Nicolas Demorand s’explique sur l’interview controversée de Me Dupond-Moretti

ERIC DUPONT MORETTI /FRANCE INTER

ERIC DUPONT MORETTI /FRANCE INTER

Des centaines de messages d’auditeurs reçus à la suite d’un invité… Il faut dire que l’invité n’était pas n’importe qui: Me Dupond-Moretti, avocat d’Abdelkader Merah.

Nicolas Demorand avait obtenu qu’il vienne dans son 7-9 dès le lendemain du verdict prononcé par la Cour d’Assises spéciale.
La très grande majorité des auditeurs qui ont écrit au Médiateur, n’ont pas compris l’acharnement du journaliste, contre Me Dupond-Moretti. Marie, par exemple, vous interroge : « Pourquoi êtes-vous tombé à ce point du côté du populisme, du voyeurisme, du lynchage médiatique ? Pourquoi une telle interview à charge contre Me Dupond-Moretti ? ».

Nicolas Demorand conteste chacun des mots de l’auditrice. Il est là pour faire entendre les souffrances des familles des victimes. C’est le travail du journaliste. Il rappelle que l’émission s’est déroulée dans les conditions du direct.

Pour rappel, la réponse de la directrice de France Inter aux auditeurs >>> réponse de Laurence Bloch

Un manque de distance dans cette interview de la part de Nicolas Demorand ?
Beaucoup d’auditeurs citent cette phrase sur le bébé assassiné par Merah  : « Enfin, vous avez défendu le frère d’un criminel qui a assassiné un tout petit enfant qui avait une tétine dans sa bouche… dans sa bouche ». En insistant, les auditeurs estiment que Nicolas Demorand a joué sur l’émotion et le voyeurisme. Perrine, par exemple,  écrit : « Je partage probablement les mêmes émotions que M. Demorand. Mais son rôle à lui est d’aider les auditeurs à enrichir leur réflexion. Pas à porter un jugement moral dépourvu de distance… ».

Le journaliste récuse le terme de populisme. Il n’a apporté aucun jugement moral, mais l’émotion des familles des victimes.

 

Pourquoi s’opposer au fait qu’un terroriste puisse être défendu ?
« Le droit à la défense est la base même de la démocratie », écrit Joëlle. Et Christian ajoute : « M. Demorand est l’un des rares journalistes qui fasse son métier avec compétence et honnêteté intellectuelle. Mais là, non… Tout accusé, quel qu’il soit, mérite un avocat qui le défende. C’est aux journalistes de le rappeler inlassablement. Il en va de la justice, cette justice qui nous éloigne de la vengeance et de la barbarie ».

Il ne conteste pas ce principe puisqu’il a reçu l’avocat.

 

Les réactions suscitées par un autre invité de la matinale de France Inter, Patrick Buisson
Homme de droite, très à droite, ses réponses ont énervé, notamment lorsqu’il vous dit : « En matière de terrorisme d’État, la Terreur, c’est nous qui l’avons inventée ». Et la question qui suit immanquablement, c’est : « Pourquoi invitez-vous ce genre de personnage ? ».

Nicolas Demorand a commencé son interview en contestant cette lecture de l’histoire. Y-aurait-il une liste d’invités à ne pas recevoir?, demande-t-il.

 

A propos du billet de 7h43 consacré à « L’hallucinante soirée anti-vaccins » durant laquelle d’anciens prestigieux médecins ont quelque peu « déraillé » à propos de la vaccination. Des auditeurs ont réagi, mais c’est justement le rôle des journalistes de rectifier les contre-vérités et les fausses informations…

Le Médiateur : « À propos des anti-vaccins et des contre-vérités, je voudrais aussi répondre aux nombreux auditeurs qui m’ont interpellé après les déclarations de la comédienne Audrey Dana dans l’émission de Nagui. Sans aucun argument, elle a affirmé que les vaccins étaient dangereux. Sa parole, évidemment, est libre ; mais il aurait fallu en effet corriger ses propos. »

Le 7h43, est un billet subjectif. Pour Nicolas Demorand, se faire vacciner, c’est protéger son prochain.

 

Dominique Seux, éditorialiste économique du 7-9 est également au micro du Médiateur
De nombreuses réactions ont suivi son édito consacré à la formation à l’informatique en France. Il y faisait l’éloge de l’Ecole 42, créée par Xavier Niel, et s’en prenait aux lourdeurs du système éducatif public qui, « n’a pas eu l’idée de lancer des formations en développement informatique ».

 Dans la précipitation de la matinale, Dominique Seux reconnaît s’être mal exprimé. Evidemment, l’université forme aussi de jeunes informaticiens.