Publicité et partenariats

Ondine Delavigne 13/05/2016 14:53 Radio France

Bonjour,
Nous entendons beaucoup le fait que la publicité ne fait pas son entrée sur les antennes de Radio France et qu'il y a un mouvement de panique bien inutile à ce sujet. Je voulais simplement indiquer que les stations du groupes fonctionnent depuis très longtemps avec des systèmes de partenariat très présents à l'antenne : partenariats avec la presse, avec des distributeurs, avec des salles de spectacles, avec des sites internet. Ces partenariats ne sont pas de la publicité "réelle" car nous n'entendons pas de spots, il s'agit davantage de placement de produit. En effet, des émissions entières sont consacrées à des numéros de presse partenariale, à des sorties de spectacles etc. L'agenda même des stations est guidé par ces partenariats. Il ne s'agit pas simplement "de rendre compte de la vie culturelle", comme on pourrait l'objecter, car ces émissions sont très rarement critiques (à l'exception du Masque et la Plume, ou de la Dispute sur France Culture), mais plutôt élogieuses : elles accompagnent une sortie commerciale. Ecouter les stations du groupe, c'est entendre de longues publicités et bandes annonces sous forme d'émissions, au profit de partenaires.
On peut s'interroger, par exemple, du fait que personne, dans la presse, ne parle de façon critique et argumentée des productions radiophoniques de Radio France (comme le ferait le Guardian pour les radios de la BBC). Ici, nous avons Télérama qui parle de radio, mais pour faire des portraits élogieux des personnalités de la maison. Jamais aucune critique, car Télérama est un partenaire. Et donc, dans la presse, personne ne parle de radio... Ces partenariats sont envahissants, étouffants, et à cause de cela, les productions libres et indépendantes sont rares. Lorsqu'on compare avec les radios publiques d'autres pays, nous observons que ces partenariats sont une particularité française, un réseau fermé et oppressant qui fait de nous des potentiels consommateurs de produits culturels.
Peut-on espérer qu'un jour, une réforme de fond examine cette question des partenariats, et que les programmes retrouvent un peu de liberté ? Je sais que vous nous direz que les producteurs sont libres. Ils le sont, mais nous, auditeurs, ne le sommes pas, et nous subissons ces renvois d'ascenseurs. Alors si on comprend l'anglais, l'allemand, on va écouter des radios étrangères, qui réussissent à monter des grilles et des programmes indépendamment des sorties culturelles du moment.

Sans rentrer dans les détails de chaque partenariat, lorsqu’il s’agit de partenariats culturels, ceux-ci ont été choisis par la chaîne qui a considéré que le spectacle, le film ou le festival retenus étaient d’une qualité compatible avec elle-même. Ce type de partenariat culturel (de même qu’avec un média partenaire) offre à la chaîne une visibilité intéressante: logo sur les affiches, sur les lieux de l’événement, sur les journaux. Et cela nous est bien utile du fait d’un budget publicitaire très faible pour promouvoir nos antennes, comparativement aux importantes campagnes de publicité que peuvent s’offrir nos concurrents.
Quant à la question de l’indépendance, je vous confirme que journalistes ou producteurs sont totalement libres de ces partenariats.

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