Jusqu’où faut-il s’abstenir de citer l’agresseur

Paul Andréassian 03/04/2016 21:41 France Culture

Monsieur le médiateur de Radio-France,

Je vous écris au sujet des informations diffusées sur France Culture
aujourd'hui 4 avril 2016, notamment sur l'angle d'approche choisi pour aborder
la reprise des combats dans le sud Caucase, autour de la frontière de la Région
Autonome du Haut Karabakh. On nous a annoncé la mort de deux enfants dans des
"bombardements réciproques"... sans préciser la nationalité des
enfants (en l'occurrence, ce sont des enfants arméniens).  

Bien entendu, France Culture n'a pas à prendre parti, même quand l’un des
protagonistes du conflit, l'Azerbaïdjan, est notoirement connu pour être un
pays où la liberté d'expression n'existe pas et où de nombreux journalistes et
opposants sont emprisonnés. Mais il y a quelque chose de malhonnête à prétendre
ne jamais vouloir prendre parti pour ne pas désigner l'agresseur. En l'occurrence,
c'est bien l'armée azérie qui a lancé une offensive sans précédent sur des
villages arméniens. Le fait que le Haut Karabakh ai fait partie de la
république socialiste soviétique d'Azerbaïdjan à l’époque de l’URSS et ait voté
pour la sécession il y a plus de vingt ans ne devrait rien changer à cela. Le
Kosovo a bien fait partie de la Serbie... or il me semble que personne n’a peur
de désigner les exactions des serbes ?

Je vous remercie pour votre réponse.

Avec mes meilleures salutations,

 

Paul Andréassian