Journal de 19H du 27 avril 2017

Jean-Christophe ROBIN 02/05/2017 7:34 France Inter

Bonsoir,
Je suis agriculteur dans le sud de la France.
Je viens d'écouter le journal de 19h et j'ai les larmes aux yeux après le fou rire de Nicolas Demorand et Sébastien Paour alors que ce dernier annonçait le gel quasi total des fruitiers en Alsace.
En fait, je les aurais actuellement en face de moi, je suis assez certain qu'ils auraient pris une "beigne" réflexe, inutile et contre-productive, certes. Mais c'est la seule compensation qui nous reste, à nous laborieux et sans voix, face à de tels comportements.
Je m'explique :
J'ai bien conscience qu'un tel fou rire peut intervenir n'importe quand, sans prévenir ; et que par définition il est difficilement contrôlable.
Mais il était question d'hommes et de femmes qui ont tout perdu, en deux nuits et pour toute l'année, alors que la situation des agriculteurs en général, et des arboriculteurs en particulier, est déjà extrêmement difficile et précaire.
Des hommes et des femmes déjà fragilisées, aujourd'hui à terre.
Quand on rigole de ça à l'antenne la moindre des choses serait de s'excuser dans la foulée, de s'expliquer, de contextualiser.
Rien de tout ça n'a été fait, le silence a été de mort. Et ce n'est pas une figure de style.
C'est consternant.
Ça contribue à valider l'idée d'une élite qui se fout éperdument et ouvertement du "petit peuple".
Et que dire ensuite de la crédibilité du discours bien-pensant qui s'affiche au "téléphone sonne" qui suit ?
Depuis lundi vous faites le lit du populisme de rejet,votre grand écart entre votre discours et votre comportement est flagrant.

Le plus grave dans cette histoire, c'est qu'il semble bien que vous ne vous en rendiez même pas compte, dans votre bulle.
Je vous écoute depuis 40 ans, je n'avais jamais constaté un tel aveuglement, une telle rupture.
Je suis furieux et inquiet d'une telle dérive, aussi furieux et inquiet que si je me rendais compte un jour que j'avais oublié les raisons d'être de mon métier.

Voici la réponse de Nicolas Demorand :

« Monsieur,

Je comprends votre colère et vous présente mes excuses les plus sincères. Vous avez raison. Rien de drôle dans cette situation, bien au contraire: elle est tragique à tous points de vue, personnel,  économique, « industriel » ou artisanal.

Parfois la pression qui est la nôtre, et que je ne compare nullement à la vôtre, se manifeste de manière inappropriée. Ce fut le cas hier soir en studio, c’est imprévisible et difficile à contrôler, sans rapport aucun avec le sujet qui est abordé à ce moment précis.

Avec mes excuses renouvelées,

Nicolas Demorand »

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