Le parti pris de relater les bonnes ou les mauvaises nouvelles

Emilien Henry 02/01/2017 12:17 France Inter

Je me permets de vous écrire au sujet des flashs infos de France Inter. Le dernier que j’ai écouté se déroulait ce soir du premier janvier où un bilan du nouvel an a été réalisé. En dehors de l’attentat de Turquie dont il était inévitable de relater les faits, j’ai pu constater que le reste de ce bilan ne consistait seulement qu’à relater les mauvaises nouvelles, incidents, meurtres ou violences qui se sont déroulés durant la soirée. Si j’ai bien écouté, aucune bonne nouvelle, événementiel positif, initiative envers les plus démunis ou autre n’a été cité.

Je me permets de vous le faire remarquer car je trouve que cette ligne éditoriale est désormais la ligne classique des médias en général et de France Inter en particulier. Les informations sont un des pouls de nos sociétés et constitue une caisse de résonnance des sentiments et émotions de l’Humanité. Comme dans toute discipline, si l’Information doit être objective, elle ne peut être dépourvue de parti-pris. Il est un des partis-pris de ne relater que les événements négatifs, vecteurs de peur, au détriment des initiatives constructives. Si vos auditeurs veulent être stimulés par des référents mis en avant par les médias, ils n’auront bientôt plus d’autres possibilités de ne s’inspirer que de hors-la-loi. Autre exemple assez révélateur, je ne trouve pas cela normal qu’une part très significative des bonnes nouvelles puisse provenir des bons résultats sportifs (ex : « Les bonnes nouvelles se faisant rares de nos jours, celle-ci en est une : la France a gagné hier 1-0 »). Comment cela se fait-il que je voie plein d’autres belles choses se produire autour de moi et qui ne sont que trop peu relatées ?

Sans vouloir stigmatiser une fois de plus le travail des journalistes, je trouve que leur rôle est si important dans l’état de lassitude et de ras-le-bol des français que je ne peux songer à y penser durant l’essentiel des flashs infos que je peux écouter. En ces temps tragiques, les journalistes remettent en question leur manière de travailler, comme on peut l’entendre dans plusieurs de vos émissions. Je souhaiterais beaucoup que cette vision des choses soit davantage prise en compte si ce n’est déjà pas le cas.

Merci beaucoup de m’avoir lu.
Très sincèrement,
Emilien Henry

J’adhère totalement à votre remarque que vous n’êtes pas le seul à nous faire. En tant que journaliste, je sais bien qu’une information est souvent tragique, violente, déplaisante ou négative. Mais dans ce monde où le terrorisme, l’intolérance, le renfermement sur soi-même, le racisme, le refus de la différence font les beaux jours des médias, mais alimentent aussi un dangereux populisme, il est temps de se remettre en question et de parler aussi des initiatives constructives et positives qui réenchantent notre société. A Radio France, je fais part régulièrement de cette attente de nombre d’entre vous et la question est posée dans les rédactions.

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