La mesure d’audience : comment ça marche ?

Radio France réalise une saison record avec un nombre d’auditeurs jamais égalé, mais comment se mesurent ses audiences ? La mesure de l’audience est le nerf de la guerre pour créer un marché et des débouchés économiques à un média. Depuis longtemps, la radio dispose d’outils fiables. Sur le digital, les indicateurs sont désormais multiples,… Lire la suite

Plaisirs et découvertes pour l’été sur France Culture

Les programmes de l’été suscitent toujours beaucoup de réactions des auditeurs. Les uns sont heureux de faire de belles découvertes, quand d’autres protestent contre les rediffusions. Sandrine Treiner, directrice de France Culture, répond aux questions des auditeurs. Alors, allez-vous rendre les auditeurs de France Culture heureux cet été ? France Culture l’été, c’est France Culture… Lire la suite

franceinfo junior : l’importance de l’éducation aux médias

Pour lutter contre les fausses informations, certains semblent découvrir l’importance de l’éducation aux médias. Les plus jeunes peuvent être les plus influençables. Franceinfo a créé il y a déjà de nombreuses années franceinfo junior, diffusé l’après-midi. Comment une chaine d’info continue peut-elle s’intéresser à l’éducation aux médias ? Réponse avec Estelle Faure, qui prépare chaque jour… Lire la suite

Des sujets tabous dans « Questions d’Islam » sur France Culture ?

La religion reste un sujet difficile à aborder. Un sujet qui, pour le médiateur, suscite régulièrement des réactions d’auditeurs. Principalement à propos de la messe diffusée tous les dimanches ou de l’émission « Questions d’Islam ». Son producteur, Ghaleb Bencheikh, répond aux auditeurs.

 

 

La religion peut être un sujet clivant, mais sur France Culture, c’est surtout un sujet de connaissance. Pour cet auditeur, Fabien : « Quelle émission intéressante ! Même pour un néophyte comme moi… J’ai vraiment plaisir à découvrir d’autres pensées ». Et pour Françoise : « L’approche anthropologique et historique des intervenants qui peut se développer grâce à Ghaleb Bencheikh est passionnante pour l’agnostique que je suis ».

L’émission ne se veut pas une « crypto-catéchèse » uniquement destinée aux Musulmans. Elle est destinée à tout auditeur francophone intéressé par le fait religieux et en l’occurrence le fait islamique.

Comment est conçue l’émission ?

Cela couvre toute une gamme, de l’épouvante à la barbarie, la violence sacralisée et cela va crescendo jusqu’à la fine pointe du soufisme et de la spiritualité. Il y a surtout des approches civilisationnelles et culturelles ; jamais ou rarement, les aspects cultuels sont mis en avant.

Les émissions religieuses ne font que du prosélytisme ?
« Dans « Questions d’islam », écrit Jacques, l’intervenant tente de montrer l’avantage déterminant du soufisme sur la chrétienté. La radio n’est pas là pour faire l’apologie des croyances ».

Ce n’est pas une question religieuse que je produis. C’est avant tout, une émission de radio culturelle sous-tendue par le fait islamique dans toutes ses dimensions. Celles-ci couvrent toute une gamme allant depuis les considérations de violence terroriste abjecte jusqu’à la fine pointe de la spiritualité soufie, en effet. Les données théologiques y sont très parcimonieuses. C’est avant tout une émission qui met en exergue les aspects de l’Islam sur les plans civilisationnel et culturel, maintenant et à travers l’histoire. La question dite de « réforme ».

De nombreux invités religieux, dans l’émission ?

Sur 88 émissions déjà diffusées, il y a eu un imam pour venir parler de linguistique et un recteur de mosquée.

Des sujets tabous chez les Musulmans ?
Plusieurs auditeurs se sont étonnés que, dans votre émission consacrée à « La sexualité des musulmans », « rien, comme nous l’écrit Jacques, sur la sexualité féminine, ni sur le tabou de la virginité ». Et Daniel s’étonne que vous n’ayez pas abordé un autre « tabou chez les Musulmans », l’homosexualité.

Aucun sujet n’est tabou, il suffit simplement de trouver les bons intervenants pour l’aborder sérieusement et avec compétence et notamment avec une sexologue (émission à venir)

Une auditrice, Corinne, qualifie Ghaleb Bencheikh de « musulman ouvert », mais s’inquiète de savoir comment il est considéré dans, nous dit-elle, « votre communauté pas toujours très progressiste, notamment avec les femmes »

Ce n’est pas le « musulman » qui s’adresse aux auditeurs profitant de l’antenne pour asséner ses vérités. C’est tout simplement le « médiateur » laïque assurant le lien – par ses questions –  entre les intervenants et les auditeurs. Dans cette affaire, je ne suis pas un clerc ni un religieux qui plaide une cause pro domo et sur le service public de surcroît.
Je n’ai pas d’autres communautés que la communauté française. Je fais partie de la communauté française. Je suis quelqu’un qui explique. Analyser n’est pas excuser.

 

Retrouvez Questions d’Islam tous les dimanches de 7h05 à 8h sur France Culture.

L’économie est-elle Culture ?

Quel rapport entre l’économie et la culture ? Pour certains auditeurs, l’économie n’aurait pas sa place sur une chaîne culturelle. D’autres, en revanche, plébiscitent l’émission lancée en septembre dernier sur France Culture « Entendez-vous l’éco ? » par Maylis Besserie.

Pourquoi l’économie n’aurait-elle pas sa place sur France Culture ?

Pour certains auditeurs, l’économie serait presque un gros mot qui n’aurait pas sa place dans un contexte culturel. Pour Paul, par exemple, « nous ne venons pas pour entendre parler de fric, de crise, de sujets sociétaux ; nous venons entendre de la poésie, de la littérature inconnue, de la philo, de l’Histoire ». Pourquoi l’économie n’aurait-elle pas sa place sur France Culture …

L’économie est aussi une science sociale. En tant que science du savoir elle a sa place sur France Culture. Elle permet aussi de donner des clés pour comprendre l’actualité et le monde : tout dépend de la manière dont on le fait. La particularité d’une émission d’économie sur France Culture, c’est de croiser cette science avec d’autres supports : l’Histoire, la philosophie. C’est regarder l’économie du cinéma, de la littérature : c’est la particularité de la chaîne.

L’économie est-elle culturelle ?

L’économie entre dans une culture générale. C’est aussi se cultiver et en apprendre plus sur le monde.

Cette émission propose une approche pédagogique, explicative pour toucher le plus grand nombre. Comment faites-vous pour rendre des sujets, parfois complexes, abordables par tous ?

Le langage de la science économique est complexe. Il y a donc un travail de décryptage, c’est la mission du service public de rendre accessible la compréhension. Ça n’empêche pas un certain niveau d’exigence. Les invités sont des universitaires, des pointures dans leurs domaines.

Des auditeurs l’ont bien compris, comme Mireille « Merci, écrit-elle, pour cette excellente émission sur l’économie qui invite des spécialistes de niveau universitaire et qui sait établir des liens avec la philosophie, l’Histoire, etc. Je recommande votre émission à mes étudiants». Que pouvez-vous leur apporter ?

Les théories économiques sont des manières de voir le système économique en le reliant à tout. C’est un système global qui permet de convoquer toutes les autres disciplines de la pensée.

Retrouvez Maylis Besserie du lundi au jeudi de 14h à 15h.

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Macron-Trump : les coulisses d’un voyage officiel

Alors qu’Emmanuel Macron et Donald Trump s’opposent sur de nombreux dossiers, leur rencontre amicale a été l’un des événements importants de cette semaine. Un événement que les auditeurs ont pu suivre sur franceinfo grâce aux envoyés spéciaux de la radio et, notamment, au correspondant permanent aux États-Unis, Grégory Philipps. Comment les journalistes suivent-ils ce type de… Lire la suite

L’audience radio : intérêt ? fiabilité ? prospective ?

Jeudi était un jour très attendu par toutes les radios. Le jour où sont révélées par Médiamétrie les audiences du premier trimestre. Franceinfo sait ainsi qu’elle reste la 4ème radio la plus écoutée avec plus de 4 millions 500 mille auditeurs chaque jour. Mais pourquoi cette excitation tous les trimestres ? A quoi sert ce baromètre ? nous demandent des auditeurs.

Pour leur répondre, Emmanuelle Henry, directrice des études de Radio France, avec le médiateur.

 

 

Pourquoi est-il si important de connaitre l’audience ?

Lors des précédents résultats d’audiences, en janvier, Guillaume, un auditeur se demandait : « Pourquoi nous donnez-vous régulièrement votre audimat, comme si c’était une victoire ? Quelle importance cela peut-il bien avoir ? ».

Juste une précision : l’audimat, c’est à la télévision; en radio, on parle de la « 126 000 » (126 000 interviews par an). C’est surtout utile pour les radios privées: tout leur modèle économique repose sur ces audiences dont dépendent les tarifs de la publicité. C’est très important tout de même pour le service public, puisqu’une des missions de Radio France est de proposer des programmes de qualité au plus grand nombre. Pour les journalistes et producteurs, il est très important de connaître ces audiences et la popularité des émissions.

 

Concernant franceinfo, qu’apprend-on de particulier ?

Franceinfo, c’est plus de 4 millions 500 mille auditeurs chaque jour. Chaque auditeur écoute la chaîne en moyenne 1 heure par jour. Franceinfo se positionne 4ème radio nationale.

 

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En sait-on plus sur l’auditeur-type de franceinfo ?

Ce sont beaucoup d’auditeurs « actifs », beaucoup de personnes en activité professionnelle qui se lèvent tôt le matin: pour franceinfo, le pic d’écoute est à 7 h du matin (8h pour la plupart des radios), ce qui explique le succès de la matinale. L’auditeur de la chaîne a en moyenne 54 ans (plus jeune que la moyenne des radios généralistes qui comptent plus de retraités) et il y a 60 % d’hommes et 40 % de femmes. Ce n’est pas une radio de niche. Elle est proche de la sociologie de la population française.


Comment sont réalisées les études d’audience. Et sont-elles fiables ?

C’est très différent de l’audimat qui concerne la télévision. En  radio, ce sont 126 000 personnes (représentatives de la population de plus de 13 ans) interrogées chaque année par Médiamétrie, soit environ  500 par jour. On leur demande « quelle radio avez-vous écoutée quart d’heure par quart d’heure sur les 24 dernières heures?

 

Au fil des résultats Médiamétrie, se dessine une évolution de l’écoute radio. L’auditeur de franceinfo change-t-il ses habitudes ?

Il y a une stabilité sur l’écoute du matin et l’écoute en voiture. Mais internet bouscule tout. Les audiences des sites et applications sont en très forte progression : 20 millions de personnes vont chaque mois sur le site ou l’application. Franceinfo est ainsi la deuxième marque d’actualité sur le numérique. Il y a également les nouveaux modes d’écoute, avec notamment les enceintes connectées (par exemple Google home).  10 % de l’écoute se fait sur d’autres supports (smartphone par exemple) que la traditionnelle radio.

 

Pour aller plus loin: Comment calcule-t-on l’audience de Radio France ?

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Travail difficile et dangereux pour les journalistes à Notre-Dame des Landes

Les journalistes ont dû affronter cette semaine les violences à Notre-Dame des Landes entre gendarmes et zadistes. Une situation parfois dangereuse et difficile pour réaliser des reportages. Plusieurs auditeurs ont réagi. Grégoire Lecalot, un des envoyés spéciaux de franceinfo, répond au médiateur.

 

 

Des auditeurs vous reprochent de n’avoir interrogé que des zadistes. Pour Jean-Pierre, « vous n’avez donné la parole qu’à des zadistes, présentés comme de pauvres victimes de méchants militaires ». Que dites-vous ?

C’est peut-être le ressenti de certains auditeurs, mais, non, nous n’avons jamais présenté les zadistes comme des victimes; nous avons décrit exactement la situation, précisant que les zadistes étaient équipés de cocktails Molotov, de pierres, etc. Nous avons également diffusé des interviews de la préfète et de la porte-parole de la Gendarmerie. Enfin, nous avons fait un reportage sur le travail agricole des zadistes. Notre rôle n’était pas de prendre parti.

Avec Farida Nouar, autre envoyée spéciale, vous avez travaillé dans des conditions difficiles. Pour beaucoup d’auditeurs, vous avez fait d’excellents reportages dans des conditions dangereuses. Comment avez-vous pu vous rendre sur la ZAD ? On disait que les gendarmes bloquaient tout accès…

C’est vrai que les gendarmes filtraient, mais  nous avons toujours pu passer sans difficultés particulières; parfois en arrivant très tôt sur le terrain.

Côté zadistes, il semblerait que plusieurs d’entre eux s’en prenaient aux journalistes.

« S’en prenaient », non, pas vraiment. Il est vrai que nous avons pu avoir des discussions parfois vives avec eux, mais pas de blocage dans notre travail. Les zadistes, vivant sur place, avaient plutôt une volonté de transparence, en nous montrant notamment leurs réalisations.

Finalement, vous vous êtes souvent retrouvés pris entre les deux lignes de front, donc au milieu des gaz, des cocktails molotov et des jets de pierres. Vous avez même reçu un objet sur le nez… Comment travaille-t-on dans ces conditions ?

Il faut être très vigilant, notamment par rapport aux objets envoyés de part et d’autre. Normalement, nous sommes identifiables par notre matériel, mais, parfois, il vaut mieux se retirer pour ne pas s’exposer inutilement.

 

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Le succès de la philosophie sur les ondes de France Culture

La philosophie, ce n’est pas forcément le thème le plus excitant, le plus glamour, ni le plus populaire. Mais à France Culture, Adèle Van Reeth et ses Chemins de la philosophie, chaque jour à 10h, recueillent tous les suffrages. Ses podcasts battent tous les records. Le médiateur reçoit majoritairement des messages positifs et cela fait plaisir. Comment… Lire la suite

Les journalistes et l’usage de la langue française ?

Si l’on en croit certains auditeurs qui écrivent au médiateur, les journalistes parlent mal le français et utilisent trop d’anglicismes. Profitons de cette Semaine de la langue française et de la francophonie pour faire le point en compagnie de Loïc Depecker, délégué général à la langue française et aux langues de France ()

 

Les messages concernant le mauvais usage du français sont nombreux. Estimez-vous que les journalistes s’expriment mal ?

Dans l’ensemble non, chacun fait son métier excellemment. Dans le flot du dialogue et du direct, on peut avoir la tentation d’aller un peu au-delà des règles du français.

Durant cette semaine de la langue française et de la francophonie, des auditeurs  ont fait quelques remarques :

Un journaliste a dit : « Cela s’est avéré faux ». Faute ?

Ce n’est pas une faute, car on a constaté que c’était faux. On l’a constaté par des faits, par des correspondances entre plusieurs informations. C’est un paradoxe de la pensée. « Cela s’est avéré faux », cela veut dire c’est vrai : c’est vrai que c’est faux !

Un autre a dit : « Les un an de cette société ». Faute ?

Non, ça ne se dit pas. Il vaudrait mieux dire le « premier anniversaire » de cette société.

Un autre a parlé des « scenarii ». Faute ?

C’est une faute, plus forte que les autres. On dit des scénarios, puisque la règle générale du français, c’est d’intégrer les mots étrangers, le plus possible, et également les mots latins (considérés encore comme des mots étrangers). Ce terme a été francisé.

Les anglicismes

Des auditeurs nous reprochent d’utiliser des mots comme « fake news », « bashing », « buzz », « master class », « burn out », « biopic ». Or, il est difficile de changer quand le mot a été adopté par la langue commune.

Ces termes ont été traités par la Délégation Générale à la Langue Française, au Ministère de la Culture. Par exemple pour « master class », la « classe de maître », employé sur France musique récemment. Il y a des radios qui respectent fortement le français. Le  « burn out » a également été traité : l’épuisement au travail qui est beaucoup plus compréhensible pour l’ensemble des auditeurs que « burn out »; « biopic » ne veut rien dire, traduit par « bio film », qui permet de montrer que c’est un film qui fait la biographie d’un personnage important.

Dans ce contexte, à retrouver les vidéos du médiateur « Le sens des mots ». Des mots de l’actualité ou des médias sont expliqués par des linguistes ou des spécialistes.

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La francisation de ces mots donne parfois des expressions étonnantes. Prenons smartphone. Les directives gouvernementales ont suggéré « ordiphone » ; cela n’a pas marché. Aujourd’hui, on nous propose « mobile multifonction ». Qui va utiliser cette expression ?

Les gens diront plutôt « mobile ».

Le « DJ » d’une boite de nuit devrait s’appeler un « platiniste ». Comment ces choix sont-ils effectués?

Le français est plus élégant, c’est pourquoi certains DJ aiment à s’appeler « platinistes »

On parlait de « boîte de nuit ». À une époque, on disait « nightclub ». Cet anglicisme a disparu ?

Cela fait ancien et vieillot. Beaucoup d’anglicismes ont disparu, comme speakerine, brushing. La langue est une question de mode.

Il y a quelques jours, les médiateurs francophones ne sont réunis. Ils sont tous confrontés au bon usage du français. Mais contrairement aux Québécois, par exemple, nous sommes plombés par la lenteur et le peu de réactivité de l’Académie française. Ce qui fait que le mot anglais s’impose rapidement.

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Il s’impose ou il disparaît. Les journalistes québécois sont plus organisés que les journalistes français ou européens, dans la mesure où ils ont des associations qui travaillent ensemble, afin que les nouveaux termes soient diffusés rapidement sur les radios et télévisions.

Loïc Depecker en appelle aux journalistes pour aider la à trouver les bons mots et les bonnes formules.