Une auditrice qui « tombe à pic »

10/07/2019 15:52 France Inter

Je me tourne vers vous car, étant un fidèle auditeur de FI et particulièrement du 7-9 avec lequel je me réveille tous les matins, j'ai pour la première fois été surpris par l'intervention d'une auditrice, ce particulièrement car cela fait naître des doutes sur l'impartialité de la chaîne ou sa possible manipulation.
je m'explique : le 19 juin dernier, M. Stanislas Guérini est l'invité du "Grand entretien" de 8h20. Passés les échanges avec vos journalistes, viennent les questions des auditeurs.
C'est le second auditeur et ses questions qui m'ont fait "tiquer" (pour ne pas dire "sauter sur ma chaise"):
"Isabelle" présente son cas comme celui d'une "mère célibataire", avec "36 ans d'activité", "ayant un train de vie", avec encore une charge de famille, récemment au chômage (depuis 6 mois).
Elle pose d'abord la question de savoir si la baisse des allocations chômage va être rétroactive !
Ensuite, elle pose une seconde question "subsidiaire" : après avoir préciser qu'elle avait "58 ans", elle demande si elle va devoir attendre 64 ans pour partir à la retraire.
Ma première réaction est :
Comment cette femme qui parait cultivée (vocabulaire et diction tendent à le dire) et, qui plus est, a "rejoint la République en Marche", peut ne pas déjà avoir les réponses à ces questions ?
La seconde :
Pourquoi posent-elles directement ces questions sur FI alors qu'elle peut demander à son contact à la REM ?
Comment n'a-t-elle pas pu lire que des réponse déjà largement relayées dans la presse sur le sujet ?
J'en arrive vite à la conclusion que l'intérêt est autre ! Servir celui auquel elle pose les questions !
Et de fait, c'est du pain béni pour M.Guérini ! Elle cumule a elle seule nombre de cas d'exception qui sont mis en place et il n'a que des "bonnes nouvelles" pour elle !
D'ailleurs, vous noterez - à la réécoute - que M.Guérini mentionne dans sa réponse "les allocations des cadres" alors que Mme n'a jamais indiqué qu'elle était cadre ! Gageons que dans sa grande sagacité il l'ai deviné, cela m'a mis mal à l'aise.
Depuis, je reste avec cette impression que les questions comme la réponse étaient préparées et j'ai depuis le sentiment - sans tomber dans un complotisme idiot - que les "politiques" utilisent parfaitement et adroitement cette séquence de questions-réponses et donc manipule la presse comme la population.
Comment les journalistes n'ont-ils pas relevé cette coïncidence ? Pourquoi votre journaliste, qui a bien noté au début que Mme était membre de la REM, n'a-t-elle pas tenté de questionner l'auditrice ? Pour le journaliste, si perspicace habituellement et capable de dissiper les écrans de fumée n'a-t-il rien senti ?
Enfin, l'identité des "auditeurs" est-elle vérifiée ? (pour en vérifier l'impartialité tout comme l'on vérifie les conflits d'intérêts d'expert)
En vous remerciant.

Catherine Nayl la directrice de l’information de France Inter vous répond :

Bonjour,

Ce sont les programmateurs des émissions qui sélectionnent les questions des auditeurs en fonction de plusieurs critères, des critères de fond, la pertinence de la question, la complémentarité par rapport aux questions déjà posées par les interviewers, la représentativité de la thématique par rapport aux autres auditeurs et des critères de forme, la qualité de la liaison, la précision de la question.

Ce sont toujours les mêmes programmateurs, ils ont donc acquis une expérience dans la sélection des questions des auditeurs.

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