgence et personne n’en parle ni ne se rend sur place ».  C’est une guerre ignorée…

« En effet, nous pourrions peut-être en parler plus. Mais là encore, il est très difficile d’obtenir des informations fiables et se rendre sur place est très dangereux et très difficile. Mais actuellement, des journalistes de nos rédactions essaient de trouver des contacts et des filières pour tenter de s’y rendre avec un minimum de sécurité ».