Que dire de l’accident d’autocar ?

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Pour répondre aux nombreuses questions qui ont été posées au médiateur à propos du traitement à l’antenne du dramatique accident d’autocar vendredi à Puisseguin, voici quelques réponses :

  • Oui, France Inter, et à plus forte raison, France Info, ne pouvaient pas ne pas évoquer ce drame d’une manière importante sur leur antenne. Il ne s’agit pas d’un « fait divers » comme un autre, mais d’une information dramatique qui entraine un large développement. Le nombre de victimes est considérable (43 morts), les circonstances de l’accident sont particulières (autocar contre camion sur une petite route, camion dont le chauffeur emmène son jeune enfant pour travailler, etc), les conséquences du choc sont étonnantes (incendie immédiat et violent). De plus, les accidents d’autocar sont rarissimes, d’où de nombreuses questions.
  • Non, un journaliste n’est pas un gendarme, ni un spécialiste des accidents. Ce n’est pas lui qui mène l’enquête. Mais son rôle est d’obtenir sur place des informations en provenance des spécialistes et des enquêteurs. Même des informations hors micro qu’un spécialiste ne voudra peut-être pas dire publiquement, mais que le journaliste pourra rapporter pour éclairer les auditeurs, sans citer son interlocuteur.
  • Non, il n’est pas choquant de diffuser des témoignages peut-être durs à écouter, mais qui apportent des informations ou donnent un peu d’humanité à un drame. Toutefois, il ne s’agit pas de sombrer dans le spectaculaire ou la démagogie.
  • Oui, des hommes politiques ou des associations ont eu des attitudes indignes face à ce drame. Ils ont profité de la situation pour faire passer leurs idées en s’appuyant sur des impressions ou des faits non avérés. C’est de la politique politicienne très mal venue ou du militantisme forcené. Ceci dit, quand un élu est en direct, le journaliste lui pose des questions, mais ne peut lui interdire ses réponses, même si elles se révèlent inexactes après vérification.
  • Oui, au fil de la journée, des moments d’antenne peuvent sembler plus « creux » sur l’événement, notamment sur une chaîne d’information continue comme France Info qui passe nécessairement en « édition spéciale ». Et l’impression de remplissage ou de répétition peut apparaître. Mais le principe d’une chaîne d’information continue est que des auditeurs prennent l’écoute à tout moment pour être informés et n’ont donc pas forcément entendu ce qui a été dit plus tôt.
  • Oui, il est insupportable d’entendre l’annonce de la mort du chauffeur du car, puis un démenti… L’erreur ne vient évidemment pas du journaliste, qui, dans ce cas, ne fait que relayer des informations transmises par une autorité sur place. Toutefois, la source de l’information aurait dû être précisée.

Enfin, je peux comprendre que des auditeurs ne supportent pas le traitement de ce type d’information. Mais, il en va de même pour l’information politique que certains ne supportent pas, ou l’information sportive, etc. Un journaliste ne peut pas s’interdire de traiter un événement important quel qu’il soit. Un auditeur peut, lui, apprécier, ou pas, telle ou telle actualité.

 

Bruno DENAES

Médiateur des antennes