Les tics de “qui”

Claude Lévy 08/06/2018 8:27 France Culture

Vivant aux États-Unis, j’écoute régulièrement le journal d’Antoine Mercier, et fais partie des auditeurs âgés (j’ai 70 ans) qui apprécient les bienfaits du podcast. C’est peut-être précisément parce que je suis âgé que je suis sensible au maniement de la langue, et que j’avoue être agacé par la fréquence de l’emploi explétif du pronom relatif « qui » par Antoine Mercier. Cela commence souvent dès le début du journal, dans le titre, où l’on entend fréquemment des formules du genre « Monsieur Untel qui voit le président Machin », sans que la phrase soit développée.
Peut-être d’autres auditeurs ont-ils déjà fait cette remarque, puisqu’il me semble que ceci s’est légèrement amélioré récemment. Il est également possible que je m’y habitue. Mais j’apprécierais que vous en fassiez l’observation à M. Mercier et vous en remercie.

Antoine Mercier vous répond :

Monsieur,

Merci pour votre remarque que je trouve très juste. Il s’agit en effet de ce que l’on pourrait appeler une béquille oratoire dont il faudrait pouvoir se passer. Avez-vous analysé ce que cette torsion grammaticale nous dit du dire ?

Pour ce qui me concerne, mais ce n’est qu’une interprétation obvie, je remarque que j’y ai davantage recours quand je suis fatigué ou moins concentré sur le sens de l’énoncé. Cela me permet de conserver un ton « parlé ». Peut-être vaudrait-il mieux en rester au texte écrit, quitte à le lire de façon plus automatique.

Je vous remercie pour votre réponse.

Cordialement

Antoine Mercier

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