A propos du 14 juin 2016

Evelyne POMMIER 20/06/2016 8:23 France Inter

Bonjour,

Fidèle auditrice de vos programmes, je viens vous exprimer ma colère et mon inquiétude quant à la dérive, que je qualifierai de pro-gouvernementale, de votre radio, France Inter

Je suis enseignante jurassienne et, mardi 14 juin, j'avais fait le déplacement à Paris afin de manifester mon opposition à la loi travail, imaginée par un gouvernement dit de gauche... et qui fait pire que la droite... (pas seulement sur le sujet de la loi travail, hélas !!)

Militante FSU, voici ce que j'ai vu ce 14 juin : énormément de monde, des travailleurs réunis, pacifistes et déterminés, en lutte pour leurs conditions de travail et leur dignité face à un système qui ne considère aucunement l'humain.

Tout d'abord, n'en déplaise à M Seux, la FSU, composante active de l'inter-syndicale, a toute sa place au sein de la contestation actuelle. Je précise cela, car au cours d'une chronique dont je n'ai pas noté la date (je vous prie de m'en excuser), ce monsieur s'interrogeait sur la pertinence de la présence de la FSU aux journées de grève et manifestations...

Sachez que public-privé ont toujours revendiqué ensemble et ce n'est pas fini !!!!

J'en viens à mardi ou plutôt à mercredi matin (15 juin) et à vos divers journaux :

vous validez les chiffres de la police, vous n'interrogez aucun-e manifestant-e, vous faites un lien entre les dégradations à l'hôpital Necker et l'attentat de lundi soir, en spécifiant que c'est dans cet établissement qu'a été admis l'enfant de trois ans, témoin du tragique assassinat de ses parents..., vous invitez M Valls qui accuse la CGT de complicité avec les casseurs !!! (d'ailleurs se questionne-t-il sur les complicités à mettre en lumière lors des affrontements liés à l'euro de foot ???)

Avez-vous dépêché des journalistes sur place, hier ? Ont-ils vu que l'arrière de la manif n'avait démarré qu'après 4h d'attente ? Ont-ils vu les manifestants des divers syndicats ou non syndiqués réunis dans un même élan de solidarité et fraternité ? Ont-ils vu qu'aucun hélicoptère n'a survolé le cortège (si ce n'est qu'à la fin pour certainement voir de plus près les encagoulés) ? Se sont-ils interrogés sur le fait que de simples manifestant-es (dont je fais partie) doivent montrer patte blanche pour se frayer un passage entre les "nombreux" barrages de CRS et autres, alors que les "casseurs" (qui œuvrent depuis Mars dernier) continuent néanmoins à s'infiltrer ? Et plus généralement, vos éditorialistes s'interrogent-ils sur l'état actuel de notre société qui fabrique des jeunes sans présent et sans avenir ?

C'est cette dernière question qui est au centre de nos préoccupations du moment et en tant qu'enseignante, un des combats de toute une vie professionnelle.

Je vous remercie, par avance, d'avoir pris le temps de me lire et qui sait, peut-être de me répondre.

Cordialement, Evelyne Pommier, 39140 Villevieux

PS : je ne prendrai pas la peine de faire cette même démarche auprès des autres médias dont on connaît depuis longtemps les lignes éditoriales et les diverses allégeances ; je ne parle même pas des "télés" pour lesquelles il n'y a que les images chocs pour survivre !!! Vivent la démocratie et l'émancipation !!!

Votre avis, respectable, est celui d’une militante qui reproche à sa radio d’être « pro-gouvernementale », quand d’autres auditeurs, eux aussi militants, mais pas du même bord, lui reprochent d’être pro-cégétiste. Ce qui montre une fois encore que l’on écoute avec ses propres jugements et que, le plus souvent, on souhaiterait que l’information ne soit pas informative, mais orientée en fonction de ses opinions… Pour en revenir à vos remarques, évidemment que des journalistes étaient sur place. Quant aux chiffres fantaisistes du nombre de manifestants, plusieurs études d’experts indépendants ont montré que les chiffres dits « de la police » étaient les plus proches de la réalité, avec, même, une possible surestimation pour tenir compte de marges d’erreurs. Dans un contexte pénible de clivage social, les journalistes essaient de faire au mieux leur travail d’information, honnêtement et sans parti pris; les jugements de certains auditeurs sont souvent bien injustes. Eux souhaiteraient n’entendre que ce qu’ils ont envie d’entendre, faisant preuve d’une grande intolérance à l’égard de faits ou d’opinions qui ne vont pas dans le sens qu’ils souhaiteraient.

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