Radicalisation, la France n’avait qu’à bien se tenir. Emission LSD

Natahlie Delorme 02/09/2016 14:10 France Culture

J'aurais souhaité faire ce commentaire sur le site de l'émission La Série Documentaire. Je n'y suis pas arrivée.
Il est pénible d'écouter pendant une heure cette pensée unique selon laquelle la France (entité un peu vague) est l'unique responsable des départs vers le djihad et de la radicalisation de bon nombre de nos concitoyens musulmans... La société française, l'éducation nationale, tout le monde en prend pour son grade. A aucun moment la moindre remise en question, la moindre interrogation sur les responsabilités propres des individus. Professeure d'espagnol (ce n'est pas anodin) dans un collège de "quartier défavorisé" dans une ville moyenne en France pendant plus de dix ans, j'ai été témoin de la grande énergie, de la grande générosité, de la bienveillance, de l'intelligence, du professionnalisme et du non renoncement à la qualité etc de la grande majorité des professionnels. Moi même j'ai le sentiment d'avoir bien œuvré pour cette jeunesse. Je pense que ce n'est pas judicieux que de leur servir toujours la même soupe: celle de "vous êtes les victimes d'une situation intolérable, injuste, honteuse...dont vous n'êtes pas responsables" etc. Cela revient aussi à balayer d'un revers de main le travail et l'engagement de nombreux professeurs et autres travailleurs du secteur qui répondent présents sur le terrain chaque jour et qui donnent beaucoup d'eux mêmes.

Voici la réponse que propose Alain Lewcowicz, producteur délégué pour LSD sur cette série

 

Il ne s’agit pas d’accuser ou de critiquer les professeurs, mais il sagit de questionner l’institution comme modèle idéologisé.

Toutes les études faites par le sociologue François Dubet le montrent : non seulement l’école reproduit les inégalités sociales mais les creusent depuis quelques années.

Si ce n’est pas la faute des professeurs, c’est en tout cas un modèle institutionnel qui est en panne.

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