Les colons en Cisjordanie : infos de l’ONU et de plusieurs ONG

mado 25/10/2015 21:18 Toutes les radios

Pour les journalistes qui ne parlent que des attaques au couteau et semblent tout ignorer de la violence des colons, quelques infos. 

Ces villages palestiniens qui vivent
dans la peur des attaques des colons par Antoine
Besson
20 octobre 2015

Les villages de
Cisjordanie font face aux attaques quasi quotidiennes de colons
israéliens installés sur leurs terres. Menaces, jets de pierres ou
de cocktails Molotov, incendies de terres agricoles ou de maisons :
ils rendent la vie impossible à leurs voisins arabes, jusqu’à
brûler vive une famille palestinienne, fin juillet. Un harcèlement
qui s’inscrit dans une logique de conquête de territoire et
contribue à alimenter le cycle de violence actuel. Malgré des
déclarations de principes, qualifiant les colons d’extrême droite
de « terroristes », le gouvernement israélien les laisse
perpétrer leurs exactions dans l’impunité la plus totale.

« Nous
intervenons dans 27 villages
[environ 100 000 habitants en
tout], que nous avons notamment sélectionnés en fonction du
nombre d’attaques de colons dont ils étaient victimes chaque
année »,
explique Mahmud Isleem, coordinateur pour
Médecins du Monde.

Une attaque de colons toutes les 36
heures

Jets de pierres ou de cocktails Molotov, incendies de
terres agricoles ou de maisons : selon les chiffres des Nations
Unies, les attaques des colons contre des Palestiniens ont été
multipliées par quatre entre 2006 et 2014, atteignant un total de
2100 attaques sur ces huit ans. Soit une attaque toutes les 36
heures...

Les agressions visent autant les personnes que les
biens : maisons, voitures, écoles… Dans le village de Qusra,
on compte au moins un incident par mois. A Urif, à 13 km au sud de
Naplouse, une maison a été visée 18 fois … Principales
victimes : les villages situés à proximité des colonies, ou
des avant-postes, les implantations qui n’ont pas été approuvées
par le gouvernement israélien. Les colonies israéliennes sont
illégales au regard du droit international puisque la Convention de
Genève interdit strictement le transfert de population civile d’un
État vers un territoire occupé, mais Israël n’en tient pas
compte en autorisant une grande partie des colonies en Cisjordanie.

Autre moteur des
violences : la vengeance, avec le mouvement « le prix à
payer », un mouvement informel dont se revendique les colons
d’extrême droite. Ces colons ripostent ainsi à toute décision du
gouvernement israélien qui ne leur serait pas favorable en s’en
prenant au hasard aux Palestiniens. C’est notamment le cas après
des évacuations d’avant-postes, qui sont illégaux même au regard
de la loi israélienne.

Une famille brûlée vive par des
colons 

...Pour Médecins du
Monde, l’impact de ce triple meurtre est sans précédent et va
bien au-delà de Duma. « Duma, c’est incompréhensible en
terme d’inhumanité. Insulter, jeter des pierres, c’est quelque
chose. Mais brûler vif des gens dans leur sommeil… on passe un
cap »,
analyse Maximilien Zimmermann. ... Tout le monde se
connait à Duma. Personne n’était préparé à entendre les cris
de Sa’ad et Reham, à voir leurs corps presque totalement brûlés,
à attendre avec eux l’ambulance, à sortir un enfant calciné de
la maison. Dans les villages voisins, et jusqu’à 50 kilomètres à
la ronde, l’attaque hante les Palestiniens. ….à ce jour, les
responsables n’ont pas été arrêtés, alors même qu’ils
auraient été identifiés.... L’absence de sanction, là encore,
n’a rien d’exceptionnel. D’après les chiffres de Yesh Din, une
organisation israélienne de protection des droits humains, seuls
1,9% des cas de plaintes pour agressions par des colons aboutissent à
une condamnation des auteurs des attaques. … Pour les ONG, cette
impunité encourage la répétition des agressions. Les colons n’ont
presque jamais à assumer les conséquences de leurs actes.

...Le contraste avec le
traitement des Palestiniens auteurs d’attaques contre des
israéliens est saisissant : eux sont exécutés sur le coup par
l’armée, ou arrêtés dans les jours qui suivent, avec leurs
complices, après des vagues d’incursions et de perquisitions dans
toute la Cisjordanie. Leurs maisons font également l’objet de
« démolitions punitives », qui touchent ainsi toute leur
famille sans discrimination.

Autre
différence majeure : les colons, y compris pendant leurs
attaques, sont protégés par les forces de sécurité israéliennes,
qui n’hésitent pas à tirer sur les Palestiniens à coup de bombes
lacrymogènes, balles en caoutchouc voire balles réelles si ceux-ci
répliquent face aux agresseurs. Côté palestinien, aucune force de
sécurité officielle. Les accords d’Oslo ne les autorisent pas à
gérer la sécurité dans les zones B et C de la Cisjordanie, qui
représentent 98% du territoire.

 

Les acteurs humanitaires
s’entendent pour dire que ces actes violents doivent être mis en
lien avec la politique de colonisation de la Cisjordanie. D’après
l’organisation israélienne Yesh Din, ils font partie des
stratégies d’accaparement de ce territoire par ceux qui le
considèrent comme la Judée et Samarie, une terre israélienne. Cela
passe par l’installation des colonies et avant-postes, la
déclaration de zones de sécurité ou zones militaires autour de ces
implantations, l’appropriation de terrains pour leurs
infrastructures… puis l’instauration de « zones de peur »
où en raison des violences et du harcèlement les Palestiniens
n’oseront plus aller 

...La cohabitation avec
des colons agressifs et les confrontations avec l’armée sont à
replacer dans un contexte de sentiment d’oppression et d’injustice
plus large, à l’échelle de tout un territoire, et sur des
décennies...

Concernant la question du traitement
du conflit par les journalistes de Radio France, voici des éléments de réponse
de la part du Médiateur
http://mediateur.radiofrance.fr/article-pro-palestinien-ou-pro-isra-lien

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