Quel impact du bouleversement politique sur le journalisme ?

Claire GRIMAUD-MANDIN 14/06/2017 10:54 Radio France

Depuis plusieurs semaines, chaque fois que j'allume mon poste de radio sur France Inter ma chaine habituelle, je suis pour le moins surprise par le ton général adopté vis à vis de l'émergence de notre nouvelle gouvernance.
Plusieurs fois j'ai eu envie d'intervenir. Toute seule chez moi je me suis dit "Mais enfin..."
Je ne comprends plus très bien ces mises en garde perpétuelles, ces alertes ironiques ou graves, ces attaques à priori pour de nouveaux élus.
Le changement, énorme certes, dans notre vie politique inquiète-t-il à ce point le monde journalistique ? Ce monde serait-il lui-aussi si bien installé qu'il en serait un rien conservateur ? De pouvoir d'information, les journalistes seraient-ils tentés par l'intervention politique ? Contre quoi ? En faveur de quoi ?
Je me dis que peut-être chez vous aussi, le temps de l'ouverture et du changement est venu.
Je précise que je ne suis pas militante d'En Marche, et que cette nouvelle organisation politique m'interroge aussi, mais j'ai envie de voir avant de condamner.

Je saisis vos intéressantes questions pour rappeler que les journalistes sont des professionnels chargés d’obtenir des informations et d’éclairer les citoyens sur l’actualité, comme, par exemple, des décisions politiques. Les journalistes ne « s’inquiètent » pas particulièrement du changement, mais tentent de répondre ou d’obtenir des réponses à des questions que, très légitimement, des auditeurs se posent. Les journalistes ne sont ni de droite ni de gauche (sauf dans l’isoloir), ils se doivent simplement de jouer en quelque sorte un peu « l’opposant » à leur invité. Sinon, qu’apprendrait-on comme information si tout allait dans le sens de l’invité? Le journaliste, par ses questions, doit permettre à l’invité de répondre aux remarques, aux inquiétudes, aux questions que se posent les auditeurs?

Et beaucoup de militants – notamment des extrêmes – ont du mal à admettre que les journalistes puissent poser des questions sur, par exemple, le « populisme » d’un Jean-Luc Mélenchon ou d’une Marine Le Pen, sur l’application et le réalisme de leurs promesses, etc. Or, s’ils acceptaient de répondre avec des arguments chiffrés et vérifiables à des questions qu’ils jugent « embarrassantes » posées par des journalistes, ils éclaireraient d’autant mieux les citoyens et leur permettraient de juger en pleine connaissance.

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