MAI MASRI, LA CÉLÈBRE CINÉASTE PALESTINIENNE DU FILM 3000 NUITS CENSURÉE SUR FRANCE INTER.

Yves-Marie LEGOUZ 16/01/2017 15:48 Radio France

MAI MASRI, LA CELEBRE CINEASTE PALESTINIENNE DU FILM 3000 NUITS CENSUREE SUR FRANCE INTER.
Elle devait participer en tant qu'invitée centrale à l'émission l'heure Bleue sur France Inter mais a été déprogrammée par Laure Adler.
Nous apprenons à l'instant que la cinéaste palestinienne Mai MASRI dont le film 3000NUITS sort aujourd'hui sur une trentaine d'écrans en France, s'est vue privée de participation à l'émission L'HEURE BLEUE sur FRANCE INTER, animée par Laure Adler.
Pourquoi?
Maï MASRI devait être l'invitée centrale de cette émission, prévue de longue date, le mercredi soir 3 Janvier 2017 entre 20 et 21h. Dans le cadre de la préparation de l'émission, l'animatrice et productrice a indiqué son souhait de faire un contre point au prétexte "d'équilibrer" le plateau et les points de vues... Soit.
Plusieurs noms ont circulé, aucune personnalité pressentie n'étant disponible, la jeune réalisatrice du film israélien Mountain (sur 4 ecrans France le 4 janvier également) a été programmée pour faire pendant à l'invitée initiale, Mai Masri, sans consulter celle-ci. La mettant ainsi devant le fait accompli dans une situation délicate ; inacceptable à plus d'un titre.
Maï Masri refusera de rentrer dans ce jeu hypocrite de pseudo objectivité, spécialité des médias autorisés français qui ,à chaque fois que doit s'exprimer un artiste ou une personnalité palestinienne, lui imposent un vis à vis israélien. Comme si la parole d'un ou d'une palestinienne par nature suspecte se devait d'être corrigée, "rééquilibrée" aussitôt. Pourtant jamais un artiste israélien interviewé ne se voit imposer un vis à vis palestinien. Plus encore, par exemple, a t-on déjà déjà imposé à un ou une artiste chinoise, la présence d'un vis à vis de Taïwan, à un artiste de république d'Irlande, la présence d'un ou d'une artiste britannique ? etc...
Au final France Inter devant les protestations de Maï Masri a fait le choix de la censurer. Déprogrammant celle-ci pour ne recevoir que la jeune réalisatrice israélienne. Le film palestinien se retrouve sur le carreau. Dommage, nous aurions aimé entendre la voix de cette cinéaste palestinienne de renom, dont le film a déjà reçu une vingtaine de récompenses dans des festivals internationaux...
Le médiateur s'inscrit-il aussi sur cette posture partisane ?.

Voici la réponse de Laure Adler :

« Je comprends vos interrogations. Non je n’ai  pas voulu désinviter Maï Masmari. C’est elle qui a choisi trois heures avant le direct de ne venir qu’à condition que je désinvite la cinéaste israélienne ! Je refuse ce genre de pression et je n’explique guère son geste car depuis des semaines j’avais fait savoir à son attachée de presse que j’inviterai dans le même plateau un ou une artiste israélienne du mouvement de la paix.
Pour examiner avec Maï Masmari et elle ou lui la situation des détenues palestiniennes aujourd’hui. Maï en avait accepté le principe. De mauvaises critiques sur son film auraient semble-t-il justifie sa volte face. Je ne sais pas car je n’ai jamais pu lui parler ! J’ai renouvelé l’invitation auprès de son attachée de presse lors de son prochain séjour à Paris et j’espère vivement qu’on entendra ses promos dans l’Heure Bleue. Avec mes amitiés, Laure « 

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