Harvey vs mousson en Inde

François Cheverry 31/08/2017 10:45 France Info

Encore une fois, je suis outré de la focalisation des journalistes sur Harvey alors que des milliers de personnes sont mortes suite aux moussons en Asie et que des dizaines de milliers meurent au Yemen.
J'appelle cela de la désinformation ou de l'information à géométrie très variable.
Les occidentaux seraient-ils meilleurs que les Asiatiques? C'est quoi cette catégorisation des malheurs des gens? Un mort est un mort, quelque soit son origine.

Je peux comprendre votre réaction, d’autant qu’il nous est toujours difficile d’arriver à expliquer ce type de choix éditorial, sans être critiqué. L’une des activités de base du journalisme est de faire en permanence des choix face à une actualité mondiale trop importante pour être traitée intégralement. Un ouragan hors du commun, dans un pays facile d’accès, qui nous est proche culturellement, dont le président est sourd au changement climatique, fournit une actualité qui sera forcément traitée et qui intéressera un grand nombre de nos concitoyens. Soyons honnête; l’attaque d’une mosquée à Kaboul, des inondations récurrentes au Bangladesh ou des échauffourées aux Philippines sont moins « concernantes » pour la plupart des Français. Bien sûr, ces informations présentent également un intérêt (humain, géopolitique, diplomatique, sécuritaire…), et elles sont transmises sur nos antennes, mais sans un « envoyé spécial ».

Il peut arriver aux journalistes de se tromper dans leurs choix, de ne pas « sentir » une information qui va prendre une importance inattendue, mais leur principal souci est d’informer au mieux les auditeurs sur des sujets intéressants, riches d' »enseignements », originaux, innovants, voire spectaculaires. L’information est multiple et chacun peut y puiser ce qui l’intéresse. Certains auditeurs, comme vous, ne sont pas sensibles à la catastrophe du Texas, mais d’autres le sont. Ceux-là ne s’intéressent peut-être pas à la recomposition politique, alors que c’est peut-être votre cas. Nous sommes toujours dans une question de tolérance par rapport aux centres d’intérêt des uns et des autres.

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