Jean-Louis Bourlanges et le temps de parole

L'esprit public - France Culture

L'esprit public - France Culture

« Je ne comprends pas que vous retiriez la parole à Jean-Louis Bourlanges, excellent intervenant dans « L’Esprit public », tous les dimanches sur France Culture » « Pourquoi un tel acte de censure ? ». Des questions, des réactions parfois virulentes, le médiateur en a reçu beaucoup depuis l’annonce, dans l’émission dimanche dernier, du retrait de Jean-Louis Bourlanges, le temps de la campagne électorale.


Rappel des règles de la campagne électorale avec Michel Polacco, le Secrétaire général de l’information de Radio France, qui veille au respect des temps de parole politique sur toutes les antennes:

CSA

 

Rien ne prescrit le retrait de l’antenne d’un intervenant; en revanche, chaque antenne doit équilibrer à la seconde près les temps de parole des candidats (et de leurs soutiens)… Et c’est excessivement complexe pour une antenne composée principalement d’émissions: il faudrait équilibrer la parole de Jean-Louis Bourlanges, soutien d’Emmanuel Macron, par d’autres collaborateurs d’émission qui devraient être soutiens de Fillon, soutiens de Hamon, soutiens de Mélenchon, etc, etc. Impossible…

Les règles sont strictes (contrôle du CSA)

Jusqu’au 19 mars: équité.
A compter du 20 mars: équité et exposition comparable (dans les mêmes créneaux horaires)
A compter du 10 avril: égalité, exactement le même temps pour tous les candidats et tous leurs soutiens, dans les mêmes créneaux horaires.

Toutes les radios et télévisions sont soumises aux mêmes règles…
Sur Europe 1, par exemple, Daniel Cohn-Bendit, soutien d’Emmanuel Macron, va cesser ses interventions à compter du 10 avril, la période la plus complexe, la période d’égalité.
C’est la période d’équité qu’a choisie Jean-Louis Bourlanges, lui-même, pour se retirer de France Culture. Une question de règles à respecter, mais aussi d’éthique.

Si les équilibres ne sont pas respectés, quels sont les risques pour une chaîne ?
Les risques ne sont pas négligeables : les sanctions peuvent aller jusqu’à de lourdes amendes, la perte du droit de diffusion, et même, le risque d’annulation des élections sur décision de justice.

Radio France, groupe de service public, se doit évidemment d’être exemplaire.