Affaire Maëlys

Stéphane CASANOVA 20/02/2018 13:45 France Info

Bonjour,

Auditeur régulier de Franceinfo, je souhaiterais faire part de mon agacement - voire de mon exaspération - quant au traitement médiatique de certaines affaires par les médias en général. Je fais ici référence à l'affaire de la disparition tragique de Maëlys. Encore ce soir, le présentateur du journal de Franceinfo a fait référence au présumé - et vraisemblablement - tueur de cette petite fille en parlant de "l'ancien militaire, Nordahl Lelandais". Ceci est un fait, cette personne a été militaire de 2002 à 2005 et aurait été réformé pour des "problèmes psychologiques". Toutefois, entre la fin de son passage dans l'armée de terre et le meurtre de la petite Maëlys, il s'est passé un certain nombre de choses dans la vie de cette personne... Quel est alors l'intérêt de répéter constamment son court passage dans l'armée ? Quel est l'apport réel de cette information dans le traitement médiatique de cette affaire ? Les journalistes font-ils un rapprochement constant avec les précédents métiers occupés par des suspects dans des affaires sordides ? Bien sûr que non... Le fait d'avoir été militaire doit-il marquer quelqu'un et le suivre à vie ? À entendre les journalistes, cet étalage constant de ce passé professionnel doit induire que cette personne aurait dû être encore plus irréprochable qu'un autre citoyen ?
En tant que membre actuel de la communauté militaire, je ne fais qu'exprimer un ressenti partagé par beaucoup de mes pairs. Engagé dans la défense de notre pays, nous n'apprécions guère être rattachés à une personne qui a vraisemblablement assassiné une petite fille. Aussi, les journalistes pourraient faire davantage attention à leur manière de désigner les personnes afin d'éviter de heurter la sensibilité d'une communauté engagée même si, je vous l'accorde, ce sentiment demeure bien dérisoire comparée à la souffrance vécue par les familles des différentes victimes potentielles de ce tueur. Je rends d'ailleurs hommage au courage de ces familles qui doivent à la fois faire face à des évènements tragiques tout en gérant un déferlement médiatique.

Je peux comprendre votre agacement, mais pensez bien qu’il ne s’agit pas de fustiger une institution. Lelandais aurait été journaliste ou enseignant, on aurait dit « ex-journaliste » ou « ex-enseignant ». Il s’agit simplement d’une précision qui, dans le cadre d’une affaire ou d’une enquête, peut apporter une information.

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