Une collusion objective avec M Denis Mac Shane ?

Philippe LE CLERRE 28/03/2017 8:28 France Culture

Bonjour. J’apprécie votre émission que j’écoute depuis quelques mois : invités souvent bien choisis, positionnement pertinent de votre part, mais peu à peu, je deviens plus critique. Par exemple, ce samedi 25 mars, j’ai trouvé un peu gros d’entendre Denis Mac Shane, ministre de M. Blair entre 2002 et 2005, traiter de monstre un homme qui a tué trois personnes et blessé quarante autres alors qu’il a été complice, solidaire du gouvernement britannique et donc coresponsable de la destruction de l’Irak avec des milliers de morts, un tissu social ravagé, le fonctionnement d’un Etat presque réduit à néant et toutes les calamités que nous avons constatées depuis. Je n’ai aucun souvenir de son désaccord alors que je me souviens de la très nette désolidarisation de sa collègue Clare Short qui avait ébranlé le crapuleux appui de M. Blair à l’entreprise de destruction de George Bush et son équipe. Cette destruction de l’Irak est, comme nous le savons tous, à l’origine de ce DAESH qu’il prétend combattre !
Vous avez compris que je ne justifie ou n’excuse en aucune manière les actes hideux comme ceux de Londres ces jours-ci ou du Bataclan en 2015, mais je m’interroge sur votre rôle de journaliste devant l’hypocrisie cynique de cet ancien ministre par ailleurs peu recommandable si j’en juge par sa biographie. N’était-ce pas votre rôle de le lui rappeler ? Ne fallait-il pas le faire, au-delà de la question morale, pour mettre en perspective ses propos faciles et son comportement en 2003 ? Quel crédit peut-on accorder à une personne dont les opinions sont aussi peu crédibles ? N’y a-t-il pas collusion dans ce cas entre la journaliste que vous êtes et un politicien qui compte sur l’oubli ou l’ignorance des détails de cette énorme crime que fut l’opération de 2003 ? Nombre de journalistes étrangers trouvent nos journalistes bien peu indépendants des politiques et à l’évidence, cela est justifié.

Salutations que j’aimerais cordiales,

Philippe Le Clerre