Chronique du 14 novembre de Charline Vanhoenacker

François Heilbronn 15/11/2016 8:36 France Inter

Monsieur le Médiateur,

CHARLINE VANHOENACKER a déclaré dans son billet d’humour du 14 novembre sur France Inter à propos de l’élection de Donald Trump :

« Les enfants de Trump doivent reprendre l’entreprise avec le conflit d’intérêt (construire aux USA) ils pourront vendre des gratte-ciels au gouvernement israélien. Des immeubles luxueux à construire dans les territoires occupés, que le Président américain les aidera à occuper et leur envoyer des Mexicains pour nettoyer les chiottes ».

Décryptons ces propos : Les enfants juifs américains (sa fille s’est convertie au judaïsme) d’un Président américain élu vont gagner de l’argent en construisant des « Gratte ciels » en Cisjordanie grâce à l’appui de leur père, tout en utilisant de la main d’œuvre immigrée dans des tâches honteuses.

Donc, si je comprends bien, grâce au pouvoir du père et en appui de ses convictions religieuses la fille de Trump va gagner de l’argent sur le dos des « pauvres » Palestiniens et Mexicains.

Je voudrais savoir ce que dans ce billet, qui se veut de l’humour, viennent faire Israël, la Cisjordanie, l’immobilier, et la religion de la fille de Trump.

Tous les poncifs antisémites y sont, comme avec Jean-Frédéric Poisson, qui lui voyait Wall Street et le Lobby sioniste derrière Clinton.

Et que répond Patrick Cohen à cette logorrhée d’une autre époque : « Ah, bonne idée !! »

Jean-Frédéric Poisson, lui s’est excusé de ses propos. France Inter va-t-il se désolidariser de propos qui même camouflés sous la satyre et l'humour propagent les caricatures antisémites les plus éculées.

Dieudonné ne renierait pas un tel passage.

Voici le lien

https://www.franceinter.fr/emissions/le-billet-de-charline-vanhoenacker/le-billet-de-charline-vanhoenacker-14-novembre-2016

Veuillez accepter, Monsieur le Médiateur, l'expression des sentiments désabusés d'un auditeur régulier de France Inter.

François Heilbronn
Professeur associé à Sciences Po

Patrick Cohen vous répond :

Cher Monsieur,

Comme je vous connais (nous avons eu l’occasion déjà de nous croiser) et que je vous estime, je suis sincèrement navré d’apprendre à quel point le billet de ce matin vous a choqué.

Charline Vanhoenacker m’assure qu’elle s’est inspirée d’un long papier du Soir de Bruxelles ce week-end, qui montrait les accointances de Trump avec la droite israélienne et imaginait les conséquences géopolitiques de son élection.

Elle ignorait totalement (tout comme moi) que sa fille était juive. Et si elle l’avait su, elle aurait évité ce passage pour éviter toute interprétation tendancieuse. Elle m’assure enfin (et je lui fais toute confiance, pour travailler quotidiennement avec elle) qu’elle est dépourvue de vision militante sur ce dossier.

Quant à ma réaction, n’y voyez qu’une façon réflexe de lui donner la réplique; la perspective me paraissait tellement farfelue que j’ai lancé par dérision : quelle bonne idée !

Bref, je comprends votre trouble, mais ayez l’amabilité de ne pas nous amalgamer à Dieudonné, nous sommes dans un autre monde !

En espérant vous avoir convaincu de notre bonne foi,

Bien cordialement,

Patrick Cohen.

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