Les mots ont aussi (et surtout) leur importance

Françoise COLLIOT 14/12/2016 15:17 Radio France

Le reproche que j'adresse aux journalistes, aux chroniqueurs et autres intervenants "spécialistes de la vie politique française" de France Inter c'est dans la même phrase (ou peu s'en faut) regretter l'abstentionnisme, le fustiger, rendre lesdits abstentionnistes responsables de la montée des extrêmes ET parler du "fief" de tel ou tel élu...
Il me semble que nous sommes en république et qu'en France la féodalité a disparu depuis quelques siècles... quand j'entends (par exemple) sur vos antennes que Le Puy en Velay ou la Haute-Loire serait le fief de Laurent Wauquiez, je bondis. NON ! NON ! NON ! Messieurs les spécialistes de la vie politique française, Monsieur Wauquiez est député de la 1ère circonscription de la Haute-Loire, il n'en est en aucun cas le seigneur (même s'il le regrette).
Les habitants de la Haute-Loire ne sont en rien les vassaux de leur député.
Ma remarque peut paraître ridicule, seulement, à force d'employer jusqu'à l'usure des termes inappropriés, les commentateurs et autres journalistes, instillent des idées fausses, des concepts erronés dans l'esprit des auditeurs.
En l'occurrence, à l'époque des fiefs, les élections au suffrage universel n'existaient pas. On ne votait pas pour un seigneur, il l'était de naissance.
Comment voulez-vous que les citoyens aient des réflexes républicains en usant de termes remontant à une époque où la république n'existait pas ?
J'ai cité l'exemple de Wauquiez, mais j'aurais pu évoquer Evry "fief" de Manuel Valls... les exemples ne manquent pas.

Même si le mot « fief » tire son origine du Moyen-Age et des seigneurs, son sens a évolué et, par analogie, nous parlons d’un fief électoral pour qualifier le lieu de forte implantation d’un élu. D’ailleurs, tous les dictionnaires le mentionnent ainsi.

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