expression de l’homophobie ordinaire

Olivier BENOIT 23/11/2016 15:32 France Inter

Mercredi 23/11/2016, journal de 7h00, reportage sur le ralliement de certains électeurs de la Sarthe à F. Fillon. Une habitante, présentée comme d'extrême gauche mais avec de solides valeurs catholiques, déclare être prête à voter pour Fillon, notamment parce qu'elle le rejoint dans sa vision traditionnelle de la famille. Et elle lâche (je reprends ses propos de mémoire, il conviendrait de revenir à la source) "je n'ai rien contre les homosexuels, ils ont droit de s'aimer... mais de là à se marier. J'aime mon chien et mon camembert, ce n'est pas pour ça que je dois avoir le droit de me marier avec !". Et le reportage continue, puis les autres... Une phrase apparemment anodine, porteuse d'une homophobie "ordinaire" d'une violence inouïe, est ainsi prononcée sans qu'à aucun moment un journaliste ne rappelle que ce type de propos n'engage que celle qui les prononce et surtout relèvent d'une expression homophobe, légalement condamnable. Loin de moi un quelconque appel à la censure journalistique mais sans doute conviendrait-il de rappeler, si ce n'est le cadre de la Loi, du moins les règles du dicible, et marquer la frontière avec l'indigne, l'ignoble, le repréhensible... Sur d'autres sujets, ayant trait à d'autres communautés/minorités, les journalistes peuvent aujourd'hui faire preuve d'une plus grande prudence salutaire dans la diffusion de paroles et peut-être appliquer d'eux-mêmes une censure : on n'entendra ou ne diffusera plus sur les ondes de propos ignobles, antisémites et racistes, sur "les juifs au nez crochu", "les noirs qui sentent mauvais"... (je préfère ne pas énumérer ici une liste nauséabonde de propos sans doute encore tenus et entendus dans la population mais dont l'indignité est telle qu'ils ne sont plus entendables sur les ondes). En revanche, l'homophobie abjecte y trouve encore sa place, sans aucun filtre journalistique et critique. C'est regrettable. Le combat contre l'homophobie doit donc continuer.
Merci pour votre réponse,
Cordialement
Olivier BENOIT

Je partage votre avis selon lequel la lutte contre l’homophobie doit être permanente et que la vigilance s’impose. Toutefois, il est aussi intéressant de connaître les idées préconçues, les arguments stupides (comme dans les déclarations de la personne interviewée) ou les a priori liés à une méconnaissance pour 1- ne pas ignorer les attitudes homophobes, 2- ne pas imaginer que nous vivons dans un monde de tolérance, 3- montrer l’indigence de certains avis…

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