Commodité

Paul Radetsky 31/08/2016 16:38 France Culture

Monsieur,

Comme tous les jours, j'ai écouté la matinale de France Culture, mais hier, j'ai brutalement mis fin à cette écoute en "tournant le bouton". Au cours du journal de 8 heures, dans un papier au sujet de l'audition de Dilma Rousseff devant le parlement brésilien, j'ai entendu la correspondante Anne Vigna nous déclarer, à 8 h 11, que "le Brésil, comme l'ensemble des pays BRICS, connaît depuis deux ans un ralentissement de la croissance, dû entre autres à la chute des prix des commodities" (sic). Des commodities donc... Bien que diplômé d'une école de journalisme et qui plus est, nanti d'une maîtrise d'anglais et d'une expérience de 10 ans en pays anglophones, je n'ai pas bien saisi ce qu'était ces commodities dans ce contexte, je me suis donc fait un devoir d'essayer de comprendre, et Wikipedia m'a appris que "Le New York Commodities Exchange (COMEX) est une bourse spécialisée dans l'énergie et les métaux précieux".
Pouvez-vous me dire dès lors, pourquoi les personnes qui interviennent sur l'antenne, dont le nom contient les mots "France" et "culture", ne peuvent pas faire l'effort de s'exprimer dans une langue qui deviendrait soudain compréhensible... Et le raisonnement et le constat sont les mêmes pour toutes les antennes du groupe. Je me mets souvent à la place de personnes plus âgées, n'ayant pas fait d'études, coupées de ce sabir "branché" qu'est le franglais pour me demander ce qu'ils peuvent comprendre (et retenir) de telles "informations". Ne pourrait-on pas demander à vos salariés (à défaut de pouvoir décemment corriger les invités) de s'exprimer au moins dans une langue compréhensible, il me semble que cela faisait pourtant l'objet des recommandations lors des cours à l'ESJ.
Je sais que le problème n'est pas nouveau, et que vous êtes souvent saisi à ce propos (la preuve est qu'il existe même une rubrique dans ce formulaire !), mais honnêtement, je n'entends aucun changement. Aussi, hier, je me suis levé et j'ai éteint la radio ! Il se pourrait que ce réflexe devienne une habitude du matin, car j'ai apprécié ne plus entendre de telles inepties qui sans aucun doute, relèvent, de la "commodité" et d'une certaine paresse de la part de vos employés. Le respect des auditeurs, surtout sur une radio publique, passe par une langue irréprochable, ou en tout cas compréhensible de tous.

Cordialement, Paul R.

Merci de votre remarque totalement justifiée. Je vais rappeler à toutes les rédactions qu’un journaliste doit être compris de tous. Moi-même, je n’ai pas compris cette expression. En fait, la journaliste a voulu parler du prix des matières premières. C’est tout de même plus simple dit ainsi.

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