Défilés de sacs d’os

Bénédicte BICHON 26/01/2017 15:31 France Inter

Bonjour,
je suis une auditrice de FI depuis des années. Ce matin, dans le journal de 7h30, Hélène Roussel m'a particulièrement choquée. Dans le sujet sur la maigreur des mannequins dans les défilés haute-couture, elle a dit : "Défilés de sacs d'os, que ce soit en Dior ou en Chanel,(...). Les mannequins défilent (...), les cuisses épaisses comme des bras (...)".
Je suis scandalisée par la violence de ce propos. Sait-elle que ce genre de dérapage verbal sera repris sur le lieu de travail et dans les établissements scolaires pour désigner, non pas des mannequins, mais toute personne plus mince que "la norme" ?
On a déjà eu droit au terme "anorexique" employé à tord et à travers dans les médias, maintenant voilà les insultes.
Parle-t-on de "gros tas" dans les sujets sur la pose d'anneau gastrique ou dans ceux sur les régimes ?
J'attends une information, des faits, pas l'avis de Hélène Roussel et encore moins des insultes.
Je souhaite une réponse également écrite sur le choix de ses termes.
Bien à vous.

Hélène Roussel vous répond :

Chère madame,

Je voulais vous répondre car mon expression « sac d’os » ce matin-là était, j’en conviens, maladroite et certainement des plus familières.

Pour ne rien vous cacher des coulisses: j’ai eu un doute en l’écrivant, cette nuit-là, et je suis donc allée demander à l’un de mes rédacteurs en chef ce qu’il en pensait: il trouvait cela plutôt approprié.

Mais j’entends votre message et je le comprends. En aucun cas, je n’ai voulu insulter les mannequins, la cible et dans mon lancement et dans le sujet de ma collègue était bien sûr l’industrie de la mode qui ne respecte pas la loi et qui ne se soucie guère de la santé de ses top model.

Rien à voir avec les maladies comme l’anorexie ou l’obésité bien entendu.

( même si on peut établir un lien de responsabilité parfois entre ces podiums et certaines ados qui font la course à la maigreur)

J’aurais sans doute dû trouver une formule moins imagée mais plus appropriée comme  » la dictature de la maigreur », qu’en pensez-vous?

Le diktat de la maigreur/beauté n’est pas le fait de ces femmes et mon propos ne se voulait certainement pas blessant, ni pour elles, ni pour aucune femme mince ou très mince, malade ou pas.

Je suis d’habitude vigileante sur le choix des mots, je compte bien le rester.

Excusez ma maladresse et peut-être aussi la fatigue ce jour-là et merci de votre fidélité,

 

Cordialement,

Helene Roussel

Partager sur...