Retour sur les  les coulisses de la préparation de cette émission spéciale avec Guillaume Erner

 

On nous a proposé de retransmettre et d’animer ce grand débat entre l’Elysée et 65 intellectuels : Un certain nombre de règles ont été fixées avec Sandrine Treiner la directrice de France Culture notamment celle de prendre le dispositif tel qu’il était (sans négociation) et d’animer ce débat avec sobriété en surveillant la régulation de la parole. Résultat intéressant car Emmanuel Macron s’est exprimé sur de nombreux sujets (ISF, droits de succession, …). Ce n’était pas une opération de communication car on n’est pas obligé d’adhérer à ce qu’il dit sur l’Algérie par exemple.

Ecoutez l’intégralité de ce débat, en 4 parties

 

« Bien qu’il soit légitime de la part de France Culture de faire écho du grand débat avec des intellectuels, pourquoi y avoir consacré 3h30 d’émission spéciale ? »

Question de ce même auditeur : « Quelle légitimité Guillaume Erner avait-il à présenter ce débat? Pourquoi a-t-il accepté ? Notre Président lui a-t-il demandé ? Avait-il des consignes particulières ? » Un autre auditeur, Gérard se dit « consterné » je cite : « d’apprendre qu’un  « journaliste » de France Culture soit réduit à « servir la soupe » à un président de la République aux abois qui cherche à faire le buzz en convoquant quelques dizaines d’intellectuels à sa botte »
Et son message se poursuit de manière très critique : «   Quand la profession même de journaliste est  remise en cause par une part de plus en plus importante des citoyens, cela me semble déplorable et, au-delà de la personne même de Guillaume Erner, c’est la chaîne qui semble ainsi renouer avec la tradition de servilité par rapport au pouvoir politique. »
J’indique que la teneur de ce mail résume assez bien l’ensemble de ce que nous avons reçu .

Je n’ai pas « servi la soupe », mais nous avons fait entendre la parole du président, tout en respectant la parole des autres courants politiques (obligation du CSA).
Les auditeurs ont tous un libre arbitre, le fait de retransmettre cette parole ne conduit pas forcément à la victoire de la République en Marche.

 

La ligne éditoriale de France Culture

Pro Macron pour les uns, trop à gauche pour les autres. « La matinale de France Culture animée par Guillaume Erner ne pourrait elle pas adopter une ligne éditoriale plus neutre et moins marquée à gauche ? Une radio comme France Culture se doit d’être neutre et ne doit ressembler ni à Valeurs actuelles ni à Libération ou à l’Humanité. Les points de vue partisans devraient s’exprimer au travers de la diversité des invités , les commentaires de la rédaction étant assujettis à une stricte neutralité . » écrit Dominique

Le fait de me suspecter d’être trop à gauche, trop à droite, cela contribue à un effondrement du débat public car il y a de moins en moins de journaux partisans. Les auditeurs, aujourd’hui voudraient que leur radio soit conforme à leur opinion. Ils perdent de vue parfois ce qu’est le rôle d’un journaliste. Il est là pour être l’avocat du diable : face à un invité de gauche lui servir des arguments de droite et inversement. donc ce ne sont pas mes opinions qui sont professées mais les phrases que je juge nécessaires pour faire vivre le débat d’idées et de faire accoucher les idées de l’invité en intégrant les critiques. France Culture n’aime pas le clash et s’est donc le journaliste (animateur) qui joue ce rôle.

 

L’expression « une radio neutre » qu’est-ce que cela vous inspire ?

La neutralité je ne sais pas ce que c’est, en revanche l’honnêteté, je vois. C’est faire entendre les opinions, les plus larges possibles. Il y a sur France Culture un grand nombre de personnalités qui s’expriment, d’Alain Finkielkraut à Thomas Porcher, c’est le signe que nous ne sommes pas si partisans que cela.