Lettre à M. Depardon

Jeanne Sintic 27/04/2016 8:57 France Culture

Monsieur,
J'écoute chaque matin votre émission sur France Culture. Ce matin, je m'étais levée, reposée et sereine. Pourtant, il a suffit de quelques minutes à l'écoute de M. Depardon pour que toute cette bonne humeur me quitte. Ses propos sont affligeants. Comment peut-on réaliser un film sur la province et être aussi peu informée sur celle-ci ? Il semblerait que, durant son voyage, M.Depardon ne s'est employé qu'à " reconnaitre" ce qu'il pensait déjà. Découvrir aurait bousculer ses préjugés.
Sachez donc que la province est en France , tout comme Paris. Aussi fou que cela puisse paraître, elle reçoit les ondes radio, elle reçoit internet, la TNT et maintenant elle est passée à la HD.
La province ne compte pas uniquement des agriculteurs, elle ne se déplace pas en charrette. Elle n'est pas habillée en bleu de travail toute la sainte journée.
Info exclusive : la province a l'eau chaude !
La province possède des cafés et des terrasses ! Eh bien oui, M.Depardon, vous allez être étonné, mais nous avons aussi des salons de thés et des restaurants étoilés.
Enfin, je suis heureuse d'être née en province parce que cela m'a permis de ne pas vivre avec de telles œillères. Vous comprendrez donc que j'avais l'intention d'aller voir ce film, mais que, de toute évidence, il n' est fait que pour les parisiens.
Mes salutations,
Jeanne Sintic, enfance en province et vie étudiante dans l'Ecole supérieure d'arts appliqués Duperré, Paris 3e.

PS : Monsieur Guillaume Erner, à demain matin. Je vous retrouverai pour votre chronique de 7h28 qui est toujours pertinente et bien dite.