Aux journalistes

marie coddeville 27/03/2017 14:10 Radio France

Monsieur.
Auditrice de France Inter depuis mon plus jeune age,(j'ai actuellement 52 ans), j'ai éteint mon poste ce midi pour la première fois.Par le passé, j'ai pu être choquée par des façons de présenter certaines informations mais j'ai toujours considéré que j'avais à m'ouvrir sur d'autres idées et que cela me faisait réfléchir.
Mais là, c'est trop. Que vos journalistes ne veulent pas de Monsieur Fillon comme président, cela semble indéniable. Mais qu'ils nous laissent juger par nous même ! Nous leur demandons de nous informer, pas de porter de jugement, qu'ils laissent les hommes politiques s'exprimer. Ils n'ont pas à influencer nos idées. Ils sont outrés de se faire huer lors de meeting, se posent-ils la question de la façon dont ils présentent l'actualité ? Ils regrettent une campagne présidentielle de caniveau, que nous proposent-ils comme commentaire? Ce ne sont pas les hommes politiques qui présente la campagne, ce sont les journalistes qui ne retiennent que ce qu'ils veulent retenir, qui ne posent les questions que sur les points qui semblent les réjouir.
J'ai besoin d'une pause médiatique, n'étant plus en accord avec la virulence de certains de vos journalistes et intervenants ( Pourquoi inviter des consultants des chaînes de télévision qui n'ont qu'une idée en tête : nous convaincre que Monsieur Fillon est un homme pourri). Stop, pitié, prenez nous pour des gens intelligents. Nous avons l'horrible impression que l'on veut nous manipuler. La beauté de la France, c'est sa diversité. Que cette diversité soit respectée. Pourquoi nous blesser à ce point ?
Trop, c'est trop. Et n'allez pas dire que c'est la faute des hommes politiques, nous avons besoin d'une vraie information, pas des "débats" qui ne sont que à charge. Comment voulez vous participer à une société tolérante si vous même vous vous comportez de la sorte ?
Désolée si mes propos sont durs, il est vrai que j'écris sur la colère. Je considère que France Inter fait partie de ma vie et quand on aime bien, on peut parfois se permettre de réagir et de ne pas tout accepter
Recevez, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
Marie Coddeville

Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire en réponse à d’autres messages, je suis toujours étonné que vous vous en preniez au « messager » et non au « responsable ». C’est très bizarre d’inverser les responsabilités. Qui est fautif? Les journalistes qui font leur travail d’information, d’enquête, de révélations ou les personnes qui fraudent et détournent l’argent public, qui mentent, qui profitent de cadeaux « désintéressés », etc. Nous n’avons pas inventé les révélations sur les pratiques de François Fillon, de Marine Le Pen, de Jérôme Cahuzac, de Bruno Leroux, etc, etc. Le principal est la justesse des informations et, surtout, que cela occasionne une prise de conscience pour que le domaine politique – important dans une démocratie – retrouve la confiance des citoyens en adoptant des pratiques honnêtes, transparentes et respectables…

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