Airbnb, tutelles, rugby…les questions des auditeurs

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Les commentaires des auditeurs sur les dernières enquêtes diffusées dans « Secrets d’info »

La carte de crédit rechargeable offerte par Airbnb à ses loueurs qui permet d’échapper au fisc 

llustration de la carte Airbnb © Radio France / Thomas Jost
llustration de la carte Airbnb © Radio France / Thomas Jost

Les loyers étaient versés via cette carte émise à Gibraltar. Tout bénéfice pour le particulier loueur, car le revenu de ses locations devenait invisible pour le fisc ! Sylvain Tronchet a débusqué cette forme d’évasion fiscale. Et des auditeurs ont eu l’impression que Bercy découvrait cette manipulation. Effectivement.

Cette affaire montre qu’il y a des « trous dans la raquette » à tous les niveaux en ce qui concerne la lutte contre la fraude fiscale. En théorie, Gibraltar (où est basée cette carte) est un territoire qui échange des informations bancaires avec la France. Ce type de compte échappe aux accords internationaux d’échanges bancaires. C’est une niche qui favorise la fraude fiscale et le financement du terrorisme.

Le ministère de l’Économie et des Finances a finalement très vite réagi à l’enquête.

Beaucoup d’auditeurs ont apprécié ces révélations et ses conséquences. Mais des auditeurs, comme Albin, estiment qu’ « au lieu de s’indigner contre Airbnb qui exploite les failles du système, il vaudrait mieux s’indigner des gouvernements et des parlementaires incapables de faire des lois empêchant la fraude fiscale ».

Une remarque assez récurrente : que font les politiques contre ces pratiques frauduleuses ?

Le pouvoir a longtemps regardé Airbnb avec une certaine bienveillance. Finalement, l’interdiction de ces cartes entrera en vigueur au 1er janvier 2019, via un amendement gouvernemental. Il y a un décalage entre la communication et l’application des lois.

 

Détournements, négligences : les tutelles hors de contrôle

 

Le sujet sur les tutelles, et les abus ou négligences qu’elles peuvent entraîner, sans un véritable contrôle était une enquête de Laetitia Cherel. En France, près d’un million de personnes sont sous protection juridique.

Les tutelles hors de contrôle © Radio France / Thomas Jost
Les tutelles hors de contrôle © Radio France / Thomas Jost

Beaucoup de professionnels ont écrit ; la plupart ont eu l’impression d’une enquête à charge contre eux. « Vous ne parlez que de ceux qui font du tort à notre profession, mais il y a des personnes motivées et sérieuses qui font un excellent travail », dit Myriam. Et Julien ajoute : « Oui, il existe des mandataires maltraitants et voyous, mais ce n’est qu’une infime partie de la profession. Pourquoi jeter l’opprobre sur nous tous ? ».

La profession s’est sentie visée alors que les journalistes avaient pris la peine de préciser durant l’enquête qu’il n’était pas question de faire d’amalgames. En revanche, ce ne sont pas des pratiques marginales, selon un rapport de la Cour des comptes qui avait déjà épinglé de nombreux abus. Il a été très facile de trouver des témoignages.

À côté de ces remarques de professionnels, beaucoup d’auditeurs se sont reconnus dans les situations décrites, comme Éliane : « Mon père mis sous tutelle par un mandataire judiciaire se retrouve, après une brillante carrière, comme un misérable dans un hôpital longue durée, parce que c’est la solution la moins chère. Il a une très grosse retraite et un patrimoine, mais il est privé de tout. La gestion est très dispendieuse. Par exemple, voyage de la tutrice accompagnée de son avocat, de son géomètre, aux frais de mon père, pour faire estimer une résidence secondaire : avion, hôtel, frais d’expertise, d’avocats….Tout ça pour une estimation bien en deçà de la valeur du bien ».

Les choses peuvent-elles bouger grâce à l’enquête ?

La loi de 2007 a rendu la formation des tuteurs obligatoires. Au ministère des Solidarités, il y a un groupe de travail qui planche sur l’éthique de la profession. La proposition de la Cour des comptes : la création d’un poste de délégué aux tutelles.

Les séquelles invisibles du rugby ?

KO de Sébastien Chabal, coupe du monde de rugby en 2007 à Toulouse © Maxppp / Laurent Theillet
KO de Sébastien Chabal, coupe du monde de rugby en 2007 à Toulouse © Maxppp / Laurent Theillet

Des réactions d’auditeurs avec une forme de déni pour des adeptes de ce sport qui nous ont écrit. Ils estiment que, oui, le rugby, c’est violent, mais les joueurs y sont préparés. Et certains ne comprennent pas que l’enquête se soit appuyée sur une « étude concernant le football américain qui, nous dit Tom, n’est pas le rugby »…

 

 

Isabelle Souquet qui a mené l’enquête explique la différence entre le rugby et le football américain, le soccer.
Il y a des points communs sur le plan des commotions : le principe des coups répétés et de ses conséquences. Etude sur les cerveaux d’anciens joueurs décédés. Des séquelles neurologiques qu’on ne voit pas avec des examens classiques.