Exprimer ma gratitude aux équipes de Radio France et spécifiquement aux équipes de France Inter

Amaury Lefèvre 06/10/2016 12:21 France Inter

Bonjour,
On ne remercie jamais assez, et c'est à mon tour. D’abord merci à vous tous qui lirez ou pas ce message, parce que sans vous rien ne serait possible : à vous qui travaillez pour cette maison, vous qui contribuez dans votre vie professionnelle à cette mécanique efficace et pleine de personnalité. J’ai une gratitude immense lorsque je pense à la chance que j’ai d’être un citoyen qui a accès à une information indépendante et de qualité juste en branchant une radio, et c’est là le travail que vous accomplissez au service de ce que je considère être un bel l’idéal de l’intérêt général. Je pense qu’il faut savoir donner son avis lorsqu’on aime pour qu’il soit légitime lorsqu’on n’aime pas, et je ne trouve pas que vous liker sur des réseaux sociaux puisse expliquer pourquoi j’aime et pourquoi j’ai aimé. Ma gratitude ne pourrait pas non plus tenir un tweet. Alors voilà, je vous apprécie hautement et je tenais à vous expliquer un peu pourquoi. J’ai trouvé que tout ce que vous m’avez apporté depuis au moins 10 ans valait bien quelque temps passé à écrire ce message pour l’exprimer, ma gratitude.
Je voulais remercier le service public radiophonique, et particulièrement les équipes de France Inter : pourriez-vous aussi leur transmettre mon message s’il vous plait ?

D’abord à toutes les rédactions, tout au long de la journée et de la nuit. Je vous ai écouté à toute heure, j’aime vos voix et votre style, merci pour votre travail immense et quotidien.

Aux animateurs du 5/9, dont j’apprécie la figure symbolique et les voix tout autant que j’ai un respect immense pour toutes ces équipes qui travaillent pendant mon sommeil pour une information et un traitement de qualité en guise de petit déjeuner. Je vous suis fidèle depuis de nombreuses années, j’aime votre bienveillante, honnête et quelque peu critique bien-pensance. Une alchimie ni légère ni indigeste, laissant le cerveau de l’auditeur se faire une opinion sans rendre inaccessible les conclusions sur les faits. Je perçois souvent une forme de justice dans le traitement que vous faîtes de vos invités : essayant de tirer le meilleur plutôt que d’insister sur le pire, déjouant la plupart de leurs tentatives de s’éloigner d’un dialogue constructif. Vous avez le sens du respect humain et, même si on pourrait toujours discuter certains traitements, c’est précieux de bon matin et encore trop rare dans la vie : une bonne façon de commencer la journée. Si vous êtes des bien-pensants, alors je peux dire que j’aime ça et que je veux aussi en être.

Aux équipes des tranches de 9h à 11h : j’ai toujours trouvé qu’une vraie indépendance consistait aussi à parler de l’actualité des médias, que ça soit hier ou aujourd’hui la pertinence et l’esprit est globalement resté le même et c’est très très précieux. Merci à vous. Pour les équipes de l’émission de 10h, qui elle a changé ces dernières années : j’apprécie beaucoup l’émission actuelle, qui reste à ma portée philosophique sans être rébarbative.

A l’équipe de Carnet de Campagne : j’ai longtemps baissé le son au moment de votre émission, mais je dois reconnaître que vous faîtes un travail formidable de revue des « humains associés » de nos territoires : quand j’oublie de baisser le son je me rappelle que je ne devrais jamais croire à cette petite voix qui me dit parfois qu’il n’y pas de raison d’espérer mieux pour l’avenir de notre pays. Et forcément, quand je connais les endroits, je suis très content que tout cela existe. Mes choix d’écoute sont parfois un peu cruels mais je suis bien content que vous soyez à l’antenne, pour votre persévérance et vos démonstrations que la France n’est pas qu’une société individualiste qui donne la prime à la corruption.

A l’équipe du Jeu des Milles Euros : j’ai beaucoup appris et j’ai gagné pas mal de banco, mais seulement virtuellement. A l’époque où certains d’entre vous n’étaient pas encore là, vous étiez venus dans ma commune et c’est un beau souvenir : c’était un peu l’événement et les gens étaient contents, de bonne humeur. Forcément, ce jour-là j’avais la réponse aux sélections mais j’étais un peu jeune pour participer, même au spécial jeune. Cela m’a toutefois appris comment était fabriquée une émission, l’énergie que ça pouvait demander à une équipe motivée et rodée, la science de ceux qui savent tirer le meilleur des humains pas formés à la communication pour la mettre en boite. Merci pour la fenêtre sur la culture générale, merci pour cet aléatoire de petits apprentissages qui sont si importants pour changer un petit peu nos quotidiens, merci pour votre bonne humeur.

Aux équipes successives des journaux, aux voix qui passent et qu’on apprend facilement à aimer et qu’on prend plaisir à entendre à d’autres moments de la journée ou de la semaine : je me souviens avoir vu un bref reportage sur le travail de la rédaction, c’était passionnant. Ça m’apporte une preuve supplémentaire pour dire que si je trouve cette station humaine, c’est parce que des humains mettent le meilleur d’eux-mêmes, qu’ils ont préalablement éprouvé auprès de leurs collègues. J’aime manger avec vous, merci !

Aux équipes de la Marche de l’Histoire, à celles de 2000 ans d’histoire : je dois dire que j’ai préféré le format de l’émission dans le passé, mais c’est uniquement parce que j’ai un petit problème avec les choses trop structurées autour d’un présentateur. Lorsque j’accepte de me laisser entrainer, j’entends toutefois des points de vue originaux qui éclairent l’histoire d’une lumière qui nous amène à raisonner différemment sur certains sujets. Je trouve ça super que l’on puisse avoir tous les jours de la semaine une fenêtre sur l’histoire, je ne connais pas bien les autres stations mais j’ai le sentiment que c’est rare. J’ai une petite idée du travail que tout cela doit représenter, je ne pouvais manquer de vous remercier.

Aux équipes de la Tête au Carré : alors vous, vous ! Vous parlez d’un monde que je connais, et je trouve que vous en parlez très bien. La pédagogie alliée à l’enthousiasme sont les deux ingrédients essentiels, à mon avis, d’une transmission de la passion pour la science. J’aime votre façon de faire, autant que j’aime que vous me fassiez découvrir des aspects de la science que je ne connais pas. Je vous suis reconnaissant à tous, et je dois dire que j’apprécie la personnalité des voix que j’entends : vous participez et vous êtes les figures de proues de la promotion du savoir scientifique, mais vous n’adhérez fondamentalement à aucun dogmatisme sur aucune question. Cette indépendance et cette ouverture d’esprit sont exemplairement mises au service d’une veille scientifique de haut niveau mais accessible : rien que pour vous, j’aime payer ma redevance ; merci !

Aux équipes de la tranche 15/17 : généralement, c’est le moment de la journée où je n’écoute pas la radio. Ca n’empêche que je peux dire à quel point j’ai été inspiré quelque fois par les émissions de l’équipe de Là bas si j’y suis, et puis par la musique souvent classique qui me dérange parfois mais qui me plait parfois. Merci aussi à Hervé Pochon, qui est sa propre équipe sur le terrain, qui sait trouver des petites choses qui font profondément réfléchir : une belle réussite à l’heure où ce qui est court est trop souvent insignifiant. Merci à vous aussi au nom de ceux qui apprécient cette tranche plus que moi et que vous attirez sur cette onde riche et diversifiée dont vous êtes des facettes.

Aux humoristes de la station à qui l'esprit de ce paragraphe correspond tout autant, plus particulièrement aux équipes de Si tu écoutes… Déjà ça ne pourrait pas mieux commencer : un bonjour, un salut les copains, ça me touche à chaque fois parce que c’est fait avec le cœur et avec de l’esprit. J’aurais tellement de choses que j’apprécie à vous dire que ça n’aurait plus de sens, alors je vais à l’essentiel. Je me tords régulièrement de rire lorsque j’ai l’opportunité de ne plus travailler à 17h, et je ne saurais imaginer que je sois le seul. J’aime parce que c’est une histoire d’équipe, d’une bande de copains de cour d’école qui se moquent ensemble à la récré du souffre-douleur « monde de merde », mais qui savent aussi utiliser cette moquerie pour faire ressortir des phénomènes de notre époque. C’est formidable parce que à la fois c’est bienveillant et à la fois, quand même : on ne voudrait pas être une personnalité prise pour cible de votre humour. Vous êtes ceux qui maltraitent intelligemment la rigidité du monde sans donner la haine aux gens et c’est à mon avis hautement vertueux pour la société. Un exemple là où trop souvent, on se moque juste pour se moquer. Bref, je ne peux pas tout annuler pour vous écouter tous les jours, mais si un jour je prends un abonnement internet illimité sur mon téléphone ça sera en grande partie pour pouvoir vous écouter sur mon vélo en rentrant du travail. C’est peut-être un peu bizarre de vous dire ça à vous : je tenais à vous remercier pour votre sérieux.

Aux équipes de cette émission de 18h, qui a changé de nom bien souvent mais dont l’esprit reste à chaque fois un peu le même ; aux équipes du Téléphone Sonne. J’aime l’idée qu’à partir d’une certaine heure, on tire les leçons de l’actualité du jour. Se focaliser sur un sujet, essayer d’obtenir un maximum d’information d’une façon structurée : c’est un exercice difficile parce que tellement de choix de traitements doivent être possibles ! Mon opinion est que vous faîtes des choix pertinents et diversifiés, merci pour les moyens que vous vous donnez toute la semaine. J’aime que vous invitiez parfois des scientifiques compétents plutôt que des experts médiatiques, je trouve très enrichissant en général les échanges qu’on peut y entendre, et au Téléphone Sonne j’aime l’idée que ce soit les questions des auditeurs qui orientent les discussions. J’imagine qu’au standard, des fourmis s’appliquent et que le dynamisme de cette émission leur doit beaucoup : merci à elles aussi!

Aux équipes des émissions de la tranche 20h/22h : un peu de poésie pour ceux qui ne regardent pas les jités ; puis de la culture comme si on sortait en restant chez soi. Je ne peux pas dire que je vous écoute souvent après 20h10, mais je vous connais et pas plus tard que la semaine dernière j’ai entendu des choses très intéressantes qui m’ont fait réfléchir : j’aime ça autant que j’aime ma liberté de pouvoir écouter ou non. J’ai aimé le générique de l’émission de 20h et j’aime le nouveau tout autant, quand j’ai l’âme tranquille à cette heure-là j’arrive à me prendre au jeu poétique, ça me fait comme si j’avais lu un bel article ou une belle nouvelle. Merci pour votre application à changer le rythme de la journée, de nous accompagner dans la transition depuis l’abrutissement du monde jusqu’au calme de la soirée, parfois propice à la réflexion.
Aux équipes des émissions du week end, merci pour faire ressembler les programmes à nos week end. Un peu de science, un peu de gourmandises, un peu de jardinage, le tout avec un ton positif et souvent pertinent au regard des bruissements du monde. Merci à vous, merci à ceux qui sacrifient leurs week ends comme d’autres sacrifient leur nuit.

A la direction, je prends mon honnêteté avec des pincettes de sympathie: j’ai parfois eu l’impression, au cours des dernières années, que l’identité de la station marchait sur un fil de funambule. Mais je dois reconnaître en toute honnêteté que malgré deux ou trois choses pour lesquelles je vous en ai voulu un temps, j’ai toujours continué à écouter parce que finalement… qui fait mieux que vous ?! Je n’ai pas de vraies raisons de vous en vouloir, au contraire. Donc je tenais à vous remercier, parce que derrière mes petits sentiments d’auditeur je sais qu’existent des problèmes financiers, relationnels et communicationnels dont je n’ai que faire mais qui contraignent vos quotidiens. C’est facile à dire, tout seul derrière ma radio, je serais toujours solidaire de ceux qui veulent plus d’indépendance, plus de liberté, de meilleures relations etc., de ceux dont j’aime la bien-pensance. Je ne saurais faire autre chose que de soutenir tout seul derrière mon poste une grève qui a pour conséquence de mettre de la musique dans nos quotidiens. Parce qu’à la fin, aujourd’hui, grâce à toute ces complexes interactions quotidiennes entre vous tous, le résultat est là, je l’entends et j’écris pour dire à quel point j’en suis satisfait. J’espère que tout ça restera dans le même esprit pendant très longtemps.

Si je devais terminer mes remerciements par un avis personnel, j’aimerais dire une chose que je regrette. Il y avait cette émission en direct qui a littéralement bercé mes rêves à 23h, Allo la planète si mes souvenirs sont bons. Le pouvoir de cette émission, c’était de nous faire prendre conscience à quel point on était tous pareil, au milieu des français au seul à l’étranger. Comment vous dire, vous savez ce sentiment de solitude humaine ou de lassitude sociale qu’on peut parfois ressentir au milieu d’une ville pleine d’anonymes, anonymes qui ne prennent pas toujours le temps d’essayer de vivre en harmonie; et bien elle était d’une certaine façon effacée par cette solidarité et cette fraternité entre des gens qui se tuyautent, qui s’aident, qui se racontent leurs surprises. Ils sont peut-être loin les uns des autres ou peut-être pas, mais ils sont la preuve que la foule d’anonyme est souvent bienveillante. Et on ne peut pas dire toujours que c’est l’actualité qui nous le rappelle. Je dois dire que c’était aussi là un formidable vecteur de tout ce que vous êtes : une fenêtre française ouverte sur le monde, qui se fait raconter le monde par des français de par le monde. Bref, j’aimais bien et je trouvais que c’était là une belle opportunité de dire et faire des choses dont on ne parle pas souvent.

Vous n’avez pas l’aura de stars de la télévision et, c’est en partie parce que vous ne brouillez pas les pistes de mon esprit que vous êtes encore plus brillant à mon coeur. Je fais partie de ceux qui ne le disent pas forcément, mais qui savent apprécier tous les jours et à toute heure votre travail, où l’égo s’efface devant les idées. Je suis de ceux qui sont fiers de payer des impôts pour ce service. J’espère que vous avez la foi et que vous n’oubliez jamais à quel point les gens qui vous écoutent peuvent vous aimer vous, ce que vous faîtes et comment vous le faîte. Un immense merci comme une goutte d’eau dans l’océan de sympathie et de fidélité que vous méritez largement.