Le français est à nous !, écrit par les linguistes Maria Candea (docteure en linguistique française, maitresse de conférences à l’université Sorbonne Nouvelle) et Laélia Véron (agrégée de lettres modernes, docteure en langue et littératures françaises, maitresse de conférences en linguistique à l’université d’Orléans et diplômée de l’ÉNS de Lyon), sort aujourd’hui en librairie !


Petit aperçu des multiples sujets dont fourmillent leur livre avec cette première question :

 «Qu’est-ce qu’une faute de français ? »

On pense souvent, à tort, que :
Il existerait une seule grammaire française. L’orthographe serait fixe et unique.
Le français (standard) serait une langue claire et logique.
Pour apprendre l’orthographe, il suffirait de se donner un peu de mal. Faire des erreurs d’orthographe, ce serait commettre des fautes de français.
La principale cause des fautes de grammaire serait l’ignorance ou l’absence d’éducation. Les formes correctes seraient plus logiques, plus précises, plus sophistiquées et plus belles que les formes fautives.

Mais souvent, on ne sait pas que :
Le français standard n’a aucune existence empirique, c’est une idéologie qui ne se maintient que parce qu’elle est partagée par un grand nombre de gens. C’est ce qui explique que l’Académie française se permet d’affirmer sur son site que l’interrogation directe exige l’inversion du sujet et du verbe et que « cette règle ne souffre aucune exception » !
http://www.academie-francaise.fr/le-d…. Comme si toute la variété de ressources dont dispose le français pour construire une interrogation directe méritait d’être occultée par l’étiquette « faute »!
Ce qui est considéré comme correct ou incorrect se renégocie sans cesse selon un grand nombre de critères en concurrence ; de nombreuses tournures naguère fautives sont considérées comme correctes aujourd’hui, et vice versa.
L’orthographe française n’est pas toujours fondée sur des critères logiques ou étymologiques. Bien souvent, elle est surtout un outil de distinction sociale.

Derrière chaque faute courante, il y a une histoire. Connaître l’histoire de la langue peut nous donner les clés pour comprendre pourquoi certaines tournures cessent d’être considérées comme fautives et pourquoi au contraire d’autres tournures érigées par la norme n’ont aucune chance de s’imposer dans le langage courant. Ensemble, nous continuons à écrire l’histoire du français.

Découvrez également les vidéos réalisées par la médiation avec Maria Candéa 

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