Cellule investigation de Radio France : méthode et fonctionnement

Les auditeurs nous interpellent sur vos enquêtes mais aussi parfois sur vos méthodes de travail et, en ce début d’année, il semble intéressant de relayer leurs interrogations.

 

Quelle est la promesse de votre émission ?

On commence par la remarque de cet auditeur :« Où sont vos prétendus Secrets d’info ? Beaucoup de teasing avec pas mal de sous-entendus dans le ton employé comme dans les propos. Placer tout cela sous l’égide de prétendues révélations dénote pour moi une tendance à orienter le jugement dans un seul sens. »
Il n’y a pas de secrets révélés chaque semaine

La promesse c’est de faire des révélations : l’investigation par nature c’est ça. Aller chercher l’info cachée. Ce sont les portes que vous ouvrez alors qu’elles sont fermées. Une volonté de notre part d’aller chercher ces révélations, qui à priori n’ont pas vocation à être rendues publiques, pour déjouer les stratégies de communication. Cela ne marche pas à tous les coups. Le « secret d’info » ne réside pas que dans la révélation mais il est aussi dans le décryptage, la mise en perspective. Exemple avec l’enquête suivante sur l’Occitanie : Fusion des régions : le grand gaspillage
Mais on ne cherche jamais à faire le « buzz ».

Eviter les polémiques ? Pourquoi ?
« Dans vos enquêtes, il serait équitable de laisser un temps de parole à la partie adverse. Cela correspondrait à la crédibilité de votre mission et éviterait toute polémique ». (L’équité ne peut être confondue avec l’égalité.)

Pourquoi ne serait-elle pas salutaire ? À partir du moment où une information documentée démontre un certains nombre de faits, qui vont contrarier des intérêts quels qu’ils soient, cela dérange et suscite la polémique. Par nature, l’investigation ne doit pas avoir peur de la polémique. Lorsqu’on met en cause des gens, il est nécessaire de les informer. Personne n’est jamais pris en traître dans « Secrets d’info ». Nous leurs proposons de réagir soit au micro, soit par écrit.
Exemple avec cette enquête sur laquelle de nombreuses questions se sont posées :  Implant Files : la « Valeur en Santé », machine d’influence de Medtronic

 

Le choix des sujets ? 

Trois moyens pour déterminer les sujets sur lesquels on va enquêter :
L’actualité, les sujets traités dans les actualités à la radio, à la télévision, ces sujets au bout d’un moment disparaissent avant qu’on ait répondu à toutes les questions. Exemple avec le logiciel « Louvois »
Les lanceurs d’alerte, qui sont des sources et qui peuvent initier une enquête.
Il y a l’air du temps : partage d’idées, des échanges au sein de l’équipe. C’est ce qui s’est passé pour cette enquête sur la fusion des régions, comme pour l’enquête sur le « parti socialiste : les coulisses d’un naufrage ». Ou l’enquête sur la pédophilie dans l’Eglise : pourquoi une telle chape de plomb en France ?

 

Est-ce que vous répondez à des commandes ?

Non, ni de l’Elysée, ni de notre hiérarchie. Par contre, nous avons des propositions de collaboration du consortium de journalistes International (Consortium of Investigative Journalists) sur des sujets internationaux.

 

Quelle place accordez-vous au droit de suite ?

On vient d’en faire un par exemple sur les  Implant Files : la « Valeur en Santé », machine d’influence de Medtronic
Le rendez-vous avec la Médiatrice en est également un en donnant la parole aux auditeurs et en leur répondant une fois par mois.
On retrouvera un droit de suite également dans les journaux d’éléments qui auront été évoqués dans les enquêtes de « Secrets d’info ».