arrêt d’Esprit Public

Margaret Crick 19/06/2017 9:00 Radio France

J'espère n'être que la dernière de milliers (des dizaines, des centaines de milliers!) d'auditeurs à exprimer mon incompréhension devant l'arrêt de l'émission Esprit Public par décision de la station et non de son animateur. Des émissions intelligentes avec des gens d'horizons divers pas toujours d'accord entre eux, qui discutent calmement en prenant (ayant?) le temps d'expliquer l'actualité, au lieu de simplement nous abreuver de titres sans contexte, ne sont pas nombreuses. En voilà une de moins. Cherche-t-on à abêtir le citoyen? Ceci après l'installation de jingles au milieu des émissions, comme si nous étions incapables de se souvenir de quelle émission on écoute, que nous avons choisi quand même, les pubs incessantes pour d'autres émissions, des partenariats (à quand de vraies pubs pour des produits à acheter?). Cherche-t-on à transformer France Culture en France Inter, voire en Europe 1? (signé) une auditrice de longue date, et sans doute trop vieille et ringarde

Comme nous l’avons déjà expliqué plusieurs fois, il ne s’agit pas d’une « suppression arbitraire », puisque, depuis deux ans, Philippe Meyer était en discussion avec la DRH pour un arrêt prévu à la fin de cette saison. Cette discussion étant « privée » (comme pour n’importe quel salarié), nous ne pouvons en faire état. Nous avons déjà également expliqué qu’une émission sera maintenue dans le même esprit. Pourquoi systématiquement refuser le renouvellement d’une émission? Cela se produit en permanence dans tous les médias. Contrairement à ce que vous dites, l’audience, sans être primordiale pour France Culture, est tout de même importante. Il est, par exemple, très satisfaisant et encourageant de constater que les audiences de France Culture progressent. Une radio sans auditeurs ou à l’audience trop faible serait vouée très logiquement à mourir. C’est le rôle de sa direction d’innover, de renouveler pour répondre au mieux aux attentes et aux besoins des auditeurs, en essayant de gagner de nouveaux auditoires. C’est le cas pour France Culture qui attire désormais un public plus jeune.

Enfin, il n’est pas scandaleux de décider des programmes d’une radio sans consulter directement ses auditeurs, si ce n’est au travers d’études menées ponctuellement. Le médiateur se charge évidemment de faire part des remarques des auditeurs qui peuvent être prises en compte. Mais concernant les programmes, chacun réagit différemment; à propos de « L’Esprit public », j’ai reçu quelques centaines de messages de soutien en faveur de l’émission, mais également des messages contestant « des « débats » qui n’en sont pas », « des invités toujours tous d’accord entre eux », « des avis allant toujours dans le même sens », etc. C’est le rôle d’une direction d’antenne de sentir les évolutions à apporter et d’y répondre. Et il sera toujours malheureusement impossible de satisfaire tout le monde.

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