Le Label Diversité décerné à Radio France, par l’Afnor

Une reconnaissance de l’engagement collectif de Radio France et de sa politique diversité

 Premier média de service public à avoir obtenu le Label Diversité en 2013, Radio France est engagé dans une dynamique de progrès continu en faveur de la diversité et de l’égalité des chances.

 

Le renouvellement de ce label le mardi 10 juillet 2018 a fait l’objet d’un audit mené au printemps par l’Afnor sur les pratiques de Radio France à Paris et en régions. Il a été décerné pour une durée de quatre ans à Radio France après avis favorable à l’unanimité de la commission nationale de labellisation. Cette commission associe des représentants de l’Etat, des représentants d’organisations syndicales de salariés, d’employeurs, ainsi que de l’Association nationale des Directeurs de ressources humaines (ANDRH).

 

Le Label Diversité est un levier essentiel pour inscrire dans le long terme les engagements de Radio France en faveur de la diversité. Son renouvellement souligne un engagement toujours plus important de l’entreprise et une amélioration continue de sa politique Diversité. Cette politique, partagée à tous les niveaux de l’entreprise, s’articule autour de quatre axes prioritaires : l’égalité femmes / hommes, l’emploi et l’intégration des personnes en situation de handicap, la diversité des origines et l’équilibre intergénérationnel. Radio France développera ces champs d’actions d’ici la fin de l’année 2018 en agissant sur un 5e thème : celui de l’inclusion des personnes LGBT dans le monde du travail.

La commission de labellisation a mis en lumière l’efficacité des actions mises en œuvre par Radio France dans ces domaines.

« En tant qu’entreprise de service public, Radio France a un devoir d’exemplarité dans la lutte contre toute forme de discrimination. Le renouvellement du Label Diversité prouve que nous sommes désormais identifiés comme un acteur important de la cohésion sociale et vient ainsi conforter l’engagement quotidien des collaboratrices et collaborateurs de Radio France en faveur de la diversité. Nos actions ont vocation à être renforcées encore ces prochaines années. », précise Sibyle Veil.

La commission de labellisation s’est également déclarée favorable à une candidature de Radio France au Label Egalité professionnelle qui permettra à Radio France de souligner encore davantage son engagement et de structurer ses actions.

Celles-ci continueront à être coordonnées par le Comité diversité et citoyenneté, présidé par Bérénice Ravache et composé de représentants de toutes les directions de l’entreprise, en lien étroit avec Sophie Coudreuse, déléguée à l’Egalité des chances, Véronique Vone, chargée de mission handicap et diversité, ainsi qu’avec l’ensemble des référents et correspondants diversité et handicap de Radio France.

 

Sexisme, parité, misogynie : Radio France et ses auditeurs très vigilants
Réécoutez Bérénice Ravache au micro du Médiateur

 

 

 

Trop de sport ? Mais pas assez de sport féminin sur Franceinfo ?

Le sport est un sujet ô combien clivant qui suscite toujours autant de réactions des auditeurs. Elles pourraient d’ailleurs augmenter d’ici peu avec la Coupe du monde de football qui débute dans deux semaines. Pour en parler,  Thierry Terret, historien et sociologue du sport. (historien et sociologue du sport, par ailleurs délégué ministériel aux JO 2024 de Paris.)

 

 

De nombreuses réactions d’auditeurs notamment lorsque de grands événements sportifs occupent l’antenne. Ça été le cas lors des spéciales de franceinfo le jour de la finale de la Ligue Europa de football, OM-Atlético de Madrid.

« Pourquoi autant de place pour le sport, et principalement le foot, nous écrit Julien, alors que nous voulons de vraies informations sur l’actualité ? ». Le foot, devenu spectacle, ne serait plus de l’information ?

La relation entre sport et média est bien réelle. Le développement du sport à la fin du 19ème/début 20 ème, est en partie dû aux initiatives de la presse qui crée le spectacle sportif. Cela ne s’est pas démenti depuis. Le sport est un phénomène de société. Le football, le premier des sports pratiqués, est omniprésent à la télé et à la radio, cela relève de l’actualité sportive mais aussi parfois de l’actualité politique, économique ou pénale ou relevant des faits divers. Des succès médiatiques liés à l’attente des résultats d’un match et les mécanismes d’identification des téléspectateurs ou auditeurs aux joueurs ou aux équipes.

Sur les antennes, le football représente un vrai clivage entre les passionnés et ceux qui n’apprécient pas.
Et ce sont toujours les passionnés qui gagnent… C’est une question d’audience ?

 

 

Les audiences et les financements qui vont avec sont extrêmement importants comme le confirme la guerre commerciale récurrente qui oppose les médias à chaque renégociation des droits de retransmission. Mais il ne faut réduire le sport à cela, le spectacle sportif génère de l’émotion individuelle ou collective.

Pour des auditeurs, le sport-spectacle, comme le foot, c’est la vieille notion romaine « Du pain et des jeux » pour le défoulement des masses. Qu’en dit l’historien du sport ?

La capacité du spectacle sportif à focaliser l’attention, à être un opium du peuple a été théorisé en sociologie.

Le langage guerrier des journalistes sportifs
Beaucoup d’auditeurs se plaignent du langage guerrier des journalistes sportifs, alors que, nous écrit Adèle : « Le sport devrait véhiculer d’autres types de valeurs ».

Le langage des journalistes épouse souvent les modalités des différents sports qu’ils commentent : plus poétique pour le patinage artistique, davantage portée sur la souffrance physique pour le cyclisme sur route, focalisé sur la rivalité dans les sports collectifs. Les auditeurs ont raison sur un point : les vertus éducatives du sport, à combiner excellence, amitié et respect. Tout cela est singulièrement absent des commentaires.

 

Le sport féminin.
Le service des sports de Radio France s’énerve quand on lance le débat. Mais beaucoup d’auditeurs – et pas que des auditrices – estiment qu’il est peu présent sur nos antennes, malgré de beaux parcours des équipes de France féminines de foot et de rugby. Ce message d’un enseignant m’a beaucoup marqué : « Pas étonnant que des élèves de 6ème, dans le cadre d’une séance sur l’égalité filles-garçons, me disent que le sport, c’est pour les garçons ! Entendre cela au XXIème siècle ! ». Et il conclut : « Faites quelque chose pour le sport au féminin ! ». De fait, en France, les médias sont loin de la parité dans le traitement du sport…

Toutes les études convergents les mêmes conclusions : la place des sportives dans les médias est plus faible que celle des sportifs. Elles sont moins interviewées et font davantage l’objet de commentaires sur leur physique. La situation cependant s’améliore, en 2012 selon le CSA la présence des femmes dans les retransmissions sportives était de 7 % et aujourd’hui de 16 à 20 %. La coupe du monde féminine France/Allemagne en 2015 regardée par plus de 4 millions de téléspectateurs.

L’histoire du football en Europe est une histoire masculine contrairement à l’Amérique du Nord.

 

Radio France soutient « Sport féminin toujours »

Sport féminin toujours les 10 et 11 février 2018 sur les antennes de Radio France
Sport féminin toujours les 10 et 11 février 2018 sur les antennes de Radio France

 

parité, invité

La place des femmes sur franceinfo : des auditeurs vigilants

La place des femmes sur nos antennes, voilà un sujet qui, suscite un bon nombre de messages de nos auditeurs. Après la Journée internationale des droits des femmes – le jeudi 8 mars -, le Médiateur fait le point avec Bérénice Ravache, directrice de la radio FIP, et aussi présidente du Comité diversité de Radio France.

La parité 

« Pourquoi dans l’émission « Les Informés de franceinfo » entend-on si peu de femmes ? Cela ne semble choquer personne », nous écrit Géraldine. Quand j’interpelle les directeurs de rédaction des différentes chaines sur ce sujet, ils me répondent qu’il est difficile d’inviter une femme pour parler de sujets différents dans une même émission.

Il y a deux phénomènes : les journalistes et producteurs se tournent vers des personnalités qu’ils connaissent et ce sont souvent des hommes. En 2015 Radio France a noué un partenariat avec le site expertes.fr pour donner l’accès au personnel d’antennes à un carnet d’adresses de 3000 femmes expertes dans des domaines différents.
Dans l’émission « Les informés » il y a un autre phénomène, celui de l’auto-censure des femmes, qui considèrent qu’elles ne peuvent parler des sujets qu’elles maîtrisent complètement.

D’une manière générale, à propos de la parité des invités, Radio France s’était engagée activement à améliorer la situation. Qu’en est-il ?

Les efforts fait par Radio France commencent à payer. En 2017, la place des femmes sur l’ensemble des antennes du groupe est de 39 %, pour franceinfo on est à 35 %, ce qui représente tout de même une progression de 26 % par rapport à 2016.

Sexisme ordinaire

Il y a aussi toutes ces remarques qui s’apparentent à du « sexisme ordinaire » et que les auditeurs – vigilants – nous signalent. Ce présentateur qui évoque son homologue de la télé qu’il aimerait rencontrer pour son physique avenant. Cette phrase d’un autre temps : « Nathalie Baye lui a donné une fille ». Ou cette habitude d’appeler les personnalités femmes par leur prénom : Brigitte, Ségolène, Hillary, mais évidemment pas Emmanuel ou Donald.
Les remarques des auditeurs aident-elles dans l’action du comité diversité  ?

Le retour des auditeurs est précieux. C’est pour cela que le comité diversité a souhaité la présence de Bruno Denaes à ses côtés. C’est efficace pour faire évoluer les mentalités.

Le sport au féminin…

… et sa très faible présence sur nos antennes.
Dernier exemple en date. « Vous ne cessez de parler des rugbymen français, nous reproche Julien. Pourtant, ils accumulent les mauvais scores. L’équipe féminine, elle, enchaine les victoires ; vous n’en parlez pas et vous oubliez même de donner ses résultats ».

Le traitement du sport au féminin est le même dans tous les médias : il y a du travail… Si on avait traité les résultats du tournoi des 6 Nations le 3 février avec la victoires des françaises.

 

Radio France soutient « Sport féminin toujours »

Le comité diversité a d’ailleurs fait réaliser une étude sur la perception de la diversité  sur nos antennes. Comment se positionne France Info ?

France Info s’adresse à tous. Elle contribue au pluralisme des opinions et des idées. 63 % des auditeurs que la parité y est respectée. S’agissant de lutte contre le sexisme, ils considèrent à 64 % qu’elle est bien traitée. Quant au sport, il est insuffisamment sur cette chaîne.

 

La lutte contre les stéréotypes sexistes grâce à nos auditeurs

Nos antennes ne sont certainement pas les pires en matière de stéréotypes sexistes ou de manque de parité. Mais on y trouve de temps à autre ce que l’on pourrait qualifier de « sexisme ordinaire ». Un « bon » mot, une formule « choc », un titre simpliste… Il y a aussi ces émissions monopolisées par des « spécialistes » masculins. Autant d’anomalies… Lire la suite

France Culture : qu’en est-il de la parité femme-homme et du sexisme ?

Jeudi  8 mars, ce sera la Journée internationale des droits des femmes.
Les auditeurs sont nombreux à être très vigilants sur la place des femmes sur nos antennes.

C’est donc l’occasion de faire le point avec Bérénice Ravache, directrice de la radio FIP, mais surtout en ce qui nous concerne aujourd’hui, présidente du Comité diversité de Radio France.


La parité dans les émissions politiques

« Sans même parler de parité, serait-il possible d’être juste un peu attentif aux invités ? J’écoute en ce moment France Culture, une émission politique : trois hommes invités, pas une seule femme. Peut-on imaginer l’inverse : trois femmes, pas d’homme ? Non. Mais pourquoi ? », demande Corinne.

Radio France est très attentive à la question de la parité des invités. L’objectif est d’être à l’image de la société : 50% de femmes et 50% d’hommes

Les experts/expertes à l’antenne

Jacqueline, fait ce constat : « Pourquoi entendons-nous si peu de femmes ? Ce sont souvent des experts (hommes), et d’ailleurs, souvent les mêmes. N’y a-t-il point de femmes chercheuses pouvant intervenir sur vos sujets ? ». Difficile d’inviter des femmes ?

Il y a deux phénomènes : Il y a tout simplement un réflexe qui consiste à inviter des personnalités connues qui sont principalement des hommes. Signalons que Radio France a contribué à la naissance d’un site spécialisé destiné à faire connaitre aux médias des femmes spécialistes dans de multiples domaines (3000 femmes expertes dans le monde) : expertes.fr
Le second phénomène est l’auto-censure des femmes elles-mêmes. Il faut lutter contre ce phénomène dès le plus jeune âge. Radio France a noué un partenariat avec l’association « Capital Filles ».

A Radio France de gros progrès ont été accomplis  en 2017 : la place des femmes a progressé de 20,9 %. Sur France Culture, la présence les femmes (journalistes, invitées… ) a progressé de 43 %.

 

Le sexisme ordinaire 

Les auditeurs sont également très vigilants à ce sujet. Quelques exemples… Paul nous rappelle cette présentation de Jean d’Ormesson : « Il aimait les cravates et les femmes ». Et Paul ajoute : « J’en ai conclu que les femmes étaient également des objets ». Caroline demande aussi d’oser parler de « féminicide » et non de « drame familial » ou de « crime passionnel », « les meurtres et les violences faites aux femmes, précise-t-elle, n’ont rien de romantique ». Il y a aussi Patrick : « Vous parlez de « Brigitte », de « Ségolène », alors que jamais vous ne dites Emmanuel, François ou Donald en oubliant leur nom ». Les remarques des auditeurs aident-elles dans l’action du comité diversité  ?

Le retour des auditeurs est précieux. C’est pour cela que le comité diversité a souhaité la présence de Bruno Denaes à ses côtés. C’est efficace pour faire évoluer les mentalités.

 

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Le comité diversité a d’ailleurs fait réaliser une étude sur la perception de la diversité  sur nos antennes. Comment se positionne France Culture ?

France Culture est très valorisée sur le pluralisme des opinions exprimées. La représentation des réalités diverses de la société est très forte sur cette antenne. La parité bien respectée à 71 %.

 

Egalité femmes – hommes : sommes-nous entrés dans une nouvelle ère ?
Journée internationale des droits des femmes : le jeudi 08 mars 2018 dès 7h sur France Culture
Dans un contexte de libération de la parole des femmes partout dans le monde, de la revendication de l’égalité femmes-hommes… les droits des femmes sont aujourd’hui d’une actualité brûlante. France Culture célèbre la journée internationale des droits des femmes le jeudi 8 mars aux micros de Guillaume Erner, Olivia Gesbert, Hervé Gardette, Emmanuel Laurentin et Marie Richeux.

 

Radio France soutient « Sport féminin toujours »

Pour cette nouvelle édition, Radio France conjugue le sport au féminin en soutenant l’événement « Sport féminin toujours », en association avec le Ministère des Sports, le Secrétariat d’Etat chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes, et le Comité national olympique et sportif français (CNOSF). L’objectif de cet événement, organisé cette année les 10 et 11… Lire la suite

diversité, exisme, machisme, rendez-vous du médiateur

Accessibilité de la radio aux personnes sourdes et malentendantes

Si la radio est le média le plus inaccessible aux personnes sourdes ou malentendantes, la diffusion en ligne des programmes, parfois accompagnée de la vidéo en studio, et leur disponibilité en podcast, sont un vrai levier pour développer leur accessibilité. À l’initiative de la Mission Handicap, Radio France a donné un coup de projecteur -durant toute la SEPH… Lire la suite

diversité, exisme, machisme, rendez-vous du médiateur

Sexisme et machisme « ordinaires »

Sexisme, parité, misogynie, les auditeurs sont très vigilants à toutes ces questions. Encore plus depuis le début de l’affaire Weinstein, du nom de ce producteur d’Hollywood accusé par des actrices de harcèlements sexuels et de viols. Cette affaire a libéré la parole de nombreuses femmes victimes, elles aussi, de harcèlements et de sexisme. 

Bérénice Ravache, présidente du Comité Diversité et directrice de FIP,  est l’invitée du médiateur et répond aux remarques des auditeurs.

 

Un producteur de France Inter qui se réjouit de la rentrée, et dit « cela va permettre aux mamans d’écouter mon émission ». Réaction outrée d’une auditrice : « Evidemment, les mamans, après avoir déposé les enfants à l’école, n’ont rien d’autre à faire à part écouter la radio et faire un peu de ménage en attendant que leur mari rentre à la maison ».

« Cela montre bien qu’il reste beaucoup de travail à accomplir sur les stéréotypes et des préjugés ! », commente Bérénice Ravache.

Un autre producteur présente son invité – un acteur – en évoquant un membre féminin de son équipe, « Aujourd’hui, elle porte sa plus belle salopette. Elle transpire énormément ; la vitre du studio est couverte de buée ». Réaction d’une auditrice : « Je suis révoltée et humiliée. Je trouve dramatique qu’on en soit encore là en 2017 ! ».

« Je ne sais pas si on peut parler de machisme ou de sexisme dans ce cas particulier. Cette réflexion a pu mettre mal à l’aise la collaboratrice, donc c’est déplacé ! Cependant, il s’agissait, pour le producteur, surtout de faire un compliment à l’invité. Ce qu’il aurait aussi bien fait si les sexes avaient été inversés. Auquel cas, d’ailleurs, les auditeurs auraient probablement relevé le fait que le producteur fasse une appréciation sur le physique de l’invitée… »

Où se trouve la limite entre humour, second degré et sexisme ?

« La loi est très précise à ce sujet. Le code du travail définit l’agissement sexiste: « Tout agissement lié au sexe d’une personne ayant pour effet ou objet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile ou dégradant, humiliant ou offensant … ».

Dans l’émission de Nagui, la semaine dernière, Gérard Depardieu se vantait d’avoir présenté – comme il le dit – « des gamines à des soldats américains« . Nagui a réagi. Cependant, ces propos sont une bonne illustration du machisme et du sexisme ordinaires. On le retrouve également dans des formulations telles que  « L’actrice s’est fait violer ». Annie nous écrit : « Cette expression semble aussi banale que si vous disiez « Elle s’est fait coiffer », avec le fait d’induire une volonté. Non, on dit : « Cette actrice a été violée ». Y a-t-il des fondamentaux à revoir ?

« Oui, on est face à un problème que jusqu’ici on semblait ignorer et qui explose avec l’affaire Weinstein. Je pense néanmoins que le problème ne se situe pas là où le place l’auditrice. Il faut veiller aux bonnes formulations; mais, le problème est trop énorme pour s’attacher d’abord à des formulations. »

Deux autres points énervent un grand nombre d’auditeurs et d’auditrices. D’abord, les différences d’âges critiquées, par exemple dans le couple Macron, pourtant identique, mais inverse, au couple Trump dont on a peu parlé. Ensuite, il y a cette propension à nommer à l’antenne les femmes par leur prénom, alors que l’on cite le nom de famille des hommes.

« C’est extrêmement choquant et ça signifie énormément de choses. Concernant l’âge, ça révèle une image des femmes comme objet de consommation sexuelle. Concernant les prénoms, c’est une façon de diminuer la place des femmes. »

Que peut-on faire contre ce sexisme ou ce machisme au quotidien ?

« D’abord il faut encourager les hommes à voir le ridicule de vouloir montrer la légitimité de leur domination, ainsi que le fait qu’ils se dévalorisent par cette façon d’agir. L’affaire Weinstein permet de mettre cet effet en lumière et de montrer ce problème qui constitue le premier de tous les racismes, qui précède et fonde tous les autres, raison pour laquelle il est si invisible. A Radio France, qui a un devoir d’exemplarité, est mis en place une série d’actions de sensibilisation des salariés aux stéréotypes, afin de les réduire dans l’entreprise et d’éviter de les véhiculer à l’antenne ».

Il y a un reproche qui est fait régulièrement, c’est le manque de parité femmes/hommes parmi les invités politiques, les spécialistes et les experts.

« C’est un aspect mis en avant dans le rapport Grésy, sur lequel se sont fondé toutes les actions sur la place des femmes à l’antenne. C’est plus facile pour les producteurs d’inviter des personnes qu’ils connaissent, donc un peu toujours les mêmes, et ces « mêmes » sont des majoritairement des hommes. Par ailleurs, les femmes ont tendance à s’autocensurer. Le Comité diversité donne des outils pour y remédier. En partenariat avec le groupe Egaé, Radio France a développer le site Expertes qui recense les femmes expertes qui ont été coachées pour passer à l’antenne. Matthieu Gallet, PDG de Radio France, s’est engagé à augmenter chaque année de 5% le nombre de femmes sur les antennes. On voit des progrès, de 28% en 2015, on est passé à 33% en 2016.

Ça avance ! »

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Sexisme sur les antennes

Les médias français sont-ils sexistes ? Quelle est la place des femmes sur les écrans et bien sûr à la radio  ?  Questions posées par les auditeurs de franceinfo après l’onde de choc de l’affaire Weinstein…
L’Affaire Weinstein du nom de ce producteur d’Hollywood accusé par des actrices de harcèlements sexuels et de viols, a libéré la parole de nombreuses femmes victimes, elles aussi, de harcèlements et de sexisme. Pour en parler Bérénice Ravache, présidente du Comité diversité de Radio France et directrice de FIP.

 

 

En quantifiant les messages envoyés par les auditeurs dans le domaine que l’on peut qualifier de « diversité », on releve que quatre messages sur 10 concernent le sexisme et la parité femmes/hommes. On atteint même les 6 sur 10, si on inclut les messages concernant le sport et la faible place laissée aux sports féminins.

Les auditrices, mais aussi des auditeurs, nous font régulièrement des remarques, comme celle de Régine. « En pleine affaire Weinstein, nous écrit-elle, comment votre animateur peut-il s’autoriser à faire un commentaire déplacé sur une présentatrice de TF1, suggérant qu’il voulait la rencontrer pour son physique plus que pour ses qualités professionnelles ? ». Peut-on parler de sexisme ou de machisme ?

 L’affaire Weinstein a permis d’évoquer un problème énorme et qui concerne la moité de l’humanité : les femmes se sentent mal à l’aise face à l’autre moitié de l’humanité, les hommes ; cette violence constitue un angle mort de notre civilisation. Nos antennes aussi véhiculent les stéréotypes qui sont le langage de cette violence 

Quand on dénonce ce genre de remarques en interne, il y a toujours quelqu’un pour rétorquer : « Alors on ne peut plus dire qu’une femme est jolie ! ». Où se situe la limite ? 

La loi est très précise à ce sujet : le code du travail définit l’agissement sexiste « tout agissement lié au sexe d’une personne ayant pour effet ou objet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile ou dégradant, humiliant ou offensant … » Il est évident que dans certaines circonstances un homme peut dire à une femme qu’elle est jolie, tout comme une femme peut dire à un homme qu’il est joli, mais c’est le contexte qui compte

Il y a aussi ce chroniqueur qui reçoit une designer célèbre et très occupée ; elle raconte que son mari fait les courses et la cuisine. Il lui demande alors : « Mais il fait tout à la maison ? ». Message d’Aurélie : « Jamais, je n’ai entendu poser ce genre de questions sur le partage des tâches à un invité masculin ». il y a encore du travail à faire ?

Il faut se souvenir qu’il y a 50 ans, quand un homme se vantait d’avoir une femme qui faisait parfaitement le ménage et la cuisine, c’était normal ; aujourd’hui « c’est ringard ». Beaucoup de choses ont évolué : depuis que les femmes maîtrisent leur fécondité, elles sont des adultes devant la loi

Comment  sensibiliser les équipes au sein de Radio France ?

En se saisissant de la réalité grâce à des chiffres, des témoignages, des études, en mettant des actions en place ; une politique volontariste est menée

Un autre point souvent relevé par les auditeurs, c’est le manque de parité pour les invités. « Dans votre émission de débats, nous écrit Sandrine, trois hommes, une seule femme. Peut-on imaginer l’inverse ? ». Et elle ajoute un brin sarcastique : « Ah oui, évidemment s’il s’agit d’un débat sur la petite enfance… ». Y a-t-il des moyens de faire évoluer les choses ?

Objectifs chiffrés pour améliorer la présence des femmes sur les antennes du groupe ; les résultats sont là : en 2012 seules 22 % des invitées étaient des femmes, pour passer à 32 % aujourd’hui ; objectif fixé par Mathieu Gallet : 5 % d’augmentation par an 
Mise en place également du site les expertes à disposition des journalistes et producteurs

Il reste un gros chantier qui concerne tous les médias: la place du sport féminin. La réaction d’un professeur d’éducation physique qui regrettait l’absence d’informations sur une rencontre féminine importante m’a beaucoup marqué. Il concluait son message ainsi : « Pas étonnant que des élèves de 6ème, dans le cadre d’une séance sur l’égalité filles-garçons, me disent : « Le sport, c’est pour les garçons ! ». Entendre ça au XXIème siècle ! Si les médias pouvaient faire évoluer les mentalités… ». 

Le rôle important que doit jouer Radio France en tant que média de service public qui doit être le miroir le plus sincère possible d’une société qui comprend autant de femmes que d’hommes ; les actions menées ne sont pas contre les hommes mais contre des comportements d’hommes ; les hommes ont tout à gagner à vivre dans un monde intelligent

En savoir plus sur le Comité diversité

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parité, invité

Sexisme, parité, misogynie : Radio France et ses auditeurs très vigilants

L’affaire Weinstein libère enfin la parole à propos du harcèlement sexuel et du sexisme. Des questions auxquelles nos auditeurs, de même que Radio France, sont très sensibles. Le sexisme et la parité sont deux thèmes qui suscitent régulièrement des réactions ou des remarques auprès du médiateur des antennes. [Ecoutez Bérénice Ravache, présidente du Comité Diversité… Lire la suite