L’Esprit Public

Nicole Ricard 02/05/2016 10:04 France Culture

Bonjour,

Ce matin, à la fin de son émission "L'Esprit Public", Ph.Meyer se demandait pourquoi les intermittents du spectacle se refusaient à faire état dans leurs réclamations de l'extraordinaire malhonnêteté de leurs employeurs ( producteurs le plus souvent, chaînes de télévision etc..) faisant supporter par la collectivité une partie de leur salaire non déclaré.

C'est très simple: la peur d'être inscrits sur une liste noire.

Mon fils est un de ces intermittents, bien formé, ayant une large expérience d'assistant-réalisateur ( fictions, publicité, court-métrages, docus).
Mais: 1/ Le travail devient rare, les maisons de productions démarchant des pays européens (et extra-européens comme l'Afrique du Sud, de plus en plus populaire en publicité par ex.) qui accordent crédits d'impôts et toute sorte d'avantages annexes - salaires sur place de techniciens et contributions sociales plus faibles, décors gratuits, prestations de séjours à taux avantageux etc..
Les équipes françaises sont donc réduites au minimum, ( un technicien ou deux)

2/ La pression en France sur les salaires des techniciens expérimentés ( qui n'ont pourtant pas de grandes exigences compte-tenu de leur situation précaire). Souvent leur sont préférés des jeunes techniciens sans expérience, tout juste stagiaires qui acceptent toute sorte d'abus pour essayer de percer.

La plupart des producteurs n'en font d'ailleurs pas mystère: on propose par ex.un contrat sur 4 semaines payé 3, la 4e étant sur le compte de la collectivité.
Sans parler des horaires extensibles sans paiements d'heures supplémentaires ( sur un tournage difficile cela peut aller jusqu'à 15 heures d'affilée). Et si le technicien essaie de faire valoir ses droits pourtant bien inscrits dans son contrat, on lui fait comprendre que la prochaine fois il ira voir ailleurs.
Alors dans ces conditions, les porte-paroles des intermittents, en première ligne dans ces protestations, sont discrets sur ces abus scandaleux, qui coûtent évidemment cher à la collectivité et ne leur permettent pas de vivre de leur métier. Les intermittents apparaissent aux yeux du public comme des privilégiés par rapport aux autres chômeurs mais ce sont des exploités pour la plupart d'entre eux.

Monsieur le Médiateur, pouvez-vous remettre ce billet à Ph.Meyer ?

Je vous remercie par avance

N.Ricard

Nous avons transmis à Philippe Meyer.

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