La fabrique de l’Histoire

Michel Pétiard 30/05/2016 8:56 France Culture

Surpris de découvrir qu'à une émission d'histoire , au demeurant fort bonne (La Fabrique de l'Histoire), le président de la République puisse être invité . Il ne me semble pas que ce dernier soit historien .
Il me semble par contre que cette invitation s'inscrivait dans une opération de "reconquète" du monde intellectuel en vue bien sur d'une prochaine candidature à l'élection présidentielle.
France Culture est une radio de service public. Ce n'est pas une raison pour accepter que le président de la République s'invite à ce genre d'émissions au cours de laquelle, non seulement il n'apporte rien, mais au contraire altère la réputation de ladite émission

Voici la réponse d’Emmanuel Laurentin :
« Chères auditrices, chers auditeurs,

Vous le savez peut-être, hommes et femmes de radio, nous sommes très sensibles à l’avis des auditeurs ou auditrices de noqs émissions.

J’ai bien pris connaissance de votre message et voici ce que je peux vous répondre.

Je ne crois pas qu’après seize années de travail dans cette émission, dont plus de dix passées à travailler autour des usages politiques, culturels et sociaux de l’histoire ( c’est le thème de l’émission depuis 2004 ), on puisse dire simplement que cette émission servait des calculs politiciens.

J’ai proposé cet entretien au Président de la République après avoir réalisé ce type de rencontre à Alain Juppé, Marisol Touraine, Jean-Louis Debré, Vincent Peillon et bien avant Olivier Besancenot, Marie-Georges Buffet, Jean-Marie Le Pen, José Bové, Jean-Luc Mélenchon ou récemment Michaëlle Jean, ancienne gouverneur du Canada et secrétaire générale de la Francophonie.

Cette émission, comme les autres, s’inscrit dans un projet, que vous pouvez contester, mais qui est le mien: penser que l’histoire forge des individus singuliers et qu’elle leur sert à vivre en lien avec des événements du passé.

Questionner le Président de la République sur son rapport à l’histoire, ce n’est pas une prise de position politique. C’est une démarche journalistique qui s’inscrit dans un projet éditorial réfléchi.

C’est ce que j’ai voulu faire. Ca n’est pas ce que vous avez entendu.

Croyez bien que j’en suis désolé.

Merci, quoi qu’il en soit, pour votre écoute fidèle et attentive.

Emmanuel Laurentin »

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