Le français se perd à Radio France.

Jacques Chimeno 14/11/2016 10:07 Radio France

Bonjour.
Au printemps il y a eu une Journée de la langue française dans les médias audiovisuels. On en a parlé sur Franceinfo en citant le mot qui m’énerve le plus : « live », notamment avec « le live de Franceinfo ». « Live » se traduit par « vivant », bien sûr, et par « direct » ou « en direct ». On pourrait dire le direct ou pourquoi pas le vif de Franceinfo. J’ai entendu peut-être sur France Musique qu’un musicien avait réalisé deux enregistrements d’une œuvre, un en concert live et un en studio live. C’est vraiment n’importe quoi ! Il suffit de dire en concert (ou en public) et en studio. C’est ce qu’on disait « avant ». Et tous ces concerts live ! C’est pour dire que l’artiste est bien là, bien vivant ? Que ce n’est pas une rediffusion, pas un hologramme ? Et cette arrestation « en direct live » récemment aux USA ? En dehors de la question de la francophonie, direct live est aussi un pléonasme.
La Fashion Week !... Une de vos journalistes interrogeait un professionnel de la mode. Elle disait « la fashion week » et le professionnel répondait en disant « la semaine de la mode » ! Gag.
La « playlist » de Bertrand Dicale cet été. La playlist de la chanson française ! Argn ! Pourquoi pas le choix, la sélection, voire le florilège (éventuellement amoureux) de la chanson française ??? Je le lui dirai.
Le brief éco ou politique, et le débrief !!! La rubrique ne correspond même pas à la définition d’un brief ou d’un briefing ! Pourquoi pas le « bref » ou « en bref », traduction de l’adjectif brief, ou le mémo, le point du matin et le point du soir, par exemple.
La guest star au Bataclan (imprononçable sauf en marseillais : la gues-te-star) pourquoi pas vedette ou artiste invité.
Autre chose : le chuintement ou le chuchotement final qui est une prononciation fautive « jusqu’à preuve du contraire » et qui semble contagieuse.
Voir : https://hal.archives-ouvertes.fr/halshs-00639082/document
Extraits :
- Ce phénomène consiste à transformer des voyelles finales désonorisées en constrictives dorso- palatales, se rapprochant de la consonne allemande [ç] que l’on trouve dans le mot ich/iç
- …ils le faisaient eux aussi parce que “ça fait journaliste”.

- Nous pouvons même parler d’une variation diastratique à valeur socio-identitaire caractérisant le parler des journalistes de télévision et de la radio

- Un parler réalisant le dévoisement des voyelles finales est stigmatisé comme étant familier voire vulgaire et un locuteur employant un tel parler est jugé comme étant peu cultivé et peu élégant et provenant d’une classe sociale moyenne.

Je vous remercie pour l'influence que vous pourrez exercer.

Nous vous remercions de votre message. Il a été lu par le médiateur et transmis au service concerné par vos questions ou vos réactions. Même sans réponse personnelle de notre part, de nombreuses contributions sont relayées sur les antennes de France Inter, franceinfo et France Culture dans les Rendez-vous du médiateur ou dans Les infos du médiateur, lettre hebdomadaire destinée à tous les responsables de Radio France. Elles inspirent également des articles explicatifs à retrouver sur notre site mediateur.radiofrance.fr.

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