Comprendre l’Alerte enlèvement…

© Maxppp - Sebastien JARRY

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Le 18 octobre, la procédure Alerte enlèvement était lancée par les autorités judiciaires. Vous avez alors pu entendre sur France Inter et France Info cet indicatif caractéristique et assez anxiogène, au son semblable à une sirène, suivi d’un message d’appel à témoins. Explications.

 

Contrairement à ce que plusieurs auditeurs nous ont écrit, les médias diffuseurs du message ne sont en rien responsables du texte et de la diffusion du message. Il s’agit en quelque sorte d’une réquisition des autorités judiciaires – officiellement le Garde des Sceaux – afin de retrouver au plus vite un enfant enlevé sur qui pèsent des risques pour sa vie. Les statistiques montrent que les meurtres d’enfants sont les plus souvent constatés dans les 3 premières heures suivant l’enlèvement.

Urgence absolue

C’est pour cette raison que les médias sont appelés à diffuser le plus rapidement possible et durant trois heures le message Alerte enlèvement. C’est notamment une façon de montrer au ravisseur que son forfait est connu, que toute la population est désormais appelée à fournir des renseignements et que tout l’appareil policier est mobilisé.

C’était la 19ème fois depuis février 2016 que la procédure était déclenchée. A chaque fois, elle a permis de retrouver l’enfant sain et sauf.

Le dispositif s’inspire des « Ambert alert » créés aux Etats-Unis en 1996 et au Québec en 2003.

alerte-enlevement.gouv
alerte-enlevement.gouv

Les critères

Des auditeurs s’étonnent que, pour certaines affaires d’enlèvement, la procédure ne soit pas déclenchée. En fait, les critères sont très stricts :

  • L’enlèvement doit être avéré ; il ne doit pas s’agir d’une simple disparition
  • La vie ou l’intégrité physique de la victime doit être en danger
  • Le procureur de la République doit être en possession de suffisamment d’informations pour permettre de localiser l’enfant et le suspect
  • La victime doit être mineure.

Comment ça marche ?

Le message est envoyé aux médias via un processus sécurisé qui permet de valider l’origine du message. Au total, on compte une cinquantaine de canaux de diffusion : radio, télévision, agences de presse, sites internet, panneaux de gare, d’autoroute et d’affichage urbain, bornes de la Française des Jeux…). Les particuliers peuvent également relayer l’alerte sur Facebook et d’autres applications.

A France Inter et France Info, une fois le message reçu et validé, un journaliste l’enregistre immédiatement, un technicien y ajoute l’indicatif et la diffusion est lancée à raison d’une fois tous les quarts d’heure.

Et pour la 19ème fois, l’enfant a été retrouvé sain et sauf, après que son père s’est rendu aux forces de l’ordre.

Bruno DENAES

Médiateur des antennes

Ecoutez la chronique du Médiateur ce 22 octobre sur France Info