et le secret medical, alors….

VANESSA FLAMBARD 16/01/2016 17:14 France Inter

Monsieur,

En temps que médecins, nous tenons à vous faire part de notre indignation au sujet du traitement  de l'information  concernant l'accident des 2 Alpes par votre radio: En effet, les antécédents psychiatriques du professeur ont été largement dévoilés, établissant de fait une relation de cause à effet, relation qui sera peut être totalement infirmée au terme de l'instruction. Le mal,cependant, aura été fait définitivement. Vous seriez vous permis d'annoncer sur les ondes une éventuelle séropositivité, un diabète ou un cancer.

Les pathologies psychiatriques ne  sont peut être pas des pathologies comme les autres dans l'esprit commun mais nombre d'entre elles sont traitées, stabilisées, guéries et doivent être considérées avec la même déférence que les autres pathologies. Lorsque l'on sort d'un hopital psychiatrique on sort d'un etablissement de soin et non d'un centre penitentiaire.

Nous regrettons d'autant plus votre attitude que nous sommes l'un et l'autre de fidèles auditeurs de France Inter et de France Info.

Il est temps au XXIème siècle que les tabous, les idées reçues et la méconnaissance des pathologies psychiatriques cessent. Nombre d'entre nous ont eu, ont ou auront besoin de soins psychiatriques, tout en restant aptes à l'exercice de leur métier et parfaitement responsables.

Docteur Vanessa FLAMBARD,Docteur Philippe NOUVELLON, médecins généralistes à VAL DE REUIL, EURE

Votre remarque pose une question importante, que nous avons transmise aux rédactions, mais pour laquelle, très honnêtement, je n’arrive pas à avoir une position tranchée. En tant que médiateur, garant de l’éthique, je reconnais que j’ai été troublé par le fait que l’on révèle un antécédent psychiatrique, présenté comme une dépression. D’abord, il s’agit en effet d’un élèment de la vie privée et du secret médical; de l’autre, une dépression n’est pas en soi un acte de folie "criminelle". D’un autre côté, en tant que journaliste, je me dis que cette information a été transmise par les enquêteurs et qu’elle a donc peut-être un rapport possible avec l’attitude de cet enseignant qui a délibérément ignoré un danger évident. Peut-être un début d’explication… Je reconnais aussi que, dans certaines affaires, des pistes avancées par les enquêteurs se sont finalement révélées fausses. Et pour l’instant, l’enseignant n’est pas jugé. Comme toujours, la complexité de bien informer avec des limites pas toujours faciles à cerner…

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