Chronique totalement éronnée de Madame Fontrel du 02/03/2017 sur les moulins

Philippe BARAN 06/03/2017 17:00 Radio France

Ce jeudi matin Madame Fontrel a présenté une chronique sur la continuité écologique et les moulins totalement indigne d'un vrai travail journalistique. Il s'agit ni plus ni moins d'un réquisitoire à charge rédigé surement en grand partie par les associations qui défendent ces biens privés! Un vrai travail journalistique sur ce sujet aurait réclamé d'analyser l'ensemble des documents et points de vue sur le sujet. Déclaré qu'une directive européenne réclame de détruire les 80 000 obstacles des cours d'eau en France pour laisser circuler les poissons est totalement faux. La seule chose que dit la directive européenne sur l'eau car c'est d'elle qu'il s'agit c'est que les rivières doivent atteindre le bon état des eaux qui doit se traduire par la présence de certaines espèces de poissons et d'insectes dans les eaux. Et la directive indique que pour atteindre cette objectif il faut à la fois se pencher sur la qualité des eaux mais aussi la morphologie des rivières et la continuité écologique qui correspond à la libre circulation des espèces aquatiques et des sédiments des rivières. La loi sur l'eau a repris cet objectif en créant des obligations d'aménagement des seuils et barrages sur certaines parties de cours d'eau pour faciliter la continuité écologique. Dans le cadre de la mise en oeuvre de cette réglementation, des études sont conduites sur chaque site qui cherchent à savoir quelles seraient les bonnes solutions. Parmi ces solutions, il y a la construction de passes à poissons ou l'effacement de l'ouvrage si d'aventure celui-ci n'a pas d'usages et que le propriétaire est d'accord. Jusqu'à présent, jamais un bulldozer n'est entré dans une propriété pour détruire un seuil de moulin!!
Dire ensuite que l'impact écologique des moulins est nul sur la base d'un exemple la Juine dans l'Essonne est totalement malhonnête et en plus faux. Mme Fontrel aurait pu aller consulter le site de l'Agence Française de la Biodiversité (ex Onema http://www.image.eaufrance.fr/poisson/cours/Resultats/) sur l'Ile-de-France. Les pêche électriques réalisées à Etampes fait état de 22 espèces de poissons dans la rivière en enlevant celle déversée par les pêcheurs!! Il aurait fallu que Mme Fontrel consulte de nombreux documents qui lui auraient montré que l'impact des moulins est loin d'être négligeable. Des travaux récents de chercheurs Néerlandais (http://www.nature.com/articles/srep29269) montrent que le déclin des saumons est bien concomitant au développement des moulins à eau même si au XXème siècle d'autres dégradations sont intervenues pour souvent entraînées la disparition de l'espèce. il serait possible de citer de nombreuses situations où la présence des moulins altèrent les habitats des espèces de poissons et d'insectes et participent fortement au réchauffement des eaux. Bien sûr, si Mme Fontrel avait fait ce travail, elle aurait pu conclure que les moulins sont loin d'être les seuls responsables de la dégradation des rivières. Elle aurait aussi pu s'interroger sur les millions d'euros que les contribuables ont déjà payé depuis plus de 50 ans pour reconstruire et aménager nombre de ces seuils de moulin pourtant privé. Car effet, si chaque citoyen est en droit de s'interroger sur le bon usage de l'argent public en regard des enjeux sociétaux, environnementaux et économiques et donc à ce titre, l'argent public investit pour la continuité écologique est-il totalement justifié partout, il aurait donc été très pertinent de s'interroger aussi sur l'intérêt qu'a eu et aura la collectivité à reconstruire ces ouvrages privés lorsqu'ils se dégraderont (ce qui ne manquera pas d'arriver). Voilà ce qu'aurait dû être un vrai travail journalistique allant recueillir l'ensemble des informations et des points de vue et essayant ensuite en 1 min 30 d'informer les citoyens sur les enjeux de ce sujet, ceci en toute objectivité. D'ailleurs, Mme Fontrel aurait aussi pu interroger son confrère Denis Chessoux qui il n'y a pas si longtemps faisait un CO2 mon amour au bord du Vicoin en Mayenne où des seuils de moulin venait d'être effacés et où l'élu local faisait apprécier les atouts de ce retour à un fonctionnement plus naturel des rivières!
J'aurais apprécié d'adresser directement ce message à Mme Fontrel, mais sauf erreur de ma part, on ne peut contacter les journalistes de France Inter qu'en 120 caractères sur Twitter ce qui reconnaissons-le est encore 100 caractères de trop pour exprimer un idée et un point de vue
Merci pour l'éventuelle prise en compte de ce message en espérant qu'il puisse sur des sujets d'une toute autre gravité construire une approche journalistique qui cherche à informer et pas à relater les conversations de comptoirs.

Voici la réponse de Nathalie Fontrel :

Merci pour ce message. j’ai parlé de la Juine ce matin là pas parce que je suis harcelée par les proprîétaires de moulin mais parce qu’elle coule au pied de mon terrain. je l’ai arpentée depuis que je sais marcher. je connais tous les moulins. mon grand père était pêcheur il en sortait des brochets des truites des gardons . les moulins étaient là et le poisson aussi.

ILs n’y sont plus. c’est le vide. Et ce n’est pas à cause des moulins. C’est à cause des rejets d’eaux usées et des phyto.

Le mouin en question en bas de chez moi est habité. Je ne connais même pas les prorpiétaires. mais je connais la Juine. je m’y trempe encore (chut ! c’est interdit).

Quand je vois le massacre au faucardage je suis effondrée. j’en ai vu d’autre sur d’autre cours d’eau. Mais à quoi bon préserver les frayères puisqu’il n’y a plus de poisson.

 

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