les personnes atteintes de schizophrénie ont le droit d’être respectées et pas stigmatisées

24/01/2018 10:10 France Culture

Bonjour,
ce matin en présentant la revue de la presse internationale , M.Erner a mis en exergue la "schizophrénie" de l'Arabie Saoudite puis celle de la Syrie ou de la Turquie je ne sais plus .....Pour Davos c'était le"grand écart", ben oui , la schizophrénie, c'est quand même grave, c'est bon pour les arabes, mais pour les Suisses et les grands patrons , attention à notre langage !!!
Un peu fatigué d'entendre ces clichés et d'expliquer en quoi ils sont dramatiques pour les personnes qui vivent avec ses troubles et leur entourage proche, je me permet de reproduire ici un extrait d'un communiqué de l'Association promesse qui a fait une étude sur le sujet tout à fait révélatrice( http://www.promesses-sz.fr/2016-05-04-11-12-38/actions-de-destigmatisation-aupres-des-medias.html
Car "la schizophrénie n’a rien à voir avec le dédoublement de
personnalité. C’est une autre maladie.
Sans doute êtes-vous totalement ignorants de ces réalités.
Alors renseignez-vous (http://promesses-sz.fr/la-maladie.html)
Car votre ignorance contribue à donner une fausse image des personnes et se
répercute de façon tragique sur leur vie et celle de leur entourage. En ranimant
constamment dans l’opinion publique les mêmes clichés, en contribuant à la
stigmatisation rampante, votre ignorance constitue indirectement un frein à
l’accès aux soins ; elle alourdit encore le poids supporté par ceux qui vivent
avec cette maladie ; elle renforce les murs dressés par le désintérêt général
contre une démarche ambitieuse de modernisation de la politique de santé
mentale.
Alors, elle réveille insidieusement un réflexe d’enfermement et d’exclusion des
personnes qui vivent avec une schizophrénie.
Cette absence de rigueur dans le choix des mots que vous employez vous rend,
vous les journalistes, partiellement responsables des chiffres alarmants relevés
en matière de soins sans consentement, multipliés par deux en 10 ans, ainsi
que de l’hospitalisation contre leur gré de 92 000 personnes par an.
Pour des journalistes dits de culture, quelle ironie !
Et de vous retrouver souvent indignés quelques colonnes plus loin par ces
pratiques que vous inspirez …
Vous ignorez sans doute aussi que l’usage du mot schizophrénie dans les
médias se retrouve majoritairement dans des articles culturels, à propos de
films ou de livres, et dans lesquels il est corrélé avec des idées fausses, comme
la violence ou le dédoublement de la personnalité. Ceci a été mis en évidence
dans une étude menée pour le compte de notre association et que nous tenons
à votre disposition.
Cette dérive fâcheuse est étonnante alors que ces maladies touchent une
personne sur 100 en France, soit avec les proches, 2 millions de personnes ;
n’êtes-vous pas concernés ?
Votre pouvoir est immense, choisissez vos mots,
Laissez les mots chics, les mots chocs. Soyez à la hauteur et combattez les idées
reçues avec nous."

J'ajoute que , paradoxe ou coïncidence, M.Erner a consacré son émission à la question des prisons et du mouvement des surveillants...Or, on sait que les personnes avec des troubles psychiatriques sont "sureprésentées" en prison, que encore plus grave, la présence de troubles , AGRAVE la peine prononcée !...
Bref, en quelque sorte, Mr Erner pratique aussi ....le grand écart !

J'espère que ces remarques pourront être utiles à vos réflexions nécessaires ...
Sincérement, PP JEAN