Ô rage, ô désespoir ô jeunesse ennemie ! (vers toujours plus de médiocrité ?)

Arno Mansouri 04/12/2017 15:01 France Culture

Monsieur,

puisqu'il n'est apparemment pas possible d'envoyer directement un message à un animateur, je vous saurai gré de bien vouloir transmettre l'expression de mon plus vif mécontentement à M. Nicolas Martin, pour l'émission de ce jour. Il semblerait en effet, que non content d'oublier qu'il sévit sur France-Culture (et non le Mouv' ou Fun Radio), il ait même oublié jusqu'au titre de l'émission dont il a la charge, pour mémoire La méthode scientifique.

L'écouter pérorer PENDANT UNE HEURE sur un "sitcom" US (c'est-à-dire ce que la télévision fait de pire en termes d'abrutissement de masse, depuis des générations) en compagnie de 2 de ses potes qui ne maîtrisent pas la langue française (l'un parce qu'Italien, l'autre parce que, par pure paresse intellectuelle et snobisme anglophone, il serine des anglicismes à tour de langue -- "cute" par exemple n'a rien d'intraduisible et signifie simplement "mignon") fut au-dessus de mes forces.

Ecoutez, c'est bien simple, je n'en croyais pas mes oreilles: j'ai eu l'impression que M. Martin discutait sans fin à la cafet, micro ouvert (!) de son émission télé favorite: mais... franchement, on s'en bat les couilles (pardon, peu nous chaut). Bref, bien loin, très loin, à des années-lumières de l'excellence que l'on est en droit d'attendre de France-Culture.

Cordialement,
AM

Voici la réponse de Nicolas Martin :

Cher Arno Mansouri,

Merci d’avoir pris le temps de nous envoyer ce mot d’humeur.

Auditeur attentif de l’antenne, vous n’êtes pas sans savoir que nous consacrons, un vendredi sur deux, la méthode scientifique au dialogue entre science et fiction. Aussi avons-nous déjà évoqué l’héritage de Dune, de Franck HERBERT, la notion d’espace-temps chez Lovecraft, le ressort narratif du voyage dans le temps, nous avons eu la chance de nous entretenir avec Robert Charles WILSON… et j’en passe.

Nous avons en effet décidé de nous intéresser, vendredi dernier, à ce sitcom : The Big Bang Theory, sitcom qui met en scène depuis 10 ans maintenant un fil scientifique et des personnages eux-mêmes chercheurs dans un contexte humoristique.

Vous pouvez penser ce que vous voulez de la forme du sitcom (que nous avons d’ailleurs interrogée au cours de l’émission), il est difficilement contestable que The Big Bang Theory est un objet culturel, qui réunit plusieurs dizaines de millions de téléspectateurs chaque semaine, et qu’à ce titre, il est parfaitement légitime de l’aborder, de chercher à en comprendre les mécaniques, de discuter de son rapport à la science et aux grands scientifiques qui apparaissent au fil des saisons (comme Stephen HAWKING ou Neil de Grasse TAYSON).

Bref, que vous ne supportiez pas ce format que vous qualifiez d’objet d’abrutissement de masse, je l’entends parfaitement. Il n’en reste pas moins un objet culturel qui fait dialoguer la science et la fiction, qui a par ailleurs certainement un effet sur l’attrait pour les carrières scientifiques chez le jeune public, et en ce sens, il nous semble parfaitement légitime de l’aborder dans le cadre de nos vendredis-fiction.

Quant à la remarque selon laquelle je discuterais « à la cafet » avec mes amis, je vous précise simplement que je n’ai aucune forme de relation ni amicale, ni familiale avec aucun des deux invités de vendredi.

Un dernier mot : n’hésitez pas à podcaster l’émission de mardi dernier consacrée au condensat de Bose Einstein, ou l’entretien avec la spécialiste de l’algorithmique Claire MATHIEU, nouvelle titulaire de la chaire d’Informatique au Collège de France, j’espère que ces émissions vous nourriront autrement que celle de vendredi.

A bientôt à l’écoute des prochains épisodes de la méthode scientifique,

Bien à vous,

 

N.M.

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